Le Monde des Végétanimaux (suivi de) Alcibiade

Le Monde des Végétaninaux de Rémi Farnos (texte et dessin) – Ed. La Joie de lire, 2017

Une soucoupe volante, avec à son bord un drôle de bonhomme en scaphandre – qui se révèlera par la suite être une femme – atterrit sur une planète peuplée de créatures mi-animales mi-végétales, semant l’émoi chez les haricolibris et autres hiboutondors, crapotirons , oustitillieuls, etc. Suivi et bientôt secondé par un poireaunard curieux et bavard, le nouveau venu traverse la planète aux trois lunes à la recherche du vaisseau à bord duquel voyageaient ses ancêtres, et qui s’est abîmé quelque part. Epiés par les végétanimaux (qui ne se privent pas de commenter l’action), ils échappent à l’étreinte d’un ananaconda, qui aurait pu leur être fatale, puis aidés par une valeureuse équipe d’homosapins, ils parviennent à terrasser un redoutable radinosaure. Mais l’inconnue est-elle vraiment celle qu’elle semble être ? Et qu’est-il arrivé à ses ancêtres ?

Suspens, humour, rebondissements, Rémi Farnos excelle une nouvelle fois dans l’art de conter des histoires à multiples niveaux de lecture.

Anna K.

40 p., 10 €

Alcibiade de Rémi Farnos (texte et dessin) – Ed. La joie de Lire, 2015

Un paysage de moyenne montagne, une route qui serpente au milieu des champs, au loin un village. Alcibiade, haut comme trois pommes, marche d’un pas décidé, son baluchon fixé au piolet qu’il tient en équilibre sur ses frêles épaules. Il salue au passage Sigismond et lui apprend qu’il part vers l’Est « à la recherche de celui qui lui révèlera son destin ». Un voyage qui va s’étaler sur plusieurs années.

Sa rencontre avec Assatour le condor sera déterminante dans la réalisation de son rêve, somme toute assez universel.

Mais là encore, rien ne se passera comme prévu…

Il y aura aussi Akim, le forgeron. Akim a mis au point une armure qui grandit avec son propriétaire. L’enfant est donc fin prêt pour ce qui pourrait bien ressembler à un parcours du combattant.

Alcibiade et Assatour, devenus inséparables, vont dans un premier temps s’attaquer à longue et incontournable chaîne des Lapages, appelée également « la Machoire du requin ». Arrivés à son dernier sommet, le redoutable Minotaure, tapi au fond d’un labyrinthe, les attend…

Au fil du temps, les exploits du jeune Alcibiade sont devenus légendaires, cependant, c’en est une tout autre version qu’il découvrira lors de son retour parmi les hommes.

Alcibiade n’est certes ni Thésée, ni David, et les noms des grands philosophes lui sont inconnus, mais peu importe, la valeur de vérité d’un mythe n’est-elle pas secondaire quand celui-ci permet à une société de réviser nombre de ses idées reçues ?

Cette fable philosophique agrémentée de dialogues savoureux a toutes les chances de remporter les suffrages d’un large lectorat.

Anna K.

40 p., 10 €

 

« Repères » au Musée national de l’histoire de l’immigration

Le Musée a ouvert ses portes le 10 octobre 2007. Son cahier des charges:  Rassembler, sauvegarder, rendre accessible au plus grand nombre l’histoire de l’immigration, afin de mettre en lumière son rôle dans la construction de la France d’aujourd’hui.

L’exposition permanente se présente comme un parcours thématique et chronologique constitué d’une myriade de documents et autres objets du quotidien de ceux qui sont venus s’installer en France, à titre provisoire ou définitif: films d’archives, photographies, témoignages audio et visuels, etc. Deux siècles d’Histoire y sont déclinés.

Ils s’étalent sur des cimaises, dans des vitrines ou sur d’immenses panneaux métalliques, sur lesquels défilent les images d’exode d’hommes, de femmes et d’enfants, jetés sur les routes et fuyant l’oppression et la misère. Ces évocations, qui mêlent destins singuliers et collectifs, témoignent de la diversité des itinéraires et des catégories socio professionnelles de ceux qui ont choisi la France pour terre d’asile.

Au détour d’une allée, on découvre une Maison russe en réduction, celle de Sainte-Geneviève-des-Bois, haut-lieu de l’immigration russe à partir de 1917.

L’espace, situé au troisième étage du Palais de la Porte dorée, est vaste, un peu labyrinthique, Tout ce qu’il renferme retentit comme un hommage à ceux, artistes, scientifiques, sportifs, industriels, résistants, dont les noms font honneur au pays qui les a accueillis.

« Repères » rend également hommage à ces anonymes qui sont arrivés emplis d’espoir, et à tous ceux qui leur ont tendu la main.

1’57 doc audio

On peut par ailleurs voir nombre d’objets, témoins d’un passé qui n’est jamais révolu, regroupés dans une Galerie des dons contiguë à l’exposition.

Galerie des dons

Elle est constituée de niches remplies, elles aussi, de moments de vie, qui vont de la truelle à la valise de médecin, en passant, par exemple, par cette valise, celle du pédopsychiatre Manuel Valente Tavares, qui l’évoque ainsi : Elle est pour moi l’objet qui traduit le mieux mon parcours chargé de souvenirs et empli d’espoir. Elle porte les rêves d’un chemin toujours à tracer à la recherche de la liberté, l’égalité et la fraternité.

La photographie de famille d’Abdeslam Labhil

Chaque visiteur a la possibilité de venir enrichir cette collection, en faisant le don d’un élément de son histoire personnelle, souvent transmis de génération en génération.

Contact : galeriedesdons@histoire-immigration.fr

Anne Calmat

Palais de la Porte Dorée – Musée national de l’histoire de l’immigration, Paris 12e (01 53 59 64 30).

Du mardi au vendredi de 10h à 17h30. Samedi et dimanche de 10h à 19h.

10 € – T.R. 7 €

À voir : Les Aquariums du Palais de la Porte dorée & Les Expositions temporaires (visites guidées).

Visuels et doc audio © MNHI

 

Cher pays de notre enfance

Les affaires politico-judiciaires non résolues ou délibérément enterrées continuent de vous passionner ? Cette bande dessinée, qui on l’espère trouvera rapidement un prolongement avec la déprimante campagne des Présidentielles 2017, est pour vous. Mais en attendant…

Coup d’oeil…

Cher pays de notre enfance  Enquête sur les années de plomb de la Ve République de Benoît Collombat (récit) et Etienne Davodeau (dessin) – Ed. Futuropolis.

On est en octobre 2013, le journaliste d’investigation Benoît Collombat (France Inter) et le dessinateur Etienne Davodeau préparent un documentaire graphique sur deux événements majeurs qui ont marqué les années 1970.

Le premier concerne l’assassinat du juge Renaud, dans la nuit du 2 au 3 juillet 1975. Une exécution qui n’était vraisemblablement pas liée à un règlement de comptes de voyous, comme il a alors été dit, mais plutôt à l’enquête que celui qu’on appelait « le shérif » menait sur le dernier hold-up en date du Gang des Lyonnais et sur ses accointances avec le SAC (Service d’Action Citoyenne), soupçonné d’être le bras armé de nombreuses personnalités de très haut rang du monde politique, et l’un des pourvoyeurs de fonds d’un « certain parti gaulliste ».

Pour cela, Colombat et Davodeau vont rencontrer nombre de témoins clé de l’époque: des ex-magistrats, des parlementaires, des ex-fonctionnaires de police, des journalistes, etc. Puis ils vont recouper les témoignages recueillis, la grande majorité s’accordant à confirmer ce que Robert Paranc, ancien journaliste à RTL, a résumé par « Il fallait éliminer ce juge qui faisait chier tout le monde et qui voulait prouver que l’argent du hold-up servait à alimenter les caisses d’un parti politique. » L’affaire Renaud s’est soldée par un non-lieu en 1992.

La suivante s’étire depuis des décennies.

Benoît Collombat et Etienne Davodeau sont maintenant sur la rive de l’un des étangs de Hollande, dans les Yvelines. C’est là que le ministre en exercice Robert Boulin se serait suicidé le 30 octobre 1975, après avoir été mis en cause dans une histoire de terrain acheté à bas-prix à Ramatuelle. Son corps tuméfié avait été retrouvé immergé dans soixante centimètres d’eau. Derrière le pare-brise de sa voiture, un mot d’adieu laconique destiné aux siens.

Le journaliste et le dessinateur vont enquêter durant des mois auprès de plusieurs témoins, qui eux aussi s’accorderont à dire que Robert Boulin détenait des informations extrêmement sensibles et qu’il s’apprêtait à les étaler sur la place publique. Là encore, une cascade de faits troublants va étayer la théorie d’un assassinat politique: une autopsie bâclée, des lividités cadavériques placées au mauvais endroit, des prélèvements mystérieusement disparus, deux hommes aperçus aux côtés du ministre peu de temps avant son suicide…

Sa famille n’y a jamais cru. Elle se bat depuis trente-deux ans pour que le dossier ne tombe pas dans l’oubli. Connaîtra-t-on un jour la vérité ? Le dossier est régulièrement rouvert suite à de nouveaux éléments…

Une BD édifiante et nécessaire. On suit pas à pas les deux investigateurs et leurs témoins, on croise Jacques Chaban-Delmas, Valéry Giscard d’Estaing, Charles Pasqua (qui n’acceptera jamais de recevoir les enquêteurs), Alain Peyrefitte, Olivier Guichard et consort, pour n’en citer que quelque-uns. Ils sont tous plus ressemblants que nature grâce au coup de crayon virtuose d’Etienne Davodeau. L’album se referme sur une post-face signée Roberto Scarpinato, juge anti-mafia au tribunal de Palerme.

Anna K.

232 p., 24 €

Le troisième Homme – Préhistoire de l’Atlas (expo)

Sur la route de vos vacances ?

 

Musée national de Préhistoire – Les Eyses-de-Tayac (Dordogne).

Du 1er juillet au 13 novembre 2017.

Expo organisée par la Réunion des musées nationaux-Grand Palais.

L’exposition retrace le processus de dispersion de l’Homo Sapiens hors du cerveau africain, d’abord tourné vers l’orient, puis vers l’Occident.. 

L’Altaï est une vaste région de la Sibérie, dans laquelle cohabitent, entre le Paléolithique moyen et le Paléolithique supérieur (- 300 000 à – 12 000), trois espèces humaines différentes : des Néandertaliens, des Hommes modernes (Homo Sapiens) et des Denisoviens, dont l’existence a été récemment mise en évidence par les fouilles de la grotte de Denisova.

L’expansion de l’homme moderne en Europe occidentale, associée à l’apparition du Paléolithique supérieur, est marquée par le développement d’une culture matérielle caractéristique. Elle se distingue progressivement de celle de la période précédente, le Paléolithique moyen, dont l’artisan était l’Homme de Néandertal. C’est notamment dans le domaine symbolique, à l’exclusion des pratiques funéraires, que la différence est la plus remarquable. Les manifestations symboliques ne sont pas absentes des comportements des Néandertaliens, mais elles sont limitées et n’ont en rien la complexité et la diversité dont témoignent les vestiges rapportés au Paléolithique supérieur. En Sibérie orientale, dans la vaste région de l’Altaï, les premières formes d’expression symbolique connues, à partir de – 40 000 ans, apparaissent à une période où trois lignées humaines coexistent : non seulement des Néandertaliens et des Hommes modernes, mais aussi les Denisoviens récemment mis en évidence au travers des données paléogénétiques. Le scénario du remplacement rapide d’une population humaine archaïque par les Hommes modernes, tel qu’il fut établi pour l’Europe, n’est pas ici opératoire.

La coexistence d’au moins trois lignées humaines semble avoir été longue, menant à un certain nombre d’échanges génétiques comme en attestent les analyses paléogénomiques, mais probablement aussi culturels. Ainsi, la présence de pièces se rapportant à du débitage Levallois au sein d’industries lithiques caractéristiques, par d’autres aspects, du Paléolithique supérieur, suggère la perduration de façon de faire anciennes jusqu’à des périodes assez tardives.

À partir des matériaux de l’Altaï et de ses marges, l’exposition met en scène une trajectoire évolutive qui n’est pas seulement propre à cette zone mais qui illustre un scénario plus large à l’échelle continentale: celui du processus « out of Africa » qui fut peut-être d’abord oriental avant de marquer l’espace occidental ayant servi de références aux sciences préhistoriques.

Le gisement de Denisova occupe une place centrale en raison du renouvellement des connaissances induites par les différentes catégories de vestiges qui y furent découvertes et plus particulièrement les traces d’une troisième lignée humaine jusqu’alors inconnue.Un volet est developpé sur l’apport de la paléogénétique, mais avec une mise en perspective des autres registres de données (culture matérielle et anthropologie biologique). Les industries lithiques et osseuses des différentes phases du Paléolithique du Sud de la Sibérie sont illustrées à partir des collections de différents gisements de référence relevant de l’Institut d’Archéologie et d’ethnographie (IAET SO RAN) et de son musée, tandis que leurs objets d’art mobilier et leurs parures sont complétées par des modélisations 3D de spécimens conservés dans d’autres musées de Russie (l’imagerie virtuelle sert aussi de support ou de complément à la présentation des indices et des vestiges archéologiques trop ténus pour être suffisamment visibles).

Des contrepoints sont pris dans les séries classiques du fond muséographique du Musée national de Préhistoire ainsi que dans la vallée du Rhône où sont découverts des vestiges archéologiques antérieurs au Paléolithique supérieur pouvant traduire également une histoire culturelle plus complexe que celle très largement acceptée. Certaines données présentées dans l’exposition sont inédites ou de publications très récentes, et pour une part issues des travaux en cours du Laboratoire international associé franco-russe Artemir.

Où ?

1, rue du Musée Les Eyses-de-Tayac – 05 53 06 45 45 

Quand ?

Juin : Ouverture exceptionnelle de 9h30 à 12h30 et de 14h à 18h, fermé le mardi.

Juillet et août : 9h30 à 18h30, sans interruption, tous les jours, 


Septembre : 9h30 à 18h, sans interruption, fermé le mardi.


Octobre à mai : 9h30 à 12h30 | 14h00 à 17h30, fermé le mardi.

musee-prehistoire-eyzies.fr/

 

Ce qui se passe dans la forêt (suivi de) L’unE pour l’autrE

de Hilda-Maria Sandgren (texte et dessin), traduction Florence Sisak – Ed. çà et là, oct. 2016

L’action se déroule à la fin des années 90 dans une petite ville du sud de la Suède, au bord de la mer Baltique. Une nouvelle année scolaire débute, Aïda Karisson, quatorze ans, et ses deux amies, Tess et Marre, sont confrontées à des changements dans leurs relations avec les garçons, qu’elles sont parfois obligées de remettre à leur place. De leur côté, ils font les malins et affichent une assurance qui leur fait défaut.ce-qui-se-passe-10Elles parlent de sexe entre-elles sans aucune retenue, fantasment à l’occasion. « Je donnerais n’importe quoi pour avoir un copain », soupire Aïda.

La tentation de l’interdit est forte : la première cigarette, la première cuite, puis la défloration, un peu pour la forme. « Bon, c’est toujours ça de fait. Je me sens grande maintenant », affirme Aïda.

Côté garçons, on joue un jeu destiné en grande partie à épater la galerie, mais un jeu au cours duquel la frontière entre marivaudage et attouchements en réunion peut vite être franchie.ce-qui-se-passe-22Si ce qui est évoqué appartient malgré tout au domaine de l’universel, la grande qualité de l’album tient à la sobre éloquence de ses dialogues et à sa forme graphique. Hilda-Maria Sandgren dépeint avec subtilité les prémices du passage à l’âge adulte, avec ses amitiés sincères, ses amitiés-refuge et les blessures dont on ne guérit pas toujours. Elle donne également à voir, au travers de remarquables plongées graphiques sur de nombreuses pleines pages, le cadre de vie de ses personnages et le contraste entre sa quiétude et les bouleversements qui les traversent.

Anne Calmat

184 p., 18€

L’unE pour l’autrE de Hilda-Maria Sandgren (texte et dessin), traduction Florence Sisak – Ed. çà et là, juin 2017

Communiqué de presse

Quelques années ont passé depuis les événements décrits dans Ce qui se passe dans la forêt. Le trio d’amies constitué par Tess, Marlène et Aida est toujours aussi soudé, mais elles ont maintenant seize ans et beaucoup de choses ont changé. Aida vit de plus en plus mal le comportement agressif de son père envers sa mère, Marlène ne pense qu’à avoir sa propre voiture pour ne plus dépendre de son frère aîné qui la balade de soirée en soirée,  Tess ne supporte plus ses parents et étouffe dans l’appartement familial. Au cours d’une nuit qu’elle passe chez un de leurs amis, Marlène est violée par ce jeune adulte que les trois amies fréquentent pourtant régulièrement. Ébranlé par cette histoire, le trio se serre les coudes face aux doutes de leur entourage et des adultes. Petit à petit, une relation amoureuse commence à se nouer entre deux des jeunes filles.
À travers la chronique des histoires de Tess, Marlène et Aida, de leurs révoltes adolescentes, contre leurs parents, contre les violences qu’elles subissent dans cette campagne du fin fond de la Suède, Hilding Sandgen célèbre l’importance des liens d’amitié indéfectibles entre ces trois jeunes femmes…

192 p., 20 €

Les Beaux étés (T. 1 à 3)

de Zidrou (scénario) et Jordi Lafebre (dessin) – Ed. Dargaud, juin 2017

Dans le tome 1 paru en septembre 2015, on est en juillet 1973, Mado et ses quatre enfants sont fin prêts pour les vacances, direction le Lubéron. Comme d’habitude, Pierre doit terminer une BD pour la revue à laquelle il collabore. Mado est furax. Après trois jours d’attente, tout finit par rentrer dans l’ordre.

En apparence seulement. Pour le lecteur, il semble évident que les relations entre les époux sont loin d’être au beau fixe et que c’est peut-être la dernière fois que la famille passera l’été ensemble.
Pas d’événements extraordinaires dans ce premier volet, juste une histoire en demi-teinte particulièrement bien troussée, avec des personnages attachants et, cerise sur le gâteau, la présence essentielle de l’ami imaginaire de Louis, Tchuki l’écureuil.  Et, côté auteurs, un art consommé de faire naître l’émotion avec des petits riens.

Le second tome (juin 2016), plus nostalgique, nous renvoie contre toute attente quatre ans en arrière. On est en juillet 1969, les Faldéraul s’apprêtent à partir en vacances dans une bicoque, « rikiki mais mimi », située dans la Calanque marseillaise. Même scénario que dans le tome précédent: Pierre est (déjà) à la bourre. La BD sur laquelle il planche n’est pas terminée, ce qui fait dire à Mado, sur un ton aussi indulgent qu’énamouré: J’aurais dû épouser un fonctionnaire ! 

En 1969, tous les espoirs sont permis, « La Maladie d’Amour« , au Hit-Parade des meilleures ventes de disques dans le tome 1, ne galope pas encore. Et Mado attend son quatrième enfant…

 

Les auteurs aiment décidément jouer à saute-mouton avec les époques et les faire se croiser: le tome 3 nous renvoie à l’été 1962. Les lecteurs se retrouvent face à une sorte d’adaptation à la sauce Zidrou-Jordi Lafebre de La nostalgie, camarade du dramaturge François Billetdoux ou de Je me souviens de Georges Pérec. À moins qu’il ne s’agisse d’une réminiscence de la madeleine, de qui vous savez.

T. 3

Quoi qu’il en soit, les années ont passé, nous voici en 1992, Mado et Pierre sont maintenant à la retraite, Pépète est devenue une jeune fille, et la 4L, rebaptisée Mam’zelle Estérel dans sa prime jeunesse, est à vendre. C’est l’occasion pour les protagonistes de se remémorer l’année de leurs toutes premières vacances, en compagnie… des beaux-parents, en 1962. Des vacances qui vont s’avérer plus gastronomiques que bucoliques. Mais pas seulement. Et puis Mam’zelle Estérel n’a pas dit son dernier mot…

Visuels EXPRESSION@

Souvenirs souvenirs, lorsque vous tendez un miroir aux lecteurs et que vous les invitez à entrer dans la ronde, cela donne de beaux moments de rêve.

A. C.

56 p., 13,99 €

 

Brigade des mineurs (audio)

de Raynal Pellicer (texte) et Titwane (dessin) – Ed. de La Martinière

208 p., 29,90 €

Chronique Juliette Poullot, librairie les Buveurs d’Encre Paris 19e

 

Chaque mardi de 15h30 à 16h

Diffusée également dans le courant de l’été sur FPP 106.3 FM, émission Act’heure.

Également…

 

Raynal Pellicer est réalisateur pour la télévision de documentaires, magazines, programmes courts et courts-métrages. Il est également l’auteur de plusieurs livres aux éditions de La Martinière : Brigade criminelle. Immersion au cœur du 36, quai des Orfèvres (2015), Enquêtes générales, immersion au cœur de la Brigade de répression du banditisme (2013), Version originale, la photographie de presse retouchée (2013) un livre photo qui fit l’objet d’une grande exposition aux Rencontres d’Arles ; Photomatons (2011) et Présumés coupables (2008).

Titwane est illustrateur, notamment, pour la presse et l’édition. Coauteur de Brigade criminelle. Immersion au cœur du 36, quai des Orfèvres (Éditions de La Martinière, 2015) et d’Enquêtes générales, immersion au cœur de la Brigade de répression du banditisme (Éditions de La Martinière, 2013), il collabore à la Revue dessinée et a illustré plusieurs ouvrages aux Éditions Plume de carotte ainsi que des séries de romans pour Bayard ou Albin Michel jeunesse.