Petits travers

En librairie le 26 octobre 2018

de Claire Bretécher (textes et dessin) –© Ed. Dargaud

Depuis cinq décennies, Claire Bretécher porte un regard insolent et revigorant sur les bizarreries de ses contemporains. Elle les décline ici en huit chapitres, avec une prédilection pour certains petits travers qui manifestement n’ont cessé de l’interpeler. Comme par exemple notre rapport à la bouffe, aux fringues, à l’amour, notre relation aux vieux (pardon, aux séniors)…

Petits travers / Bouffe © C.Bretécher-Dargaud

Elle nous tend un miroir dans lequel il est parfois difficile de ne pas se reconnaître, avec souvent un sentiment de déjà-vu pour le lecteur (beaucoup de dessins ont auparavant été publiés dans la presse). Quoi qu’il en soit, son impertinence, son sens du dialogue et de l’à-propos restent sans cesse à redécouvrir. 

Petits travers / Générations © C.Bretécher-Dargaud

Dans les années 50, la bande dessinée franco-belge est considérée comme un divertissement réservé aux enfants. Quelques parutions font cependant tache (Le Journal de Spirou, Le Journal de Tintin…). C’est à la faveur de leur succès naissant que le premier numéro de Pilote, destiné aux adolescents, sort en octobre 1959. L’hebdo surprend par son contenu et la diversité de ses signataires : Uderzo, Goscinny, Hébrard, Tabary, Charlier…

En 1969, c’est au tour de Cellulite de se pointer, avec Claire Bretécher dans le rôle de la bonne fée. Elle va « transformer ce qui aurait pu être doux et fade en quelque chose d’appétissant et d’incroyablement farfelu », écrit alors René Goscinny. Cellulite a effectivement peu d’atouts dans son jeu : « La petite princesse ne fut pas baptisée Céleste, Blanchemine ou Claire, mais Cellulite. Le bon roi ne s’intéressa qu’au pognon et à courir le guilledou. Les princes devinrent des coureurs de dote, et Cellulite elle-même, une virago au visage approximatif  ».

Des parutions qui ancrent un peu plus la BD dans le monde des adultes. Avec en point d’orgue, la création de l’Echo des Savanes en mai 72.

Claire ne va pas se contenter de mettre en scène les états d’âme de la princesse Cellulite, les vapeurs de Camomille, les problèmes existentiels de Guiguite ou d’Agripine, elle va également faire un sort aux « pseudos » de tous poils. Dans les Frustrés (Obs, 1973), elle décrit avec une ironie mordante les mœurs du microcosme post-soixante-huitard parisien, où féministes patentées et intellos fumeux refont le monde aux Deux-Magots.

Elle saura aussi anticiper sur les grands sujets qui agiteront la société plusieurs décennies plus tard (GPA, PMA, mariage pour tous, identité sexuelle).

Petits travers / Bio © C.Bretécher-Dargaud
Petits travers / Education © C.Bretécher-Dargaud

A.C.

 112 p., 19.99 €

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Archéologie – en bulles –

© Enki Bilal

Petite galerie du musée du Louvre Paris – Espace d’éducation artistique et culturelle (aile Richelieu). Du 26 septembre 2018 au 1er juillet 2019

Chaque année, l’Espace d’éducation artistique et culturelle du musée du Louvre propose un nouveau thème en lien avec les programmes scolaires. Un choix d’œuvres, mêlant les époques et les différentes formes d’art, vise à sensibiliser le regard du public, invité à poursuivre sa visite dans les collections, grâce à des propositions de parcours.

Cette année l’exposition de la Petite galerie fera dialoguer l’archéologie et la bande dessinée, art invité pour cette 4è édition.

© Jacques Tardi
Période glacière Nicolas de Croissy ©

Une centaine d’œuvres et une sélection de planches d’auteurs inspirés par l’archéologie (Marion Montaigne, Jul, Enki Bilal, Nicolas de Crécy, Emmanuel Guibert…) permettront d’une part aux visiteurs de s’approprier la démarche de l’archéologue et de l’autre de comprendre comment, à leur tour, les auteurs de BD se sont emparés de ce vaste champ d’étude qu’est l’archéologie.

Se glisser dans les pas des curieux, amateurs et archéologues épris d’Antiquité, découvrir fortuitement des « trésors », exhumer des objets enfouis à différentes époques, les classer puis essayer de les interpréter, autant d’étapes qui seront l’occasion de montrer comment le 9e art s’approprie, entre réel et fiction, les découvertes archéologiques à l’origine des collections du Louvre.

Une centaine de planches vont ainsi raconter aux visiteurs les méthodes de la fouille, de la recherche de vestiges matériels des civilisations anciennes.

© Marion Montaigne

Les quatre salles* du parcours conçu par Jean-Luc Martinez, président-directeur du Louvre, et Fabrice Douar, responsable éditorial au service de la médiation et de la programmation culturelle du musée, illustreront quatre thématiques distinctes : « Artistes et archéologues », « Trésors archéologiques », « Classer pour comprendre » et « Interpréter et rêver ».

  • La première salle sera consacrée à la question du dessin comme outil commun à l’archéologue et à l’auteur de BD.
  • La deuxième proposera une variation autour des notions de trouvailles et de trésors, illustrées par des objets issus des collections du Louvre.
  • La troisième salle évoquera la méthodologie de la recherche et son pendant dans la construction de l’univers d’un héros de BD.
  • La quatrième salle portera sur l’importance du rêve et de l’imaginaire, dans le travail du dessinateur comme dans celui de l’archéologue.

Pour accompagner cette exposition, l’auditorium du Louvre proposera différentes conférences, ainsi qu’un cycle de films portant sur le thème « Aventure et archéologie », ainsi qu’un stage BD pour les 8-12 ans et 12 ans et plus (24, 25 et 26 octobre, vacances de la Toussaint).rLes cycles d’ateliers sont en vente exclusivement à la Fnac et sur www.fnac.fr

  • Horaires de l’expo : de 9h à 18h, sauf le mardi. Nocturne mercredi et vendredi jusqu’à 21h45.

Tarif unique d’entrée au musée : 15 €.

Gratuit pour les moins de 18 ans et les moins de 26 ans résidents de l’U.E. Achat en ligne : www.ticketlouvre.fr  www.louvre.fr #PetiteGalerie #ArcheoEnBulles

© Florent Chavouet

 

Le crapaud au pays des trois lunes

Une histoire imaginée, racontée et chantée par Moïra Conrathécrite par Olivier Prou, illustrée par Ivan Sollogoub – Ed.© Le label dans la forêt*.

Sortie le 20 septembre 2018.

Avec Guillaume Guino (voix de la lune, chœurs et percussions), Clément Landais (contrebasse), Yann Féry (chœurs, guitare). 

À partir de 3 ans

Dans les fables ou dans les contes, il a souvent été métamorphosé en prince. Celui qui nous occupe n’a été victime d’aucun sortilège, il ne rêve pas de se mesurer aux plus grands : il souffre tout simplement d’un défaitisme chronique, lié à complexe d’infériorité. Sa voisine la rainette ne lui dit-elle pas à longueur de temps : 

Tout lui paraît infaisable. Comme par exemple quitter son abri et se laisser porter par l’onde de la mare pour aller rejoindre ceux qui, sur l’autre rive, semblent tant se divertir. D’ailleurs comment le pourrait-il, il ne sait pas nager. Ce qui fait, qu’en plus d’être défaitiste et passablement ronchon, il est cracra. 

S’il ne croit pas en lui, qui parmi les habitants de la mare pourrait le faire à sa place ?

Le désir de changer d’apparence ne le quitte pas. Edgar  s’imagine dans la peau d’un(e) autre, il se voit chameau, antilope, girafe, et même nénuphar. Le voilà girafe. « Je peux même souffler sur les nuages ! », s’extasie-t-il. Mais le mal des hauteurs le force bien vite à redescendre sur l’eau.

C’est vrai qu’il n’est pas jojo, le crapaud, avec sa peau verruqueuse et crasseuse, mais la suite des événements prouvera qu’il possède des qualités de cœur et un charisme que beaucoup de bellâtres devraient lui envier.

Un heureux concours de circonstances, combiné aux conseils éclairés de la lune, va lui permettre de sortir de sa condition de trouillard patenté. S’il s’agissait d’un conte de fées et non d’une métaphore de la vraie vie, on pourrait presque parier sur une histoire de vilain crapaud transformé en prince des marais…

Le crapaud au pays des trois lunesmis en valeur avec beaucoup de fraîcheur par Moïra Conrath, a d’abord été présenté dans sa version scénique au théâtre du Blanc-Mesnil (oct. 2017) et le sera prochainement à Aubervilliers*.

Le CD se décline en une suite d’instants poétiques, émaillés de chants venus d’ailleurs (Afrique, Bulgarie, Japon, Portugal…) : la magie opère dès les premiers clapotis de l’eau. À déguster en famille.

Anne Calmat

40 p., durée 48′, 19,90 €

  • Mardi 30 octobre 2018 à l’Espace Renaudie, 30 rue Jules et Martin Lopez, Aubervilliers (Seine-saint-Denis). Entrée 5 €
  • Le label dans la forêt est une maison d’édition pour les enfants et leurs parents, qui édite des livres-disques créés par des auteurs, des chanteurs, des musiciens, des illustrateurs. Le label défend une écriture mêlée, inventée avec naturel, exigence et liberté par les équipes de créateurs.

www.le-label-dans-la-foret.com

La Dame de Damas (Quand la route de la dame de Damas croisait celle de dame Espoir)

La Dame de Damas de Jean-Pierre Filiu (récit) et Cyrille Pomès (dessin, couleurs) – Ed. Futuropolis ©

La bande dessinée date de 2015, elle fait allusion à des événements antérieurs. Ce qu’elle raconte est d’autant plus tragique que ce qui s’est passé par la suite aurait pu être évité.

(…) La dame de Damas s’est levée ce matin / Liberté dans les cœurs, aube à portée de main.

Ce ne sont pas des bons / Ce ne sont que des chiens / Aboyeurs enragés/ Ivres de leur venin / La Syrie leur est due / Et nous sommes leurs serfs / Un pays aux Assad / Et pour nous la misère. (…) Cette dame que je chante, c’est la révolution / Sur les murs de Syrie, j’écris partout ton nom.

Extrait de la préface en vers libres de Jean-Pierre Filiu*

Le 16 novembre 2010 à Daraya, dans la banlieue sud-ouest de Damas, on célèbre le 40e anniversaire de la prise du pouvoir par Hafez al-Assad, auquel a succédé en juin 2000 son fils, Bachar. La foule, étroitement surveillée par ses sbires, manifeste sa désapprobation face aux affirmations d’un orateur. « Quarante ans de fierté et de prospérité ».

« Est-ce qu’on a déjà vu un peuple fêter quarante ans de servitude », s’indigne Karim.Zoom sur une famille de Daraya. Mona et Karim contestent la légitimité du pouvoir en place, leur frère Abdallah en est l’ardent défenseur. Il y a aussi Fatima, aimée de Karim, bien plus radicale que lui, et Bassel, hâbleur, arriviste, bras armé d’Assad.

2011. Les révolutions arabes ont continué d’essaimer, le mur de la peur qui oppressait les Syriens est en train de céder sous le poids des violences dont sont victimes les opposants au régime.

« Faisons de Daraya une tribune de contestation non-violente » propose Karim.

Des comités de quartiers clandestins se constituent et le même mot de passe – la dame de Damas – court sur les lèvres des résistants. Chacun espère que la diplomatie et la raison l’emporteront, mais face aux exactions dont les habitants de Damas, Homs et Daraya font l’objet, face à la passivité des USA et à la pusillanimité de l’ONU, c’est la violence qui va s’imposer dans les différentes strates de la société multiculturelle et multi-confessionnelle syrienne.

L’album se referme sur ce jour d’août 2013 où, aux premières heures, une attaque chimique a fondu sur la capitale syrienne. 

Le texte, dense et ultra documenté de Jean-Pierre Filiu et les dessins réalistes de Cyrille Pomès sont autant de piqures de rappel d’événements qui se sont déroulés en Syrie, aux temps où tout semblait encore possible, avec aujourd’hui, en ce mois de septembre 2018, leurs conséquences dramatiques sous la forme d’une probable offensive totale de Damas et de Moscou qui, ajoutée aux 360 000 morts passés, signerait une véritable catastrophe humanitaire. 

A.C.

104 p., 18 €

  • Jean-Pierre Filiu est professeur des universités en histoire du Moyen-Orient contemporain à Sciences Po (Paris), après avoir enseigné à Columbia (New York) et Georgetown (Washington). Ses travaux sur le monde arabo-musulman ont été publiés dans une douzaine de langues.
  • Il est également l’auteur du Printemps des Arabes (2013).

L’Ogre amoureux

En librairie le 13 septembre 2018

De Nicolas Dumontheuil (récit, dessin, couleurs) – Ed. Futuropolis

Visuels © N. Dumontheuil – Futuropolis

Délicieusement décalé, attendrissant, avec en filigrane, une réflexion sur la solitude, le besoin d’aimer, l’amitié et le poids des préjugés, ce road trip débute comme une fable de la Fontaine et se poursuit comme un conte de Grimm.

Un renard et un ours se promènent dans une campagne accueillante à souhait. Ils font une halte à proximité d’une ferme, à la recherche, pour le renard, d’un poulailler rempli de poulettes bien dodues, l’ours préférant attendre son futur repas à la lisière du bois. Las, le fermier a repéré maître Goupil et il a tôt fait d’estourbir le téméraire et de l’amener au terrible Barback dont l’appétit gargantuesque est connu à cent lieues à la ronde.

Intrigué, l’ogre, se demande tout d’abord ce qu’il va pouvoir faire de ce renard, dont la chair lui semble peu appétissante. C’est alors que, misant sur la débrouillardise légendaire de l’animal, il lui propose un marché : il ne sera pas dévoré s’il lui trouve une femme à épouser dès le lendemain. Et il lui demande dans la foulée de lui décrire celle qui ne peut que l’attendre avec impatience. Le renard laisse parler son imagination, l’ogre tombe follement amoureux.

Il ne reste plus qu’à aller chercher la belle à Montaigu, une petite ville aux allures de cité médiévale. Et c’est là que les choses se compliquent…

Les deux compères de circonstance vont tout d’abord échapper aux noirs desseins d’un couple de vieux amoureux, en apparence inoffensifs (Gros Louis n’aura pas cette chance), puis survivre à l’inondation qui submerge les terres vendéennes.

Ceux qui les croisent – hommes et bêtes – sont moins bien lotis, l’ogre n’ayant pas pour habitude de faire de quartier quand une petite faim vient le titiller.

Arrivés à destination, la partie est loin d’être gagnée.

Son titre de noblesse en fait bien minauder quelques-unes, mais sa réputation d’ogre-bandit finit par le rattraper. De plus, le bonhomme ignore totalement les règles de savoir-vivre en société…

Difficile pour lui dans ces conditions de redorer son blason, et de repartir avec l’oiseau rare.

Le conte Waldemar de Barback parviendra-t-il à réaliser son rêve ? Pour l’heure, un échafaud vient d’être dressé sur la place du marché, en vue de son exécution.

A.C.

96 p., 19 €

Boulevard de la BD : Voir aussi La longue marche des éléphants et La forêt des renards pendus.

Les Petites Cartes Secrètes

En librairie le 5 septembre 2018

d’Anaïs Vachez (scénario) et Cyrielle (dessin, couleurs). Ed. Delcourt, collection « Une case en moins ».

Visuels © Cyrielle – Delcourt

À l’origine, en 2014, l’histoire qui se déroule en 150 cartes postales a été mise en ligne sur le blog de l’auteure.

carte n°1
carte n°2
carte n°3

Elle vient d’être adaptée en bande dessinée dans la collection « Une case en moins » aux Ed. Delcourt. Une quarantaine de cartes seulement a été conservée, les dessins de Cyrielle remplaçant en grande partie ce que relatait la correspondance entre Tom et Lili.

Le scénario : Le monde des deux enfants s’est écroulé le jour où leurs parents ont divorcé. Le pire, c’est qu’eux aussi ont été séparés : Lila est restée chez sa mère, Tom est allé vivre chez son père. Ne supportant pas cette séparation, ils ont entamé une correspondance secrète, destinée à mettre sur pied un plan qui leur permettra d’être à nouveau réunis.

Planche n°1

Dans l’album, le premier échange épistolaire a lieu en septembre 1993 – l’auteure s’en donne à cœur joie avec les fotes d’ortografe, il se poursuivra pendant deux années au cours desquelles Tom et Lili vont subir le sort qui est parfois réservé aux enfants de couples divorcés… et à leurs parents, qu’ils aient ou non refait leur vie.

Planche 2

Le plan élaboré par Tom va du plus basique au plus cruel : bouderies, représailles à l’encontre de celle qu’il considère comme une empêcheuse de tourner en rond (et coup bas en retour), gestes inconsidérés qui peuvent vous envoyer à l’hôpital en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, etc. Quant à Lili, elle va, entre autres problèmes, devoir faire face à la déprime de sa mère, ravagée par le départ de son homme. Avec en prime, une révélation très perturbante pour les deux enfants.

(…) 

Mais que peuvent deux âmes sœur face à l’immaturité des adultes ?

L’issue de cette histoire aux multiples occurrences ne sera pas tout à fait celle à laquelle aspiraient nos jeunes héros, mais leur obstination à vouloir changer le cours des événements aura pour effet de faire prendre conscience à leurs parents du poids de leurs décisions.  

Anne Calmat

123 p., 17,95€

DYS, TDAH, EIP Manuel de survie pour les parents (et les profs)

Depuis le 28 août 2018

de Christelle Chantreau-Béchouche – Illustrations Morgane Carlier © – Ed. Trédaniel

Ce guide, sous-titré Pour mieux vivre au quotidien les troubles du langage et des apprentissages, est destiné à celles et ceux qui peuvent avoir le sentiment d’être perdus face au comportement atypique de leur enfant, ou de celui dont ils ont la responsabilité. 

Pour nombre d’entre-eux, l’aider reste en effet un parcours du combattant, vécu parfois comme une double peine.

« Mais s’il est difficile, ce parcours est aussi celui d’une vie, un quotidien auprès d’enfants formidables, créatifs, originaux, intelligents. Nombreux sont les moments d’émerveillement, de complicité et de fous rires… », précise l’auteure.

Dûment documenté et brillamment illustré, le livre fait un point précis sur ce que recouvrent les différentes pathologies regroupées sous le terme « DYS, TDAH ou EIP ». Qu’est-ce qui, par exemple, différencie un enfant atteint de dysphasie d’un autre atteint de dyspraxie ? Quels sont les signes de dysfonctionnement qui doivent alerter ? Quelles sont les conséquences d’un trouble du déficit de l’attention (TDHA) ? Comment accompagner un enfant intellectuellement précoce (EIP) ? Et plus généralement, comment accompagner tout enfant en situation de handicap, sans risquer de se perdre soi-même.

Le livre renferme quantité de renseignements et d’adresses qui guideront sa lectrice (ou son lecteur) dans le labyrinthe des prises en charge nécessaires et des soutiens de tous ordres : organismes d’Etat (reconnaissance du handicap, attribution d’une AVS ou d’une AESH, etc.) ; associations et fédérations ; groupes de parole ; établissements scolaires adaptés ; orientation professionnelle pour les adolescents… 

Tout est passé au crible et illustré avec humour. Dire que ce manuel de survie est clair, passionnant et plus qu’accessible est une évidence. Les quelque vingt-cinq planches de Morgane Charlier ajoutent encore à son attrait. il ne s’adresse pas uniquement à ceux qui sont confrontés jour après jour à l’une des situations décrites (avec témoignages à l’appui), mais également à ceux qui s’interrogent sur le fonctionnement et le ressenti de ces enfants, qui se sentent parfois démunis face aux réactions peu sécurisantes de leur entourage

On peut d’ailleurs se demander si ce n’est pas un facteur aggravant pour ces adultes en devenir, qui ont autant besoin d’un regard valorisant pour exister, qu’une plante a besoin d’eau.

A.C.

326 p., 22,90 €

En savoir plus sur les auteures…

Auteure-scénariste, Christelle Chantreau-Bachouche, elle-même concernée par des troubles des apprentissages, a étudié l’écriture scénaristique à l’école des Gobelins et à la FEMIS. Mère de trois enfants présentant des troubles des apprentissages, elle a décidé, après avoir franchi toutes les étapes de ce parcours du combattant, de partager son expérience sous la forme d’un guide illustré.

Morgane Carlier, illustratrice, retranscrit les scènes de la vie quotidienne en alliant humour et mise en scène colorée. Après une licence Illustration validée à la Birmingham Institut of Art and Design, elle revient en France pour réaliser son rêve : transmettre les émotions à travers le dessin.

Toujours y croire (chap. XIV)