Écolila – François Olislaeger – Ed. Actes sud BD

Depuis le 6 novembre 2019 Copyright F.O . / Actes Sud

Nous sommes ici témoins d’une discussion sur la nature et l’écologie entre une petite fille de cinq ans et son papa. Tous deux déambulent dans le zoo de Chapultepec (Mexico). Lui, est préoccupé et ne sait que lui répondre, bien qu’en réalité, les deux visiteurs se posent les mêmes questions.

Ensemble, ils interrogent les grands enjeux et les dangers du changement climatique, un peu partout sur les cinq continents. En suivant les quatre éléments et les quatre saisons, ils ébauchent des solutions, tout en rendant hommage à l’intelligence de la vie et à l’architecture de la biodiversité. En s’appuyant sur des concepts, tels que la permaculture comme philosophie applicable à de nouvelles organisations sociales, en abordant le biomimétisme pour imaginer un futur, en retrouvant le lien entre l’homme et la nature, ils tentent de trouver la meilleure façon de résister à leur destruction mutuelle.

Les jeux et les dessins qu’ils vont alors inventer au gré de leurs rencontres (Yakari, l’enfant sioux ; l’essayiste Jeremy Rifkin ; Charles Darwin ; Lenz de Buchner ; le chef amérédien Seattle ; le peintre Pierre Bonnard ; le compositeur Camille Saint-Saëns) sont autant de propositions, de prises de conscience ou d’idées nouvelles pour préparer demain.

L’auteur – Né le 17 mai 1978 à Liège, François Olislaeger est diplômé de l’École Émile-Cohl de Lyon. Depuis 2003, il travaille pour la presse (Le Monde, Beaux-Arts Magazine, America, Le 1…). Après des années de reportage au Festival d’Avignon, il publie ses Carnets d’Avignon (Actes Sud/Arte éditions, 2013). Cette expérience lui permet de rencontrer Mathilde Monnier, avec qui il entame un travail scénique et biographique dans le livre Mathilde, danser après tout (Denoël Graphic, 2013). Il écrit ensuite Marcel Duchamp, un petit jeu entre moi et je , puis il participe au projet René Magritte vu par… (Actes Sud BD/Centre Pompidou, 2014).

En juin 2019, le ministère de la Culture a arrêté la liste de la promotion 2019-2020 des pensionnaires admis à l’Académie de France à Rome, parmi lesquels figure celui de François Olislaeger. Il est entré en résidence de création à la Villa Médicis pour une durée d’un an en septembre 2019.

240 p., 26 €

Déguisé – Albertine – Ed. La Joie de lire, collection « À vos crayons » (Album interacatif)

Depuis oct. 2019 copyright Albertine/La Joie de lire –
86 p., 29,90€

Cet album de coloriage est avant tout un beau livre. Il comporte une quarantaine d’illustrations originales d’Albertine, et au dos de chaque illustration, autant de silhouettes à colorier, peindre, décorer. Mais l’enfant en dessinant ne voit pas l’œuvre d’Albertine qui est toujours derrière la silhouette, ainsi il n’est pas influencé et peut laisser libre cours à son talent. 
Le papier épais permet à l’enfant d’utiliser de la peinture s’il le souhaite et chaque page est détachable et peut ensuite être affichée… Les chambres d’enfant (ou d’adulte !) vont devenir de vraies galeries d’art !
Personnages loufoques, monstres de toutes sortes, masques bizarres, costumes improbables… Tout l’univers d’Albertine est ici concentré : amour du vêtement et de la mode, humour, goût des couleurs… Albertine s’amuse et nous amuse par la même occasion avec force couleurs et détails rigolos !

Et maintenant, « l’envers du décor » imaginé par un jeune graphiste, Guillaume Philippe

VERSO
RECTO

La Joie de lire ou de créer sans cesse renouvelée…

VERSO
RECTO
VERSO
RECTO
VERSO
RECTO

Albertine est une illustratrice de grand talent. Elle a participé à de nombreuses expositions en tant qu’artiste en Suisse et à l’étranger. Elle a reçu de nombreux prix. Elle est ainsi la première artiste suisse à avoir obtenu la prestigieuse Pomme d’Or de Bratislava pour Marta et la bicyclette. Elle a reçu le Prix Jeunesse et Médias en 2009 pour La Rumeur de Venise. Elle est également lauréate du Prix Sorcières pourLes Oiseaux, paru en 2010. En 2012, le même titre a été sélectionné parmi les 10 meilleurs livres de l’année par la New York Times Book Review. Elle a également reçu en 2016 le 1er prix de la foire de Bologne pourMon tout petit.

http://www.albertine.ch/

Voir également Archives BdBD/Arts pluriels : Le Président du Monde (oct. 2016) et Roberto et Gélatine (juin 2019).


Socrate et son papa prennent leur temps – Einar Øverenget – Øyvind Torseter – Ed. La Joie de lire

En librairie depuis octobre 2019 – Dessins copyright Øyvind Torseter – Collection Philo et autres chemins

Nous l’avons souvent constaté, les enfants ont à la fois les pieds solidement ancrés dans le sol et le nez dans les étoiles. C’est comme s’ils étaient des intermédiares entre le ciel et la terre.

C’est le cas du petit Socrate qui, à l’instar de son illustre homonyme, pose des questions – dont la pertinence n’échappe pas à son papa – et n’hésite pas à s’engager dans une antithèse lorsque sa réponse lui semble un peu juste.

Paru en 2015

Dans le volume précédent, notre philosophe en herbe se demandait, par exemple, si les choses doivent forcément être visibles pour être réelles, ou bien, pourquoi les étoiles nous paraissent-elles aussi petites que des grains de sable alors qu’elles ne le sont pas ?

Dans ce nouvel opus, « Socrate le Jeune » s’interroge et interroge son père (qui, de maître peut à l’occasion devenir disciple) sur le temps : celui dont on dispose ou non, que l’on prend ou non, sur les voyages dans le temps, qui peuvent ne durer qu’un instant… Sur le secret aussi, que l’on partage ou non, sur l’envie que l’on a de faire savoir à son entourage qu’on en détient un, mais qu’on le gardera pour soi… Sur les voyages, au sens propre comme au fuguré… Sur la subjectivité et le sentiment que de tel ou tel objet nous inspire… Sur les rêves : que se passe-t-il lorsque nous rêvons ? Les rêves sont-ils une l’occasion de vivre des choses inédites ? Quelle réalité explorons-nous alors ?

Une initation tout en douceur à la philosophie, un délice à partager avec les tout-petits (à partir de 6 ans)… qui ont de bonnes chances de vous stupéfier et de vous amener à stimuler vos petites cellules grises.

Anne Calmat

56 p., 11 €

Actes Sud audio : Le Mur invisible de Marlen Haushofer, lu par Marie-Ève Dufresne

En librairie le 4 novembre 2019

Une femme, dont on ne connaîtra jamais le nom, part en week-end à la montagne chez un couple d’amis. Durant la nuit qui suit leur arrivée, une catastrophe, sans doute planétaire, se produit. Le lendemain matin, un mur transparent infranchissable a surgi, qui coupe l’invitée du reste du monde. Demeurée seule dans le chalet dont les occupants s’étaient absentés la veille au soir, la recluse va dès lors consigner sur un agenda les évéments de chaque journée, puis ensuite rassembler ses souvenirs pour en faire un récit non chronologique. Elle écrira jusqu’à l’épuisement du stock de papier dont elle dispose. La lira-t-on un jour ? Peu lui importe. « M’obliger à écrire me semble le seul moyen pour ne pas perdre la raison ».

Hugo, le propriétaire des lieux avait auparavant pris soin d’y engranger tout ce qui serait nécessaire à la survie en cas de nécessité absolue (le roman a été écrit en 1963, en pleine guerre froide). Ignorant la durée probable de son isolement, cette citadine élévée à la campagne va retrouver les gestes ancestraux et se faire cultivatrice, chasseuse, cueilleuse de baies, bucheronne ; tentant ainsi de pourvoir à sa survie et à celles et ceux qui se sont trouvés du bon côté du mur : le chien Lynx, « son sixième sens » ; la vache Bella, et plus tard son petit veau ; la vieille chatte et ses chattons.

Tous sont devenus ses enfants de substitution. Ses deux enfants, les vrais, sont restés en ville. Ils sont probablement morts. Comme le sont à coup sûr les deux vieillards qu’elle a aperçus de l’autre côté du mur, ainsi que tous les animaux qui gisent sur le sol, pétrifiés, comme ont dû l’être les habitants de Pompéi lors de l’éruption du Vésuve. Ses compagnons à quatre pattes ont autant besoin d’elle pour leur survie qu’elle a besoin d’eux. Pour combien de temps encore ? Elle ne se projette pas dans l’avenir, seul le présent compte. Cette nouvelle vie l’a révèlée à elle-même, elle s’est réinventée en échappant à l’étroitesse d’une existence qui auparavant lui pesait. ”Quand je me remémore la femme que j’ai été, la femme au léger double menton qui se donnait beaucoup de mal pour paraître plus jeune que son âge, j’éprouve pour elle peu de sympathie. Mais je ne voudrais pas la juger trop sévèrement. Il ne lui a jamais été donné de prendre sa vie en main.

Nous nous perdons avec elle dans les méandres de son récit – parfois on peine à situer dans le temps les épisodes auxquels elle fait allusion ; nous nous désolons quand l’un de ses animaux vient à mourir ; nous parcourons à sa suite les sentiers qui mènent à l’alpage, participons à la récolte des pommes de terre qu’elle a semées et aux fenaisons.

Combien d’années se sont-elles écoulées depuis que le mur a surgi entre cette partie de la vallée et le reste du monde ? Est-on toujours en été ou bien est-ce déjà l’automne ? Grâce aux provisions que Marco a laissées et surtout grâce à l’extraordinaire sens pratique de la narratrice, elle et ses animaux semblent être assurés de pouvoir vivre paisiblement.

Pour le moment…

8h30 d’écoute en 31 chapitres d’une durée variable pour ce vibrant éloge du courage et de la combativité d’une femme livrée à un monde où tout désormais est incertain. 21 €

Anne Calmat

L’auteure.

Après des études de philologie allemande à Vienne, Marlen Haushofer (1920-1970) se marie et élève deux enfants. Tiraillée entre ses devoirs de mère au foyer et ses ambitions littéraires, elle est obligée d’écrire tôt le matin ou pendant la nuit. C’est à partir de 1946 qu’elle publie ses premiers contes dans des journaux ; suivront ensuite des nouvelles et des romans. Son œuvre, dont la plupart des protagonistes sont des femmes, est marquée par l’intrusion de troublantes fantasmagories dans la banalité du quotidien. Avec Le Mur invisible, son talent est enfin reconnu dans son pays. Plus tard, ce sont les féministes qui ont révélé son travail au grand public. Désormais, Marlen Haushofer fait partie de ces écrivaines dont les héroïnes sont inoubliables.