Archives de catégorie : Littérature Jeunesse

La Brigade des cauchemars

Scénario Franck Thilliez, dessin Yomgui Dumont, couleur Drac –  Ed. Steinkis, coll. Jungle Frissons – À partir de 12 ans.

48 p., 11,95 €

Tristan et Esteban, 14 ans, font partie de la mystérieuse Brigade des cauchemars, créée par le professeur Angus, le père de Tristan.

Elle vient en aide à ceux qui n’arrivent pas à se débarrasser de leurs mauvais rêves, en entrant dans le cauchemar du patient afin d’en découvrir la source et de la détruire.

Aujourd’hui, le cas de Sarah a ceci de particulier qu’Esteban est certain de l’avoir déjà rencontrée. Mais où ? Esteban est amnésique, ceci explique peut-être cela.

Leur mission doit être remplie en un minimum de temps : si l’adolescente se réveille, ils resteront prisonniers dans son cauchemar.

Une fois la porte des songes franchie, nos deux  » explorateurs  » se retrouvent dans une ville fantôme entourée de hauts murs. Ils ne vont pas tarder à être traqués par une patrouille de mercenaires à la recherche de ceux qui ont échappé au sort qui leur est réservé : les enfants. 

Trois d’entre-eux viennent justement d’envoyer un message en Morse aux nouveaux venus :  » Ici-pas-d’adulte-pas de-danger …

 » Allons voir  » dit Esteban.

Une course contre la montre, passionnante pour le lecteur et à haut risque pour les deux garçons, s’engage alors. Elle est d’autant plus périlleuse que, suite au dépôt de plainte du père adoptif de Sarah, pour hospitalisation de sa fille sans qu’il y ait consenti, deux gendarmes viennent de faire irruption dans la clinique du professeur Angus et exigent que l’adolescente soit réveillée sur le champ. Ils joignent du reste le geste à la parole :  » Petite ? Petite, réveille-toi !  »  

Tempête dans un crâne, panique à bord.

Il reste une vingtaine de planches avant que le lecteur ne découvre le fin mot de cette folle aventure… et en imagine les prolongements. Une réussite.

A.C.

Un Détective très très très spécial

Roman de Romain Puértolas – Ed. La Joie de lire – Sortie le 21 septembre

Le matin, Gaspard est vendeur de souvenirs « made in China » dans une boutique à Montmartre. Et puisqu’il lui est impossible d’arnaquer à plein-temps les touristes, il est également « nez » pour une marque de déodorants l’après-midi. Ou plus prosaïquement, « renifleur d’aisselles », précise-t-il

Gaspard est trisomique, ce qui ne l’empêche pas d’avoir un avis aiguisé sur la marche du monde, avec ses merveilles et ses aberrations. Méthodique, il consigne chaque jour ses réflexions et découvertes dans des cahiers de couleurs différentes, en fonction de son ressenti face à chaque événement.

Gaspard est l’homme de tous les paradoxes. À la fois « nonsensique » à l’extrême et pétri de bon sens, il n’a semble-t-il pas son pareil pour résoudre un casse-tête sur lequel bien des individus, dotés d’un QI largement supérieur au sien, se casseraient les dents. Il pratique aussi, tout naturellement et presque systématiquement, la digression humoristique, le second degré, le calcul des probabilités, et se plaît à relever les défis que son imagination fertile met en travers de sa route.

Bref, Gaspard est un esprit supérieur qui s’ignore, et dont ses parents, pourtant très aimants – pas du genre à avoir collé leur petit dans une institution spécialisée ! – semblent n’avoir pas pris la mesure.

Aussi, lorsque par un funeste concours de circonstances ses deux employeurs viennent à disparaître, Gaspard, qui a beaucoup regardé des séries télévisées (et en particulier Starsky et Hutch)*, opte-t-il pour une carrière de détective privé.

Le voilà maintenant « en immersion » dans un centre pour handicapés, afin de démasquer l’assassin de l’un de ses pensionnaires. La couverture idéale…

Mais la vie se charge parfois de remettre les pendules à l’heure, et c’est sur un double uppercut au plexus solaire que le lecteur referme ce roman destiné aux adolescents et aux adultes. En une vingtaine de pages, le récit jubilatoire a fait place à l’émotion la plus intense, c’est superbe !

Anne Calmat

120 p. 15,90 €

Du même auteur : L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea. Le Dilettante, 2013.

Sortie en BD le 25 octobre aux Ed. Steinkis

 

  • Série américaine diffusée en France à partir des années 80, puis rediffusée sur le câble. 

Le Petit Prince

Coup d’œil…

 

(Le Petit Prince et le Renard, 4’43)

Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry – Ed. Gallimard Jeunesse (livre DVD-CD).

Il y a six ans, j’avais eu une panne dans le désert du Sahara. Quelque chose s’était cassé dans mon moteur. (…) Le premier soir je me suis endormi sur le sable a mille milles de toute les terres habilitées. J’étais plus isolé qu’un naufragé sur un radeau au milieu de l’océan. Imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m’a réveillé. Elle disait :

– S’il vous plaît… dessine-moi un mouton !”

L’album, édité en 2013 à l’occasion des 70 ans du petit prince, contient 1 plage DVD qui propose la lecture par Gérard Philipe du début récit et d’autres extraits du récit sur CD. 

On reconnaîtra, dans le rôle-titre, la voix du jeune Georges Poujouly et celles de Michel Roux (le serpent), Pierre Larquey (l’allumeur de réverbères), Sylvie Pelayo (la rose) et Jacques Grello (le renard).

On découvrira également le livre tel qu’il fut publié par la NRF en 1943, avec les aquarelles originales de l’auteur.

104 p., 19,90 €

Le Monde des Végétanimaux (suivi de) Alcibiade

Le Monde des Végétaninaux de Rémi Farnos (texte et dessin) – Ed. La Joie de lire, 2017

Une soucoupe volante, avec à son bord un drôle de bonhomme en scaphandre – qui se révèlera par la suite être une femme – atterrit sur une planète peuplée de créatures mi-animales mi-végétales, semant l’émoi chez les haricolibris et autres hiboutondors, crapotirons , oustitillieuls, etc. Suivi et bientôt secondé par un poireaunard curieux et bavard, le nouveau venu traverse la planète aux trois lunes à la recherche du vaisseau à bord duquel voyageaient ses ancêtres, et qui s’est abîmé quelque part. Epiés par les végétanimaux (qui ne se privent pas de commenter l’action), ils échappent à l’étreinte d’un ananaconda, qui aurait pu leur être fatale, puis aidés par une valeureuse équipe d’homosapins, ils parviennent à terrasser un redoutable radinosaure. Mais l’inconnue est-elle vraiment celle qu’elle semble être ? Et qu’est-il arrivé à ses ancêtres ?

Suspens, humour, rebondissements, Rémi Farnos excelle une nouvelle fois dans l’art de conter des histoires à multiples niveaux de lecture.

Anna K.

40 p., 10 €

Alcibiade de Rémi Farnos (texte et dessin) – Ed. La joie de Lire, 2015

Un paysage de moyenne montagne, une route qui serpente au milieu des champs, au loin un village. Alcibiade, haut comme trois pommes, marche d’un pas décidé, son baluchon fixé au piolet qu’il tient en équilibre sur ses frêles épaules. Il salue au passage Sigismond et lui apprend qu’il part vers l’Est « à la recherche de celui qui lui révèlera son destin ». Un voyage qui va s’étaler sur plusieurs années.

Sa rencontre avec Assatour le condor sera déterminante dans la réalisation de son rêve, somme toute assez universel.

Mais là encore, rien ne se passera comme prévu…

Il y aura aussi Akim, le forgeron. Akim a mis au point une armure qui grandit avec son propriétaire. L’enfant est donc fin prêt pour ce qui pourrait bien ressembler à un parcours du combattant.

Alcibiade et Assatour, devenus inséparables, vont dans un premier temps s’attaquer à longue et incontournable chaîne des Lapages, appelée également « la Machoire du requin ». Arrivés à son dernier sommet, le redoutable Minotaure, tapi au fond d’un labyrinthe, les attend…

Au fil du temps, les exploits du jeune Alcibiade sont devenus légendaires, cependant, c’en est une tout autre version qu’il découvrira lors de son retour parmi les hommes.

Alcibiade n’est certes ni Thésée, ni David, et les noms des grands philosophes lui sont inconnus, mais peu importe, la valeur de vérité d’un mythe n’est-elle pas secondaire quand celui-ci permet à une société de réviser nombre de ses idées reçues ?

Cette fable philosophique agrémentée de dialogues savoureux a toutes les chances de remporter les suffrages d’un large lectorat.

Anna K.

40 p., 10 €

 

Le Voleur de Souhaits (suivi de) Chaussette

Le Voleur de Souhaits de Loïc Clément (scénario) et Bertrand Gatignol (dessin) – Ed. Delcourt Jeunesse 

« Depuis son son plus jeune âge, en dépit des apparences, Félix n’était pas un enfant comme les autres… », peut-on lire sur la première vignette. 

On apprend que pour lui, chaque éternuement, d’où qu’il vienne, était une aubaine.  » À mes souhaits « , disait-il invariablement, en misant sur la distraction de   » l’éternueur  » (ou de l’éternueuse). Et pour peu qu’il en soit remercié, le voeu émis in-petto se retrouvait comme par enchantement emprisonné dans un bocal, que Félix entreposait sur l’un des rayonnages de sa Bibliothèque aux souhaits.

Ce chapardeur de rêves ne savait pas encore que sa vie n’allait pas tarder à être bouleversée…

Le voici maintenant à la tête de plusieurs centaines de bocaux.

Un jour, il croise Calliope, une enfant aux grands yeux tristes, et c’est tout naturellement qu’il projette de lui chiper un souhait à la première occasion – au printemps, le pollen est un allié précieux !

Mais en vain. Se peut-il que, si jeune, elle soit déjà désabusée ? Et qu’en est-il de lui, toujours si prompt à priver les autres de leurs désirs ? Ne serait-ce pas pour éviter d’avoir à s’interroger sur les siens ?

Les deux ados, dont on ne saura rien de leur vie de famille (où sont leurs parents ?), décident alors de partir à la découverte d’eux-mêmes.

Un conte original destiné aux enfants, mais que ses différents niveaux de lecture ouvrent à un plus large lectorat.

A. C.

32 p., 10, 95 €

 

Chaussette de Loïc Clément (scénario) et Anne Montel (dessin) – Ed. Delcourt Jeunesse

La vie de Josette, que son jeune voisin appelle Chaussette depuis toujours, est réglée comme du papier à musique. Chaque matin, elle se rend chez son boucher, son boulanger, puis elle fait un crochet par la Maison de la presse. Dagobert, son compagnon aimé, la suit pas à pas.

Mais un jour la vieille dame se comporte d’une façon  très étrange. Elle chaparde dans les boutiques et rapporte chez elle toutes sortes d’objets parfaitement inutiles. M. Alzheimer serait-il en train de l’attirer dans ses filets ? Pas du tout. Les raisons qu’elle finit par invoquer donnent malgré tout à réfléchir…

Une jolie fable, délicieusement illustrée par Anne Montel, qui développe avec finesse le thème du rapport que peuvent avoir les personnes âgées à leurs souvenirs,  et les stratégies qu’elles développent pour les garder vivaces le plus longtemps possible.

A. C.

32 p., 10,95 €

Jack London – Nam-bok – Thierry Martin

Nam-bok d’après la nouvelle de Jack London, Nam-bok le hâbleur – Adaptation et dessin Thierry Martin – Ed. Futuropolis

Un paysage d’hiver dans le Grand Nord canadien, un renard qui cherche sa nourriture, un renne qui semble attendre que son vieil ami Noël lui fasse signe… Deux hommes en observent un troisième. Il s’approche du rivage. Sa mère l’a reconnu de loin. Ce n’est pas la première fois, elle l’attend depuis si longtemps ! Mais cette fois est la bonne, Nam-Bok que l’on croyait mort est de retour.

Stupeur et incrédulité parmi les siens.  » Aucun ne peut affronter le vent qui souffle vers le large et revenir après de si longues années. (…) Peut-être que tu es une ombre, l’ombre errante de celui qui a été Nam-Bok « . Il faut pourtant se rendre à l’évidence, Nam-Bok est là, devant eux, les bras chargés de cadeaux, et en pleine forme.

Le soir, tout le village se réunit autour du revenant. Il raconte la dérive de son embarcation vers le large alors qu’il chassait le phoque, sa bataille contre les éléments, puis sa rencontre avec une immense goélette qui n’avait pas besoin de pagaies pour avancer puisque sa voilure lui servait d’ailes. Ha ! Ha ! s’esclaffe-t-on. Qui de surcroît pourrait croire celui qui prétend avoir vu le soleil descendre du ciel et disparaître dans la mer ? Mais lorsqu’il en vient au périple qui l’a conduit jusqu’au bout du monde et qu’il affirme avoir voyagé sur  » un monstre, grand comme mille baleines, qui vomissait de la fumée et poussait de prodigieux ronflements « , et comment il est arrivé à un village, «  où les toits des maisons montaient jusqu’aux étoiles « , c’en est fini de lui, il a perdu toute crédibilité auprès du plus grand nombre. Loin d’avoir amorcé un rapprochement entre tradition et modernité, ses descriptions ont provoqué l’effroi.

Dès lors, que faire de celui dont les propos sont perçus comme une offense à la raison, sinon le renvoyer d’où il vient ?

Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté, cela vous rappelle-t-il quelque chose ?

Une très belle adaptation de la nouvelle de Jack London, servie au plus juste par le graphisme tout en simplicité de Thierry Martin.

Anne Calmat

104 p., 18 €

Le Vélo Géant

de Lau Bergey (scénario) et Nicolas André (dessin) – Ed. La Joie de lire (à partir de 6 ans).

Martha vit avec ses parents dans la ferme familiale. Son passe-temps préféré, ce sont les balades à vélo sur les chemins avoisinants. Un vélo à trois roues devenu si ridiculement petit que sa maman décide de lui en offrir un nouveau… qui du coup est trop grand pour elle. Qu’importe, Martha s’élance sur la route caillouteuse qui longe le domaine : premier gadin, première rencontre avec Peter, le jeune saisonnier que son père vient d’embaucher.

Peter n’est probablement pas un expert dans la conduite d’une moissonneuse-batteuse, en revanche, il excelle dans l’art de dessiner des cycles – mono, bi ou tri , enfourchés par des créatures extravagantes.

L’homme et l’enfant vont tisser un lien aussi éphémère que profond, qui laissera une empreinte durable chez Martha devenue adulte.

Peu de bulles pour cette histoire solaire sur le pouvoir de l’imagination et de l’art, et sur la force de l’amitié.

A. C.

40 p., 10 €

 

L’aventure du petit garçon… (suivi de) Game monstre

PLACE AUX BÉDÉISTES EN HERBE !

 

 

 

 

 

L’aventure du petit garçon dans le monde des Pokémon : Victor 10 ans, scénario et illustrations.

 » Un enfant arrive dans un nouveau pays.
Il a déjà son premier Pokémon de Compagnie et part à l’aventure en combattant son premier Pokémon Sauvage.
Il fait connaissance d’une nouvelle amie. Elle lui propose un combat.  Il aide un autre de ses nouveaux amis à capturer son premier Pokémon. 
Notre héros essaie de combattre un champion d’arène avec l’un de ses Pokemon.
Il essaie aussi de combattre un autre champion d’arène avec son premier Pokemon, qui a évolué.
Il visite une grotte très importante et il voit le Maître du Pays et le Pokemon Oméga gravés sur le mur.

Voici maintenant le Méchant, celui qui tente de capturer le Pokemon de l’Oméga.
Nous revoilà chez un nouveau champion d’arène. Le héros en est déjà à son troisième champion sur huit.
Avec son amie, il observe le volcan du pays dans lequel ils sont arrivés.

Un autre Méchant est là, il essaie de capturer le Pokemon Alpha.
Même si le héros a du mal à le combattre, le Méchant est vaincu.
Il affronte ensuite le quatrième champion, qui, lui, a des Pokémon brûlants.

Ensuite, aidé de son premier Pokemon qui a encore évolué et a battu son père, le héros combat son propre père (le cinquième champion)

Encore un champion avec un Pokemon doux et magnifique, en forme de coton.

Puis le héros s’introduit dans le repaire du Méchant pour lui pourrir ses plans.

Le demi-dernier champion est là avec un combat double à mener.
Le héros s’apprête alors à faire quelque chose de dangereux : combattre le Pokemon Omega en forme améliorée, en essayant de l’attraper.

Car s’il bat le dernier champion, il pourra aller à la ligue des Pokemon.
Le dernier combat, celui de la ligue Pokemon, est le plus compliqué de son aventure, mais notre ami s’est bien améliorée depuis qu’il a attrapé son premier Pokemon !

Au final, le héros n’a pas abandonné et il a vaincu le Maître avec son tout premier Pokemon « .

Bédéistes en herbe

Game monstre : Victor 10 ans, scénario et illustrations.

 » Un monstre se promène dans le désert et trouve un trophée magique. Le gardien du trophée l’attaque, le monstre se défend et tue le gardien. Il s’en va et découvre une porte, mais il ne sait pas comment l’ouvrir. Le monstre s’aperçoit alors que le trophée est la clé qui ouvre cette porte. Il entre et se trouve face au poing d’un géant. Il s’enfuit mais se fait rattraper par le géant.

Le monstre est tué à son tour, et le trophée, éjecté.

Où ira-t-il désormais ? Personne ne le sait. »

 

Elisa et Selma – La Vallée de Trolls

Elisa et Selma
Elisa et Selma

d’Alex Chauvel – Ed. La Joie de lire (à partir de 6 ans)

Elisa et Selma se sont aventurées loin de la maison de leur grand-mère, de l’autre côté de la montagne. Elles ne retrouvent plus leur chemin. C’est alors qu’elles rencontrent deux curieux personnages qui répondent aux noms de Stéthoscope, dit Stéthos, et Entonnoir. Ils acceptent de les conduire chez celle qui pourra les aider : Chaussure, la doyenne de la vallée. Pour cela, ils doivent emprunter le labyrinthe peuplé de Trolls – en grande partie inoffensifs – qui mène à son logis.

Entonnoir
Entonnoir
Chaussure
Chaussure

Une fois arrivées à destination, les deux sœurs apprennent que Chaussure ne peut rien pour elles : elle a cassé le cristal magique qui aurait pu leur indiquer le chemin à prendre. Qu’à cela ne tienne, Elisa, Selma et leurs deux compagnons de route partent à la recherche d’un autre cristal, qu’ils finissent par trouver. Nouvelle enfilade labyrinthique de grottes, reliées cette fois entre elles par des stèles ornées de symboles ésotériques, nouveaux obstacles à franchir.

Stéthos
Stéthos

À leur retour, Chaussure a disparu, elle est partie au village des Trolls soigner l’un d’entre-eux. Les quatre amis vont devoir poursuivre leur surprenant périple, qui va en particulier être pour eux l’occasion de faire la connaissance d’un chat mangeur de songes. « La nuit, il entre dans les rêves des gens, mange ce qu’il y trouve et transforme ça en musique », dit Stéthos à Selma.

À chaque fois qu’une nouvelle épreuve se présente, le lecteur est invité à emprunter, crayon en main, le même itinéraire que les héros de cette histoire qui, illustrations comprises, semble tout droit sortie de l’imagination d’un enfant. Ce qui est rare.

A. C.elisa_selma-6-800x526

40 p., 10 €

Tête de mule

004456291de Øyvind Torseter (texte et dessin), traduit du norvégien par Aude Pasquier – Ed. Le Joie de lire.* D’après Les sept corbeaux de Jacob et Wilhelm Grimm.

Øyvind Torseter revisite avec humour et fantaisie une légende populaire datant du 19e siècle, dans laquelle une fillette, cause indirecte de la métamorphose en corbeaux de ses sept frères, brave mille dangers pour briser le sortilège dont ils ont été les victimes.

Ici, un jeune prince, que l’auteur a non seulement représenté sous les traits d’un mulet mais aussi appelé Tête de mule, décide d’aller délivrer ses six frères et leurs six promises, qu’un troll a changés en statues de pierre.

Chemin faisant sur sa monture, il trouve un saxophone dans un ruisseau, porte secours à un éléphant et rencontre un loup qui lui indique le lieu où vit la créature, et comment en venir à bout.4

Trouver son antre n’est pas difficile, mais briser son coeur en mille morceaux afin de l’empêcher à jamais de nuire est une tout autre affaire. Prudent, le troll a en effet dissimulé le siège de ses émotions au milieu de l’indescriptible capharnaüm qui lui sert de « nid d’amour » . ill-1-1024x589

Tête de mule va être aidé dans son entreprise par une princesse, que cet « individu » au regard insondable et aux extrémités noueuses retient également prisonnière, et dont il a fait sa « fiancée ».

Elle est roublarde, un rien délurée, le prince est obstiné, prêt à risquer sa vie pour sauver ceux qu’il aime et il a plus d’un tour dans son sac (à dos) : ils vont conjuguer leurs talents pour tenter de réduire à néant cet être protéïforme, un peu naïf, un peu fleur bleue, et peut-être même un peu mélomane…

Un conte à plusieurs niveaux de lecture qui plaira aussi bien aux enfants (à partir de 6 ans) qu’aux adultes.

A. C.

  • Critic »s Award 2015 pour la jeunesse décerné par la Norvegian Critics Association.

120 p., 22,90 €

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Le Président du monde

president_monde_rvbRoman graphique de Germano Zullo (texte) et Albertine (dessin) – Ed. La Joie de lire (dès 6 ans)

Si l’on en juge par le nombre et l’épaisseur des dossiers qui tapissent le bureau du président, c’est un homme très occupé.

Mais quoi qu’il fasse (ou non), la situation se dégrade, le chômage progresse, la bourse s’effondre,  des scandales de fausses factures affleurent, et pour couronner le tout, la guerre a été déclarée entre deux États voisins.

« Ça va très très mal, Monsieur de Président ! », prévient son ministre des Affaires étrangères.pages-de-president_monde_light-2-2
On apprend un peu plus loin que nombre des dossiers en question sont destinés à finir dans les oubliettes de l’Histoire, au fond d’un cimetière lacustre.

De cette masse de problèmes occultés, surgit un jour un dragon. Le monstre est bien décidé à ne faire qu’une bouchée du président, de ses ministres et de « Mamounette ». Il est bon de préciser que le grand homme vit avec sa maman qui, en plus d’être celle qui lui prépare « amoureusement » des bons petits plats, est aussi sa conseillère. Lorsque la situation économique devient intenable ou qu’un événement particulier menace l’intégrité du monde, la brave femme rassure son petit : « Tu ne peux pas tout résoudre mon bonhomme ! Laisse faire les choses, tout s’arrangera, comme d’habitude ». « Allez, je t’attends pour le dîner, et ne t’en fais pas une miette », ajoute-t-elle invariablement.

Dans le palais présidentiel, tout se déroule selon la tradition : les conseillers conseillent, les experts expertisent, les courtisans espèrent un remaniement ministériel en leur faveur, et les journalistes s’intéressent à l’actu sentimentale du président :  » Êtes-vous toujours lié à Bella, la cantatrice ?  »

Cependant que le dragon se joue de l’artillerie lourde déployée contre lui.

« Tout est sous contrôle », affirme le président du monde lors d’une interview télévisée.

Sous contrôle ?pages-de-president_monde_light

Ce vrai-faux jeu de piste, dont chaque indice renvoie le lecteur à un scénario familier, divertira aussi bien les enfants que leurs parents, qui en ces temps de pré-Primaires peuvent parfois se sentir un peu… perplexes. En quelques bulles et autant d’illustrations, tout est dit, il ne reste plus qu’à lire entre les lignes. Les dessins stylisées aux couleurs acidulées d’Albertine, alliés à l’humour grinçant et subtil de Germano Zullo, font de cette fable un régal.

Anne Calmat

52 p., 15,90 €

 

 

 

La Danse de la Mer

danse_de_la_mer_slipcase-RVB-270x193de Laëtitia Devernay – Ed. La Joie de Lire –

Un poème graphique sans paroles pour les petits et les grands, qui en dit long sur notre « mer nourricière » menacée d’épuisement.

C’est une armada de bateaux-frigorifiques pansus qui, dans un premier temps, accueille le lecteur. Les filets ont été jetés et les poissons multicolores pris au piège. Puis les envahisseurs s’éloignent et tout semble s’apaiser : poissons-oeil et sirènes peuvent alors révéler leurs secrets. Des nageuses, portées par la houle et les marées, offrent un étrange et énigmatique ballet.page18

On s’attend  presque à voir surgir la petite Ponyo, que Hayao Miyazaki a imaginée courant sur la crête des vagues pour suivre son ami Sozuke, ou bien cette Enfant de la haute mer, si chère à Jules Supervielle. C’est peut-être aussi à cet instant que Ondine et ses semblables s’apprêtent à quitter leur palais de cristal pour partir à la recherche de celui qui les fera femmes à part entière, avant de les trahir… Qui sait ? page7

Réalisé à l’aide de collages, avec une trame à l’encre de Chine et des formes en faux relief du plus bel effet, l’album poétique de Laëtitia Devernay invite, on l’aura compris, au vagabondage et aux digressions littéraires.

A. C.

72 p., 22,90 €

De la même auteure : « Diapason « , « Be Bop ! » , « Bestiaire mécanique« . (Ed. La Joie de Lire).

 

Le jardin de Minuit

484329a0442431ebd2ff5614606e6475d’après le roman de Philippa PearceTom et le jardin de minuit, adaptation Edith – Ed. Soleil –

Pépite de la BD, Salon du Livre et de la Presse Jeunesse, Montreuil 2015 –

Le frère de Tom a attrapé la rougeole et le petit garçon est contraint d’aller passer ses vacances chez son oncle et sa tante. Ils habitent un appartement sans charme, situé dans un immeuble qui donne sur une cour tout ce qu’il y a de plus banale. Dans le hall d’entrée, Tom remarque une vieille horloge sur pied qui, lui précise son oncle, n’indique jamais l’heure exacte. Elle est là depuis toujours, interdiction formelle d’y toucher. On suppose qu’elle appartient à la vieille dame un peu revêche qui vit à l’étage supérieur. Interdiction également de sortir avant que l’on ne soit certain qu’il n’est plus contagieux.le_jardin_de_minuit_image2

Une nuit, Tom entend l’horloge sonner. Il compte un deux, trois, quatre… treize coups ! Il descend, ouvre une porte qui laisse filtrer un rai de lumière… et se retrouve dans un immense jardin.648x415_jardin-minuit-extrait

Jour après jour, Tom va consigner par écrit ce qu’il vit la nuit lorsqu’il rejoint cet espace d’éternité, hors de toute réalité et où le temps s’écoule à un rythme très inhabituel.58-JardinMinuit_case1

Il y rencontre des enfants qui semblent ne pas le voir, à l’exception de Hatty, une fillette de son âge.

On pense bien entendu au Monde de Narnia, mais aussi à l’univers de Hayao Miyasaki, et en particulier à Arriety, dont il a signé le scénario.

Le découpage en courts chapitres permet aux plus jeunes lecteurs d’entrer de plain-pied dans cette histoire à plusieurs niveaux de lecture et il y a fort à parier qu’ils seront conquis par cette fable entre réalité et fantastique, superbement illustrée par Edith. Quant aux adultes, ils percevront sans peine son ouverture sur ce qu’Einstein a appelé « la relativité restreinte ».
Les dernières planches – la clé de l’énigme – sont particulièrement émouvantes.
À (re) découvrir !
A. C.
96 p., 17 €

To-day