Archives de catégorie : Expos-Scènes-Arts

Les arts du spectacle vivant, le street art, les expositions, l’agenda des manifestations culturelles…

Vertiges : un art-book consacré à Jean-Marc Rochette – Ed. Daniel Maghen

En librairie le 21 novembre 2019 © JM Rochette / D. Maghen – 180 p., 39 €

Jean-Marc Rochette (ci-contre) est un artiste prolifique et vertigineux. Alpiniste chevronné, il a flirté avec les plus hauts sommets alpins, puis, épris d’art et de littérature, il a tenté la voie du roman graphique, qui pour lui s’est, au fil du temps, avérée royale.

Dessinateur virtuose, peintre, sculpteur, scénariste, l’homme surprend par la profondeur de sa pensée. Il étonne aussi par la singularité de son mode de vie, la plupart du temps pastorale, quelquefois citadine. « Dans l’Oisans, j’y suis depuis que j’ai dix ans, donc je connais tout comme ma poche : les sommets, leurs noms, la profondeur des vallées. Je sais même à peu près où sont les loups. C’est ma maison. »

Vertiges conjugue entretien avec la journaliste Rebecca Manzoni (une vingtaine de pages au total, réparties sur l’ensemble de l’album), aquarelles inédites et huiles sur toile qui représentent cette montagne, SA montagne « vivante comme un fleuve », dont il est follement épris. Et naturellement, nombre d’extraits de BD ou de romans graphiques, sur pleine ou double page, récents ou plus anciens.

Son œuvre peint ou dessiné nous renvoie au rapport osmotique que ce grand sage entretient avec les hauts sommets – comme c’était le cas de ses illustres prédécesseurs : Edward Whymper, Gaston Rébuffat ou Lionel Terray – à qui il rend hommage dans Ailefroide Altitude 3954.

L’artiste et la journaliste ont d’emblée été sur la même longueur d’ondes. Un rapport tout en simplicité s’est instauré dès qu’ils se sont retrouvés dans le hall de la gare de Grenoble. « J’ai les cheveux blancs et je suis habillé tout en noir », lui avait-il précisé. Ils ont ensuite rejoint son chalet dans le parc des Ecrins, et c’était parti pour une longue séance de questions-réponses.

Cela donne une somme éblouissante d’images et de réflexions sur l’Art et le monde tel est et qu’il va.

Jean-Marc Rochette évoque avec elle la genèse et les raisons de chacune de ses créations, dans lesquelles la question environnementale est souvent omniprésente. « Si on ne change pas de paradigme social, on va crever. On ne va pas tenir comme les montagnes. Pour ça, il aurait fallu qu’on s’intègre à la nature, qu’on ne la tabasse pas comme on le fait  (…) »

Casterman 2019

Le Loup, par exemple, interroge sur la place de l’humain au sein du règne animal. L’action se déroule au cœur du massif des Écrins, où un grand loup blanc et un berger vont s’affronter jusqu’à leurs dernières limites, avant de pactiser et de trouver le moyen de cohabiter. Pour la composition de ce roman graphique, l’auteur s’est inspiré de l’histoire d’un berger qui vit près de chez lui. Il s’est ensuite dessiné sous les traits de cet homme au passé douloureux. Pourtant c’est à son grand-père paternel qu’il a pensé : « Gaspard a 60 ans et il est montagnard, comme moi. (…) Mais il a un caractère plus proche de celui de Jean-Désiré Rochette, mon grand-père, qui avait perdu un fils – mon père – en Algérie. »

Casterman 2018

Puis vient Ailefroide Altitude 3954, un livre d’une incroyable richesse, tant sur le plan graphique qu’émotionnel, dans lequel Rochette évoque l’absence de son père et sa propre entrée en alpinisme. On le découvre ici enfant, en arrêt devant une toile de Chaïm Soutine, intitulée Le bœuf écorché. Le jeune garçon est émerveillé par la force de l’œuvre. « Il peint parce que c’est plus fort que lui » dit-il à Rebecca Manzoni. Rochette se lancera quelques années plus tard à l’assaut des sommets, parce que ce sera plus fort que lui.

Sa passion pour l’escalade demeure intacte. Bien qu’il ait dû renoncer à être guide suite à un grave accident survenu lors d’une course en solo en 1976, il continue de grimper, considérant « qu’être alpiniste, c’est pour la vie ».* Nous partageons avec lui les nuits à la belle étoile, les bivouacs, les avalanches, les chutes de pierres qui exposent au pire, les crevasses qui happent les corps et ne les rendent pas, les escalades à corde tendue, les rappels à l’épaule… (* Ailefroide Altitude 3954)

Que la montagne est belle, vibrante et fière sous les pinceaux et les crayons de Jean-Marc Rochette ! Elle peut aussi être impitoyable : il l’a vécu dans sa chair, il sait l’engagement et l’humilité qu’il faut pour mesurer à elle.

Casterman 1994 à 2000. Une intégrale a été publiée en 2014

Nous remontons ensuite le temps, pour cette fois nous immerger dans une histoire au long cours qui, en ce début de 21e siècle, résonne avec une force particulière : celle du Transperceneige, à bord duquel se trouve le dernier bastion de l’espèce humaine, après que la bombe a fini par éclater. Ses passagers seront par la suite contraints de quitter ce train devenu infernal, à la recherche d’un nouvel abri. Malgré les risques encourus, ce sera pour chacun l’espoir d’une vie meilleure, car, pensent-ils, rien ne pourrait être pire que l’existence qui est devenue la leur…

Les dessins originaux de ce livre seront exposés à la Galerie Daniel Maghen du 10 décembre au 11 janvier 2020. Galerie DM, 36 rue du Louvre Paris 1er

Anne Calmat

Écolila – François Olislaeger – Ed. Actes sud BD

Depuis le 6 novembre 2019 Copyright F.O . / Actes Sud

Nous sommes ici témoins d’une discussion sur la nature et l’écologie entre une petite fille de cinq ans et son papa. Tous deux déambulent dans le zoo de Chapultepec (Mexico). Lui, est préoccupé et ne sait que lui répondre, bien qu’en réalité, les deux visiteurs se posent les mêmes questions.

Ensemble, ils interrogent les grands enjeux et les dangers du changement climatique, un peu partout sur les cinq continents. En suivant les quatre éléments et les quatre saisons, ils ébauchent des solutions, tout en rendant hommage à l’intelligence de la vie et à l’architecture de la biodiversité. En s’appuyant sur des concepts, tels que la permaculture comme philosophie applicable à de nouvelles organisations sociales, en abordant le biomimétisme pour imaginer un futur, en retrouvant le lien entre l’homme et la nature, ils tentent de trouver la meilleure façon de résister à leur destruction mutuelle.

Les jeux et les dessins qu’ils vont alors inventer au gré de leurs rencontres (Yakari, l’enfant sioux ; l’essayiste Jeremy Rifkin ; Charles Darwin ; Lenz de Buchner ; le chef amérédien Seattle ; le peintre Pierre Bonnard ; le compositeur Camille Saint-Saëns) sont autant de propositions, de prises de conscience ou d’idées nouvelles pour préparer demain.

L’auteur – Né le 17 mai 1978 à Liège, François Olislaeger est diplômé de l’École Émile-Cohl de Lyon. Depuis 2003, il travaille pour la presse (Le Monde, Beaux-Arts Magazine, America, Le 1…). Après des années de reportage au Festival d’Avignon, il publie ses Carnets d’Avignon (Actes Sud/Arte éditions, 2013). Cette expérience lui permet de rencontrer Mathilde Monnier, avec qui il entame un travail scénique et biographique dans le livre Mathilde, danser après tout (Denoël Graphic, 2013). Il écrit ensuite Marcel Duchamp, un petit jeu entre moi et je , puis il participe au projet René Magritte vu par… (Actes Sud BD/Centre Pompidou, 2014).

En juin 2019, le ministère de la Culture a arrêté la liste de la promotion 2019-2020 des pensionnaires admis à l’Académie de France à Rome, parmi lesquels figure celui de François Olislaeger. Il est entré en résidence de création à la Villa Médicis pour une durée d’un an en septembre 2019.

240 p., 26 €

Déguisé – Albertine – Ed. La Joie de lire, collection « À vos crayons » (Album interacatif)

Depuis oct. 2019 copyright Albertine/La Joie de lire –
86 p., 29,90€

Cet album de coloriage est avant tout un beau livre. Il comporte une quarantaine d’illustrations originales d’Albertine, et au dos de chaque illustration, autant de silhouettes à colorier, peindre, décorer. Mais l’enfant en dessinant ne voit pas l’œuvre d’Albertine qui est toujours derrière la silhouette, ainsi il n’est pas influencé et peut laisser libre cours à son talent. 
Le papier épais permet à l’enfant d’utiliser de la peinture s’il le souhaite et chaque page est détachable et peut ensuite être affichée… Les chambres d’enfant (ou d’adulte !) vont devenir de vraies galeries d’art !
Personnages loufoques, monstres de toutes sortes, masques bizarres, costumes improbables… Tout l’univers d’Albertine est ici concentré : amour du vêtement et de la mode, humour, goût des couleurs… Albertine s’amuse et nous amuse par la même occasion avec force couleurs et détails rigolos !

Et maintenant, « l’envers du décor » imaginé par un jeune graphiste, Guillaume Philippe

VERSO
RECTO

La Joie de lire ou de créer sans cesse renouvelée…

VERSO
RECTO
VERSO
RECTO
VERSO
RECTO

Albertine est une illustratrice de grand talent. Elle a participé à de nombreuses expositions en tant qu’artiste en Suisse et à l’étranger. Elle a reçu de nombreux prix. Elle est ainsi la première artiste suisse à avoir obtenu la prestigieuse Pomme d’Or de Bratislava pour Marta et la bicyclette. Elle a reçu le Prix Jeunesse et Médias en 2009 pour La Rumeur de Venise. Elle est également lauréate du Prix Sorcières pourLes Oiseaux, paru en 2010. En 2012, le même titre a été sélectionné parmi les 10 meilleurs livres de l’année par la New York Times Book Review. Elle a également reçu en 2016 le 1er prix de la foire de Bologne pourMon tout petit.

http://www.albertine.ch/

Voir également Archives BdBD/Arts pluriels : Le Président du Monde (oct. 2016) et Roberto et Gélatine (juin 2019).


Actes Sud audio : Le Mur invisible de Marlen Haushofer, lu par Marie-Ève Dufresne

En librairie le 4 novembre 2019

Une femme, dont on ne connaîtra jamais le nom, part en week-end à la montagne chez un couple d’amis. Durant la nuit qui suit leur arrivée, une catastrophe, sans doute planétaire, se produit. Le lendemain matin, un mur transparent infranchissable a surgi, qui coupe l’invitée du reste du monde. Demeurée seule dans le chalet dont les occupants s’étaient absentés la veille au soir, la recluse va dès lors consigner sur un agenda les évéments de chaque journée, puis ensuite rassembler ses souvenirs pour en faire un récit non chronologique. Elle écrira jusqu’à l’épuisement du stock de papier dont elle dispose. La lira-t-on un jour ? Peu lui importe. « M’obliger à écrire me semble le seul moyen pour ne pas perdre la raison ».

Hugo, le propriétaire des lieux avait auparavant pris soin d’y engranger tout ce qui serait nécessaire à la survie en cas de nécessité absolue (le roman a été écrit en 1963, en pleine guerre froide). Ignorant la durée probable de son isolement, cette citadine élévée à la campagne va retrouver les gestes ancestraux et se faire cultivatrice, chasseuse, cueilleuse de baies, bucheronne ; tentant ainsi de pourvoir à sa survie et à celles et ceux qui se sont trouvés du bon côté du mur : le chien Lynx, « son sixième sens » ; la vache Bella, et plus tard son petit veau ; la vieille chatte et ses chattons.

Tous sont devenus ses enfants de substitution. Ses deux enfants, les vrais, sont restés en ville. Ils sont probablement morts. Comme le sont à coup sûr les deux vieillards qu’elle a aperçus de l’autre côté du mur, ainsi que tous les animaux qui gisent sur le sol, pétrifiés, comme ont dû l’être les habitants de Pompéi lors de l’éruption du Vésuve. Ses compagnons à quatre pattes ont autant besoin d’elle pour leur survie qu’elle a besoin d’eux. Pour combien de temps encore ? Elle ne se projette pas dans l’avenir, seul le présent compte. Cette nouvelle vie l’a révèlée à elle-même, elle s’est réinventée en échappant à l’étroitesse d’une existence qui auparavant lui pesait. ”Quand je me remémore la femme que j’ai été, la femme au léger double menton qui se donnait beaucoup de mal pour paraître plus jeune que son âge, j’éprouve pour elle peu de sympathie. Mais je ne voudrais pas la juger trop sévèrement. Il ne lui a jamais été donné de prendre sa vie en main.

Nous nous perdons avec elle dans les méandres de son récit – parfois on peine à situer dans le temps les épisodes auxquels elle fait allusion ; nous nous désolons quand l’un de ses animaux vient à mourir ; nous parcourons à sa suite les sentiers qui mènent à l’alpage, participons à la récolte des pommes de terre qu’elle a semées et aux fenaisons.

Combien d’années se sont-elles écoulées depuis que le mur a surgi entre cette partie de la vallée et le reste du monde ? Est-on toujours en été ou bien est-ce déjà l’automne ? Grâce aux provisions que Marco a laissées et surtout grâce à l’extraordinaire sens pratique de la narratrice, elle et ses animaux semblent être assurés de pouvoir vivre paisiblement.

Pour le moment…

8h30 d’écoute en 31 chapitres d’une durée variable pour ce vibrant éloge du courage et de la combativité d’une femme livrée à un monde où tout désormais est incertain. 21 €

Anne Calmat

L’auteure.

Après des études de philologie allemande à Vienne, Marlen Haushofer (1920-1970) se marie et élève deux enfants. Tiraillée entre ses devoirs de mère au foyer et ses ambitions littéraires, elle est obligée d’écrire tôt le matin ou pendant la nuit. C’est à partir de 1946 qu’elle publie ses premiers contes dans des journaux ; suivront ensuite des nouvelles et des romans. Son œuvre, dont la plupart des protagonistes sont des femmes, est marquée par l’intrusion de troublantes fantasmagories dans la banalité du quotidien. Avec Le Mur invisible, son talent est enfin reconnu dans son pays. Plus tard, ce sont les féministes qui ont révélé son travail au grand public. Désormais, Marlen Haushofer fait partie de ces écrivaines dont les héroïnes sont inoubliables.

Bruxelles : À la rencontre de Keith Burns

Chaussée de Wavre 237
1050 Bruxelles

Téléphone : +32 485 98 56 18
T.2 © Aftershok 2019 Ennis/Burns

La galerie Comic Art Factory vous invite à prendre de la hauteur – et peut-être même à faire quelques loopings – en compagnie des équipages de la Royal Air Force pendant la Seconde Guerre mondiale ; avec ici aux commandes, le graphiste irlandais Keith Burns, dont on a découvert l’extraordinaire précision du trait à l’occasion de la sortie du dytique scénarisé par Garth Ennis, Out of the blue (Ed. Aftershok).

Dans Out of the blue, basé sur des faits réels (v. ci-dessous l’interview de Keith Burns), les combats aériens tiennent en effet une place importante, et comme ils se déroulent majoritairement au-dessus de l’Océan, la mer d’encre de Chine imaginée par Burns offre des contrastes saisissants aux chorégraphies qu’il a orchestrées. Cette expo est en outre l’occasion de découvrir grandeur nature un univers graphique qui fait vibrer l’action avec des noirs qui rendent un réalisme incontournable dans la difficile discipline qu’est la BD d’aviation.


L’exposition-vente sera ouverte au public du 25 octobre au 9 novembre 2019, du jeudi au samedi 13h à 19h.

Chaussée de Wavre 237
1050 Bruxelles

Courrez-y, et si vous avez pris un peu d’avance, sachez que le vernissage de l’expo aura lieu la veille, de 19 à 21h, en présence de l’artiste himself !

Reporters sans frontières, 100 images pour la liberté de la presse : Jean Paul Goude

En librairie à partir du 31 octobre 2019

« Le terrain, voilà un principe obligatoire pour recréer de la confiance. L’enquête, le temps long pour vérifier, expliquer, ne pas se substituer au juge mais renouer avec une rigueur quasi scientifique. » RSF

Farida dans son propre rôle, Paris 1992 copyright J-P.G
Papou, mine de plomb et feutre, Rome 1984 copyright J-P. G

Dessinateur, photographe, metteur en scène, cinéaste, chorégraphe, Jean-Paul Goude est un artiste précurseur, un manipulateur d’images, un conteur qui a su inventer un style, un univers, et pour finir, une mythologie personnelle. En 50 ans de carrière, il a laissé dans notre imaginaire et nos rétines une trace puissante, grace à un style graphique et narratif unique.

Laetitia Casta – L’Homme, Paris 2004 copyright J-P. G

À son tour, l’artiste participe au combat que mène l’ONG Reporters sans frontières* pour le droit d’informer en toute liberté. Avant lui, Sempé, Véronique de la Viguerie, Vincent Munier, JR, Raymond Depardon, Thomas Pesquet, Yann Arthus-Bertrand, pour ne citer que les plus récents (trois albums paraissent chaque année), ont offert à l’ONG leurs plus beaux clichés ou dessins, afin que celles et ceux qui ont pour mission de nous éclairer sur ce qu’il se passe réellement dans le monde puissent le faire dans des conditions acceptables.

60 p., 9;90 €

Se rendre acquéreur de ce bel album, dont l’intégralité du produit de chaque vente servira à la promotion de la liberté de l’information, c’est devenir le maillot d’une chaîne qui mène de celles et ceux qui risquent parfois leur vie pour être au plus près de la vérité, à celles et ceux à qui cette information est destinée. C’est être gagnant-gagnant.

Grace revue et corrigée, photo peinte, NY 1078 copyright J-P. G

Force est en effet de constater que pour de nombreux journalistes les entraves à la liberté de couvrir tel ou tel événement sont de plus en plus manifestes : impossibilité de se rendre sur le terrain, de mener telle ou telle investigation socio-politique – et maintenant environnementale, menaces explicites, emprisonnements arbitraires, voire exécutions ou disparitions physiques pures et simples. Au classement mondial 2019, la France arrive au 32è rang sur 180 pays.

Classement mondial par pays (v. rsf.org)

Dotée d’un statut consultatif à l’ONU et à l’Unesco, l’organisation basée à Paris dispose de 10 bureaux dans le monde et de correspondants dans 130 pays. Elle soutient concrètement les journalistes d’investigation, les reporters de guerre sur le terrain, grâce à des campagnes de mobilisation, des aides légales et matérielles, des dispositifs et outils de sécurité physique (gilets pare-balles, casques, guide pratiques et assurances) et de protection digitale (ateliers de sécurité numérique). L’organisation est devenue un interlocuteur incontournable pour les gouvernements et les institutions internationales et publie chaque année le Classement mondial de la liberté de la presse, devenu un outil de référence.

« Liberté » Paul Éluard, 1942
  • L’ONG Reporters sans frontières a été créée en 1985.

Nanaqui. Une vie d’Antonin Artaud – Benoît Broyart – Laurent Richard – Ed. Glénat

« Qui je suis ? D’où je viens ? Je suis Antonin Artaud / et que je le dise / comme je sais le dire / immédiatement / vous verrez mon corps actuel / voler en éclats / et se ramasser / sous dix mille aspects notoires / un corps neuf / où vous ne pourrez plus jamais m’oublier » – Texte datant de 1947, écrit en vue de l’émission de radio interdite Pour en finir avec le jugement de Dieu.

Antonin Artaud après neuf ans d’internement.
Frère Jean Massin

Avant d’être une œuvre, Antonin Artaud (1896-1948) reste pour beaucoup un regard, un visage. Celui de l’acteur des années 30 à la beauté troublante (Marat dans le Napoléon d’Abel Gance, Frère Jean Massin dans la Jeanne d’Arc de Carl Dreyer…), puis, presque sans transition, celui du vieillard avant l’âge au visage émacié, qui disait qu’on l’avait « salopé vivant ».

Copyright Laurent Richard
Copyright Laurent Richard

La BD : En septembre 1937, Antonin Artaud est arrêté en Irlande pour trouble à l’ordre public, puis débarqué en France. Dans un état de confusion mentale avancée, sujet à de fréquents accès de démence, l’asile et l’internement seront dès lors son lot quotidien, pendant plus de 9 ans. Mais si l’art a toujours été et restera l’ultime échappatoire des douleurs qui le rongent intérieurement, Antonin Artaud ne se remettra jamais vraiment de cet état de fait, malgré le soutien de ses amis artistes. La faute à un encadrement médical inefficace ou de mauvaises conditions d’internement ? Reste aux lecteurs une œuvre immense où réside sans doute les clés d’un monde intérieur trop intense pour le carcan de la réalité.

Benoît Broyart, auteur, crée une porte d’entrée originale et puissante sur l’univers d’Artaud ; un texte merveilleusement servi par le trait acéré de Laurent Richard.

128 p., 22 €

Autoportrait

Voir également « L’Esprit rouge  » BdBD/Arts + Archives, mars 2016

Théâtre : La liste de mes envies – Grégoire Delacourt – Frédéric Chevaux – Anne Bouvier


du 20 septembre au 3 novembre 2019

Un titre miroir…

Qui n’a en effet jamais rêvé de dresser une telle liste ? Qui n’a jamais tenté sa chance au grattage ou – voyons grand – à l’Euro millions ? L’histoire, vous la connaissez certainement, c’est celle d’une mercière d’Arras, ni jeune ni vieille, pas spécialement jolie, qui joue régulièrement au loto avec ses copines. Et voilà qu’elle gagne ! Que va-t-elle faire de ses dix-huit millions d’euros et comment son entourage va-t-il réagir ? Elle hésite à encaisser le chèque, par peur de gâcher le bonheur simple qu’elle vit auprès de son époux et de ses enfants. Lorsqu’elle se résout à le faire, elle décide d’établir la liste de ses envies, de ses besoins et de ses folies. Mais est-ce si simple ? Et si cet argent était un cadeau empoisonné ?

La gagnante est interprétée par un comédien, Frédéric Chevaux, qui joue les douze personnages qui gravitent autour de Jocelyne : son mari, la psychologue de la Française des jeux, etc.

Un contre cruel à découvrir au Théâtre Lepic à partir du 20 septembre.

1, avenue Junot Paris 18e – M° Abbesses ou Caulaincourt – Du jeudi au samedi à 19 h 30, le dimanche à 16 h – 01 42 54 15 12


Théâtre… Théâtres : de la Bastille à Notre-Dame-des-Champs

The way she diesTiago Rodrigues tg Stan Théâtre de la Bastille*, d’après Anna Karénine de Léon Tolstoï

The way she dies – 11 septembre – 6 octobre 2019

Avec Isabel Abreu, Pedro Gil, Jolente De Keersmaeker, Frank Vercruyssen – Lumières et scénographie Thomas Walgrave – Costumes An D’Huys et Britt Angé

Tiago Rodrigues propose ici sa vision d’Anna Karénine et interroge l’acte de traduire : à quel point une langue influence-t-elle la perception d’une œuvre ? La retranscription de la mort de l’héroïne dans une autre langue que le russe est-elle exactement et scrupuleusement fidèle aux mots choisis par Tolstoï lui-même ? La scène – comme la traduction – est, elle aussi, une façon de produire une nouvelle version de l’œuvre originale. Alors, quelle version Tiago Rodrigues et tg STAN peuvent-ils donner à voir et à entendre de la mort du personnage principal de ce chef-d’œuvre de la littérature russe ?

Quand nous lisons, nous faisons des choix, nous traduisons ce que nous lisons vers le langage de notre propre existence. Les pages sont illuminées par la bougie de nos expériences et cette flamme vacille et change de couleur à cause de ce que nous lisons. Nous savons qu’un livre est capable de nous changer. En lisant la description d’un bal, un lecteur peut décider de divorcer. En lisant comment deux personnages échangent un premier regard furtif, le lecteur peut décider de se marier. En lisant un dialogue sur les champignons, un lecteur peut décider de changer d’emploi. Un roman comme Anna Karénine de Tolstoï peut aussi être la collection des vies qu’il a changées, légèrement ou profondément, en bien ou en mal. Des vies qui pourraient changer comment meurt Anna. Tiago Rodrigues

S’ils se connaissent depuis longtemps et ont souvent collaboré ensemble, The Way She Diesest, le premier spectacle écrit par Tiago Rodrigues pour la compagnie flamande tg STAN abordait déjà une question commune : qu’en est-il de la puissance de la fiction ?

STAN a rencontré Tiago Rodrigues en 1997, alors que la compagnie avait été invitée pour la première fois à se produire au Centro Cultural de Belém à Lisbonne. Tiago, encore étudiant à l’école de théâtre de Lisbonne à l’époque, prenait part à un atelier dirigé par STAN. L’année suivante, STAN créa Point Blank (d’après Platonov d’Anton Tchekhov) avec Tiago dans l’un des rôles. Depuis lors, la collaboration entre STAN et Tiago Rodrigues s’est poursuivie de façon régulière, avec Les Antigones/2 Antigone, La Carta, Berenice, Anathema, L’avantage du doute, The Monkey Trial et Nora.

The way she dies réunit des acteurs belges et portugais ; il s’agit de la première pièce écrite par Tiago pour la compagnie. C’est une coproduction de STAN et du Teatro Nacional D. Maria II, dont Tiago est le directeur artistique depuis 2015.

 *76, rue de La Roquette Paris 11è à 20h – M° Bastille – Spectacle surtitré en français

Réservations 01 43 57 42 14 Tarifs : 27, 21, 17 €

COMMUNIQUÉ
du 11 septembre 2019 au 19 janvier 2020

Quasimodo le bossu de Notre-Dame – Sarah Gabrielle – Alexis Consolato – Théâtre du Lucernaire*

Avec Joëlle Lüthi (Victor Hugo enfant, la Gargouille), Myriam Pruche (Esméralda), Alexis Consolato (Quasimodo), Yan Richard (Frollo, Phœbus), Daniel Mesguish (voix off Victor Hugo).

Le spectacle : Victor Hugo enfant découvre deux corps enlacés dans une cellule abandonnée de Notre-Dame-de-Paris. Guidé par son imagination, il va revivre avec le public la bouleversante histoire du difforme Quasimodo et de la magnifique bohémienne Esméralda.

Rappel : Esméralda a, pour son malheur, éveillé l’amour de l’archidiacre de Notre-Dame, l’inquisiteur Claude Frollo. Ce dernier charge le « monstre » Quasimodo de l’enlever. En vain, puisque Phœbus, le chef des archers dont la jeune fille est éprise, l’arrache de ses mains. Frollo le poignarde et laisse Esméralda être accusée du meurtre. Qu’elle lui cède et il la sauvera. Son refus lui vaut une condamnation à mort. Le sonneur de Notre-Dame soustrait alors la fière Esméralda à ses bourreaux et l’entraîne dans l’église, asile inviolable…

L’intrigue vaut aussi pour l’évocation puissante et lyrique de Paris au Moyen Âge et, bien sûr, pour celle de cette cathédrale – le titre du roman d’Hugo n’est-il pas Notre-Dame de Paris ? – aujourd’hui en si piteux état.

Alexis Consolato

Note d’intention de Sarah Gabrielle (m. en sc. du spectacle) et Alexis Consolato, les auteurs

Myriam Pruche

Nous avons souhaité axer notre spectacle autour d’Esméralda qui cristallise tous les désirs et révèle le cœur et l’âme de ceux qui l’approchent : Frollo, homme d’église, droit, attaché à la règle morale, lié par serment à Dieu, se révèlera dangereusement manipulateur, et prêt au meurtre. Phoebus, ce militaire courageux, irréprochable, lié par serment aux hommes et à une femme, sa promise Fleur de lys, se révèlera lâche et menteur. Et enfin, Quasimodo, ce demi-humain, monstrueux et difforme, se révèlera plus humain que tous les autres. C’est à travers ce quatuor que nous avons souhaité faire entendre, le plus possible, la langue de Victor Hugo.

Yan Richard

Mais nous avons aussi souhaité un témoin de ce temps, qui pourrait dire aux protagonistes, et par là-même au public, l’origine de leur histoire. Une gargouille va s’animer et divulguer les secrets de la naissance d’Esméralda et de Quasimodo. Elle sera le témoin du passé et une actrice active du présent, se donnant à entendre comme une partie de conscience de Quasimodo. Comme si les souvenirs enfouis de son enfance lui revenaient par la voix de la gardienne de Notre-Dame.

Ce spectacle sera résolument pluridisciplinaire : des musiques originales inspirées des quatre coins du monde, un combat, épée contre bâton (entre Phœbus et Quasimodo), une scène en langue des signes (quand Frollo s’adresse à son fils adoptif sourd), et aussi des moments dansés. Esméralda est une saltimbanque : elle dansera, chantera et fera de la magie. Au lointain, un grand échafaudage surplombera la scène. Sur cette tour à plusieurs plateformes, Quasimodo, tel un acrobate, évoluera – quelquefois à l’extérieur en se hissant, quelquefois à l’intérieur, par des échelles, soulevant des trappes – entre ciel et terre. Pendront des cintres, les énormes guindes qui donneront vie – quand Quasimodo les actionnera – aux cloches de Notre-Dame. Le reste de la scène, par un système de poulies et de tentures, deviendra, tour à tour le parvis de la cathédrale, la place d’un marché, ou encore, la cour des miracles : ballots de paille, cagettes, roulottes, etc.

* Théâtre Lucernaire 53, rue Notre-Dame-des-Champs Paris 6è – M° N-D-des Champs ou Vavin

Réservations : 01 45 44 57 34 – Tarifs : 11 € (enfants), 14 € (adultes) Me. Sam 14h30 – Dim. 14h

C’est la rentrée !

Association « Nous voulons des coquelicots ».

Le dessinateur Brecht Evens en couverture de votre webmag en ce début de saison 2019-2020 (extrait des Amateurs*). Ce qui ne signifie pas pour autant que nous avons renoncé à voir fleurir des coquelicots sur le bord de nos routes ou dans nos jardins !

Présentation d’un surdoué de la BD…

https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=23&cad=rja&uact=8&ved=2ahUKEwjpv5-l4azkAhUQ-YUKHY1lD-44ChC3AjAMegQICBAB&url=https%3A%2F%2Fwww.arte.tv%2Ffr%2Fvideos%2F086962-028-A%2Fbrecht-evens-la-bd-sans-cases-ni-bulles%2F&usg=AOvVaw2YthAcQ7R1xJV70kPMs142

En route pour de nouvelles aventures…

  • Les Amateurs – Ed. Actes Sud, nov. 2011 – 224 p., 26,80 €

Chaplin en Amérique – Laurent Seksik – David François – Ed. Rue de Sèvres 1/3

Sortie le 18 septembre 2019 – © Visuels L. Seksik – D. François/Ed. Rue de Sèvres

L’humour renforce notre instinct de survie et sauvegarde notre santé d’esprit. Charlie Chaplin

Octobre 1912. Charles Spencer Chaplin débarque aux États-Unis la tête pleine de rêves et d’ambition. Son nom, il le voit déjà en gros sur la 5e avenue.

Son enfance à l’époque victorienne a ressemblé à un roman de Dickens. Fils d’artistes tombés dans l’oubli, puis dans la misère, son demi-frère et lui connaissent les taudis, les nuits passées dans les rues, et la mendicité. Charles se retrouve cependant sur les planches dès l’âge de six ans, pour un numéro de danse puis de pantomime anglaise qui le conduira en tournée pendant un an aux USA, en 1910.

« Salut, l’Amérique !
Je suis venu te conquérir !
Il n’est pas une femme, un homme, un enfant, qui n’aura pas mon nom aux lèvres !
 » Charlie Chaplin

Le rêve américain va alors s’emparer de lui et le faire revenir deux ans plus tard. Remarqué par Mack Sennet, il signe rapidement un contrat dans lequel cavalcades et tartes à la crème sont au menu. Il a déjà adopté le look qui le rendra célèbre : chapeau melon, petite moustache, démarche en canard, grandes chaussures, pantalon trop large. Puis il va affiner son personnage en devenant le chômeur amoureux aux prises avec les pires difficultés, desquelles il se tirera par son humour, sa dignité et ses trouvailles ingénieuses.

Charlie Chaplin (1889-1977) dans le personnage de Charlot, créé en 1914. (AFP)

Fait unique dans l’histoire du cinéma, la personnalité de l’artiste aura autant d’impact sur les foules que celle du personnage qu’il a créé.

Chaplin en Amérique raconte comment ce garçon, qui avait eu au départ de si mauvaises cartes dans son jeu, a pu rapidement devenir tout à la fois le plus grand cinéaste de son temps, l’inventeur du cinéma moderne, un créateur visionnaire et un acteur d’exception, doublé d’un porte-parole des misérables, des moins que rien, des vagabonds…

C’est cette conquête de l’Amérique que retrace ce premier volume. D’une vie de misère à la gloire absolue d’un géant, que vient déjà menacer la passion de la chair et l’engagement politique. Cette première aventure débute en 1910, lorsqu’il quitte l’Angleterre pour les Etats-Unis, et se termine vers 1920.

A. C.

72 p. 17€

Moonfire – La prodigieuse histoire d’Apollo II – Norman Mailer – Ed. Taschen

Depuis avril 2019 – Visuels copyright N. Mailer / Taschen

Certains le considèrent comme l’événement historique le plus marquant du 20è siècle : le 20 juillet 1969, après dix ans d’expériences et d’entraînements, avec une équipe de milliers d’ingénieurs et de scientifiques, un budget de milliards de dollars et la fusée la plus puissante jamais lancée dans l’espace, Neil Armstrong, Buzz Aldrin, et Michael Collins arrivent sur la lune.

Personne n’a raconté les hommes, l’atmosphère et la machinerie de cette aventure aussi bien que Norman Mailer, engagé par le magazine Life pour couvrir cette mission dans un reportage fascinant qu’il a ensuite enrichi pour son remarquable Bivouac sur la Lune.

Pour illustrer cet ouvrage, des centaines de photos et plans extraordinaires ont été sélectionnés dans les fonds de la NASA, les archives de magazines ou des collections personnelles. Ces images, dont beaucoup n avaient encore jamais été publiées, illustrent le développement de l’agence spatiale américaine et le déroulement de la mission, de la vie à l’intérieur du module de commande à la sortie sur la lune, en passant par la joie que ce succès a suscitée dans le monde entier. Cette nouvelle édition comporte une introduction originale de Colum McCann et de nouvelles légendes rédigées par des spécialistes d’Apollo 11. En s appuyant sur le journal de bord, les interviews des astronautes à leur retour, ou des publications de l’époque, ils dévoilent l’histoire et la technique derrière ces images.

Norman Mailer (1923–2007) fut l’un des plus grands écrivains, l’un des plus marquants du 20è siècle et l’une des figures littéraires les plus célèbres et les plus controversées des États-Unis. L’auteur à succès d’une douzaine de romans et de vingt œuvres journalistiques a également composé des pièces de théâtre, des scénarios, des mini-feuilletons pour la télévision, des centaines d’essais, deux recueils de poésie et un de nouvelles. Cet écrivain qui a remporté deux fois le Prix Pulitzer a vécu à Brooklyn, New York et Provincetown, Massachusetts.

348 p., 40 €

Paris l’été – Arts pluriels, faites votre choix

du 15 juillet au 3 août 2019 – Voir plus bas les liens Programmation et Billetterie


ÉDITO

Depuis 30 ans, le Festival Paris l’été propose de grands rendez-vous artistiques et culturels, dans tout Paris et sa région. 

Théâtre, danse, cirque, musique, performances et installations plastiques s’emparent de nombreux lieux connus ou insolites de la capitale, le plus souvent en plein air et en dehors des lieux traditionnels de spectacle : monuments nationaux, écoles, parcs et jardins, musées, piscines, places, églises … sont investis dans un esprit convivial et festif pour bousculer le rapport au public.

www.parislete.fr

En 2018, plus de 60.000 spectateurs ont été accueillis sur 28 lieux pendant 3 semaines, sur des manifestations payantes ou gratuites. 

http://www.forumsirius.fr/orion/_conditionsvente.phtml?inst=21047&lg=FR&kld=1&tCache=1561973571398&idv=a39ba1&text=cv&pagePrec=calendrier&EtapeEncours=

Le Festival Paris l’été est organisé par : L’Été Parisien, association recevant le soutien de la Ville de Paris, du Ministère de la Culture et de la Communication – Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Île-de-France et du Conseil Régional d’Île-de-France.

Il était une fois un homme et une ville qui se rencontrèrent, s’aimèrent et eurent un enfant nommé Festival…

Les voix d’Avignon (extrait p. 26-27), Bruno Tacklès – Ed. France culture – Seuil 2007 ©

« Il n’est pas facile de parler du festival d’Avignon. On l’a beaucoup fait, presque trop. Sur tous les tons : du dithyrambe (teinté parfois de regret) à l’insulte. Avignon est devenu un lieu commun du théâtre. Chaque amateur de théâtre ressent en lui, un jour, un désir et une nostalgie d’Avignon. Il y est allé, il s’en souvent encore. Il n’y pas mis les pieds : il en rêve. Bref, pour paraphraser un mot célèbre, tout le monde a été, va ou ira à Avignon. Les gens de théâtre en sont hantés. Pour les uns, c’est un espoir, l’occasion d’être découverts, brusquement promus à la notoriété, d’avoir des articles, de trouver quelques soir un public. Un coup de pocker : on y gagne ou on y perd gros. Pour les autres, c’est une reconnaissance, quelque chose comme une consécration. On y devient pape – ou presque (…) Voilà c’est tout simple : il était une fois…. » Bernard Dort

Programmation : https://festival-avignon.com/fr

Sous le signe du Grand Chien – Anja Dahle Øverbye – Ed. ça et là

En librairie depuis le 14 juin – COMMUNIQUÉ
Visuels copyright A. Dahle Øverbye / Ed. ça et là

Les « journées du chien » est un phénomène qui se produit au cœur de l’été, pendant les journées les plus chaudes de l’année, entre le 22 juillet et le 23 août. Cette période est placée sous le signe de la constellation du Grand Chien, au moment où les esprits s’échauffent sous l’effet de la chaleur, « dans ces jours de chaleur, le sang est furieusement excité ! » (Roméo et Juliette, Shakespeare ).

C’est à ce moment-là que nous faisons la connaissance d’une jeune norvégienne, Anne, à mi-chemin entre l’enfance et l’adolescence. Le temps de plus en plus étouffant et poisseux de cet été a des répercussions sur les relations de la jeune fille avec son entourage. Sa meilleure amie, Mariell, préfère passer du temps avec Karianne, qui est légèrement plus âgée. Anne est laissée de côté, et même brimée par les deux autres filles, mais elle veut désespérément redevenir amie avec Mariell… Jusqu’à quel point ?

Les paysages de l’ouest de la Norvège, représentés avec une grande sensibilité dans des dessins au crayon jouent un rôle central dans cette histoire, un aperçu de la nature parfois violentes des relations entre adolescentes.

Sous le signe du grand chien est le premier roman graphique de l’autrice norvégienne Anja Dahle Øverbye.

Dans le même esprit, on aura plaisir à redécouvrir, toujours aux éditions çà et là, Ce qui se passe dans la forêt (oct. 2016) et L’une pour l’autre (juin 2017) de Hilda-Maria Sandgren (voir archives).

72 p., 15 €

Sur les ailes du monde – Fabien Grolleau – Jérémy Royer – Ed. Dargaud

Coup d’œil dans le rétro (février 2017)

Quoi d’étonnant à ce que que Fabien Grolleau se soit emparé de la vie peu ordinaire de John-James Audubon (1785-1851), premier peintre-ornithologue du Nouveau Monde ?

Il fait l’impasse sur son enfance à Saint-Domingue puis à Nantes, et débute son récit au moment où le jeune homme s’embarque en 1820 pour les Etats-Unis, après avoir étudié le dessin durant deux ans à Paris.

Conçu comme une succession d’épisodes, Sur les ailes du monde retrace les principaux moments de l’existence bouillonnante de cet infatigable voyageur.
On le voit tout d’abord qui descend la Mississippi river avec deux compagnons. Un gros orage les oblige à s’abriter dans une grotte, qui se trouve être un refuge de chouettes. Audubon sort ses fusains et passe une partie de la nuit à les dessiner. Au matin, apercevant une nuée d’oiseaux autour de leur bateau, il abandonne ses comparses pour aller observer les volatiles.

Une vingtaine de planches plus loin, le voici dans le Kentucky. « Le Français » donne des cours de danse au voisinage et reçoit en retour nombre d’informations sur les lieux de rassemblement des oiseaux. Contremaître dans une ferme, il s’intéresse à leur migration, qu’il commence à dessiner et à peindre. On comprend rapidement que John-James Audubon (pseudo de Jean-Jacques) n’est ni bon contremaître ni bon gestionnaire, car le voilà emprisonné pour dettes…

Réalisant que sa cellule n’est pas sa seule prison, Lucy, son épouse, l’incite à faire ce grand voyage dont il rêve.

Le scénario nous conduit tantôt sur les traces de John-James et de son équipe (Joseph, un aspirant naturaliste et Shogan, un guide indien, navigateur et pisteur), tantôt il nous ramène auprès de Lucy, devenue préceptrice dans une famille du Mississippi, et dépositaire des dessins qu’Audubon lui envoie.
John-James se livre désormais tout entier à sa passion : observer, dessiner, peindre, écrire. Il a peaufiné une technique qui consiste à chasser l’oiseau aux petits plombs, pour ne pas l’endommager, à l’éviscérer, puis à lui redonner son maintien initial à l’aide d’un fil de fer.

Une suite de péripéties jalonnent son itinéraire passionné : il déjoue une embuscade, survit à une fièvre paludique, partage le gîte avec des esclaves fugitifs. Et lorsque Joseph et Shogan l’abandonnent, Audubon poursuit seul ses observations.

On le retrouve plus tard devant un aréopage de scientifiques londoniens qui l’apprécient plus pour ses talents de peintre et les aventures qu’il relate, que pour sa recherche. Seul, un étudiant admire ses planches d’oiseaux, partage son amour de la nature et lui soumet quelques hypothèses sur sa théorie encore balbutiante. Audubon l’engage vivement à voyager, conseil que ne manquera pas de suivre le jeune Darwin.

Mais déjà, un nouveau projet le possède : recenser, avec ses fils et quelques amis naturalistes, tous les mammifères d’Amérique…

C’est au travers de son journal que l’on découvre ses chasses aux bisons, ses rencontres avec les trappeurs et les pionniers de la conquête de l’Ouest, avant que ne sonne l’heure de son envol ultime pour le pays où les aigles sont rois : John-James Audubon a soixante-six ans.

Des dialogues brefs et rares qui reflètent bien les échanges entre ceux qui parlent peu, mais toujours à bon escient. La dynamique du récit est figurée par une alternance de plans larges, qui dévoilent les décors grandioses du Nouveau Monde, et de plans plus serrés, en fonction du déroulement de l’action. Les couleurs, plutôt éteintes, privilégient les tons beige, vert pâle, bleu nuit, créant un effet d’aquarelle, qu’un rouge vif vient ici et là brusquement éclairer.

Le trait est précis, vif, les dessins sont expressifs. Le tout met parfaitement en lumière cet extraordinaire et captivant parcours de vie.

Nicole Cortesi-Grou

184 p., 21 €

Jean-Michel Basquiat selon Andy Warhol – Ed. Taschen

copyright Ed. Taschen

La relation complexe qu’ont entretenue Andy Warhol (1928-1987) et Jean-Michel Basquiat (1960-1988) a toujours fasciné le monde de l’art. À une époque où Warhol, grand prince du New York cool, jouissait d’une renommée mondiale, Basquiat, jeune talent issu du cœur trépidant de Manhattan, émergeait soudain de la scène graffiti. Ensemble, ils nouèrent une relation personnelle et professionnelle électrisante.

Documentariste prolixe de son propre univers, Warhol le mentor a immortalisé sur pellicule et sur papier son amitié turbulente avec Basquiat, dans le décor du centre de New York des années 1980. Il en dévoile la profondeur émotionnelle, mais aussi les ambiguïtés, les limites et la complexité.

Produit en collaboration avec la Fondation Andy Warhol et les ayants droit de Jean-Michel Basquiat, cet ouvrage retrace la relation entre les deux hommes à travers des centaines de photos publiées pour la première fois de Basquiat, ponctuées des apparitions fulgurantes de personnages tels que Madonna, Grace Jones, Keith Haring et Fela Kuti. Des extraits des célèbres Andy Warhol Diaries, les journaux intimes de l’artiste, ainsi qu’une sélection d’œuvres réalisées à quatre mains et une profusion de documents d’époque viennent compléter ces clichés.

Touchant, intime et parfois ironique, Warhol on Basquiat lève un voile indiscret sur la vie de ces deux étoiles parmi les plus brillantes de la constellation artistique moderne.

Andy Warhol, Grace Jones, Keith Haring

312 p., 50 €

« L’hiver en été » Art-book de Jean-Pierre Gibrat – Entretien Rebecca Manzoni – Ed. Daniel Maghen

© J-P Gibrat/D. Maghen – En librairie le 18 avril 2019
Jackie Berroyer
Jean-Pierre Gibrat

Le book s’ouvre sur un vibrant hommage à Jackie Berroyer, aux côtés de qui Gibrat fit ses premières armes à la toute fin des années 1970. Un parcours décisif qui le mènera de Pilote à B.D. (créé par le Professeur Choron en 1977), en passant par Hara-Kiri, Charlie mensuel, Fluide glacial et quelques autres magazines plus grand public.

Mattéo T.3 © J-P Gibrat/Ed. Futuropolis, 2013

On apprend ensuite que pendant plusieurs années, Gibrat a été vu comme un dessinateur talentueux au service des scénaristes, mais que l’envie d’écrire ses propres histoires lui étant venue – avec la période de l’Occupation pour cadre privilégié – c’est son diptyque intitulé Le Sursis (Ed. Dupuis 1997-1999) qui va le propulser dans la cour des grands de la BD. Le fond et la forme y sont, ses dessins réalisés en couleur directe font sensation. Par la suite, le succès du Vol du corbeau (Ed. Dupuis, 2002) et de Mattéo (Ed. Futuropolis, v. planche ci-dessus) ne feront que confirmer son immense talent de scénariste dialoguiste illustrateur.

Mattéo © J-P Gibrat/D. Maghen
Le Vol du corbeau © J-P Gibrat/D.Maghen

Si Mattéo raconte la destinée d’un homme, entraîné malgré son pacifisme viscéral dans tous les grands conflits de la première moitié du XXè siècle, et si Le Vol du corbeau parle de traque et de résistance à l’occupant allemand, Le Sursis donne en revanche à voir un homme devenu invisible par choix, retranché en 1943 dans le grenier d’une maison aveyronnaise et occupé à observer ce qu’il se passe à l’extérieur.

Le Sursis © J-P Gibrat/D. Maghen

On retrouve ici les mêmes figures héroïques – ou détestables – que dans les œuvres précédentes, avec toute la palette de sentiments parfois contradictoires qui les animent. Leur créateur, qui n’est en rien manichéen, rend hommage aux premiers, tout en introduisant une notion de conjoncture, favorable ou non, face à leur héroïsme. « On est capable d’être terriblement minable et ponctuellement grandiose », confie-t-il à la journaliste Rebecca Manzoni.

Ses personnages – Céline, Julien, Mattéo, Jeanne, François… – sont en effet contrastés, imprévisibles. Ils peuvent, selon ses propres mots « se surprendre eux-mêmes, dans les deux sens du mot ». Gibrat prend pour exemple Céline, qui fut détestable par certains aspects et génial par d’autres. Sur le plan graphique, Gibrat, génial, lui, en toutes circonstances, insiste sur le côté nécessairement « tripal » d’une œuvre pour qu’elle soit authentique. Il s’explique aussi sur la beauté et la sensualité de ses personnages féminins, évoque ses propres souvenirs de jeunesse, du temps où…

Un entretien d’une vingtaine de pages, entrecoupées d’une centaine de dessins pleine ou double page, qui témoignent de cet art consommé qu’a Jean-Pierre Gibrat de restituer, avec la plus grande simplicité, une ambiance, un lieu, un sentiment ou un moment historique. Chaque planche est une œuvre d’art, le tout est éblouissant.

Le Vol du corbeau © J-P Gibrat/D. Maghen

Anne Calmat

175 p., 39 € – 25×35 cm

Rappel : Robert Doisneau à la Cité de la musique jusqu’au au 5 mai 2019

© R. Doisneau/Cité de la Musique/Philharmonie de Paris/Zim Moriarty

Rolleiflex en bandoulière, Robert Doisneau (1912-1994) a arpenté des années durant Paris et sa banlieue. Grand amateur de musique, il a immortalisé bon nombre de ceux qui en étaient les représentants. « Dans mon école idéale de photographie », disait-il, « il y aurait un professeur de bouquet et un professeur de musique. On ne formerait pas des virtuoses du violon, mais on expliquerait le rôle de la musique qui donne une lumière sur les civilisations passées, formation complémentaire très nécessaire ».

Pierrette d’Orient

Dévoiler le sens musical de l’imaginaire et de l’œuvre du photographe, telle est l’ambition de ce parcours original qui rassemble plus de deux-cents photographies.

Les Rita Mitsouko

Dans ces clichés, la musique est partout présente et participe surtout du regard humaniste du photographe. Car l’amour pour la musique naît souvent chez Doisneau d’un amour pour les gens. En témoigne la série réalisée avec Jacques Prévert, ou encore l’immense galerie de portraits, poétiques et amusés, magnifiant son ami violoncelliste Maurice Baquet, son « professeur de bonheur » et complice pendant plus de cinquante ans.

Maurice Bacquet

Toujours inattendue, l’inspiration de Doisneau dépasse largement le cadre des musiques de rue ou le cercle électif de ses amitiés. Dès les années 1950, il captait la mélancolie d’un Pierre Schaeer ou le sourire d’un Pierre Boulez. Dans les années 1980 et 1990, il croisait le chemin de plusieurs chanteurs, et en particulier Jacques Higelin (photographié en 1991 au parc de la Villette, dans le décor en construction de la Cité de la musique), Renaud ou encore les Rita Mitsouko et les Négresses vertes, tous saisis dans la beauté de leur jeunesse et dont l’exposition dévoile des clichés totalement inédits.

R. Doisneau et Renaud

Conçue par Clémentine Deroudille, commissaire des expositions Brassens ou la liberté et Barbara, et petite-fille du photographe, cette joyeuse ballade est mise en musique par Moriarty et scénographiée par Stephan Zimmerli, musicien et graphiste du groupe. 

Juliette Gréco

Un prolongement de l’exposition est à découvrir au sein de la collection permanente du Musée de la Musique, sous la forme d’un accrochage original disséminé dans le parcours.

M° Porte de Pantin ou Porte de la Villette, du mardi au vendredi : 12h – 18h

  • samedi : 10h – 20h
  • dimanche : 10h – 18h

        Tarif plein : 9€

  • Abonnés Philharmonie de Paris : 6€
  • Tarif réduit : 7€
    Titulaires d’un billet de concert Philharmonie de Paris, groupes à partir de 10 personnes, professeurs des écoles de musique, comités d’entreprise, association du personnel, jeunes de 26 à 28 ans inclus, titulaires du Pass éducation.
  • Tarif réduit 2 : 5€
    Jeunes de moins de 26 ans, demandeurs dʼemploi, bénéficiaires des minima sociaux.
  • Gratuité
    Titulaires de certains justificatifs (carte presse CCIPJ uniquement, carte Culture, carte ICOM, carte de guide-conférencier), enfants de moins de 6 ans, membres des Amis de la Philharmonie de Paris, personnes handicapées et leurs accompagnateurs.

Groupe Moriarty © Zim Moriarty voir ici

Toutânkhamon, le trésor du pharaon

Statue à l’effigie du roi montant la garde ©

Toutankhamon, le trésor du Pharaon s’ouvre le 23 mars à la Grande Halle de la Villette à Paris : 150 objets provenant du trésor découvert en 1922 par l’archéologue Howard Carter pour une exposition qui s’annonce d’ores et déjà comme l’événement 2019.

Visuels © Laboratoriorosso, Viterbo/Italy,

Toutânkhamon, naît en 1327 avant J.-C. et fascine bien au-delà des cercles d’amateurs d’archéologie. Fils d’Akhenaton, l’inventeur sacrilège du monothéisme, et probablement de l’une de ses sœurs ou encore de Nefertiti, la double cousine germaine de son père, il meurt à l’âge de 18 ans.


L’archéologue Howard Carter, dans la tombe de Toutankhamon à Thèbes, en 1923. / INTERFOTO /© Alamy Stock Photo/

Suivez le guide…

La visite de l’exposition débute par une vidéo diffusée sur un écran à 180 degrés. L’action commence dans la Vallée des Rois, site qui abrita les tombeaux des pharaons pendant une durée de 500 ans. La caméra balaie le paysage montagneux et désertique, montrant les sites archéologiques en pleine activité, où l’on voit des groupes d’hommes étudier des cartes, fouiller, creuser des roches, ou tamiser du sable. Tous sont déterminés à trouver les tombeaux cachés des pharaons et les trésors qu’ils recèlent.



@ Cercueil miniature canope à l’effigie de Toutânkhamon

Le narrateur présente Howard Carter. Nous sommes en 1922, l’archéologue raconte les nombreuses années qu’il a passées à mettre au jour les tombeaux des monarques égyptiens et la façon dont certaines découvertes dans la Vallée des Rois ont retenu son attention et enflammé son imagination : une coupe de faïence sur laquelle est inscrit le nom d’un pharaon inconnu, Toutânkhamon, ainsi que des fragments de feuille d’or, sur lesquels figurent les noms de ce roi et de sa reine.



@ Lit funéraire en bois doré

Howard Carter avait la conviction que le tombeau de Toutânkhamon se trouvait quelque part dans la vallée, et que ses trésors étaient peut-être intacts. Il était méticuleux dans ses recherches et obsédé par sa quête, qui était financée par son mécène Lord Carnarvon, un aristocrate fortuné. Mais, après huit ans de recherches infructueuses, ce dernier s’apprête à mettre un terme à ses financements. Il reste à Carter une dernière chance de trouver le tombeau. La voix s’éteint et l’action démarre de façon soudaine.



Statue à l’effigie du roi montant la garde @

Un tourbillon d’images remonte rapidement les années, les siècles puis les millénaires. Le compteur s’arrête finalement en l’an 1323 av. J.-C. Des vues aériennes des palais des pharaons et des temples de Louxor se fondent en une animation qui nous montre le dieu Râ entreprendre son voyage quotidien dans le ciel. La voix imposante du grand prêtre tonne, pour nous raconter cette histoire. Il décrit comment, après la tombée de la nuit, Râ voyage dans l’au-delà avant de renaître chaque matin pour recommencer son voyage dans le ciel. Le dieu soleil, resplendissant dans sa barque solaire, disparaît ensuite dans un fondu laissant place à une effigie géante de Toutânkhamon qui occupe tout l’espace. Tandis que des reconstitutions de la vie du roi apparaissent, le prêtre rappelle les quelques faits connus au sujet de Toutânkhamon.



@ Chaouabti en bois tenant un fléau et portant une coiffe némès dorée et un large collier

Le narrateur explique qu’avant que le Ba, ou l’âme, de Toutânkhamon, ne puisse entreprendre son périple vers l’éternité, son corps doit d’abord être préparé selon les protocoles en vigueur depuis les temps anciens. Des images suivent le voyage final du défunt au fil du Nil, de Louxor jusqu’à la tente de préparation installée dans la Vallée des Rois. Les prêtres, dont on voit se dessiner les silhouettes à l’écran, s’occupent des préparatifs lorsque la caméra se met à suivre le Grand Prêtre qui dirige la cérémonie du rituel de l’Ouverture de la bouche.



@ Naos en bois doré présentant des scènes
de Toutânkhamon et Ankhésenamon

Tandis que ses mots continuent à résonner, la vidéo s’atténue, laissant progressivement les portes de l’exposition s’ouvrir. De l’autre côté, des lumières tamisées attirent les visiteurs vers la première vitrine d’objets et l’absolue beauté de ce qu’ils y découvrent…

Le masque funéraire de Toutankhamon, l’une des pièces maîtresses de l’exposition © AFP / MOHAMED EL-SHAHED

Toutânkhamon, le trésor du pharaon du 23 mars au 15 septembre 2019 – Grande Halle de la Villette – 211 avenue Jean-Jaurès 75019 Paris – M° Porte de Pantin

Tous les jours de 10h à 20h (dernière séance à 18h30) – Billets en vente : www.expo-toutankhamon.fr – Par téléphone au 0892 390 100 (lundi au samedi de 9h30 à 18h30) – Billetterie sur place tous les jours de 10h00 à 19h00, à partir du 23 mars 2019.

Plein tarif semaine : 22€ – Plein tarif week-end, vacances scolaires (zone C) et jours fériés : 24€

Tarifs enfants (de 4 à 14 ans) semaine : 18 € – Tarifs enfants (de 4 à 14 ans) week-end, vacances scolaires (zone C) et jours fériés : 20€ – Enfants (- 4 ans) : gratuit

© IMG