Archives de catégorie : Expos-Scènes-Arts

Les arts du spectacle vivant, le street art, les expositions, l’agenda des manifestations culturelles…

Le Directør – Oscar Gómez Mata – Théâtre de la Bastille

Du 12 mars au 4 avril 2019

 Communiqué

Avec Pierre Banderet, Valeria Bertolotto, Claire Deutsch, Vincent Fontannaz, Christian Geffroy Schlittler, David Gobet, Camille Mermet, Aurélien Patouillard, Bastien Semenzato


Depuis vingt ans, le metteur en scène Oscar Gómez Mata est passé maître dans l’art de bousculer joyeusement les consciences. Pour ce nouveau spectacle, et pour sa première venue au Théâtre de la Bastille, il choisit d’adapter une comédie féroce du réalisateur danois Lars von Trier 2006).


Ravn dirige une entreprise de nouvelles technologies. Trop lâche pour assumer ses décisions impopulaires, il se fait passer pour un simple salarié et invente de toutes pièces l’existence d’un « directeur de tout » exerçant aux États-Unis. Lorsqu’il faut vendre l’entreprise, puis licencier ses salariés, il ne reste plus à Ravn qu’à engager un comédien qui incarnera ce directeur imaginaire. Prenant malheureusement son rôle trop au sérieux, le jeune comédien décide vite de s’affranchir, précipitant les employés dans une série de quiproquos improbables.

Voilà pour l’intrigue, dont le jeu de masques et le goût pour la mise en abîme n’est pas sans rappeler le théâtre de Marivaux ou de Pirandello.

Avec une jubilation émancipatrice et communicative, les interprètes s’emparent du scénario pour déconstruire le modèle de l’entreprise contemporaine, s’amusant tour à tour des nouvelles logiques managériales, de la dilution de la responsabilité, des journées team building et des réunions PowerPoint qui s’éternisent. Au coeur de l’open space, une lutte acharnée s’annonce ainsi entre le libre arbitre et l’irresponsabilité collective.

Au ton moralisateur, Oscar Gómez Mata préfère alors la force de l’humour et les folles digressions de la pensée. Le Direktør est autant une satire sociale qu’une réflexion sur le métier de l’acteur et la puissance du théâtre.

Et le spectacle s’impose comme un petit traité de comédie ; une même scène voit s’entrechoquer comiques de situation et de répétition, humour burlesque et réflexif, maniant toujours avec brio la nouvelle langue de la start-up.

Genève le 5 septembre 2017 Le Director spectacle de la companie L’ALAKRAN ©steeve iuncker-gomez

Les interprètes dansent, chantent, interrompent le cours du spectacle, interpellent le public, portent des perruques sans raison et font du canoë.

En somme, Le Direktør célèbre un théâtre dont l’absurde offre aux spectateurs une joyeuse promesse de résistance…

76 rue de la Roquette Paris 11e – 01 43 57 42 14 – Prix des places 25, 19, 15 €

La prochaine fois, le feu – James Baldwin – Ed. Taschen


© Ed.Taschen – Sortie en mars 2019 – Communiqué
J. Baldwin (copyright Mediapart.fr)

publié en France en 1963 et réédité en mars 2018 (Folio Gallimard), cet essai donne à voir la situation des Noirs aux Etats-Unis au début des années 60. James Baldwyn y évoque sa propre enfance à Harlem, où le maître-mot était la peur, son passage à l’église baptiste, dont il devint prédcateur pendant trois ans. J’eus la chance de tomber dans le « racket » religieux et de succomber à une séduction spirituelle avant de connaître une révélation charnelle, écrit-il.

S’en suit, parmi d’autres analyses et rencontres (Malcom X…), dans un mélange d’ironie acerbe et douloureuse, une dénonciation de la façon dont le Noirs sont amenés à intérioriser un problème, qui est en fait celui des Blancs.

Aussi remarquable par sa prose que par la franchise avec laquelle Baldwin raconte ce que signifie être Noir et homosexuel aux États-Unis, ce livre est considéré comme l’une des plus passionnées et puissantes explorations des relations interraciales à cette époque, où amour, foi et famille s’entrelacent dans un assaut conjoint contre l’hypocrisie de « la terre des hommes libres ».

Aujourd’hui, cette œuvre, toujours aussi pertinente, est rééditée chez Taschen, accompagnée de plus de 100 photographies de Steve Shapiro, qui a sillonné le Sud américain avec Baldwin pour le magazine Life. Le périple a eu pour effet de plonger le photographe au cœur du mouvement et lui a permis de prendre des clichés décisifs, souvent emblématiques, de ses leaders (Martin Luther King, Rosa Parks, Fred Shuttlesworth et Jerome Smith…)  et d’événements marquants, comme la marche pour les droits civiques sur Washington (28 août 1963) et celle sur Montgomery (9 mars 1965).

L’ouvrage est complété par les anecdotes précieuses de Schapiro, une introduction originale de John Lewis, la grande figure des droits civiques, aujourd’hui membre du Congrès américain, des légendes rédigées par Marcia Davis du Washington Post, et un texte de Gloria Baldwin Karefa-Smart, qui était avec son frère en Sierra Leone quand il a commencé à écrire le livre. L’ensemble constitue un remarquable témoignage visuel et littéraire sur l’une des luttes les plus importantes et acharnées de l’histoire américaine.


James Baldwin (1924–1987) fut romancier, essayiste, auteur dramatique, poète et observateur critique de la société, et l’une figures littéraires les plus brillantes et provoquantes de l’après-guerre. Ses essais, dont Chroniques d’un pays natal (1955) et La prochaine fois, le feu(1963), les plus célèbres, ainsi que ses romans, comme La Chambre de Giovanni (1956) et Un autre pays (1962) explorent la complexité, implicite mais profonde, des disparités entre les races, les sexes et les classes dans l’Amérique du milieu du XXe siècle. Natif de Harlem, à New York, il a principalement vécu dans le sud de la France.

Steve Shapiro est un photo-journaliste reconnu dont les clichés ont fait la couverture de Vanity FairTime, Sports Illustrated, Life, Look, Paris Match et People, et figurent dans les collections de nombreux musées. Il a publié sept livres sur son travail, dont American EdgeShapiro’s Heroes, The Godfather Family Album, Taxi DriverThen and NowBowie et récemment Misericordia. Nombre de ses images iconiques ont été utilisée pour des affiches de films et la promotion de grands classiques comme Midnight CowboyTaxi DriverPortrait craché d’une famille modèle et Le Parrain III.

276 p., 40 €

Vincent van Gogh : une visite étoilée à l’Atelier des Lumières (Paris 11è)

du 22 février au 31 décembre 2019
L’Atelier des Lumières et la Nuit étoilée de Vincent van Gogh

Un lieu exceptionnel, dans lequel des spectacles sons et lumières, créés à partir de toiles de grands maîtres, projetées sur des murs monumentaux, propulsent en quelques secondes les visiteurs dans l’œuvre et l’esprit de l’artiste. Chaque centimètre carré de béton, sol compris, est éclaboussé par l’un des cent-quarante vidéo-projecteurs autonomes ; les images défilent et jouent avec l’agencement du site, soutenues par une composition musicale originale ou classique. 

Un aperçu ?

L’Atelier des Lumières a ouvert ses portes le 13 avril 2018, avec une exposition consacrée à Gustav Klimt, Egon Schiele et Friederich Hundertwasser. Elle a joué les prolongations jusqu’en janvier 2019. Cette seconde manifestation propose cette fois une immersion dans l’œuvre de Vincent van Gogh (1853-1890), génie ignoré de son vivant, qui a bouleversé la peinture.

Expo Klimt

Épousant la totalité de l’espace (2000 m² sur 10 mètres de hauteur), cette création visuelle et sonore retrace la vie intense de cet artiste tourmenté, qui peignit pendant les dix dernières années de sa vie plus de 2000 tableaux, aujourd’hui dispersés à travers le monde.

Les Tournesols

Une somme picturale qui évolue radicalement au fil des ans, des Mangeurs de pommes de terre (1885), aux Tournesols (1888) en passant par la Nuit étoilée (1889) et à La Chambre à coucher (1889).

Les mangeurs de pommes de terre
La Chambre à coucher (Arles)

L’Atelier des Lumières révèle les coups de brosse expressifs et puissants du peintre hollandais, il s’illumine aux couleurs audacieuses de ses toiles au style sans égal. Les nuances sombres succèdent aux teintes chaudes. L’exposition immersive évoque le monde intérieur à la fois démesuré, chaotique et poétique de Van Gogh et souligne un dialogue permanent entre l’ombre et la lumière.

Le parcours thématique retrace les différentes étapes de la vie de l’artiste, ses séjours à Nuenen, Paris, Arles, Saint-Rémy-de-Provence, pour s’achever avec sa fin tragique à Auvers-sur-Oise. Le visiteur voyage au cœur des œuvres, de ses débuts à sa maturité, de ses paysages ensoleillés et de ses nocturnes à ses portraits et natures mortes.

La création visuelle et musicale de Luca Longobardi, compositeur et pianiste qui a ouvert le langage classique à l’expérimentation électronique, produite par Culturespaces et réalisée par Gianfranco Lannuzzi, Renato Gatto et Massimiliano Siccardi, met en lumière cette richesse chromatique ainsi que la puissance du dessin et la force des empâtements de l’artiste.

Infos pratiques : Atelier des Lumières, 38 rue Saint-Maur Paris 11è / 01 80 98 46 00 – Tarifs 14, 50 € à 9,50 € – Gratuit moins de 5 ans – Lundi au jeudi de 10h à 18h. Nocturnes les vendredis et samedis jusqu’à 22h et les dimanches jusqu’à 19h

Expo : « Les statues meurent aussi », sur les traces de l’histoire coloniale française au Musée national de l’histoire de l’immigration

Copyright Jan Mammey

Communiqué – Exposition photographique coproduite avec le Gœthe-Institut Paris – Jusqu’au 3 mars 2019

Les photographes Jan Mammey, Falk Messerschmidt et Fabian Reimann se sont penchés sur le passé colonial français. En se fondant sur leurs expériences et s’inspirant du concept d’André Malraux de « Musée Imaginaire », ils ont développé l’idée d’un non-lieu immatériel, après avoir effectué pendant trois ans un inventaire cartographique de plus d’une centaine de lieux et rassemblé un fonds de plus de 2000 photographies. Cette recherche de traces est marquée par une approche subjective fonctionnant sur des associations d’idées. Les trois artistes révèlent des images et des textes, qu’ils assemblent ensuite dans une démarche éditoriale et curatoriale pour créer une œuvre artistique aux facettes multiples. Leur projet artistique met l’accent sur l’espace public parisien, sur les musées et institutions de la capitale, et quelques archives publiques peu connues.

Les traces de l’époque coloniale sont omniprésentes et se retrouvent sous d’innombrables formes, à la fois à Paris et dans toute la France. Elles échappent pourtant la plupart du temps à l’attention du public. Les lieux de mémoire et plaques commémoratives s’y rapportant étant parfois si discrètes qu’on les voit sans y faire attention, et pour peu qu’on s’y attarde, rien ou presque ne vient renseigner sur les faits qui en sont à l’origine. 

Témoins, cette plaque commémorative à l’intérieur de la station de métro Charonne, placée dans un recoin en bas des marches qui mènent aux guichets, sur laquelle sont gravés les neuf noms de ceux qui sont morts le 8 février 1962 pour avoir manifesté en faveur de la paix en Algérie et contre les attentas que menait le groupe OAS favorable au maintien d’une présence française dans ce pays, ou encore, cette illustration non contextualisée que l’on peut voir 10 rue des Petits-Carreaux dans le quartier Montorgueil (Paris).

Au Planteur (1890)

Rappel : L’exposition dont l’intitulé fait référence au court-métrage d’Alain Resnais et Chris Marker (1963) censuré pendant onze ans pour sa dénonciation du colonialisme, est présentée sous la forme d’une installation jusqu’au 3 mars 2019. Entrée libre.

Palais de la Porte Dorée, Paris 12è
Musée national de l’Histoire de l’Immigration

Le Musée a ouvert ses portes le 10 octobre 2007. Son cahier des charges:  Rassembler, sauvegarder, rendre accessible au plus grand nombre l’histoire de l’immigration, afin de mettre en lumière son rôle dans la construction de la France d’aujourd’hui.

L’exposition permanente se présente comme un parcours thématique et chronologique constitué d’une myriade de documents et autres objets du quotidien de ceux qui sont venus s’installer en France, à titre provisoire ou définitif: films d’archives, photographies, témoignages audio et visuels, etc. Deux siècles d’Histoire y sont déclinés.

Ils s’étalent sur des cimaises, dans des vitrines ou sur d’immenses panneaux métalliques, sur lesquels défilent les images d’exode d’hommes, de femmes et d’enfants, jetés sur les routes et fuyant l’oppression et la misère. Ces évocations, qui mêlent destins singuliers et collectifs, témoignent de la diversité des itinéraires et des catégories socio professionnelles de ceux qui ont choisi la France pour terre d’asile.

Au détour d’une allée, on découvre une Maison russe en réduction, celle de Sainte-Geneviève-des-Bois, haut-lieu de l’immigration russe à partir de 1917.

L’espace, situé au troisième étage du Palais de la Porte dorée, est vaste, un peu labyrinthique, Tout ce qu’il renferme retentit comme un hommage à ceux, artistes, scientifiques, sportifs, industriels, résistants, dont les noms font honneur au pays qui les a accueillis.

« Repères » rend également hommage à ces anonymes qui sont arrivés emplis d’espoir, et à tous ceux qui leur ont tendu la main.

1’57 doc audio

On peut par ailleurs voir nombre d’objets, témoins d’un passé qui n’est jamais révolu, regroupés dans une Galerie des dons contiguë à l’exposition.

Galerie des dons

Elle est constituée de niches remplies, elles aussi, de moments de vie, qui vont de la truelle à la valise de médecin, en passant, par exemple, par cette valise, celle du pédopsychiatre Manuel Valente Tavares, qui l’évoque ainsi : Elle est pour moi l’objet qui traduit le mieux mon parcours chargé de souvenirs et empli d’espoir. Elle porte les rêves d’un chemin toujours à tracer à la recherche de la liberté, l’égalité et la fraternité.

La photographie de famille d’Abdeslam Labhil

Chaque visiteur a la possibilité de venir enrichir cette collection, en faisant le don d’un élément de son histoire personnelle, souvent transmis de génération en génération.

Contact : galeriedesdons@histoire-immigration.fr

A. C.

Palais de la Porte Dorée – Musée national de l’Histoire de l’immigration Paris 12e (01 53 59 64 30).

Du mardi au vendredi de 10h à 17h30. Samedi et dimanche de 10h à 19h.

10 € – T.R. 7 €

Visuels et doc audio © MNHI

Robert Doisneau et la Musique

© R. Doisneau/Cité de la Musique/Philharmonie de Paris/Zim Moriarty

Rolleiflex en bandoulière, Robert Doisneau (1912-1994) a arpenté des années durant Paris et sa banlieue. Grand amateur de musique, il a immortalisé bon nombre de ceux qui en étaient les représentants.

Un aspect méconnu de son œuvre est à découvrir au Musée de la Musique, à la Philharmonie de Paris jusqu’au 28 avril 2019

Pierrette d’Orient

« Dans mon école idéale de photographie », disait-il, « il y aurait un professeur de bouquet et un professeur de musique. On ne formerait pas des virtuoses du violon, mais on expliquerait le rôle de la musique qui donne une lumière sur les civilisations passées, formation complémentaire très nécessaire ».

Dévoiler le sens musical de l’imaginaire et de l’œuvre du photographe, telle est l’ambition de ce parcours original qui rassemble plus de deux-cents photographies.

Les Rita Mitsouko

Dans ces clichés, la musique est partout présente et participe surtout du regard humaniste du photographe. Car l’amour pour la musique naît souvent chez Doisneau d’un amour pour les gens. En témoigne la série réalisée avec Jacques Prévert, ou encore l’immense galerie de portraits, poétiques et amusés, magnifiant son ami violoncelliste Maurice Baquet, son « professeur de bonheur » et compagnon pendant plus de cinquante ans.

Maurice Bacquet

Toujours inattendue, l’inspiration de Doisneau dépasse largement le cadre des musiques de rue ou le cercle électif de ses amitiés. Dès les années 1950, il captait la mélancolie d’un Pierre Schaeer ou le sourire d’un Pierre Boulez. Dans les années 1980 et 1990, il croisait le chemin de plusieurs chanteurs, et en particulier Jacques Higelin (photographié en 1991 au parc de la Villette, dans le décor en construction de la Cité de la musique), Renaud ou encore les Rita Mitsouko et les Négresses vertes, tous saisis dans la beauté de leur jeunesse et dont l’exposition dévoile des clichés totalement inédits.

R. Doisneau et Renaud

Conçue par Clémentine Deroudille, commissaire des expositions Brassens ou la liberté et Barbara, et petite-fille du photographe, cette joyeuse ballade est mise en musique par Moriarty et scénographiée par Stephan Zimmerli, musicien et graphiste du groupe. 

Juliette Gréco

Un prolongement de l’exposition est à découvrir au sein de la collection permanente du Musée de la musique, sous la forme d’un accrochage original disséminé dans le parcours.

M° Porte de Pantin ou Porte de la Villette, du mardi au vendredi : 12h – 18h

  • samedi : 10h – 20h
  • dimanche : 10h – 18h

        Tarif plein : 9€

  • Abonnés Philharmonie de Paris : 6€
  • Tarif réduit : 7€
    Titulaires d’un billet de concert Philharmonie de Paris, groupes à partir de 10 personnes, professeurs des écoles de musique, comités d’entreprise, association du personnel, jeunes de 26 à 28 ans inclus, titulaires du Pass éducation.
  • Tarif réduit 2 : 5€
    Jeunes de moins de 26 ans, demandeurs dʼemploi, bénéficiaires des minima sociaux.
  • Gratuité
    Titulaires de certains justificatifs (carte presse CCIPJ uniquement, carte Culture, carte ICOM, carte de guide-conférencier), enfants de moins de 6 ans, membres des Amis de la Philharmonie de Paris, personnes handicapées et leurs accompagnateurs.

Groupe Moriarty © Zim Moriarty v.ici

Festival du Merveilleux, 9ème édition

« Vous entrez dans un monde de rêve. Ouvrez les yeux, profitez de la magie de chaque instant pour faire une réserve de merveilleux pour toute l’année. » Jean-Paul Favand

Du 26 décembre 2018 au 6 janvier 2019*

 

Manège à vélos (1897)

Cette année encore, le Musée des Arts forains, créé par Jean-Paul Favand en 1996 dans les anciens bâtiments de conservation des vins situés à l’extrémité du parc de Bercy, sera ouvert au public. On y retrouvera tout ce que les arts forains comptaient autrefois de manèges divers et variés (des chevaux de bois majestueux au manège à vélos  » qui fait mal aux mollets « …) mais également, un cabinet de curiosités et de magie, une montgolfière, un théâtre merveilleux où réel et virtuel se confondent, une myriade d’objets historiques glanés au fil du temps (chacun étant un acteur de l’histoire qui est racontée), un salon vénitien, etc.  

Beaucoup de surprises attendent aussi les visiteurs à l’extérieur des bâtiments décorés dès le début du mois de décembre à l’occasion de l’ouverture à tous du musée.

arts-forains.com

Spectacles et animations toute la journée
Sans réservation de 10h à 18h. Ouvert le 1er janvier.

  • 53, avenue des Terroirs Paris 12e – Ligne 14 Station Cour Saint-Émilion » – 01 43 40 16 22 

 

  • Billet adulte : 14€ (tout le lieu est de plein-pied). 
  • Moins de 12 ans : 6€
  • Gratuit pour les moins de 2 ans

1 ticket attraction offert pour chaque entrée

 

Jean-Jacques Lequeu – Bâtisseur de fantasmes

au Petit Palais* du 11 décembre 2018 au 31 mars 2019.

© Petit Palais/BnF

Le grand bailleur

Le Petit Palais donne pour la première fois à voir au public un ensemble inédit de 150 dessins du peintre-architecte Jean-Jacques Lequeu (1757-1826). Un artiste hors du commun dont l’œuvre graphique est l’une des plus singulières de son temps. Ce n’est pas un hasard si on a eu l’occasion d’en découvrir l’aspect le plus sulfureux lors d’une exposition au Musée d’Orsay consacrée à Sade, (oct. 2014 – janv. 2015)

Réalisée avec le concours de la Bibliothèque nationale de France, conservateur de la quasi-totalité des dessins que lui a légués cet artiste aussi virtuose que facétieux, la présente rétrospective laisse apparaître la dérive solitaire et obsédante de cet homme fascinant.

Autoportrait, dessin à la plume.

Originaire d’une famille de menuisiers rouennais, Lequeu reçoit d’abord une formation de dessinateur technique. Très doué, il est recommandé par ses professeurs et trouve rapidement sa place auprès d’architectes parisiens, dont le grand Jacques-Germain Soufflot. Celui-ci, occupé par le chantier de l’église Sainte-Geneviève (actuel Panthéon), le prend sous son aile. Mais Soufflot meurt en 1780. Dix ans plus tard, les bouleversements révolutionnaires font disparaître la riche clientèle que Lequeu avait tenté de courtiser. Désormais employé de bureau au Cadastre, il tente en vain de remporter des concours d’architecture, mais doit se résigner à dessiner des monuments et des « fabriques » dont il pressant qu’ils ne sortiront jamais de terre. Ce qui en même temps le libère des contraintes techniques et fait souffler un vent de folie sur ses travaux. Fort de sa technique précise de l’épure géométrique et du lavis, et à défaut de voir réalisés ses projets, il décrit scrupuleusement des édifices au milieu de paysages d’invention.

L’Île d’amour et repos de pêche

Ce voyage initiatique au sein d’un parc imaginaire, qu’il accomplit sans sortir de son modeste logement parisien, est nourri de figures et de récits tirés de références littéraires. Il conduit ainsi le visiteur de temples en buissons, de grottes factices en palais, de kiosques en souterrains labyrinthiques.

Autoportrait, dessin à la plume

Le dessinateur se portraiture à de nombreuses reprises et réalise des physionomies qui témoignent de ses recherches sur le tempérament et les émotions des individus. Ainsi, pour Lequeu, il s’agit de tout voir et de tout décrire, de l’animal à l’organique, du fantasme et du sexe cru à l’autoportrait, et au-delà, de mener une véritable quête afin de mieux se connaître lui-même.

Géométrie du visage – Frontispice de la nouvelle méthode 

L’exposition se termine sur une série de dessins blasphématoires ou irrévérencieux, oscillant entre idéalisation héritée de la statuaire antique et naturalisme anatomique.

Le caractère paradoxal de cet artiste de génie a fait l’objet d’interprétations physionomiques et d’analyses psychanalytiques. Les historiens ont vu ou voient en lui un esprit extravagant, curieux de tout. Son imagination a paru féconde ou maladive à certains, il a été qualifié tour à tour de maniaque, névropathe, pervers.

Même si peu d’architectes ont laissé autant d’autoportraits, Jean-Jacques Lequeu garde sa part d’ombre.

Et nous aussi nous serons mères

  • Avenue Winston-Churchill Paris 8e – 01 53 43 40 00

M° Champs-Élysées Clemenceau ou Franklin D. Roosevelt

Du mardi au dimanche de 10h à 18h. Nocturne les vendredis jusqu’à 21h – www.petitpalais.fr

11 ou 9 € – Gratuit jusqu’à 17 ans inclus.

 

Catalogue sous la direction de Jean-Philippe Garric et Martial Guedron. Norma éditions et BnF éditions. 192 p., 180 illustrations 39 € 

À lire également : Jean-Jacques Lequeu – Dessinateur-architecte par Philippe Duboÿ – Ed. Gallimard

Expo Milton H. Greene

Communiqué

du 12 décembre 2018 au 27 février 2019 à la Galerie de l’Instant

Son nom est indissociable de celui de Marilyn Monroe, que le photographe de mode américain a sublimée dans les années 50, cependant, Julia Gragon, créatrice de la galerie, a tenu aussi à exposer d’autres portraits d’artistes réalisés par Milton Greene, peut être moins connus, mais non moins exceptionnels.

LOS ANGELES, 1953
© M. GREENE, COURTESY GALERIE DE L’INSTANT

Toutes ces photographies ont en commun une approche réaliste des stars photographiées, et même si ces femmes sont d’une beauté et d’un glamour affolants, elles ne doivent pas ce glamour aux robes, maquillages ou scénographie les entourant, mais bien à leur personnalité, et leur grâce, qui transparait de ces portraits.

AUDREY HEPBURN, 1955
© M. GREENE, COURTESY GALERIE DE L’INSTANT

C’est là que réside à mon sens le talent de Milton H. Greene, ce mélange de beauté et de sincérité. Il est évident qu’il respectait ses modèles et en faisait ressortir le meilleur, c’est-à-dire la profondeur, l’intensité, et le plus important : l’émotion, qui finalement est ce qui nous marque le plus en regardant ces images extraordinaires !

Galerie de l’Instant 46, rue du Poitou Paris 3e

01 44 54 94 09

Le lundi de 14h à 19h
du mardi au samedi de 11h à 19 h
et le dimanche de 14h30 à 18h30

MARLENE DIETRICH,
NEW YORK, 1952 © M. GREENE, COURTESY GALERIE DE L’INSTANT

Riad Sattouf – L’écriture dessinée

Bpi
14 nov. 2018 – 11 mars 2019

À propos de l’expo Riad Sattouf à la Bpi du Centre Pompidou…

Communiqué

Après les expositions consacrées à Art Spiegelman, Claire Bretécher ou Franquin, la Bibliothèque publique d’information (Bpi) rend hommage au travail du dessinateur et réalisateur Riad Sattouf, créateur de La vie secrète des jeunes, de Pascal Brutal, des Cahiers d’Esther et de L’Arabe du futur. Primé aux Césars en 2009 pour Les Beaux Gosses, l’auteur vient même d’entrer au Robert !

Les cahiers d’Esther Canal + depuis sept.

En librairie depuis sept. 2018 

Une année faste donc pour Riad Sattouf, puisque le créateur enchaîne au deuxième trimestre la publication du tome 4 de L’Arabe du futur, l’adaptation animée de ses Cahiers d’Esther, puis cette expo rétrospective à Beaubourg qui met en valeur son univers graphique, son regard acéré et tendre sur l’adolescence, la richesse de ses références, son art du récit et la dimension souvent autobiographique de ses travaux.

© R Sattouf/Bpi

© R Sattouf/Bpi

À tout juste 40 ans, Riad Sattouf a déjà derrière lui une oeuvre prolifique, tant dans les expressions artistiques que dans le style : du strip de presse au roman graphique, du film de science-fiction à la chronique sociale ou à la web série. D’une fine observation du réel, qui s’apparente parfois à la sociologie, Riad Sattouf tire des personnages, des histoires et des dialogues qui construisent un discours sur la société, ses structures et ses tensions. L’analyse des couleurs, du trait et des techniques permet un éclairage indispensable des univers foisonnants de l’auteur. Ses sources d’inspiration et son grand intérêt pour certains maîtres du dessin ou du cinéma viennent enrichir l’exposition, tout comme la diversité des éditeurs, auteurs et titres de presse avec lesquels il a collaboré… L’exposition déroule ainsi un itinéraire singulier, récit de soi, où le réel mais aussi la mémoire deviennent la matière du roman graphique.

© Riad Sattouf/Bpi

À travers planches originales, storyboards, croquis, calques et matériaux de travail, éditions originales et coupures de presse, photographies, objets personnels, extraits de film, c’est toute la relation entre le réel, le dessin et leur recomposition dans un récit qui est explorée dans un parcours d’exposition à la fois cruel et tendre, ludique et facétieux.

© R Sattouf/Bpi

L’exposition en trois parties (*) sera accompagnée d’une riche programmation associée (rencontres, conférences, projections, ateliers pour le grand public et les scolaires).

(*) L’observation du réel

– L’art graphique de Riad Sattouf

– L’autobiographie dessinée : L’Arabe du futur

Programme complet et infos sur le site www.bpi.fr.

Performance : À l’infini nous ressembler

À l’infini nous ressembler

Conception, texte, photographies, montage vidéo Jean-François Spricigo

Avec Anna Mougladis et Jean-François Spricigo

Extraits vidéo : D’amore si vive de Silvano Agosti 

Création du 07 au 17 novembre 2018 au Centquatre-Paris*

© Jean-François Spricigo

Communiqué

Que se trame-t-il derrière la rencontre entre deux individus ? Une attraction physique, intellectuelle, spirituelle ? Un dédale de déterminismes ? Un phénomène chimique ?

Jean-François Spricigo

Jean-François Spricigo, artiste associé au Centquatre-Paris met dans cette  performance fraîchement créée tous ses talents à l’œuvre pour tenter d’« atteindre la vérité de deux êtres enlacés par la vie ». 

L’écriture d’abord, parcellaire, musicale et visuelle, pour capter ces « instants de rien, éclats de silence ». La photographie ensuite, noire et blanche, grumeleuse et vibrante, pour frôler du regard « l’illumination [qui] aveugle les sourds ». La mise en scène enfin (v. ci-après).

La mise en scène enfin.

À l’infini nous rassembler, ce sont deux personnes, un homme et une femme, qui correspondent, séparées par un écran face public où se succèdent les images en mouvement. Leurs silhouettes se dédoublent en un jeu d’ombres qui étire leur rencontre et diffère le moment de l’étreinte.

 » Ils sont deux, Masculin et Féminin, ils sont trois, enlacés par la Vie, ils sont le début et la fin, ils sont tout dans ce monde et ils ne sont rien. Chacun ensemble, à l’infini nous rassembler. « 
© Jean-François Spricigo

Jean-François Spricigo murmure que le mystère d’une rencontre s’échappe toujours dans un ailleurs, et pour un temps, dans la voix de son interprète Anna Mouglalis, en parfaite osmose avec cet interstice clair-obscur.

© Jean-François Spricigo

Accompagné de la comédienne, il propose une fenêtre singulière sur le monde. Visions et ombres s’éclairent et les éclairent, jusqu’à enfin se retrouver.

À travers un dispositif d’images éthérées, se construit pas à pas la présence.

Comment faire éclore une rencontre ?

Pour atteindre la vérité de ces deux êtres, j’ai désiré le clair-obscur afin de cheminer en exacerbant les sens, une tentative d’extrême conscience, dit le photographe.

Exploration sensible sur le fil des mots et des images. Promenade funambule au gré du vent, approcher l’expérience de sa caresse et sentir le souffle des précipices quand vient la chute.

  • 5, rue Curial Paris 19è – M° Riquet. Bus 54/60
  • 01 53 35 50 00 

15/12/10 €

 

Théâtre : Réparer les vivants

 

d’après le roman de Maylis de Kerangal – Version scénique et mise en scène Sylvain Maurice – Théâtre de Sartrouville, du 3 au 6 octobre (reprise)*

Avec  Vincent Dissez et Joachim Latarjet

Maylis de Kerandal

« Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps. » 

Simon, 19 ans, et ses deux amis se damneraient pour LA vague, celle qui explose sous leur planche et qu’il leur faut dompter. 

Ils ont l’habitude de se retrouver sur la plage du Havre sans avoir rien planifié, après avoir jeté un coup d’œil sur la météo.

Ce matin-là, ils vont une nouvelle fois défier la mer.

À leur retour, le conducteur du van, Chris, perd le contrôle du véhicule. Alors tout s’enchaîne, Simon est déclaré en état de mort cérébrale et ses parents autorisent le don d’organes.

Le récit suit alors le parcours de son cœur et les étapes d’une transplantation qui va bouleverser de nombreuses existences. En vingt-quatre heures, la tragédie, qui verra l’enterrement d’un mort, verra aussi comment on répare les vivants.

À propos du spectacle :

Comme de très nombreux lecteurs, j’ai été bouleversé par ce récit. Une des raisons est certainement sa dimension vitale, vivante et, osons le dire, heureuse. Le projet de Maylis de Kerangal s’inspire d’une phrase de Tchekhov dans Platonov : « Enterrer les morts, réparer les vivants ».

Après le deuil vient l’espoir : comment la greffe du cœur de Simon va redonner vie à Claire, qui était sur le point de mourir… 

Réparer les vivants est un grand livre grâce à son style : une langue magnifique, une narration haletante, des personnages hauts en couleur ; c’est une œuvre très théâtrale du point de vue des émotions, et en même temps, très précise et très documentée sur le plan scientifique et médical ; c’est aussi une œuvre réaliste et drôle quand l’auteur décrit le monde de l’hôpital. À certains égards, Maylis de Kerangal se fait anthropologue en abordant des questions comme la place de la mort dans nos sociétés, la sacralité du corps, l’éthique en médecine… Dire ce texte au théâtre, l’habiter, le traverser est une évidence. Sa langue musicale, rythmique, toujours portée par l’urgence en fait un texte physique, organique pour les acteurs. Sylvain Maurice

Sylvain Maurice, directeur de CND de Sartrouville, reprend pendant quelques jours le spectacle qu’il a créé en 2016, et qui porte haut le récit vital et magnifique de Maylis de Kerangal. Le dispositif scénique est spectaculaire : en déséquilibre sur un tapis roulant, Vincent Dissez endosse tous les rôles, toutes les voix intérieures décrites dans le roman de Maylis de Kerangal. Il raconte cette course contre la montre, tissée d’histoires intimes et de pratiques cliniques. Le comédien se tient au centre de la scène sur le sol mouvant, comme un athlète (un boxeur ? un sprinter ?) qui sait qu’il va devoir se confronter à un adversaire redoutable. Il est accompagné en direct à la guitare et au trombone par le musicien Joachim Latarjet. Les deux interprètes deviennent ainsi les maillons d’une chaîne, dont on mesure à chaque instant la fragilité et la force.

  • Place Jacques Brel 78505 Sartrouville – 01 30 86 77 79 (de 14h à 18h30) 

Adultes de 28 à 15 € – Enfants 10 et 8 €

Tournée :

– 6 novembre  – Théâtre d’Evry et de l’Essonne – Agora Desnos, scène nationale. 01 60 91 65 60

– du 21 novembre au 1er décembre – Théâtre national de Strasbourg 03 88 24 88 00

– 5 décembre – Agora de Boulazac 05 53 35 59 65

 

L’Archéologie – en bulles –

© Enki Bilal

Petite galerie du musée du Louvre Paris – Espace d’éducation artistique et culturelle (aile Richelieu). Du 26 septembre 2018 au 1er juillet 2019

Chaque année, l’Espace d’éducation artistique et culturelle du musée du Louvre propose un nouveau thème en lien avec les programmes scolaires. Un choix d’œuvres, mêlant les époques et les différentes formes d’art, vise à sensibiliser le regard du public, invité à poursuivre sa visite dans les collections, grâce à des propositions de parcours.

Cette année l’exposition de la Petite galerie fera dialoguer l’archéologie et la bande dessinée, art invité pour cette 4è édition.

© Jacques Tardi

Période glacière Nicolas de Croissy ©

Une centaine d’œuvres et une sélection de planches d’auteurs inspirés par l’archéologie (Marion Montaigne, Jul, Enki Bilal, Nicolas de Crécy, Emmanuel Guibert…) permettront d’une part aux visiteurs de s’approprier la démarche de l’archéologue et de l’autre de comprendre comment, à leur tour, les auteurs de BD se sont emparés de ce vaste champ d’étude qu’est l’archéologie.

Se glisser dans les pas des curieux, amateurs et archéologues épris d’Antiquité, découvrir fortuitement des « trésors », exhumer des objets enfouis à différentes époques, les classer puis essayer de les interpréter, autant d’étapes qui seront l’occasion de montrer comment le 9e art s’approprie, entre réel et fiction, les découvertes archéologiques à l’origine des collections du Louvre.

Une centaine de planches vont ainsi raconter aux visiteurs les méthodes de la fouille, de la recherche de vestiges matériels des civilisations anciennes.

© Marion Montaigne

Les quatre salles* du parcours conçu par Jean-Luc Martinez, président-directeur du Louvre, et Fabrice Douar, responsable éditorial au service de la médiation et de la programmation culturelle du musée, illustreront quatre thématiques distinctes : « Artistes et archéologues », « Trésors archéologiques », « Classer pour comprendre » et « Interpréter et rêver ».

  • La première salle sera consacrée à la question du dessin comme outil commun à l’archéologue et à l’auteur de BD.
  • La deuxième proposera une variation autour des notions de trouvailles et de trésors, illustrées par des objets issus des collections du Louvre.
  • La troisième salle évoquera la méthodologie de la recherche et son pendant dans la construction de l’univers d’un héros de BD.
  • La quatrième salle portera sur l’importance du rêve et de l’imaginaire, dans le travail du dessinateur comme dans celui de l’archéologue.

Pour accompagner cette exposition, l’auditorium du Louvre proposera différentes conférences, ainsi qu’un cycle de films portant sur le thème « Aventure et archéologie », ainsi qu’un stage BD pour les 8-12 ans et 12 ans et plus (24, 25 et 26 octobre, vacances de la Toussaint).rLes cycles d’ateliers sont en vente exclusivement à la Fnac et sur www.fnac.fr

  • Horaires de l’expo : de 9h à 18h, sauf le mardi. Nocturne mercredi et vendredi jusqu’à 21h45.

Tarif unique d’entrée au musée : 15 €.

Gratuit pour les moins de 18 ans et les moins de 26 ans résidents de l’U.E. Achat en ligne : www.ticketlouvre.fr  www.louvre.fr #PetiteGalerie #ArcheoEnBulles

© Florent Chavouet

 

Zao Wou-Ki, « L’Espace est silence » au Musée d’Art moderne (suivi de) Willy Ronis… joue les prolongations

« Les gens se définissent par une tradition. En ce qui me concerne, deux traditions me définissent. » Z W-K  赵无极

L’exposition qui se tiendra au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris jusqu’au 6 janvier 2019 est la première manifestation de grande ampleur consacrée au peintre franco-chinois dans la capitale depuis quinze ans.


Si son œuvre est aujourd’hui célèbre, les occasions d’en percevoir la complexité sont en effet demeurées trop rares à Paris. L’exposition souhaite en renouveler la lecture et invite à une réflexion sur le grand format.

Le parcours sur quatre salles débute au moment où Zao Wou-Ki adopte une expression nouvelle, « abstraite » – terme trop restrictif à ses yeux – avec l’œuvre de 1956 intitulée Traversée des apparences. Cette étape décisive précède un premier séjour aux Etats-Unis l’année suivante, qui le conforte dans la quête d’un espace toujours plus vaste.

Traversée des apparences. 赵无极, 1956
© Bouchard – Zao Wou-Ki

Artiste au croisement de plusieurs mondes, Zao Wou-Ki quitte la Chine en 1948 pour venir à Paris, au moment où l’« art vivant » commence à se partager entre les États-Unis et la France. Son œuvre traverse les débats esthétiques qui marquent le développement de l’art moderne et, s’il appartient à une scène parisienne qu’il apprécie, il perçoit très tôt la vitalité de la peinture américaine. Progressivement, il renoue aussi avec certains traits de la peinture chinoise dont il s’était volontairement écarté.

Hommage à Matisse. 赵无极, 1986

Ses rapports avec le monde extérieur sont faits de découvertes et de voyages, de rencontres fécondes, dont les premières furent avec Henri Michaux et le compositeur Edgar Varèse. Poésie et musique demeureront pour lui deux pôles d’attraction permanents, comme une tension nécessaire avec la peinture – donnant sens, à mesure que son art s’affirme, à l’expression que l’artiste a inspirée très tôt à Michaux : L’espace est silence.

« L’espace est silence.
Silence comme le frai abondant tombant lentement en eau calme. Ce silence est noir. » (…) Henri Michaux

Hommage à Edgar Varèse. 赵无极, 1964
© Bouchard – Zao Wou-Ki

En insistant sur la portée universelle de son art et sur sa place aux côtés des plus grands artistes de la deuxième moitié du XXe siècle, le Musée d’Art moderne présente sur quatre salles une sélection de quarante œuvres de très grandes dimensions dont certaines, comme un ensemble d’encres de 2006, n’ont jamais été exposées.

Hommage à Claude Monet. 赵无极, 1991

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris 10-12, avenue de New York, Paris 16è – M° Alma Marceau, Iéna – 01 53 67 40 40

Entrée 5 à 12 €

 

Visuels © Ministère de la Culture – Médiathèque
de l’architecture et du patrimoine, dist.
RMN-GP, donation Willy Ronis

Le Pavillon Carré de Baudoin fête ses dix ans. Et de quelle manière !

Ce lieu, grand, beau et lumineux, accueille une exposition événement consacrée au photographe de la lumière et du noir et blanc: Willy Ronis (1910-2009).

Le petit Parisien, 1950

Le voyage débute par le Belleville et le Ménilmontant des années 50. « C’était le quartier des Apaches, on n’y allait pas. » raconte-t-il. Le quartier avait alors mauvaise réputation auprès des bourgeois.

Willy Ronis pose un regard plein d’humanité et d’humanisme sur ces « Apaches », sur la vie sociale simple et modeste de l’époque, mais d’une solidarité exemplaire, s’arrêtant dans les ateliers, les bistrots, les ruelles…

Ses photos expriment le même bonheur de ses rencontres, de « ces instants présents ».

Il nous offre un témoignage hors-pair et extrêmement vivant sur un Paris aujourd’hui disparu, emprunt d’une douceur de vivre, insouciante et modeste.

Les amoureux de la Bastille, 1957

Le voyage se poursuit dans le Paris romantique, avec ses bords de Seine, son Pont-des-Arts, ses amoureux. Le cliché, qu’il a intitulé Les Amoureux de la Bastille, en témoigne. On s’attarde ensuite à l’Isle Adam, sur les bords de l’Oise, à Joinville-le-Pont, sur la Marne. Puis à Venise…

Fondamente Nuove, Venise, 1959

Quelques nus aussi, dont la célèbre photographie, dite Le nu provençal (Gordes,1949), de sa femme, Marie-Anne.

Outre les photos exposées – près de deux-cents, réalisées entre 1926 et 2001, le public pourra également feuilleter les albums à partir de bornes composées de tablettes interactives. Par ailleurs, une série de films et de vidéos réalisés sur Willy Ronis sera projetée dans l’auditorium selon une programmation particulière. Une occasion unique d’entrer de plain-pied dans l’univers personnel de l’artiste.

On l’aura compris, Willy Ronis par Willy Ronis est une grande et belle exposition.

Prêts pour le voyage ?

Jean Marc Boissé

121, rue Ménilmontant Paris 20e – 01 58 53 52 40 – M° Gambetta, bus 27 & 96

Ouvert du mardi au samedi de 11h à 18h
Visites guidées tous les samedis à 15h – Entrée libre.

 

Festival d’automne : « Infidèles » au théâtre de la Bastille

« Infidèles » : une création de tg STAN et du collectif De Roovers

Du 10 au 28 septembre 

Avec : Ruth BecquartRobby Cleiren, Jolente De Keersmaeker, Frank Vercruyssen

Cet automne, la compagnie anversoise tg STAN investit à trois reprises le plateau du théâtre de la Bastille, avec Infidèles (10-28 sept.), Atelier (1er-12 oct.) et Après la répétition (25 oct.-14 nov.). Anticonformisme assuré. 

Infidèles est un hommage à Ingmar Bergman (1918-2017) et à la qualité de ses dialogues, souvent durs, parfois cruels.

À l’origine du spectacle, il y a le scénario du metteur en scène suédois datant de 1996, puis le film éponyme – au singulier cette fois – réalisé dans une version légèrement écourtée par Liv Ullmann en 2000.

Dans Infidèles, basé sur le scénario du même nom qui date de 1996 et sur Laterna Magica (Gallimard 1991), Bergman se met lui-même en scène face à un personnage qui se crée au cours de dialogues entrecoupés de commentaires et de flash-back, sur le thème de la passion et de la trahison amoureuse.

Cette exploration de la dimension autobiographique ne bascule cependant pas dans le voyeurisme, la confession ou le portrait psychologisant, elle illustre une nouvelle fois combien Bergman savait se montrer subtil et impitoyable dans son exploration des rapports humains.

Reclus sur une île, un auteur nommé Bergman vit seul. Assis devant son bureau, il a beaucoup de mal à rassembler ses souvenirs. En ouvrant un tiroir et en y retrouvant un portrait, une voix de femme, qu’il nomme Marianne, s’adresse à lui.

C’est ce souvenir réincarné qui permet de déclencher tout le processus narratif. Bergman lui demande de lui avouer et de lui raconter son infidélité…

Pour cette adaptation théâtrale, les répliques sont développées, nourries d’autres textes et éléments de scénarios, redistribuées et prises en charge par quatre acteurs afin de rééquilibrer le dialogue et donner une plus grande place à la voix de Bergman.

Pour compléter le scénario dInfidèles, les comédiens intègrent des éléments de Laterna magica, œuvre autobiographique et auto-analytique qui révèle à la fois l’enfant, fils de pasteur, l’homme de théâtre et de cinéma s’exprimant sans complaisance sur l’homme privé qu’il a été, avec ses joies et ses désastres, ses grandeurs et ses misères. Il  décrit aussi son obsession de la trahison puis évoque les artistes rencontrés : « Je passe mes derniers films* et mes mises en scène les plus récentes au peigne fin et je découvre çà et là une maniaquerie perfectionniste qui tue la vie et l’esprit. Au théâtre, le danger est moindre ; je peux surveiller mes faiblesses et, dans le pire des cas, les comédiens peuvent me corriger. Au cinéma tout est irrévocable ».

À partir de ces moments de vie, le spectacle offre une composition musicale où les interprètes mêlent leurs voix pour explorer les multiples variations autour du thème central qu’est Ingmar Bergman.

76 rue de la Roquette Paris 11è – 01 43 57 42 14 – 21 à 27 € 

tg STAN

Deux compagnies théâtrales pour un spectacle…

Le collectif tg STAN a été fondé par quatre acteurs diplômés du conservatoire d’Anvers en 1989. Jolente De Keersmaeker, Damiaan De Schrijver, Waas Gramser et Frank Vercruyssen refusèrent catégoriquement de s’intégrer dans une des compagnies existantes, ne voyant dans celles-ci qu’esthétisme révolu, expérimentation formelle aliénante et tyrannie de metteur en scène. Ils voulaient se placer eux-mêmes – en tant qu’acteurs, avec leurs capacités et leurs échecs (avoués) – au centre de la démarche qu’ils ambitionnaient : la destruction de l’illusion théâtrale, le jeu dépouillé, la mise en évidence des divergences éventuelles dans le jeu, et l’engagement rigoureux vis-à-vis du personnage et de ce qu’il a à raconter. Après quelques spectacles, Waas Gramser (actuellement membre de la Compagnie Marius en Belgique) a quitté la troupe, qui a alors accueilli Sara De Roo. Thomas Walgrave est venu les rejoindre en tant que scénographe attitré.

Être résolument tourné vers l’acteur, refuser tout dogmatisme, voilà ce qui caractérise tg STAN. Ce refus est évoqué par son nom – S(top) T(hinking) A(bout) N(ames) – mais aussi par le répertoire hybride, quoique systématiquement contestataire, où Cocteau et Anouilh côtoient Tchekhov, Bernhard, Ibsen, les comédies de Wilde et de Shaw voisinant avec des essais de Diderot. Mais cet éclectisme, loin d’exprimer la volonté de contenter tout le monde, est le fruit d’une stratégie de programmation consciente et pertinente.

STAN fait la part belle à l’acteur. Malgré l’absence de metteur en scène et le refus de s’harmoniser, d’accorder les violons – ou peut-être justement à cause de cette particularité – les meilleures représentations de STAN font preuve d’une grande unité dont fuse le plaisir de jouer, tout en servant de support – jamais moralisateur – à un puissant message social, voire politique. Pour entretenir la dynamique du groupe, chacun des quatre comédiens crée régulièrement des spectacles avec des artistes ou compagnies extérieurs à STAN.

De telles collaborations ont fréquemment lieu avec Dito’Dito, Maatschappij Discordia (Hollande), Dood Paard (Hollande), compagnie de KOE (Belgique) et Rosas (Belgique).

Cette démarche résolue pousse aussi les membres de la compagnie à affronter les publics les plus divers (de préférence étrangers), souvent dans une autre langue. STAN joue une grande partie de son Répertoire en français et/ou en anglais, à côté des versions néerlandaises. Le groupe a ainsi trouvé un nouvel élément auquel se confronter : en jouant dans une autre langue, les mots acquièrent un sens différent.

Le collectif anversois de Roovers  est composé de quatre acteurs et créateurs de théâtre. Ils travaillent sans metteur en scène et chaque processus de création implique une recherche commune de et sur l’histoire choisie.

Les acteurs optent pour le théâtre de texte et adaptent le répertoire classique notamment Shakespeare, Tchekhov et Eschyle, ou d’auteurs contemporains comme Paul Auster et Judith Herzberg. Par ailleurs, ils font aussi du théâtre pour enfants et du théâtre musical.

Le collectif voit le jour en 1994 quand Robby Cleiren, Sara De Bosschere, Luc Nuyens et Sofie Sent terminent leur formation théâtrale au conservatoire d’Anvers. Le photographe et scénographe Stef Stessel, qui fait partie du trajet de de Roovers depuis le début, marque lui aussi de son sceau le style typique du collectif.

Bob Dylan (suivi de ) Mert & Marcus – Ed. Taschen

 

Coup de projecteur sur…

 

Août 2018

Bob Dylan : Un an et un jour de Daniel Kramer – Ed. Taschen

Le portfolio légendaire de Daniel Kramer consacré à Bob Dylan immortalise les deux années décisives que furent 1964 et 1965 pour l’artiste. En lespace d’un an et un jour, Kramer suit de près Bob Dylan en tournée, sur scène et dans les coulisses, lui permettant ainsi de rapporter l’une des collections d’images les plus fascinantes jamais prises d’un artiste, et un magnifique portrait de Dylan en plein envol vers la gloire.

Le portfolio s’attarde notamment sur son concert avec Joan Baez, au Lincoln Center’s Philharmonic Hall, sur les séances d’enregistrement de Bringing It All Back Home et sur sa prestation désormais célèbre à Forest Hills, où son utilisation controversée de la guitare électrique a mis en lumière l’évolution constante et mystérieuse de Dylan.

Témoignages d’une période phare de l’histoire du rock n’roll autant que portraits personnels de Dylan, les images saisissent aussi ses amis et collaborateurs célèbres, tels que Joan Baez, Johnny Cash, Allen Ginsberg et Albert Grossman.

Bob Dylan : Un an et un jour présente une sélection minutieuse de près 200 photographies, dont celles extraites de Bringing It All Back Home et issues des séances de prises de vue de la couverture de l’album Highway 61 Revisited.

Précédemment publié par Taschen en Édition Collector, cette édition courante est un trésor pour les vrais fans de photographie et de Dylan.

Enrichi d’anecdotes tirées des archives de Kramer et d’une introduction de Bob Santelli, directeur général du Grammy Museum, cet ouvrage est autant un témoignage intime et puissant livré par un grand photographe, à un instant donné, sur un artiste singulier, mystérieux au moment précis de l’envol de sa carrière.

280 p., 50 € 

 

Coup de projecteur sur…

Mert Alas & Marcus Piggott – Ed. Taschen

Ed. Taschen, août 2018

Publié à l’origine également en édition Collecteur, l’album conserve dans cette nouvelle publication le même nombre de clichés (env. 300), mais il a fait une « cure d’amaigrissement » (26,2 x 35 cm au lieu de 41,2 x 36) et son prix a été ramené de 600 à 60 €. On y découvre – ou retrouve – la vision survoltée des deux photographes qui depuis deux décennies ne cessent de redéfinir les standards en matière de charme, de mode et de luxe. 

Charlotte Cotton en a signé la préface.

Elle a occupé les postes de responsable du département de la photographie Wallis Annenberg au Los Angeles County Museum of Art (2007-2009), conservatrice en charge de la photographie au Victoria and Albert Museum (1992-2004) et responsable de la programmation pour The Photographers Gallery à Londres (2004-2005). Charlotte Cotton est également la fondatrice et rédactrice en chef de wordswithoutpictures.org.

Pour la petite histoire…

Mert Alas (ci-contre), né en Turquie, et Marcus Piggott, originaire du Pays de Galles, se sont rencontrés en 1994 dans une soirée organisée sur une jetée à Hastings, en Angleterre. Piggott a demandé du feu à Alas, les deux hommes ont commencé à discuter, et se sont rapidement découvert de nombreux points communs, dont un amour pour la mode. Trois ans plus tard, le duo aujourd’hui connu sous le nom de Mert & Marcus s’installait dans un loft délabré de l’East London reconverti en studio et vendait sa première œuvre collaborative au magazine Dazed & Confused.

Aujourd’hui Mert et Marcus façonnent l’image mondiale de maisons aussi réputées que Giorgio Armani, Roberto Cavalli, Gucci, Yves Saint Laurent, Givenchy et Lancôme,… et de célébrités, dont Lady Gaga, Madonna, Jennifer Lopez, Linda Evangelista, Gisele Bündchen, Björk, Angelina Jolie et Rihanna. Leurs photographies déploient un large éventail de styles et d’influences, mais sont particulièrement connues pour leur traitement numérique et la fascination qu’elles expriment pour les femmes «des femmes puissantes, des femmes qui signifient quelque chose, des femmes du genre pas-besoin-d’en-dire-ou-d’en-faire-trop-pour-raconter-qui-je-suis».

408 p., 60 € 

 

 

Amy Winehouse

En librairie de 8 août 2018

«Ce n’est en rien une histoire sombre ou tragique comme les médias l’ont faussement rapporté. Elle était une âme exceptionnelle et aimante qui remporta des victoires personnelles incroyables, et c’est ce que je vois dans ces images.» 

Blake Wood

Quand en 2007, au lendemain d’une rupture, le photographe américain de 22 ans Blake Wood arrive à Londres, un ami commun lui présente Amy Winehouse. La chanteuse à la voix brute et sensuelle, qui vient de remporter cinq Grammy Awards pour son album de 2006, Back to Black, est alors au sommet de sa gloire, mais elle se débat dans une relation sentimentale compliquée et vit difficilement l’attention permanente que lui portent les médias. Unis par une même créativité et des histoires personnelles similaires, Wood et Winehouse bâtissent rapidement une amitié profonde, et ne se quitteront plus pendant deux ans.

Les images de Winehouse en concert à Paris ou jouant de la batterie dans le studio aménagé chez elle à Camden Town, à Londres, côtoient les portraits tendres de la jeune femme insouciante et détendue à Sainte-Lucie ou charmeuse devant l’appareil photo, pour composer ce journal intime de la diva de la soul au moment où elle était l’une des voix les plus célèbres sur la planète.

L’histoire de cette étroite collaboration émotionnelle se raconte à travers l’objectif de son confident, au fil de 85 photos couleur et noir et blanc, la plupart inédites, qui révèlent l’amour, la confiance et le respect qu’ils se vouaient l’un à l’autre. Guidé par un texte de la célèbre critique de la culture pop Nancy Jo Sales, découvrez une facette rare et plus légère de cette icône regrettée, totalement elle-même sous le regard de son ami, une fille de Londres, qui profitait à fond de la vie.

176 p., 30€

Anne Boille, peintre plasticienne

le coup de cœur de Jean Marc Boissé

À deux pas de l’Eglise Saint-Jean-Baptiste de Belleville et du métro Jourdain, et juste à côté d’un café baptisé Le relais Belleville, qui a su garder son charme d’antan, se trouve la Galerie-Atelier d’Anne Boille*.

Originaire de Tours et diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure des Ateliers d’Art et des Métiers d’Art (ENSAAMA, Paris), Anne Boille a participé à des Salons d’Arts contemporains, à des expositions dans des lieux  prestigieux, tel que, par exemple, l’Hôtel Lutétia (Paris 6e), et fait de nombreuses expos, en France comme à l’étranger.

Anne Boille a développé depuis plusieurs années une technique appelée le fixé sous verre.

Ce procédé est né à la Renaissance, à Murano où les artisans verriers peignaient des copies de thèmes bibliques ou des ex-voto sur des chutes de verre, qu’ils vendaient ensuite sur les marchés. Ce procédé qui consiste à peindre au dos d’une plaque de verre est très particulier et minutieux. Il s’est étendu de l’Italie à toute l’Europe jusqu’au au début du XIX siècle.

Anne Boille a quant à elle remplacé le verre par du plexiglass, plus léger et moins fragile.

« Je travaille à l’envers », dit-elle. « Les premiers plans sont peints d’abord, donc les boutons avant la chemise, les lacets avant les chaussures, les lunettes avant le visage. »

Viennent ensuite les plans suivants, ce qui donne à tous ses tableaux un visuel très « cinématographique », avec un premier plan, un arrière-plan, et un éclairage qui vient du fond.

Visuels copyright Anne Boille

Le grand talent d’Anne Boille est d’offrir à chaque scène, à chaque « séquence », une qualité exceptionnelle du détail – je dirais « comme au cinéma ». Car il s’agit bien de séquences de lieux urbains et contemporains…

Ses thèmes de prédilection ? Les terrasses de cafés – Les Deux Magots, La Brasserie Parisienne, Le Bar de Belleville, Le Café Florian… Mais aussi les devantures de boulangeries-pâtisseries, les personnages « bobos » ou « populaires », « Arty », serveurs… Tout ce qui donne vie à ces lieux.

Elle a récemment ajouté à ses créations de très belles et beaux « Runners » (ex-joggeurs).

  • Galerie-Atelier Anne Boille (Expo permanente) 7 rue Constant Berthaud Paris 20e

J.M.B.

Théâtre – Déjà la nuit tombait (fragments de l’iliade)

 

Coup de projecteur sur…

Déjà la nuit tombait d’après Homère – Conception, mise en scène Daniel Jeanneteau. Théâtre de Genevilliers, du 19 au 23 juin 2018

Avec Thibault Lac (danseur), Axel Bogousslavsky, Thomas Cabel (comédiens) et la participation de Laurent Poitrenaux (voix enregistrée).

Conçu avec la collaboration de l’Ircam, ce spectacle-performance explore les possibilités scénographiques du son et s’inscrit dans les modules d’expérimentation In Vivo, présentés lors du festival Académie ManiFeste 2018*.

« [il] s’approcha de lui

Et lui planta son javelot dans le bas de la nuque.

Le bronze sortit de ses dents en lui tranchant la langue,

Et l’homme chut, serrant le bronze froid entre ses dents. »

L’Iliade, chant V, 72.

« Aucun ne vit entrer Priam. Il s’approcha d’Achille,

Il lui embrassa les genoux, il lui baisa les mains,

Ces terribles mains qui lui avaient tué tant de fils ! »

L’Iliade, chant XXIV, 349

Trop âgé pour prendre part à la guerre de Troie, le Roi Priam a envoyé Hector, son fils bien-aimé. À l’époque où se déroule le poème d’Homère – celle de la dixième année de la guerre – Hector vient de mourrir au cours du combat qui qui opposait les deux camps. Priam vient récupérer son corps, que détient rageusement Achille. C’est la tombée du jour, le vieillard traverse la lande avec un âne. Il a perdu sa superbe. Achille vient lui aussi de perdre un être cherPatrocle, tué par Hector. Deux ennemis irréductibles, deux inconsolables vont s’affronter.

Au moment où débute le spectacle, Priam arrive, il baise les mains d’Ulysse, « ces effroyables mains, tueuses de guerriers, sous lesquelles ont succombé tant de ses fils ». Il le supplie humblement de lui rendre son enfant. Ce faisant, il touche la part d’humanité de l’impétueux fils de Pélée et de Thétis…

Le duel d’Achille et la prière de Priam (Chant XXIV) comptent parmi les épisodes les plus célèbres de ce poème épique (IIIe siècle avant J.-C.), admirable par sa puissance et la force des sentiments qui sont exprimés.

Ce qu’en dit Daniel Jeanneteau:

« Pendant un instant, protégés par le sommeil de toute une armée, les deux ennemis se regardent. Rien ne les rattache plus aux lois extérieures, aux haines apprises. Ils inventent un moment qui n’est qu’à eux, fait d’admiration et de larmes. Des siècles de fureur machinale se précipitent dans leurs regards brûlés, et s’éteignent : en eux l’espèce se reconnaît. Ils se taisent, se regardent, mangent, dorment. Leur insignifiance commune représente l’exacte contrepoids de tout le tumulte qui l’a précédée. »

Beau projet. À découvrir sans coup férir.

Anna K.

Du 19 au 23 juin au T2G – Théâtre de Gennevilliers – 41 avenue des Grésillons – M° Gabriel Péri (ligne 13) 01 41 32 26 10

www.theatre2gennevilliers.com

Plein tarif : 24 € 

 9 € Pour les résidents de Gennevilliers, Asnières et Clichy
18 € pour les seniors, résidents du 92,
14 €  les professionnels de la culture et de l’éducation nationale
12 € pour les moins de 30 ans, étudiants, intermittents, demandeurs d’emploi, adhérents à la Maison des Artistes, public handicap

  • Académie et ManiFeste sont un moment de rencontres privilégiées entre les différents protagonistes du spectacle vivant. L’accent est cette année mis sur le théâtre. Pour ce projet bien spécifique, le metteur en scène a proposé à deux jeunes compositeurs, Chia Hui Chen (Chine) et Stanislav Makovsky (Russie), de concevoir un spectacle commun en travaillant sur une scénographie sonore de L’Iliade, matérialisant la violence extrême du poème. Cette scénographie sonore, purement électronique, se nourrit de leurs apports, utilisant les outils logiciels de transformation du son et de spacialisation de L’Institut de recherche et coordination acoustique/musique (IRCAM)

Willy Ronis par Willy Ronis

Entrée libre

Au Pavillon Carré de Baudoin, Paris 20e  – Jusqu’au 29 septembre 2018 – Chronique Jean Marc Boissé

Visuels © Ministère de la Culture – Médiathèque
de l’architecture et du patrimoine, dist.
RMN-GP, donation Willy Ronis

Le Pavillon Carré de Baudoin fête ses dix ans. Et de quelle manière !

Ce lieu, grand, beau et lumineux, accueille une exposition événement consacrée au photographe de la lumière et du noir et blanc: Willy Ronis (1910-2009).

Le petit Parisien, 1950

Le voyage débute par le Belleville et le Ménilmontant des années 50. « C’était le quartier des Apaches, on n’y allait pas. » raconte-t-il. Le quartier avait alors mauvaise réputation auprès des bourgeois.

Willy Ronis pose un regard plein d’humanité et d’humanisme sur ces « Apaches », sur la vie sociale simple et modeste de l’époque, mais d’une solidarité exemplaire, s’arrêtant dans les ateliers, les bistrots, les ruelles…

Ses photos expriment le même bonheur de ses rencontres, de « ces instants présents ».

Il nous offre un témoignage hors-pair et extrêmement vivant sur un Paris aujourd’hui disparu, emprunt d’une douceur de vivre, insouciante et modeste.

Les amoureux de la Bastille, 1957

Le voyage se poursuit dans le Paris romantique, avec ses bords de Seine, son Pont-des-Arts, ses amoureux. Le cliché, qu’il a intitulé Les Amoureux de la Bastille, en témoigne. On s’attarde ensuite à l’Isle Adam, sur les bords de l’Oise, à Joinville-le-Pont, sur la Marne. Puis à Venise…

Fondamente Nuove, Venise, 1959

Quelques nus aussi, dont la célèbre photographie, dite Le nu provençal (Gordes,1949), de sa femme, Marie-Anne.

Outre les photos exposées – près de deux-cents, réalisées entre 1926 et 2001, le public pourra également feuilleter les albums à partir de bornes composées de tablettes interactives. Par ailleurs, une série de films et de vidéos réalisés sur Willy Ronis sera projetée dans l’auditorium selon une programmation particulière. Une occasion unique d’entrer de plain-pied dans l’univers personnel de l’artiste.

On l’aura compris, Willy Ronis par Willy Ronis est une grande et belle exposition.

mPrêts pour le voyage ?

Où ?

121 rue Ménilmontant Paris 20e – 01 58 53 52 40 

M° Gambetta, bus 27 & 96

Ouvert du mardi au samedi de 11h à 18h
Visites guidées tous les samedis à 15h

Théâtre : Le Quatrième mur

d’après le roman de Sorj Chalandon (Prix Goncourt des lycéens 2013) – Mise en scène Julien Bouffier – Avec Yara Bou Nassar, Alex Jacob, Vanessa Liautey et Nina Bouffier (les  18, 19 et 20 mai), Paloma Dumaine (les 15, 17 et 24 mai), Jade Hernandez (les 16, 22 et 25 mai), Iocha Koltès (les 13, 23 et 26 mai)
Théâtre Paris-Villette  Paris 19e – Jusqu’au 26 mai.

Dans l’obscurité la plus totale, un faisceau lumineux balaye l’espace, cherchant à se frayer un chemin vers la scène, où se détache une silhouette masculine, longiligne. Crâne rasé, corps émacié, Sam (Alex Jacob) est malade, en fin de vie. Un cancer ronge ses dernières forces. Brune, svelte, lumineuse, son amie (Vanessa Liautey), sa compagne de toujours, le rejoint. Elle vient d’apprendre via la presse la terrible nouvelle. Face à l’inéluctable, il lui demande de reprendre son impossible projet de monter Antigone d’Anouilh, au cœur de la capitale libanaise, en demandant à chacune des communautés religieuses présentes dans la ville d’y participer. On est en 1982, Beyrouth est à feu et à sang. Un rien, une étincelle pourrait embraser l’antique cité. 

Jeune, belle, la metteuse en scène accepte le défi. Sans réfléchir, elle fonce. Quelques doutes bien sûr vont l’assaillir, ils seront brefs. Des cimaises du théâtre, une immense toile blanche, presque transparente, tombe. Paris, son foyer, sa fille, sont déjà loin. Les images qui défilent montrent une ville portant les stigmates d’une violence inouïe d’une guerre civile entre chrétiens et musulmans. Malgré tout, sa détermination ne faiblit pas. Il en va d’une promesse à un mourant.

Bien que personne ne croit à la réussite de l’entreprise, elle va à la rencontre, à ses risques et périls, des représentants de chaque faction, chaque communauté religieuse, afin de les convaincre de l’utilité de cette singulière démarche et d’accepter un cesser-le-feu le temps de l’unique représentation. Réussissant l’impossible, elle réunit les comédiens, commence les répétitions sur le toit d’un vieux cinéma situé au cœur de Beyrouth, en plein sur la ligne qui sépare la ville en deux. Les images défilent en filigrane, enveloppent le corps de cette frêle jeune femme, prête à tous les sacrifices. Mais l’impensable va se produire. La tragédie antique va être percutée de plein fouet par l’indicible et sanguinaire drame du massacre de Sabra et Chatila.

Écrivain et journaliste, Sorj Chalandon fut l’un des premiers reporters de guerre occidentaux à pénétrer, en septembre 1982, dans le camp de réfugiés palestiniens après les exactions. Cette macabre expérience le marqua à jamais. Mais comment raconter l’indicible horreur ? En couchant sur le papier immaculé ce que sa conscience engourdie, atone, n’arrive plus à exprimer. Mêlant fiction et réalité, engagement politique et militantisme, il signe un texte fort, puissant, cru, où la beauté des mots, des images, se fracasse contre la barbarie sanguinaire de la bête inhumaine, immonde que les guerres (de religion) engendrent.

S.C. à propos du Quatrième mur (5’13)

S’emparant de ce roman, où s’entremêlent bons sentiments et haines meurtrières Julien Bouffier signe une pièce coup de poing qui fissure, brise en mille morceaux le quatrième mur, barrière infranchissable entre la scène et la salle, et met K.O. Usant avec ingéniosité de la vidéo – tous les comédiens participants y sont poignants de vérité, de justesse – , il invite à ce voyage entre passé et présent, entre rêve d’un monde meilleur et cauchemar d’une actualité chaque jour plus sanglante. Sur une scène dépouillée, il convoque la vie, la mort, l’amour, l’amitié, la douleur, la perte.

Envouté par le jeu bouleversant, ténébreux de Vanessa Liautey, dont la voix suave ensorcèle et panse les fêlures infligées à nos esprits, troublé par la présence lumineuse de Yara Bou Nassar et captivé par la musique jouée « live » d’Alex Jacob, on se laisse submerger par nos émotions. Secoué par ce terrible récit, abasourdi, on laisse nos cœurs pleurer, nos larmes couler

Avec douceur et infini respect, Julien Bouffier donne effroyablement vie au terrifiant témoignage de Sorj Chalandon et offre à ce Beyrouth balafré, défiguré, une Antigone à bout de souffle, exsangue, mais debout et combattante. Derrière l’horrible tragédie de ce monde malade et gangrené par les religions et les guerres de pouvoir, de domination, un vent d’espoir renaît, la vie reprend lentement ses droits.

 21,45 € à 12,95 €
Réservations : 01 40 03 72 23 
Crédit photos : © Marc Ginot