En descendant le fleuve – Diario di fiume

  • En librairie le 05 novembre 2015 (chronique bilingue)

couve_en_descendant_le_fleuve_telEn descendant le fleuve et autres histoires de GIPI (textes et illustrations) – Ed. Futuropolis, 128 p., 19 €

L’album regroupe une douzaine de récits, plus ou moins longs, qui pour beaucoup ont été publiés dans différentes revues italiennes à la fin des années 1990. La diversité des thèmes abordés – l’amitié, la perte d’un enfant, les fantasmes sexuels, la perversité, le respect de la dignité humaine -, celle des choix graphiques de l’auteur  – aquarelles profuses et subtiles, dessins dépouillés en noir et blanc – vont une nouvelle fois faire mouche auprès des fans du maestro assoluto de la bande dessinée transalpine. 

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Ici, tout semble vibrer au rythme d’une phrase musicale. L’adagio précède le vivace, lui-même suivi d’un allegro ma non troppo.

Assez peu d’allégresse en effet dans ces pages plus amères que douces, qu’une exploration de nos failles semble relier.

Le premier récit, intitulé En descendant le fleuve, est autobiographique. Les souvenirs de jeunesse de l’auteur riment avec son odyssée sur un canot pneumatique, en compagnie d’un ami, via la mer Tyrrhénienne. Tout est là: les méandres du fleuve, l’éclatante beauté des paysages, les nuits passées à sonder les bruits de la forêt, les surprises qui surgissent au détour d’un sentier… Le récit reprend et s’achève au douzième épisode sur une image effrontément scatologique. S’agit-il de la part de GIPI, devenu adulte, d’une allusion à cette maxime mi-figue, mi-raisin qu’on attribue à Boris Vian: « La vie est une tartine de merde dont on croque un bout tous les jours » ?

Entre les deux, des histoires souvent tragiques: un boxeur, que ses managers avides de profits ont sciemment envoyé au casse-pipe. « Arbitre, sommes-nous des figurants dans la vie d’autrui ? », se demande-il avant d’entrer dans le long tunnel qui va le conduire vers l’oubli définitif de tout ce que fut sa vie.

Plus loin, un ouvrier un peu fleur bleue décide de meubler sa solitude avec une Bimbo gonflable, plus vraie que nature. Une bande de flics graveleux ne va tarder à salir cette relation hors norme.

Certaines scènes font écho à une actualité toujours plus peignante: « Ça peut paraître bête, tous ces gens, comme moi, qui continuellement apprennent qu’il y a eu cent, deux cents morts noyés dans un naufrage, mais qui partent quand même (…) quitte à mourir », dit un jeune Ivoirien, abandonné avec ses compagnons d’exil au milieu du désert par ceux qui leur refusaient tout droit de transit sur la terre algérienne. Le texte a été publié en 2007 dans le collectif « Paroles sans papiers » (Ed. Delcourt).

Certains récits, plus oniriques ou plus fantastiques, ne se laissent pas aisément déchiffrer et donnent matière à cogitation. D’autres encore se présentent sous la forme d’un point d’interrogation.

Qu’est-ce que le génie ? 

À quoi tient la promesse d’une nuit d’amour ? Réponse (volontairement sibylline): à un téléphone portable.

Anne Calmat

Diario di fiume e altre storieGIPI – Coccino Press (Italia) – Traduction Carmela Aloia

2869747L’album contiene una dozzina di racconti, più o meno lunghi. Molti sono stati pubblicati in diverse riviste italiane alla fine degli anni 90.
I temi trattati – l’amicizia, la perdita d’un bambino, i fantasmi sessuali, la perversità, il rispetto della dignità umana… Quella delle scelte grafiche dell’autore – acquerelli profusi e sottili, puri disegni neri e bianchi, faranno sicuramente colpo ai « fans » del maestro assoluto dei fumetti transalpini.
Qui, ogni cosa sembra vibrare al ritmo di una parola musicale. L’adagio precede il vivace, seguito da un’ allegro ma non troppo.
Poca allegria infatti tra queste pagine più amare che dolci, che una scoperta della nostra debolezza sembra riunire.
Il primo racconto, intitolato  » Scendendo il fiume  » è autobiografico – Ricordi di gioventù dell’autore rimane con il suo odissea su un canotto pneumatico, in compagnia di un’amico, verso il mare tirreno.

Ecco tutto – i meandri del fiume, la stupenda bellezza dei paesaggi, la notte trascorsa ad ascoltare i rumori della foresta, le sorprese che spuntano da un sentiero…

Il racconto continua e finisce al dodicesimo episodio con un’ immagine sfacciatamente scatologica. Si tratta da parte di GIPI, diventato adulto, con un’allusione a Boris Vian che diceva  » La vita è una tartina di merda, si morde un pezzettino tutti i giorni  » ?
Fra i racconti, spesso tragici : un pugile, i cui managers consapevolmente avidi di profitti, lo danneggiano.  » Arbitro, facciamo da comparse nella vita di altrui ? « , si chiede prima di entrare nel lungo percorso che lo porterà verso l’oblio definitivo di tutto quello che fù la sua vita.
Più avanti, un operaio sentimentale decide di colmare la sua solitudine con una Bimbo gonfiabile. Una banda di poliziotti corrotti stanno per avvilire questa relazione fuori norma.
Alcune scene fanno eco ad un’ attualità sempre più dipinta.  » Sembra stupida, tutta quella gente, come me, che in modo continuo impara che ci sono stati cento, duecento morti annegati in un naufragio, pero vanno via ugualmente ( …) Meglio morire, dice un giovane della Costa d’Avorio, abbandonato con i suoi compagni di esilio in mezzo al deserto, da chi rifiutava il diritto di transito via terra algerina.

Il testo è stato pubblicato nel 2007 in un collettivo,  » Paroles sans papiers  » ( Ed. Delcourt ).

Certi racconti più onirici o più fantastici sono difficilmente comprensibili e fanno riflettere. Altri ancora prendono la forma di un punto interrogativo. Cos’è il genio ?
Da cosa dipende la promessa di una notte d’amore ? Risposta ( volontariamente sibillina): da un cellulare.

Gipi

 

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