Gauguin super star (2) Gauguin, l’autre monde

Coup d’œil…

de Fabrizio Dori (texte et dessin) – Ed. Sarbacane, 2016

Mais auparavant…

Paul Gauguin, d’ascendance franco-périvienne, naît à Paris le 7 juin 1848 et passe une partie de son enfance à Lima. Après une incursion dans la marine, il se marie avec une jeune danoise prénommée Mette.

Il peint d’abord en amateur puis, sous l’influence de Camille Pissarro, expose. Après plusieurs séjours entre la France et le Danemark, il s’installe en Bretagne, à Pont-Aven qui sera l’un de ses ports d’attache.

En 1887, attiré par l’exotisme des îles du Pacifique, il embarque pour la Martinique. Il y restera un an, période au cours de laquelle il se détachera peu à peu du mouvement impressionniste. Retour à Pont-Aven, puis  épisode arlésien où Van Gogh et lui mettent sur pied un  « atelier du midi » destiné à approfondir leurs réflexions mutuelles sur la véritable nature de l’art. Neuf semaines d’une grande richesse artistique, mais  entachées par  « l’affaire de l’oreille coupée » .

Gauguin fera par la suite deux séjours à Tahiti, où il va mener la vie que l’on sait, avec cet appétit insatiable pour les très jeunes filles, revendiqué dans son oeuvre peinte et explicité au cinéma (à partir du 20 septembre). 

L’Esprit des morts (toile Gauguin)

Son art devient alors de plus en plus mystique et empreint d’un symbolisme personnel influencé par les apports pré-colombiens ou polynésiens : la figure de l’esprit des morts venant tourmenter les tahitiennes apparaissant dès lors régulièrement dans ses œuvres.

Quatre ans plus tard, dans sa grande composition, probablement testamentaire, intitulée D’où venons-nous ? Que faisons-nous ? Où allons-nous ?, Gauguin exprimera ses préoccupations philosophico-religieuses face au grand mystère du perpétuel recommencement de la naissance, de l’amour et de la mort.

Qui sommes-nous ? (toile Gauguin)

L’auteur propose ici un scénario qui juxtapose les périodes qui renseignent sur la vie du peintre, auxquelles il mêle légendes et réalités.

La diversité des ambiances, ajoutée à la beauté des dessins  « à la manière de », signés Fabrizio Mori (sans qu’il soit pour autant tombé dans l’imitation grossière) , donnent un charme indéniable à ce nouvel éclairage sur celui qui écrivait « J’ai voulu établir le droit de tout oser », et qui allait disparaître quelques années plus tard, seul et incompris, mais après avoir tout osé.

A.C.

144 p, 22,50 €

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