La cape de Pierre – Ed. La Joie de lire

Depuis janvier 2020 – © I M Kjølstadmyr, Ø. Torseter/La Joie de lire – Tout public

Paris, au début du 20è siècle.

L’homme à la tête d’éléphant qui figure sur la couverture de ce nouvel opus imaginé par la Norvégienne Inger Marie Kjølstadmyr et son compatriote Øyvin Torseter n’est pas un inconnu pour les lecteurs de la rubrique Littérature Jeunesse de Bd/BD. Pas plus qu’il ne l’est pour leurs parents. Tous l’ont découvert précédemment dans le « rôle » d’un riche collectionneur d’objets insolites, à la recherche de l’aventurier qui l’aidera à dénicher l’œil le plus gros du monde*. Cet homme ne portait alors pas de chapeau melon riquiqui, mais une casquette de marinier. L’histoire était insolite, et, comme celle qui l’avait précédée** et celle qui nous occupe aujourd’hui, avait pour ingrédients un zeste de mythologie saupoudré d’une bonne dose de dépassement de soi.

Ici, c’est l’ami fidèle de Pierre qui raconte à son jeune client ce qu’il est advenu de ce singulier personnage dont le portrait trône en bonne place dans son salon de coiffure.

Pierre avait réalisé son rêve le plus accessible : il était à force de travail devenu un tailleur célèbre dont le nom courait sur les lèvres de celles et ceux qui attendaient patiemment leur tour avant de pénêtrer dans le « saint des saints » afin d’y commander ou de se procurer le vêtement convoité.

Les jours d’accalmie, Pierre créait de nouveaux modèles… et rêvait.

Il rêvait d’accomplir une action d’éclat qui inscrirait à jamais son nom dans le Grand livre des Exploits. Certains s’y étaient essayé dans le passé, mais ils s’étaient brûlé les ailes. D’autres y étaient parvenus, mais avec des moyens trop visibles qui, pensait Pierre, avaient eu pour effet de minorer la magie de l’instant. Qu’en serait-il de lui ?

Une réussite et de nouveau une très belle surprise. L’originalité de la fable, qui comme toujours comporte plusieurs niveaux de lecture, est accentuée par l’étrangeté physique de ses nombreux personnages et son dessin artistiquement inclassable.

Mais s’agit-il vraiment d’une surprise pour celles et ceux qui ont lu les albums précédents de l’un des illustrateurs les plus originaux du moment ?

Anne Calmat

56 p., 16,90 €

  • Tête de mule, oct. 2016 (voir Archives)
  • Mulysse prend le large, nov. 2018 (voir Archives)