la Ferme des Animaux

 

Coup d’œil…

d’après George Orwell   Traduction du créole au français Alice Becker-Ho – Dessin Norman Pett, texte Donald Freeman – Introduction Patrick Marcoli. Avec en bonus la version créole de l’album

Les éditions de L’Echappée ont eu la belle idée de remettre en lumière cette œuvre écrite entre 1943 et 1944 par l’auteur britannique, socialiste convaincu, George Orwell (1903-1950). Elle a été adaptée en bande dessinée en 1950 par Norman Pett et Donald Freeman, sur la demande de la CIA.

1975

Cette nouvelle édition est agrémenté dans sa partie intermédiaire, entre les versions française et créole, de commentaires et de notes qui donnent de précieuses indications sur la genèse du texte et sur son auteur.

Animal farm, 1950
Animal farm, 1950

Pour dénoncer les dangers du totalitarisme, en particulier sous le régime stalinien, Orwell compose une allégorie animale, dans laquelle ce sont les opprimés qui deviennent oppresseurs, après leur combat pour la liberté. La trame est simple : deux jeunes porcs, Napoléon et Boule de Neige prennent la tête d’un soulèvement contre celui qui exploite la force de travail des animaux de sa ferme, Mr. Jones. Ils Ie chassent et instaurent un système de gestion comparable à celui des kolkhozes soviétiques. Les deux leaders sont de tempérament opposé : Napoléon, brutal et mégalomane, renvoie à Joseph Staline – il trahit les principes égalitaristes mis en place lors de la révolte contre les hommes et finit par se comporter comme eux. Boule de Neige, courageux et idéaliste, évoque Léon Trotsky. Une autre figure du récit, Cochon l’Ancien, est très probablement celle de Karl Marx.1er_strip_c_l_echappee_2016-2321e

La fable, qui tient à la fois du pamphlet politique et du conte philosophique, a rapidement été traduite et largement diffusée dans les pays du tiers-monde (Inde, Birmanie, Thailande, etc.), devenus l’enjeu des luttes entre grandes puissances, à l’instar de celle qui opposait les Etats-Unis à l’Union soviétique.

ferme_des_animaux_page_1Les têtes pensantes de la coalition vont rapidement faire prospérer la ferme, mais Napoléon veut le pouvoir absolu et il mène une lutte sans merci contre Boule de Neige. Avec la complicité de la meute de chiens qu’il a lui-même élevés, il parvient à exclure le gêneur. 20eme_strip_c_l_echappee_2016-98a36Sous couvert de protéger les animaux d’une possible contre-offensive  de celui qui est désormais présenté comme un traître, partisan des humains, Napoléon instaure un régime totalitaire, dans lequel « Tous les animaux sont égaux, mais certains plus que d’autres ». Peu à peu « ses sujets » oublient tout ce que Boule de Neige leur avait enseigné et ne sont plus capables que d’ânonner les slogans dont Napoléon les a abreuvés.

capture« Avec La ferme des animaux, on est dans un double paradoxe, puisque le récit mis en images à des fins de propagande est lui-même une dénonciation de la propagande« , ironise Patrick Marcoli, tout en mettant l’accent sur l’intemporalité et l’universalité du propos. Il n’est que de voir comment va le monde pour s’en convaincre.42eme_strip_c_l_echappee_2016-abc45 Anna K. 

80 p., 15 €

Repiblik zanimo
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