Oublie mon nom

de Zerocalcare (texte et dessin) – Ed. Cambourakis 

La nouvelle coqueluche du fumetto italiano a de nouveau frappé… 

CP (extraits)

Né en 1983 en Italie, Michele Rech alias Zerocalcare est en effet aujourd’hui l’auteur de BD le plus populaire en Italie. Initialement connu dans les milieux alternatifs des fanzines et de la petite édition, en tant qu’auteur de fumetti, d’affiches de concerts et de pochettes de disques de groupes punk, il s’est distingué par les dessins qu’il a publiés sur son blog.

www.zerocalcare.it.

 Oublie mon nom est sans doute son album le plus personnel.

Tout part de la mort de sa grand-mère, avec laquelle il entretenait un rapport particulier, puisqu’il a vécu avec elle enfant. Lorsqu’elle disparaît, une partie de son univers s’écroule et il réalise que tout un pan de son histoire familiale lui est demeuré flou, voire inconnu. « J’ai toujours peur de confondre la réalité avec ce que mon imagination a produit pendant trente ans, pour combler les trous et les lacunes « . Il s’efforce alors de reconstituer, en compagnie de son ami Secco, les trajectoires des générations qui l’ont précédé.

« Gardien du couvercle, c’est le rôle réservé aux forts. Tu ne peux pas te permettre d’être faible, après avoir occupé cette place pendant des années. » (p.65)

On apprend notamment que sa  » nonna  » s’appelait Huguette, un prénom dont il a eu longtemps honte, et qu’il en demeure pétri de culpabilité. Est-ce que je peux me racheter en me faisant tatouer « Huguette » ?.

L’album, riche en digressions, collages et incursions onirique, quitte souvent l’intime pour aller vers cet universel qui veut que les enfants grandissent au milieu de secrets, ou avec l’impression d’être confrontés à des mots ou des attitudes qui leurs semblent incompréhensibles.

On apprend aussi qu’Huguette est née en Provence et a vécu à Nice, dans une demeure habitée par des Russes qui avaient fui la Révolution. Sa mère y est également née, d’un père anglais à la trajectoire un peu trouble… Si Michele a vu le jour dans la banlieue de Rome, dans le quartier de Rebibbia, essentiellement connu pour sa station de métro et sa prison, c’est parce que sa grand-mère et sa mère ont dû fuir la France occupée par les Allemands.

Et tandis qu’il décortique, avec un humour XXL et beaucoup de nostalgiel’itinéraire familial, ZC réalise qu’il est sorti de l’adolescence pour entrer dans l’âge adulte.

Magistral.

En librairie le 6 septembre – 240 p., 24 €

« C’est peut-être Secco qui portait la poisse… » (p.98)

Et aussi, Kobane Calling, sept. 2016

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