Secret de famille Une histoire écrite à l’encre sympathique

SECRET DE FAMILLE C1C4.inddde Bill Griffith (scénario et dessin) – Ed. Delcourt, Collection Outsider –

Le récit de Bill Griffith, petit-fils du photographe William Henry Jackson, a pour origine les minutes qui ont suivi le décès de son père, en 1972. Sa soeur et lui apprennent alors de la bouche de leur mère, Barbara, qu’elle a entretenu durant seize ans une liaison avec le dessinateur de presse-auteur de polars, Lawrence Lariar. « Si je ne vous le dis pas maintenant, je ne serai jamais capable de vous le dire… »SECRET DE FAMILLE.indd

La teneur du journal intime de Barbara, découvert lors sa disparition en 1998, est une autre  source d’étonnement pour Bill, qui envisage son histoire familiale sous un angle différent.

En 1956, les disputes sont fréquentes au sein du couple Griffith, aussi Barbara décide-t-elle d’aller à New York pour y travailler. Une annonce lui en fournit l’occasion.  « Envoyez votre candidature à Lawrence Lariar… »  Un écrivain ! Merveilleux ! La jeune femme rêve de devenir romancière. Elle sera dans un premier temps l’assistante du grand homme, et bien plus, puisque affinités il y avait.

unknownS’en suit alors de la part de l’auteur, devenu cartoonist mais resté « underground », une enquête approfondie sur Lariar, qu’il appelle « son père de l’ombre« . Il se demande quelle tournure aurait pris sa carrière s’il était devenu son mentor.

Griffith croyait tout savoir sur sa mère, il découvre une femme aux multiples visages, totalement désinhibée, et surtout, immensément amoureuse de celui qui va la révéler à elle-même et l’ouvrir à la vie artistique et intellectuelle new-yorkaise. « À peu près tout ce que j’ai fait de bien pour mes enfants vient de cet homme que j’aime tendrement, entièrement et définitivement. Et à peu près tout ce que j’ai fait de bien pour moi-même vient de la même source ». Un long extrait du journal de Barbara donne à voir les différents aspects de l’american way of life dans les années de l’après-guerre, avant de se refermer sur une chute relativement prévisible. Les dessins de Bill Griffith ont eux-mêmes une similitude avec ceux des comic strips des années 50.

C’est également sous un jour totalement inattendu que Bill va découvrir ce père au caractère peu amène, qui avait laissé chez ses enfants un souvenir pour le moins mitigé.

Anne Calmat

208 p., 15,50 €SECRET DE FAMILLE.indd

Visuels © Delcourt

 

 

Les Quatre Fleuves

arton274-3349dde Fred Vargas (texte) et Baudoin (dessin) – Ed. Viviane Hamy (Prix du Scénario, Angoulême 2001) –

Quand Baudoin met son talent au service de l’imagination féconde de la romancière, avec son sens exquis de la formule et de la digression, cela donne un mariage réussi et une bd-polar en tous points originale.

Le scénario ? Grégoire Braban et son pote, Vincent Ogier, s’adonnent une fois de plus à leur sport favori : le vol à la tire. Ce jour-là, à Saint-Michel, ils arrachent la sacoche d’un vieil homme. Butin : trente mille balles. Mais ce n’est pas tout, ils tombent aussi sur un ensemble d’objets du type rituels esotérico-sataniques, et il y a fort à parier que la victime va tout faire pour récupérer son bien et faire payer à ses agresseurs le prix de leur impudence. « Le sac du vieux, c’est la boîte de Pandore. Il y a tous les péchés du monde là-dedans. J’ai l’impression d’être comme un gars qui a fourré le bras dans un terrier pour en sortir une pépite, et qui se le fait bouffer par une chauve-souris », déclare Vincent.numeriser

Le soir-même, le jeune homme est assassiné. Commence alors pour Grégoire le jeu du chat et de la souris avec la police et avec celui qui se dit être l’Envoyé du Grand Principe.numeriser-1C’est à ce moment que le fantasque commissaire Jean-Baptiste Adamsberg et son adjoint, Adrien Danglard, entrent en scène. L’étrange dessin que forme la plaie que Vincent a sur la cuisse évoque au premier la signature d’un dangereux criminel : le Bélier.

sohet02klGrégoire et les siens sont en danger.

Comme à l’accoutumé, Fred Vargas place les personnages secondaires de son histoire dans un cadre baroque et elle leur mitonne des dialogues savoureux. Les familiers de ses « rompols » retrouveront, dans les épisodes consacrés à la famille du jeune Grégoire, une atmosphère comparable à celle qui règne dans « la baraque pourrie de la rue de Chasles »*. Ici, nous sommes à Stains, le maître des lieux s’est mis en tête de reproduire, à l’aide de quantité de canettes de bière, la Fontaine des Quatre Fleuves (Rome). Ses fils (au nombre de quatre), dont il n’est le père que d’un seul, sans que personne – pas même lui – sache duquel il s’agit, sont aussi différents les uns des autres que ne le sont les membres du clan Vandoosler*. Ils sauront faire bloc le moment venu.

Quant au commissaire Adamsberg, que dans les romans de l’auteure ses collègues qualifient volontiers de « pelleteur de nuages », il est tel qu’en lui-même : nonchalant, intuitif, insaisissable, bordélique… et hyper attachant. « Le genre qui a l’air de pas grand-chose et qui empoigne en douceur », dit de lui l’un des personnages de l’album.

L’intrigue, à la fois glauque et poétique, est passionnante. La forme esthétique et graphique de la BD, atypique, quasi-expressionniste. Sur certaines planches, le dessinateur s’est contenté d’illustrer le texte de l’auteure, sur d’autres, c’est son dessin puissant à l’encre de Chine, parfois proche de la calligraphie, qui prend largement le pas sur les mots.
À (re)découvrir et à partager.

Anne Calmat

224 p., 22, 75  €

  •  Debout les morts (roman) – Ed. Viviane Hamy (2000)

 

S’enfuir Récit d’un otage

couverturede Guy Delisle (texte et dessin) – D’après le récit de Christophe André – Ed. Dargaud

Guy Delisle est un dessinateur québécois dont l’œuvre est déjà très importante. Il a rapporté de Birmanie, de Pyongyang et de Jérusalem des chroniques formidablement éclairantes.*

En 1997, Christophe André travaille pour Médecins Sans Frontières en Ingouchie, pas loin de la frontière avec la Tchétchénie. L’Ingouchie fait partie de la fédération de Russie.

Alors qu’il est seul à dormir dans les lieux, il est brutalement tiré de son sommeil et enlevé. Son esprit s’emballe, il formule toutes sortes d’hypothèses et va finir par comprendre qu’il a été pris en otage.

Il fait le récit de sa captivité à Guy Delisle, qui à son tour nous le restitue sous forme de roman graphique.page-8Ce pourrait être une histoire banale – les prises d’otages de travailleurs humanitaires se sont hélas multipliées ces dernières années, il n’en est rien.
Ce qui fait l’intérêt et la singularité du récit graphique de Guy Delisle, dont nous apprenons à la fin que l’élaboration a duré 15 ans, c’est son caractère quasi exhaustif. L’histoire de cette captivité et de toutes ses péripéties est faite jour par jour, comme un journal de bord : 111 jours sur plus de 428 pages.

Au réveil, une ampoule nue au plafond, des pieds, les siens, puis la fenêtre aveugle, puis les quatre murs de la chambre où on le retient. Voilà ce que Christophe André perçoit du monde jour après jour.
Le lecteur va ainsi l’accompagner et se poser avec lui les questions qui le traversent, que veulent ses geôliers, quand va-t-il être libéré, pourra-t-il s’enfuir ?
Et comment, comment passer ce temps interminable, chargé d’angoisses et vide tout à la fois, ponctué par les repas et la conduite aux toilettes, sans pouvoir bouger son corps, menotté à un radiateur ?
La violence subie par Christophe André ne se caractérise pas par des atteintes physiques, des coups, elle est diffuse, concentrée dans le silence qui lui est imposé, la solitude, le corps empêché, la privation de lumière de mouvement, d’échanges.
Il va connaitre plusieurs lieux de détention. Il passe d’une chambre meublée à une pièce nue, d’un placard à un entrepôt, chaque changement est source de questions, d’angoisses, d’espoirs.
Et il est tout à fait captivant de traverser avec lui les espaces de sa conscience, et de chercher les ressources qui vont l’aider à ne pas sombrer dans une sorte de somnolence passive : le fond de la dépression.
S’enfuir est l’obsession, mais rien n’est simple dans ce statut d’otage, on est comme en flottement entre deux vies, et plus rien n’a de sens. Et même si l’opportunité se présente, sera-t-il en état de tenter l’impossible ?page-13Christophe André n’est pas préparé à ce qui lui arrive, qui le serait ? Il s’attache avec une belle pugnacité à compter les jours, à conserver cette prise sur le temps, ténue mais fondamentale. On pense alors à Robinson sur son île et à tant d’autres prisonniers historiques ou littéraires.
S’inscrire dans une temporalité pour ne pas perdre cette humanité qui lui est refusée par ceux qui le maintiennent prisonnier. Ils ne se comprennent pas, lorsque ces derniers lui parlent, les mots lui apparaissent en russe. Et quand bien même il parlerait leur langue, sans doute se refuserait-il à communiquer, à leur demander quoi que ce soit, il en va de sa dignité.
À plusieurs reprises, il aurait l’occasion de fuir ou de se révolter, ou de frapper, même de tirer, mais sa timidité, sa peur le protègent d’une certaine manière.

page-17Il va trouver de quoi tenir dans la collecte minutieuse de tous les événements, même les plus infimes : le menu de ses repas, la disposition de ses lieux de captivité, les bruits qu’il perçoit, mais aussi dans le recours à ses connaissances, à ce qui a fait sa passion dans sa vie d’avant : les guerres napoléoniennes, les récits de grandes batailles. Ce récit de captivité peut nous rappeler Primo Levi tentant de reconstituer pour son camarade de camp des passages de L’Enfer de Dante, ou Jorge Semprun, jeune étudiant de lettres, déporté à Buchenwald récitant Le voyage de Baudelaire, en guise de prière des morts pour un ami en train d’agoniser.

Pour Christophe André, c’est l’Histoire qui servira de balise dans la tempête, par moment aussi, la mémoire de la vie d’avant, pour ne pas devenir fou, pour se dire que dehors, la vie existe encore. La culture, la mémoire, contre l’ inhumanité
Ne pas sombrer, ne pas se laisser aller à ses peurs, à ses terreurs.
Parfois pourtant, il cède au découragement, à l’abandon de soi, à une saine colère contre ceux qui le maintiennent en captivité, qu’il traite dans sa tête de tous les noms d’oiseau, dont il s’amuse à imaginer les dialogues le concernant dans une sorte de voix off burlesque. Colère aussi parfois contre ceux qui ne viennent pas le délivrer. Mais celle-là est fugace.
Ce récit est une véritable leçon, celle que nous donne un garçon ordinaire, parti travailler pour une organisation humanitaire et soudain saisi par l’impensable ; une leçon de résistance qui consiste entre autres choses à empêcher le mental de tricoter des scénarios catastrophiques, à garder l’esprit lucide, à savourer des instants volés en marchant dans la pièce pendant son repas, ou à croquer une gousse d’ail dérobée.
Le dessin est simple comme toujours chez Guy Delisle, tout est en nuances de gris, précis cependant, dans sa répétition. D’infimes détails montrent les transformations du corps de l’otage, la barbe qui pousse, les pieds qui noircissent, les taches sur les murs, le soleil qui filtre par la fenêtre de la première chambre.

Un témoignage remarquable, sensible, poignant dans sa grande simplicité, un petit bonhomme sans prétention mais de belle envergure, servi ici par un dessinateur plein d’humanité et de talent.
Danielle Trotzky

dargaud432 p., 27,50 € (en librairie le 16 septembre)

  • À lire bientôt dans notre rubrique « Coup d’œil dans le rétro« 

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Nuit noire sur Brest

couve_brest_la_rouge_telD’après Nuit franquiste sur Brest de Patrick Gourlay – Adaptation et dialogues Bertand Galic et Kris – Dessin et couleurs Damien Cuvillier – Ed. Futuropolis –

Nuit noire sur Brest revient sur un fait historique survenu en août 1937, opposant différents courants politiques à propos de la présence d’un sous-marin espagnol dans la rade de Brest, le C2.

La France d’alors, après la chute du leader socialiste du Front populaire, Léon Blum, est divisée. Les conservateurs, les milieux patronaux, les militaires sont inquiets, l’extrême droite est vigoureuse. Du côté espagnol, le coup d’État du général Franco contre le Frente popular complique encore la situation.

Le gouvernement n’est pas unanime sur les décisions à prendre. Il subit de plus les pressions diplomatiques du Royaume-Uni, qui exige la neutralité.

C’est dans ce contexte tourmenté, propice à l’espionnite, au double jeu et aux luttes souterraines, que débute le récit.mep_nuit_noire_sur_brest-3_telLe 20 août 1937, un bateau heurte dans le brouillard un sous-marin, dont l’équipage est espagnol. Sous couvert de neutralité dans le conflit qui secoue l’Espagne, les autorités françaises refusent l’assistance technique réclamée par le commissaire de bord, et lui intiment l’ordre de mouiller dans le port. Commence alors un ballet de personnages, sympathiques ou antipathiques, selon les points de vue. Nous croisons un espion, quelques Croix-de-Feu, un reporter, un patron de bar anarchiste, un groupe de communistes, un commandant de l’armée franquiste, et une entraîneuse, liée par son passé au capitaine du sous-marin.

La maîtrise des voies fluviales est cruciale pour qui veut l’emporter, or, Franco manque cruellement de sous-marin. Rien de plus urgent donc que de s’emparer des bâtiments républicains, même s’ils stationnent en France.

Paralysées par la neutralité et certaines sympathies, les autorités ne feront rien. Communistes et anarchistes uniront leurs forces pour faire échec à la prise de guerre franquiste. Le commando sera défait, ses membres arrêtés. Mais une justice clémente les fera ressortir trois jours après l’audience, avec six mois de prison, pour détention d’armes de guerre et cinq jours, pour délit de port d’armes, purgés en préventive.mep_nuit_noire_sur_brest-6_tel

Les dernières pages évoquent l’importance de la mémoire de ces années noires, pour repousser l’oubli qui pourrait tout ensevelir.

La trame du récit, très dense, requiert une certaine attention pour être suivie. Les personnages et les décors sont réalistes, avec des contrastes de couleurs saisissants. La postface de l’auteur, qui relate l’affaire dans toute sa complexité, son issue, le devenir des personnages, agrémentée de photographies d’époque, est passionnante.

Nicole Cortesi-Grou

88 p., 17 € – En librairie le 15 septembre

À lire également (2015-2016) :

(B.G.) Le Cheval d’Orgueil, Un maillot pour l’Algérie…

(K.) Un maillot pour l’Algérie, Notre Mère la Guerre, Toussaint 66, Un homme est mort, Un sac de billes, La grande évasion…

(D.C.) La guerre des Lulus, Livre d’or Grand Angle, Mon histoire de migration…

 

 

 

La Danse de la Mer

danse_de_la_mer_slipcase-RVB-270x193de Laëtitia Devernay – Ed. La Joie de Lire –

Un poème graphique sans paroles pour les petits et les grands, qui en dit long sur notre « mer nourricière » menacée d’épuisement.

C’est une armada de bateaux-frigorifiques pansus qui, dans un premier temps, accueille le lecteur. Les filets ont été jetés et les poissons multicolores pris au piège. Puis les envahisseurs s’éloignent et tout semble s’apaiser : poissons-oeil et sirènes peuvent alors révéler leurs secrets. Des nageuses, portées par la houle et les marées, offrent un étrange et énigmatique ballet.page18

On s’attend  presque à voir surgir la petite Ponyo, que Hayao Miyazaki a imaginée courant sur la crête des vagues pour suivre son ami Sozuke, ou bien cette Enfant de la haute mer, si chère à Jules Supervielle. C’est peut-être aussi à cet instant que Ondine et ses semblables s’apprêtent à quitter leur palais de cristal pour partir à la recherche de celui qui les fera femmes à part entière, avant de les trahir… Qui sait ? page7

Réalisé à l’aide de collages, avec une trame à l’encre de Chine et des formes en faux relief du plus bel effet, l’album poétique de Laëtitia Devernay invite, on l’aura compris, au vagabondage et aux digressions littéraires.

A. C.

72 p., 22,90 €

De la même auteure : « Diapason « , « Be Bop ! » , « Bestiaire mécanique« . (Ed. La Joie de Lire).

 

Anna Politkovskaïa – Journaliste dissidente

ANNA-P_COUV.inddde Francesco Matteuzi (texte) et Elisabetta Benfatto (dessin) –  Steinkis Ed. STEINKIS_ANNA-P_INT_2704-P.26

« L’unique devoir d’une journaliste est d’écrire sur ce qu’elle a vu. »

Il y a tout juste dix ans, les reportages sans concessions d’Anna Politkovskaïa, témoin oculaire du conflit qui opposait les indépendantistes tchétchènes (assimilés par Moscou aux terroristes d’Al Quaïda) au régime de Vladimir Poutine, dont elle dénonçait les crimes contre l’humanité, ont scellé le destin de la journaliste.

Bien qu’ayant conscience que sa vie ne tenait qu’à un fil, et malgré son découragement face aux représailles que subissaient ses informateurs, elle mena son combat jusqu’au bout. Par éthique professionnelle et aussi pour que les jeunes générations sachent que résister à l’arbitraire est un devoir.

Le 7 octobre 2006, elle était assassinée dans l’ascenseur de son immeuble. Pour beaucoup, cet acte sonnait comme une nouvelle mise en garde à l’adresse des opposants à un pouvoir qui cultivait auprès de son peuple un esprit nationaliste et nostalgique de l’ère soviétique et des gloires passées de l’empire tsariste.

Parce que chez nous, ça fonctionne ainsi. Si vous parlez, si vous révélez des faits que le régime veut dissimuler, vous êtes mort. Il y a les journalistes rééducables, ceux qu’on peut remettre sur la bonne voie (…). Ceux qui disent la vérité mènent une vraie guerre », lui fait dire Francesco Matteuzi en page 51. STEINKIS_ANNA-P_INT_2704-P.2Quelques-uns des évènements majeurs qui ont traversé cette décennie sont ici illustrés, comme par exemple la prise d’otages au théâtre de la Doubrovka (oct. 2002). On la voit qui négocie avec l’un des assaillants. Il lui dicte ses conditions de retrait, mais l’irruption des forces spéciales russes, qui ont introduit un agent chimique inconnu dans le système de ventilation du lieu, vient réduire à néant toute tentative de conciliation.STEINKIS_ANNA-P_INT_2704-78Vient ensuite tragédie survenue dans l’école de Beslan, en Ossétie du Nord (sept. 2004). Elle est sobrement dépeinte par l’auteur à l’aide de quelques dessins de style naïf, sur un cahier d’écolier à petits carreaux : des militaires encagoulés, bâtons d’explosif à la main, terrorisent femmes et enfants. L’intervention des forces spéciales russes va une nouvelle fois mettre le feu aux poudres. La journaliste n’a rien pu faire. Elle espérait cette fois encore négocier avec les preneurs d’otages, mais elle en a été empêchée avant même d’avoir posé le pied sur le sol ossète.

Non rééducable, il faut la traiter en conséquence, a déclaré le maître du Kremlin…

Une BD toute simple, mais qui résonne comme un  bel hommage à l’exigence et à la rectitude d’une femme qui ne faisait que son métier.

Anne Calmat

126 p., 16 €

 

 

Trahie T.1 & 2

Couverturede Sylvain Runberg (scénario) et Joan Page 5Urgell (dessin), d’après le roman de la Suédoise Karin Alvtegen  – Ed. Dargaud

Le tome 1 pourrait se résumer ainsi : Henrik trompe Éva, qui décide de se venger. Un soir, la jeune mère de famille rencontre Jonas dans un bar et ils passent la nuit ensemble. Pour Éva, cet épisode est destiné à rester sans lendemain, mais Jonas ne l’entend pas ainsi.

On est un peu déboussolé au début de l’album, à cause des nombreux flash-back destinés en particulier à nous montrer le parcours de vie chaotique du jeune homme, mais au fur et à mesure qu’on avance dans la lecture de ce thriller psychologique, on est impatient d’en connaître le dénouement.

Couverture - copieDans le tome 2, sorti en librairie le 26 août dernier, l’atmosphère est toujours aussi oppressante, le tour que prennent les événements, de plus en plus inquiétant, mais le suspense a curieusement perdu de son impact. On a compris dès le second tiers du volume précédent que Jonas est un psychopathe et on se doute qu’il va être prêt à tout pour récupérer la nouvelle élue de son cœur. De son côté, Éva n’a pas renoncé à faire payer à Henrik le prix de son infidélité et à lui pourrir la vie, ainsi que celle de sa rivale. Mais si noirs que soient ses desseins, ils sont peu de chose à côté de ce que lui réserve son amant d’une nuit, qui en l’occurrence n’a rien eu de torride. Page 7Le propre d’un thriller étant de maintenir ses lecteurs sur des charbons ardents, on n’en dira pas beaucoup plus, si ce n’est que la fin, glaçante et assez inattendue, donne à réfléchir. On ne peut s’empêcher de penser au cultissime film d’Adrian Lyne, Liaison fatale.

Le scénario est bien ficelé, même si on n’échappe pas aux incontournables clichés comportementaux, comme par exemple celui du fils mal-aimé qui, devenu adulte, recherche compulsivement l’amour inconditionnel d’une mère à travers toutes les femmes qu’il croise.Page 20Un plaisir de lecture malgré tout, tempéré par une certaine perplexité face au choix graphique de Joan Urgell : les visages sont tantôt inexpressifs, tantôt « surjoués », et on a du mal à identifier les personnages.

A.C. 

64 p., 14,99 € (chacun)

 

Iroquois

Iroquois03de Patrick Prugne (scénario et aquarelles) – Ed. Daniel Maghen

Le retour en grâce sur le petit écran des westerns des années 60 a mis un coup de projecteur sur ces hommes et femmes qu’à l’époque on appelait indifféremment « les Peaux-Rouges », qu’ils soient originaires d’Amérique du Nord, du Sud  ou du Canada. Il y avait les Apaches, les Sioux, les Comanches, les Cheyennes, etc. Et les Iroquois. Pour tous, sédentaires ou nomades, l’arrivée des Blancs a eu des répercussions plus négatives que positives.

L’action se déroule à Québec au début de l’été 1609. Plus préoccupé par les richesses que lui procurent la pêche à la baleine et le commerce des fourrures, la France d’Henri IV s’intéresse peu à ces arpents de terre habités par une poignée de « sauvages », pacifiés par l’explorateur Samuel de Champlain. Mais ce dernier, fondateur de Québec, a un objectif : établir des relations de confiance avec les nations amérindiennes (Hurons, Algonquins, Montagnais), grandes pourvoyeuses de fourrures, en leur prêtant main-forte pour que cessent les raids meurtriers dont ils font l’objet de la part des Iroquois, et donner ainsi à son comptoir l’ampleur d’un important lieu d’échanges commerciaux.

Constituée de trois bâtisses en rondins entourées d’une enceinte en bois, ladite colonie de Nouvelle-France abrite un groupe d’hommes qui s’apprêtent à faire face à leur premier conflit.

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L’album débute au moment où, soucieux de complaire à ses alliés hurons et montagnais et soutenu par une quarantaine de colons français, Champlain a décidé de passer à l’action en allant combattre l’ennemi sur ses propres terres. L’équipe est guidée par « Le Basque », un trafiquant de peaux qui connaît parfaitement la région, et qui a toutes les raisons de vouloir la mort de ceux qui l’ont scalpé. L’explorateur dispose quant à lui d’un argument de poids en la personne d’une otage, « Petite Loutre », fille d’un chef iroquois, achetée peu de temps auparavant aux Algonquins.

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Les Iroquois et « Petite Loutre » sont  résolus à vendre chèrement leur peau, mais que peuvent les plus braves contre les « bâtons tonnerre » ?  Champlain est  loin d’imaginer que cette opération guerrière, dite bataille du lac Champlain, va engendrer deux cents ans de conflits entre Français et Iroquois.

Je vois du sang… beaucoup de sang… Car la vengeance de notre peuple sera terrible pour d’innombrables lunes à venir, prédit en conclusion un vieux sage.

L’album, agrémenté d’un riche cahier graphique d’une vingtaine de pages, est splendide. L’évocation de cet épisode historique permet une nouvelle fois de mesurer les ravages sur les populations amérindiennes qu’ont engendrés l’arrivée des colons. Mais également, le degré de cynisme du personnage principal – peut-être à son corps défendant – dicté par l’obligation absolue de servir les intérêts du royaume de France. La haine qui oppose les Hurons aux Iroquois semble trop profonde, jamais nous ne parviendrons à les rapprocher. Il nous faudra choisir entre les uns et les autres, déclare l’un des personnages. Ce à quoi Champlain répond : Eh bien, nous choisirons en temps voulou. Ce sera le commerce des fourrures qui donnera le « la ».

À  bon entendeur.

Anne Calmat

104 p., 19,50 euros

10922841_436432756531015_6426752995452258534_nLes planches originales de cet album sont visibles à la galerie Maghen (Paris 6e) jusqu’au 17 septembre, puis au festival BD Boum de Blois, du 18 au 20 novembre 2016.

 

 

 

Pereira prétend

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d’après le roman de Antonio Tabucchi. Texte et dessin Pierre-Henry Gomont – Ed. Sarbacane. En librairie le 7 septembre

La phrase-titre, qui reviendra comme un leitmotiv tout au long du roman que Tabucchi écrivit en 1994, intrigue. Celle qui accompagne la première planche de l’album ne fait que renforcer une impression de mise en accusation. Pereire prétend qu’il était bon catholique. Etait ? N’est plus ? Un accusé nécessairement présumé coupable si l’on tient compte du contexte historique du récit…P2

Nous sommes en 1938, dans le Portugal livré à Salazar et à ses sbires. Il y a ceux qui adhèrent aux thèses fascistes du dictateur, ceux qui les combattent et ceux qui préfèrent regarder ailleurs. Pereira appartient à la troisième catégorie. Nous l’accompagnons tout au long de son cheminement, plus existentiel que politique, vers une prise de conscience de sa responsabilité face à l’Histoire.

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C’est à la faveur de rencontres déterminantes (Francesco Rossi et Marta : deux opposants au régime, le docteur Cardoso, l’abbé Antonio…) que Pereira, chroniqueur littéraire vieillissant dans un journal catholique prétendument indépendant, englué dans ses souvenirs et ses regrets d’une vie qu’il n’a pas vécue, va faire surgir, presque à son insu, son « moi hégémonique », et devenir un être agissant.

Il traduisait Maupassant et Balzac pour les lecteurs du Lisboa, ses nouveaux amis vont lui proposer de louer Lorca et Maiakovski, considérés comme « sataniques » par le pouvoir en place. Il jugeait impubliables les billets nécrologiques anticipés qu’il avait commandés à « son fils de substitution », il lui rendra le plus bel hommage qui soit le moment venu.13781863_1375639565786083_4507435319216453122_n

Le roman de Antonio Tabucchi est superbe, essentiel. La BD de Pierre-Henry Gomont l’est tout autant. Tabucchi l’avait écrit au moment de l’arrivée imminente au pouvoir du très populiste Silvio Berlusconi, Gomont l’a adapté au moment où garder les yeux grands ouverts face aux menaces qui rôdent de toutes parts, est plus que jamais indispensable.

De nombreuses séquences d’une grande force émotionnelle (le meurtre de Francesco, la rencontre avec le docteur Cardoso…), servies par un trait simple et expressif, feront à coup sûr de cette BD, l’un temps forts de la rentrée.

Anne Calmat

160 p., 24 €

Du même auteur : Crématorium (Casterman, 2012), Rouge Karma (Sarbacane, 2014), Les nuits de Saturne (Sarbacane, 2015)

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La Forêt des Renards Pendus

couve_foret_des_renards_pendus_teld’après le roman de Arto Paasilinna. Scénario et dessin Nicolas Dumontheuil – Ed. Futuropolis

Raphaël Juntunen est un petit malfrat paresseux, manipulateur et roublard. Contrairement aux accords passés cinq ans plus tôt avec un dénommé Hemmo Siira, il n’a plus aucune envie de partager avec lui ce qu’il reste de leur butin : trois lingots d’or frappés du sceau de la banque nationale d’Australie. Siira est pour l’heure en prison, mais plus pour longtemps, aussi le jeune homme juge-t-il préférable d’aller planquer le magot au coeur de la forêt des Renards pendus, en Laponie finlandaise.

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De son côté, le Major Gabriel Amadeus Remes – brave type, le coup de poing facile et picolant sec – a pris un congé sabbatique d’une année, histoire de s’aérer les méninges. Il choisit de partir dans le nord du pays, direction la Toundra lapone.

13096216_10153357419632581_1683273767111724295_nSa route va bien entendu croiser celle de Raphaël. Chacun tente dans un premier temps de faire prendre des vessies pour des lanternes à l’autre, puis finalement les deux hommes décident de se poser quelques temps dans un vieux campement de bucherons à l’abandon, et de le transformer en un véritable trois étoiles. Raphaël a des goûts de luxe. Il donne les ordres et finance le projet, Gabriel Amadeus, qui a fini par découvrir l’origine de la fortune de son copain et comprendre qu’il s’était fait berner, lui sert docilement d’homme à tout faire.

Lorsqu’il va en ville pour échanger quelques centaines de grammes du métal précieux contre des espèces sonnantes et trébuchantes, afin de pouvoir acheter les matériaux et accessoires nécessaires à la rénovation des lieux, le Major s’attarde au bistro du coin. L’ébriété lui fait alors faire et dire pas mal de choses…

Bientôt, Naska, une nonagénaire en cavale qui a échappé de justesse à son placement dans un asile de vieillards, vient se joindre à ce tandem improbable, qui coule des jours heureux sous l’oeil complice d’un renard, que Raphaël et Amadeus ont appelé Cinq-cents balles. Les deux hommes iront même jusqu’à héberger un garde-rennes (corruptible) qui s’est pris le pied dans un piège à renards.

Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes, jusqu’au jour où le redouté Siira vient mettre les pieds dans le plat.

Tous les ingrédients du roman noir sont réunis, mais l’auteur les détourne allègrement pour en faire une fable loufoque, truculente… et parfaitement amorale. Beaucoup d’humour, des dialogues percutants, des personnages attachants : un vrai plaisir de lecture pour inaugurer la seconde saison de Boulevard de la BD.

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Il est donc l’or de noter sur vos tablettes la sortie en librairie de l’album, le 25 août.

Anne Calmat

144 p., 21 €

Nicolas Dumontheuil aux Ed. Futuropolis  : La colonne (2011) – Le landais volant (2009) – Big Foot (2007)

Arto Paasilinna a publié une vingtaine de romans dont : Le lièvre de VatanenPetits suicides entre amisUn homme heureux.

Ils sont traduits en 27 langues.

 

« XIII » – It’s up to you…

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Dans Le Jour du soleil noir (T 1, 1984), le contre-espionnage américain avait donné à XIII, devenu par la suite amnésique, l’apparence physique de l’assassin du président William Sheridan, afin qu’il puisse démasquer le commanditaire du meurtre. Ce sera semble-t-il chose faite dans Treize contre un (T.8, 1991).

Dans Le dossier Jason Fly (T.6, 1989), le vieux Zeke Hattaway a été le premier à reconnaître dans celui qui s’était présenté à lui sous le nom de John Fleming, le fils de son ami Jonathan Mac Laine : Jason Mac Lane.

Plus tard, dans Pour Maria (T.9, 1992), Sean Mullway a déclaré à Jason que son nom véritable était Kelly Brian (alias le Cascador, alias Seamus O’Niel) et qu’il était son propre fils. page_5

Au fil des épisodes, le bel amnésique aux muscles d’acier va, entre autres « joyeusetés », être traqué par des mafieux téléguidés par la CIA et la NSA, manipulé, trahi, et régulièrement emprisonné à perpétuité pour plusieurs accusations de meurtre.

On le voit se battre comme un diable pour rassembler les éléments d’un passé qui ne cesse de se dérober à lui. Il finit malgré tout par en reconstituer une partie avant que les « pères fondateurs » de la série, William Vance et Jean Van Hamme, ne confient le soin de prendre le relai à une équipe de jeunes bédéistes, emmenée par le scénariste Yves Sente et le dessinateur Iouri Jigounov.

xiii-tome-20-le-jour-du-mayflowerL’ultime opus de la saga, version Vance et Van Hamme, avait pour titre Le dernier round (T. 19, 2007), le suivant, signé cette fois Sente et Jigounov, s’est intitulé Le jour du Mayflower (2011).

Lorsque le scénariste Yves Sente a relevé le défi d’une nouvelle salve d’aventures, il a choisi de reléguer XIII au second plan et de laisser les seconds couteaux devenir le moteur de la série. La dimension de complot reste malgré présente. Les auteurs ont, comme leurs prédécesseurs, également choisi de mêler à la fiction pure de ce récit au long cours, des éléments qui appartiennent à l’histoire de l’Amérique d’hier et d’aujourd’hui : des Pilgrims du Mayflower, partis de Southampton en 1620, aux fondamentalistes de tous poils des années 2000*.

Le T. 24, paru en juin 2016, s’intitule L’Héritage de Jason Mac Lane.
Preuve que Zeke Hattaway avait « vu » juste ? Mais tant que XIII n’a pas entièrement recouvré la mémoire, la seule chose dont le lecteur peut être certain, c’est que rien ne l’est jamais, et qu’après trente-deux ans de bons et loyaux services, les personnages de la série ont encore de beaux jours devant eux.

Ils n’attendent que vous.

L'Héritage de Jason Mac Lane, p. 15

A.C.

V. également : L’appât (T. 21, 2012) – Retour à Greenfalls  (T. 22, 2013), Le Message du Martyr (T. 23, 2014)

Ed. Dargaud – 55 p. (en moy), 17,20 €

 

 

 

« XIII » – Intégrale 3/5, vol. 13

Page 8de Jean Van Hamme (scénario) & William Vance (dessin) – Ed. Dargaud

Un grand nombre de personnages a défilé jusqu’ici, mais tous n’ont pas été mentionnés dans les résumés des volumes 1 à 12. XIII nous a emportés dans telle cascade de rebondissements qu’il était parfois difficile de trouver une place – la plupart du temps fluctuante – pour chaque nouvelle pièce du gigantesque puzzle que William Vance et Jean Van Hamme ont mis en place pour leurs lecteurs.

Le volume 13 arrive donc à point nommé pour combler quelques lacunes.

Page 6Deux journalistes, Ron Finkelstein et Warren Glass, enquêtent sur la récente prise en otage de l’actuel président Sheridan par le général Carrington (voir vol. 12), et sur XIII, cet homme aux identités multiples qui semble être étroitement lié aux événements qui se sont déroulés depuis l’assassinat de William Sheridan.

Deux hommes, probablement des services secrets, font irruption dans leur bureau, ils balancent Ron Finkelstein du haut de l’immeuble, dévastent son ordinateur et repartent avec le précieux dossier d’investigations sur lequel les journalistes travaillent depuis trois ans.

Le survivant, Warren Glass, absent au moment du drame, fuit en Europe et transmet un premier résultat de leurs investigations à Randolph McNight, le rédacteur en chef de son journal, le New York Daily. Glass sait que ses jours sont comptés…

On pense évidemment au film d’Alan J. Pakula, Les Hommes du président (1976), et au scandale du Watergate, révélé par les journalistes du Washington Post.Page 18

L’étude en question est composée de douze dossiers (Le clan Sheridan, L’affaire Rowland, L’énigme de la Mangouste, etc.). Ils contiennent les portraits détaillés des quelque cent-vingt personnages qui ont été impliqués, à des degrés divers, dans l’affaire Sheridan, révélant ainsi les zones d’ombres de chacun.

 

Page 14

A.C.

110 p.

To-day

 

« XIII » – Intégrale 3/5, vol. 11 et 12

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de Jean Van Hamme (scénario) & William Vance (dessin) – Ed. Dargaud –

Les tribulations de XIII au Costa Verde (pays imaginaire qui évoque fortement Cuba), avec son contingent de manipulateurs et de traîtres, se sont achevées en beauté. XIII, qu’on pourrait aussi appeler « El Magnifico », tant il excelle dans l’art de se sortir des situations les plus extrêmes (avec, il est vrai, un égal talent pour plonger tête baissée dans la suivante), a établi la preuve qu’il n’avait pas lâché les révolutionnaires. Les affreux ont été débusqués, les guérilleros ont repris du poil de la bête et la Minerco en a été pour ses  frais. Le Major Jones a bien entendu joué à la perfection son rôle de super woman, en venant en aide à XIII dans les moments critiques du récit. Quant à Maria Isabel de los Santos, la présumée épouse du beau ténébreux, elle a déclaré, en faisant allusion au « Cascador » : Je ne sais pas pourquoi, mais vous me faites penser à lui, Mac Lane. Un moment, j’ai cru que… Mais c’est absurde.

Mais si XIII était le Cascador, cela voudrait dire qu’il a également à un moment de sa vie été Kelly Brian (plus connu sous le nom de Cascador), membre de l’IRA et recherché par le FBI.

La porte reste donc entrouverte. À se demander si nous n’allons pas découvrir, au détour d’une planche, que Jason Mac Lane est un autre…

BqPZFeUbGxifoP2pKQgsYvSaHEzeTa9V-couv-1200Et c’est chose faite, en lisant le volume 11 : XIII apprend de qui il est réellement le fils, et pourquoi Jonathan Mac Lane, qu’il croyait être son père, s’est fait passer pour tel en lui donnant son nom. Il découvre par la même occasion l’histoire tragique de sa famille : modernes Atrides au mélange explosif de passions.

Faut-il dire « Bye bye Jason » ? Wait and see.

BqPZFeUbGxifoP2pKQgsYvSaHEzeTa9V-page5-1200

xiii-tome-12-le-jugementLe vol. 12 nous ramène aux USA.

XIII et Jones ont à peine eu le temps de refermer leur parenthèse révolutionnaire – et XIII d’encaisser les révélations sur sa véritable (?) identitè – qu’ils sont convoqués à la Maison Blanche pour une affaire de la plus haute importance.

On se souvient que l’assassin du président Walter Sheridan avait fait en sorte que son nom n’apparaisse jamais, mais  on se doutait bien que les auteurs n’en resteraient pas là.

C’est à la faveur de la passation de pouvoir entre le général Carrington (v. vol. 1 à 6) et son successeur, le général Wittaker, que l’affaire éclate de nouveau. La cérémonie de la remise du code de la mallette de contrôle de l’arme atomique se déroule à huis clos, quatre personnes y assistent, dont Walter Sheridan, le frère du président assassiné. À ce moment précis, un hélicoptère de l’armée décolle du toit du Pentagone, avec aux commandes, le général Carrington. Panique chez les agents des services secrets, le vice-président donne l’ordre que l’on ouvre la porte de la salle des codes : Carrington a neutralisé Wittaker et le ministre de la Défense à l’aide d’un gaz anesthésiant, puis il a kidnappé le président… et emporté la mallette.

Une note lapidaire de la main du général disant  « Jones et Mac Lane, personne d’autre », a été retrouvée plus tard dans l’hélico abandonné.

Carrington a découvert l’implication du président dans l’assassinat de son propre frère (eh oui !) et les dommages collatéraux qui s’en sont suivis. Avec au premier chef, la mort de sa fille bien-aimée (la veuve de Steve Rowland). Il veut désormais organiser un procès public, lors duquel, la Mangouste, âme damnée et tueur à gages au service de l’accusé, viendrait témoigner…

Du pain sur la planche pour XIII et Jones.ZkeRd9K3VsrvjFn0qJVgxuTc65ise0x3-page5-1200  A.C.

 

« XIII » – Intégrale 3/5, vol. 9 et 10

Page 3

de Jean Van Hamme (scénario) & William Vance (dessin) – Ed. Dargaud –

L »album 8 nous a livré l’identité du Numéro I et celle, véritable cette fois, de XIII, fils du journaliste John Mac Lane, assassiné vingt ans plus tôt par les membres du KKK local en raison de ses idées de gauche. Mais rien n’est résolu pour autant. Jason Mac Lane, l’as du contre-espionnage, reste atteint d’une amnésie antérograde. Que s’est-il passé durant les six années pendant lesquelles il a disparu des écrans radars, pour réapparaître sous les traits d’un certain Jack Shelton, suspect principal dans l’assassinat du président William Sheridan ?

XIII, on le sait, a par la suite été blanchi, et même engagé par son successeur, Walter Sheridan, pour découvrir l’identité du Numéro I. Mission accomplie, mais un coup d’épée dans l’eau, puisque celui par qui tout est arrivé a usé de son influence pour que la commission d’enquête classe le dossier. Le Numéro 1 n’a jamais existé.

Page 5L’album suivant débute par une réunion dans les bureaux d’une mystérieuse société d’affaires, la Minerco. Jason Mac Lane est sur la sellette. C’est l’homme qu’il nous faut (…) un homme sans passé, surentraîné, qui manie n’importe quelle arme et parle couramment l’espagnol. Et où se trouve la meilleure école de guérilla en Amérique latine ? À Cuba. Et de montrer une photographie sur laquelle on voit un homme mort, étendu dans une flaque de boue.

On apprendra plus tard qu’il s’agit du « Cascador », un héros de la révolution costaverdienne, exécuté trois ans auparavant par les hommes du général Ortiz, mais toujours vivant dans le cœur du « petit peuple ». Il suffira de convaincre XIII (alias, alias, alias…) qu’il est El Cascador (Brian Kelly à l’état civil) et qu’il a pour mission de…

Le Padre-guerillero Jacinto va s’en charger. Mais n’allons pas trop vite.Page 11

Petit détail qui aura forcément son importance : il est dit au cours de cette réunion que l’on a trouvé aucune trace de la naissance de Jason Mac Lane dans les registres de l’Etat Civil et qu’on n’a aucune photographie de lui datant de la période antérieure à son recrutement par le contre-espionnage, lorsque, pour les besoins de la cause, son aspect physique a été modifié afin de lui permettre de confondre le commanditaire de l’assassinat du président Sheridan.Page 7

Direction San Miguel donc, où Jason vient d’atterrir. Fort de la mission qui lui a été confiée par la Minerco, sans qu’il en devine la finalité réelle, Jason a pris l’apparence d’un trafiquant d’armes nommé Karl Meredith, en affaires avec Ortiz. Peu de temps après son arrivée, il apprend du père Jacinto que six ans plus tôt, il a épousé une certaine Maria Isabel de los Santos, fille de l’ex président du Costa Verde, et que la jeune femme est emprisonnée dans les geôles d’Ortiz. Elle doit être prochainement exécutée. Selon Jacinto, Jason et El Cascador ne seraient qu’une seule et même personne.

Avec un amnésique, on le sait, tous les coups sont permis et beaucoup ont intérêt à le lui faire croire et à œuvrer dans ce sens. Seule Maria connaît la vérité. Reste pour lui à s’introduire dans la place (ou à y être emprisonné), et le tour sera joué. Encore que…

El Cascador (Vol. 10)
El Cascador (Vol. 10)

Anne Calmat

To-day

« XIII » – Intégrale 2/5, vol. 6 à 8

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de Jean Van Hamme (scénario) & William Vance (dessin) – Ed. Dargaud –

XIII est maintenant à Greenfalls sous le nom de John Fleming (voir épisode précédent), avec entre les mains le dossier que lui a remis le général Carrington.

Pourquoi as-tu attendu si longtemps pour revenir, Jason ? lui a dit Zacharias « Zeke » Hattaway, l’ex rédac chef du Mountain News pour lequel aurait travaillé le père de XIII, Jonathan Fly, avant d’être exécuté par le KKK. Le vieil homme est maintenant aveugle, mais il est certain d’avoir reconnu le fils de son ami assassiné en la personne de celui qui est venu lui demander des renseignements sur lui.

Ainsi XIII, alias Steve Rowland, Jake Shelton, Ross Taner, John Fleming, etc., se nommerait Jason Fly, et la boucle serait en partie bouclée ? Wait and see.

D. S. Rigby
D. S. Rigby

Leur rencontre n’est pas passée inaperçue dans la petite ville des Rocheuses et on comprend rapidement qu’au moins deux hommes, dont Dwight Rigby, le magna local, ont tout intérêt à ce que Hattaway passe pour un vieux chnoque qui déraille, et que Flemming aille fouiner ailleurs. Zeke va être hospitalisé arbitrairement et Flemming, étroitement surveillé par le patron de l’hôtel dans lequel  il est descendu.6TM0tYlqsQRKkOTmeAuY9JAyFDSSXRnU-page5-1200Pendant ce temps, deux des tueurs de la Mangouste viennent d’arriver à Greenfalls, bien déterminés à régler définitivement son compte à XIII. Ce sera du gâteau a affirmé le premier. Ils vont, on s’en doute, s’y casser les dents.

XIII a passé la nuit ailleurs et la bombe placée dans sa chambre explose au nez du patron de l’hôtel, venu chercher des indices. Résultat des courses,  XIII-Fleming est accusé de meurtre.

Jones
Jones

Le Major Jones, agressée chez elle peu de temps auparavant par les deux tueurs, qu’elle a mis en fuite, n’est heureusement jamais très loin, et les murs d’une prison ne sont pas infranchissables.

xiii-tome-7-la-nuit-du-3-ao-tDans l’album 7, Jones et XIII (que nous appellerons Jason jusqu’à nouvel ordre) ont les hommes de la Mangouste et la police locale aux trousses. Ils se sont réfugiés chez Judith, l’une des conquêtes de Fleming.

Judith
Judith

JMJnnIz9mDYhCO8pNitw6ZD4ZPRZBzBK-page6-1200Il se rend chez Zeke, qui a été hospitalisé sous un prétexte fallacieux, et y découvre de vieilles coupures de presse et un cahier, destiné à Jason lorsqu’il serait en âge de comprendre ce qui est arrivé à son père.

Le cahier relate la vie de Jonathan Fly et de son fils Jason depuis le jour de leur arrivée à Greenfalls vingt ans plus tôt. Jason apprend que son père était en réalité le grand Mac Lane, connu pour ses articles en faveur des Mountroses (transposition de l’affaire Rosenberg), accusés à tort de complicité avec les soviétiques pendant la Guerre froide. Cette prise de position, jugée trop à gauche, lui avait valu d’être emprisonné, ce qui explique son changement d’identité et son départ de New York pour Greenfalls, où il allait mourir dans l’incendie de sa maison, après avoir été lynché par les représentants du KKK local, avec à leur tête ceux-là mêmes qui redoutent que Fly-Flemming ne découvre la vérité.

Zeke, devenu le meilleur ami de Jonathan, puis une sorte de père de substitution de Jason, a assisté impuissant à la scène, il consigné les événements dans un cahier destiné à Jason.xiii-tome-8-treize-contre-un

À la fin du vol. 7 et au début du suivant, Rigby n’a rien perdu de son immense potentiel de nuisance et la Mangouste a été emprisonné. Une fois encore, les murs des prisons ne sont pas infranchissables…

la Mangouste
la Mangouste

Quant à Jason, il a reçu tous pouvoirs de la part du président Walter Sheridan pour identifier le numéro I. Mais ceci est une autre histoire.

A.C.

Intégrale vol 2, env. 200 p., 34,90 €

To-day

 

« XIII » – Intégrale 2/5, vol. 5

Couverture-2de Jean Van Hamme (scénario) & William Vance (dessin) – Ed. Dargaud –

Dans l’Intégrale 1, un homme au look de baroudeur se retrouve, sans nom, sans passé, sans souvenir, dans un lieu inconnu. Il a reçu une balle de révolver dans la tempe. Seul début d’indice pour lui permettre de découvrir qui il est, le chiffre XIII tatoué sous la clavicule gauche. XIII découvre rapidement qu’une bande de tueurs, emmenée par l’insaisissable Mangouste, est à ses trousses et que de hautes personnalités civiles et militaires semblent plutôt enclines à le protéger. Pourtant, celui qui a assassiné le président William Sheridan peu de temps auparavant lui ressemble trait pour trait et ils ont les mêmes empreintes digitales. XIII ne serait autre que Steve Rowland, un militaire pourtant jugé d’exception, mort deux ans auparavant dans un accident d’hélicoptère pour les uns, toujours vivant pour les autres.

On apprend plus tard que le tatouage en question est un signe distinctif de l’organisation qui a commandité l’assassinat (selon le même scénario que pour JFK) ; reste à identifier ceux qui portent les autres numéros, et surtout le numéro 1.
Les dernières planches nous en disent plus sur Steve Rowland, alias Jake Shelton, Ross Taner (et bientôt Jason Fly), sans que XIII ait pour autant la moindre idée des raisons qui l’auraient poussé à éliminer le président Sheridan.Page 8

Face aux assauts répétés des « forces du mal », XIII, toujours amnésique, est envoyé, sous le nom de Ross Taner, dans le camp d’entraînement des SPADS (Special Assault Destroying Sections), que dirige le redoutable Mac Call, mais l’hélico à bord duquel il a pris place a un accident. La très séduisante major Jones et le sergent Betty Barnowsky sont également du voyage. Toutes deux en pincent bien entendu pour le beau ténébreux aux muscles d’acier.Page 14

Ils sont acheminés vers leur destination par un certain Emiliano… qui ne se trouvait pas là par hasard.

Page 5L’Intégrale n° 2 débute avec les obsèques du père du président assassiné, Henry Sheridan, patriarche self-made man riche et puissant, qui n’est pas sans évoquer le père de JFK. Un homme tire sur le sénateur Walter Sheridan, prétendant face au vice-président Galbrain à la succession de son frère à la Maison Blanche. Pas de quartier, l’homme (un photographe) est abattu d’une balle en pleine tête par un tireur d’élite. Sheridan, lui, n’est que blessé. À qui profite le crime ?

Un groupe de comploteurs, emmené par Mac Call et le conseiller Calvin L. Wax, connu pour ses sympathies néo-fascistes, s’apprête à assassiner Galbrain et à instaurer un gouvernement digne de la « Grande Amérique ». Le général Carrington, soutien sans faille de XIII, est arrêté pour haute trahison par ceux-là mêmes qui veulent le pouvoir.Page 20XIII, Jones et Betty sont parvenus à regagner les EU. Aidés par Walter Sheridan, ils déjouent le complot et l’identité du N° II apparaît au grand jour. Reste à identifier le Numéro I et à découvrir qui se cache derrière celui qu’on appelle la Mangouste…

Une page noircie de trahisons en tous genres vient d’être tournée, Galbran a renoncé à se présenter aux sélections et c’est sans réelle surprise que Walter Sheridan va succéder à son frère. Pour XIII, le chasseur chassé qui enquête sur lui-même, c’est toujours le brouillard à couper au couteau. Qui est-il ? Pourquoi continue-t-on à le traquer ? Des noms ont été rayés de la liste mais d’autres restent en suspens ou sont sur le point d’apparaître – Van Hamme nous livre les informations au compte-goutte.

XIII ne sait pas encore que les épreuves qu’il vient de traverser ne sont rien à côté de celles qui l’attendent dans les épisodes suivants. Le Dossier Jason Fly (vol. 6) lui en dira peut-être un peu plus sur lui. xiii-tome-6-le-dossier-jason-fly

Welcome to Greenfalls, où XIII est censé avoir passé son enfance.

A.C.

Intégrale vol 2, env. 200 p., 34,90 €

To-day

« XIII » – Intégrale 1/5, vol. 1 à 4

Page 3Partis pour un grand plongeon dans la mer le l’Intranquillté, à la (re)découverte de la série culte créée dans les années 80 par Jean Van Hamme (scénario) et William Vance (illustrations) et regroupée en 5 intégrales aux Ed. Dargaud en 2014 ?

Dans le volume 1, intitulé Le Jour du soleil noir, celui que l’on désigne sous le nom de XIII a été retrouvé inanimé sur une plage. Une blessure par balle à la tempe gauche l’a rendu amnésique ; seules traces de son passé, ce chiffre romain tatoué sur la clavicule et une clef cousue dans le col de sa chemise. Ceux qui l’ont sauvé vont rapidement être éliminés par une bande de tueurs professionnels lancée à ses trousses, sans qu’il en comprenne la raison.Page 12À l’instar du roman de Robert Ludlum, La Mémoire dans la peau et de la non moins culte série télévisée des années 80, Le Prisonnier, XIII a semble-t-il appartenu à un service on ne peut plus secret. Des forces antagonistes ont maintenant toutes les raisons de souhaiter le récupérer ou l’éliminer.

L’assassinat peu de temps auparavant du président William Sheridan n’est pas sans rapport avec ce qui prend, dès les premières minutes du récit, des allures de traque à mort. D’autant qu’un film amateur tourné au moment du drame montre un homme qui lui ressemble étrangement, l’arme du crime à la main. Des investigations plus poussées font apparaître que les empreintes digitales de XIII et celles du tueur sont identiques.

Cet homme – un militaire d’exception formé au combat dans les troupes d’élite de l’armée américaine –  se nomme Steve Rowland. Pour les uns, il a été tué dans l’explosion de son hélicoptère, pour les autres, il est en toujours en vie…

Page 22Ne comprenant toujours pas les raisons de ce déchaînement de violence autour de lui, mais manifestement de taille à envoyer tous ses adversaires au tapis, XIII va finir par identifier la maison qui correspond à la clé trouvée sur lui, et qu’il occupait auparavant sous le nom de Jack Shelton. De nouveaux indices l’y attendent, mais pas seulement. Un lieutenant de police ripou va tenter de récupérer une somme faramineuse qui a été planquée dans un coffre à la National Trust Bank (l’argent du « contrat » ?), puis des tueurs à la solde de celui qu’on appelle « La Mangouste » vont à nouveau tout faire pour l’éliminer. Pour finir, XIII va exfiltré par des agents du « Service fédéral de recherche » dont dépend  un certain colonel Amos. Ce dernier espère qu’il l’aidera à remonter jusqu’au chef de l’organisation qui a mis au point l’opération dite « Soleil noir » : l’assassinat du président…

Mais à qui se fier ?p.16Après  une incursion dans le nid de vipères qu’est la famille Rowland, une accusation de double meurtre, plusieurs agressions dans les règles de l’art et quelques séances d’électrochoc destinées à lui faire recouvrer la mémoire (entre autres réjouissances), XIII, alias Steve Rowland, Jake Shelton ou Ross Tanner va poursuivre sa quête d’identité et tenter de démêler le vrai du faux. D’autant que l’élection d’un nouveau président se profile et que les prétendants au titre sont loin d’être des enfants de chœur… À suivre.

Anne Calmat

200 p., 34,90 €

To-day

 

 

 

Alcibiade (suivi de) Le Pantin noir

ÉTÉ 2016 : COUP DE PROJO SUR 2 ALBUMS JEUNESSE

alcibiade_carreAlcibiade de Rémi Farnos (texte et illustrations) – Ed. La Joie de lire (sept. 2015)

Un paysage de moyenne montagne, une route qui serpente au milieu des champs, au loin, un village. Alcibiade, haut comme trois pommes, marche d’un pas décidé, son baluchon fixé au piolet qu’il tient en équilibre sur ses frêles épaules. Il salue au passage Sigismond et lui apprend qu’il part vers l’Est « à la recherche de Celui qui lui révèlera son destin ». Un voyage qui va s’étaler sur plusieurs années. Sa rencontre avec Assatour, le condor, sera déterminante dans la réalisation de son rêve, somme toute assez universel.
Mais là encore, il lui faudra attendre plus longtemps que prévu.

Il y aura aussi Akim, le forgeron. Akim a mis au point une armure qui grandit avec son propriétaire. L’enfant est donc fin prêt pour le parcours du combattant.
Alcibiade et Assatour, devenus inséparables, vont devoir s’attaquer à la longue et incontournable chaîne des Lapages, appelée également « La Mâchoire du requin ».  Arrivés à son dernier sommet, le redoutable Minotaure – une montagne à lui seul -, tapi au fond d’un labyrinthe, les attend…Al

Au fil du temps, les exploits du jeune Alcibiade sont devenus légendaires ; cependant, c’en est une tout autre version qu’il découvrira lors de son retour parmi les hommes…
Alcibiade n’est certes ni Thésée ni David, et les noms des grands philosophes lui sont encore inconnus, peu importe, la valeur de vérité d’un mythe n’est-elle pas secondaire lorsque celui-ci permet à une société de réviser nombre de ses idées reçues ?
Cette fable philosophique, ponctuée de dialogues savoureux, a toutes les chances de remporter les suffrages d’un large lectorat.

Anne Calmat

40 p., 10 € alcibiade_INT-9

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Le Pantin noir de S. Corinna Bille (texte) et Hannes Binder (dessins) – Ed. La Joie de lire (2014)

Luce a fait une fugue. Le matin-même, sa maman lui a crié : Tu es méchante. Je voudrais te piler en petits morceaux. L’enfant va par les sentiers valaisans, fait des rencontres, puis finalement, se ravise et regagne la demeure familiale. Cette mère adorée de tous aura à peine le temps d’enseigner à sa fille la beauté de la vie en toutes circonstances, avant d’être emportée par la maladie.

pantin_noir_INT-1Deux ans plus tard, sa rencontre d’un soir  avec « le Pantin noir », un montreur de marionnettes, va bouleverser la vie de Luce. Le lendemain, le jeune homme a quitté le village. Mais alors, qui est celui qu’elle aperçoit de sa fenêtre quelques jours plus tard, et qui semble la regarder avec insistance ? Mais est-ce vraiment Luce qu’il regarde ?

pantin_noir_INT-5L’auteure de cet album singulier, envoutant à bien des égards, a su aborder les thèmes de la mort et de l’éveil à l’amour avec une subtile simplicité. Son style soutenu met en valeur cette fable aux différents niveaux de lecture, emplie d’émotions troubles et fortes, qui devrait, là encore, plaire à un large lectorat.

Les superbes illustrations noir et blanc en pleines pages de Hannes Binder évoquent fortement le monde fantastique et multidimensionnel du graveur Hollandais M.C. Escher.pantin_noir_INT-2

A.C. in Témoignage Chrétien, 2014
72 p., 16 €

To-day

Notre Univers en expansion (audio)

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Chronique 4’08

Scénario et dessin Alex Robinson – Ed. Futuropolis, 256 p., 28 €mep_notre_univers-8_tel

Trois copains new-yorkais, Billy, Scotty et Brownie : deux vivent en couple tandis que le troisième est un geek célibataire. L’un des couples décide d’avoir un enfant, l’autre attend son second. Aux angoisses de Billy devant l’inconnu d’être parent, répondent les bons conseils de Scottie et les sarcasmes de Brownie.

Mais tout cela n’est-il pas que faux-semblants ? 

mep_notre_univers-9_telChronique Yves Martin – Librairie Les Buveurs d’Encre, Paris 19e www.buveurs-d’encre.com

Également diffusée le 5 juillet dans l’émission Act’heure sur FPP 106.3 FM 

Ed. Rackham
Ed. Rackham

 

 

 

Du même auteur

Les Ogres-Dieux T. 1 & 2 (audio)

c170e0119968cd1b65d841fb8e146c7aChronique  8’47 »

Petit (T.1) et Demi-Sang (T.2) de Hubert (scénario) & Bertrand Gatignol (dessin) – Ed. Soleil

Ogres-Dieux-T2-Demi-Sang-229x300Petit est le fils du Roi-Ogre. À peine plus grand qu’un simple humain, il porte sur lui le signe de la dégénérescence familiale qui rend chaque génération plus petite que la précédente à force de consanguinité. Son père veut sa mort, mais sa mère voit en lui la possible régénération de la famille puisqu’il pourrait s’accoupler à une humaine tel que le fit jadis le Fondateur de la lignée. Elle le confie alors à la tante Desdée, la plus ancienne d’entre eux, qui déshonorée en raison de son amour pour les humains, vit recluse dans une partie de l’immense château.ori_aex_12834_11-575536f650c0e-150x150

 

fe99bd92b974a1a46a593615a60915Contrairement au souhait de sa mère, elle va tenter d’élever Petit à l’inverse des moeurs familiales…max-pecas-ogres-dieux-958420

Tiraillé entre les pulsions violentes dont il a hérité et l’éducation humaniste qu’il a reçu de Desdée, Petit trouvera-t-il sa place ? Et survivra-t-il à l’appétit vorace de sa famille ?

Chronique Juliette Poullot – Librairie « Les Buveurs d’Encre », Paris 19e, également diffusée le 5 juillet dans l’émission ‘Act’heure » sur FPP 106.3 FM

26 et 23 €

Les auteurs seront aux Buveurs d’Encre le 8 juillet à 18h30 (01 42 00 40 63)

www.buveurs-dencre.comaccueil