Théâtre : Réparer les vivants

 

d’après le roman de Maylis de Kerangal – Version scénique et mise en scène Sylvain Maurice – Théâtre de Sartrouville, du 3 au 6 octobre (reprise)*

Avec  Vincent Dissez et Joachim Latarjet

Maylis de Kerandal

« Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps. » 

Simon, 19 ans, et ses deux amis se damneraient pour LA vague, celle qui explose sous leur planche et qu’il leur faut dompter. 

Ils ont l’habitude de se retrouver sur la plage du Havre sans avoir rien planifié, après avoir jeté un coup d’œil sur la météo.

Ce matin-là, ils vont une nouvelle fois défier la mer.

À leur retour, le conducteur du van, Chris, perd le contrôle du véhicule. Alors tout s’enchaîne, Simon est déclaré en état de mort cérébrale et ses parents autorisent le don d’organes.

Le récit suit alors le parcours de son cœur et les étapes d’une transplantation qui va bouleverser de nombreuses existences. En vingt-quatre heures, la tragédie, qui verra l’enterrement d’un mort, verra aussi comment on répare les vivants.

À propos du spectacle :

Comme de très nombreux lecteurs, j’ai été bouleversé par ce récit. Une des raisons est certainement sa dimension vitale, vivante et, osons le dire, heureuse. Le projet de Maylis de Kerangal s’inspire d’une phrase de Tchekhov dans Platonov : « Enterrer les morts, réparer les vivants ».

Après le deuil vient l’espoir : comment la greffe du cœur de Simon va redonner vie à Claire, qui était sur le point de mourir… 

Réparer les vivants est un grand livre grâce à son style : une langue magnifique, une narration haletante, des personnages hauts en couleur ; c’est une œuvre très théâtrale du point de vue des émotions, et en même temps, très précise et très documentée sur le plan scientifique et médical ; c’est aussi une œuvre réaliste et drôle quand l’auteur décrit le monde de l’hôpital. À certains égards, Maylis de Kerangal se fait anthropologue en abordant des questions comme la place de la mort dans nos sociétés, la sacralité du corps, l’éthique en médecine… Dire ce texte au théâtre, l’habiter, le traverser est une évidence. Sa langue musicale, rythmique, toujours portée par l’urgence en fait un texte physique, organique pour les acteurs. Sylvain Maurice

Sylvain Maurice, directeur de CND de Sartrouville, reprend pendant quelques jours le spectacle qu’il a créé en 2016, et qui porte haut le récit vital et magnifique de Maylis de Kerangal. Le dispositif scénique est spectaculaire : en déséquilibre sur un tapis roulant, Vincent Dissez endosse tous les rôles, toutes les voix intérieures décrites dans le roman de Maylis de Kerangal. Il raconte cette course contre la montre, tissée d’histoires intimes et de pratiques cliniques. Le comédien se tient au centre de la scène sur le sol mouvant, comme un athlète (un boxeur ? un sprinter ?) qui sait qu’il va devoir se confronter à un adversaire redoutable. Il est accompagné en direct à la guitare et au trombone par le musicien Joachim Latarjet. Les deux interprètes deviennent ainsi les maillons d’une chaîne, dont on mesure à chaque instant la fragilité et la force.

  • Place Jacques Brel 78505 Sartrouville – 01 30 86 77 79 (de 14h à 18h30) 

Adultes de 28 à 15 € – Enfants 10 et 8 €

Tournée :

– 6 novembre  – Théâtre d’Evry et de l’Essonne – Agora Desnos, scène nationale. 01 60 91 65 60

– du 21 novembre au 1er décembre – Théâtre national de Strasbourg 03 88 24 88 00

– 5 décembre – Agora de Boulazac 05 53 35 59 65