Théâtre… Théâtres : de la Bastille à Notre-Dame-des-Champs

The way she diesTiago Rodrigues tg Stan Théâtre de la Bastille*, d’après Anna Karénine de Léon Tolstoï

The way she dies – 11 septembre – 6 octobre 2019

Avec Isabel Abreu, Pedro Gil, Jolente De Keersmaeker, Frank Vercruyssen – Lumières et scénographie Thomas Walgrave – Costumes An D’Huys et Britt Angé

Tiago Rodrigues propose ici sa vision d’Anna Karénine et interroge l’acte de traduire : à quel point une langue influence-t-elle la perception d’une œuvre ? La retranscription de la mort de l’héroïne dans une autre langue que le russe est-elle exactement et scrupuleusement fidèle aux mots choisis par Tolstoï lui-même ? La scène – comme la traduction – est, elle aussi, une façon de produire une nouvelle version de l’œuvre originale. Alors, quelle version Tiago Rodrigues et tg STAN peuvent-ils donner à voir et à entendre de la mort du personnage principal de ce chef-d’œuvre de la littérature russe ?

Quand nous lisons, nous faisons des choix, nous traduisons ce que nous lisons vers le langage de notre propre existence. Les pages sont illuminées par la bougie de nos expériences et cette flamme vacille et change de couleur à cause de ce que nous lisons. Nous savons qu’un livre est capable de nous changer. En lisant la description d’un bal, un lecteur peut décider de divorcer. En lisant comment deux personnages échangent un premier regard furtif, le lecteur peut décider de se marier. En lisant un dialogue sur les champignons, un lecteur peut décider de changer d’emploi. Un roman comme Anna Karénine de Tolstoï peut aussi être la collection des vies qu’il a changées, légèrement ou profondément, en bien ou en mal. Des vies qui pourraient changer comment meurt Anna. Tiago Rodrigues

S’ils se connaissent depuis longtemps et ont souvent collaboré ensemble, The Way She Diesest, le premier spectacle écrit par Tiago Rodrigues pour la compagnie flamande tg STAN abordait déjà une question commune : qu’en est-il de la puissance de la fiction ?

STAN a rencontré Tiago Rodrigues en 1997, alors que la compagnie avait été invitée pour la première fois à se produire au Centro Cultural de Belém à Lisbonne. Tiago, encore étudiant à l’école de théâtre de Lisbonne à l’époque, prenait part à un atelier dirigé par STAN. L’année suivante, STAN créa Point Blank (d’après Platonov d’Anton Tchekhov) avec Tiago dans l’un des rôles. Depuis lors, la collaboration entre STAN et Tiago Rodrigues s’est poursuivie de façon régulière, avec Les Antigones/2 Antigone, La Carta, Berenice, Anathema, L’avantage du doute, The Monkey Trial et Nora.

The way she dies réunit des acteurs belges et portugais ; il s’agit de la première pièce écrite par Tiago pour la compagnie. C’est une coproduction de STAN et du Teatro Nacional D. Maria II, dont Tiago est le directeur artistique depuis 2015.

 *76, rue de La Roquette Paris 11è à 20h – M° Bastille – Spectacle surtitré en français

Réservations 01 43 57 42 14 Tarifs : 27, 21, 17 €

COMMUNIQUÉ
du 11 septembre 2019 au 19 janvier 2020

Quasimodo le bossu de Notre-Dame – Sarah Gabrielle – Alexis Consolato – Théâtre du Lucernaire*

Avec Joëlle Lüthi (Victor Hugo enfant, la Gargouille), Myriam Pruche (Esméralda), Alexis Consolato (Quasimodo), Yan Richard (Frollo, Phœbus), Daniel Mesguish (voix off Victor Hugo).

Le spectacle : Victor Hugo enfant découvre deux corps enlacés dans une cellule abandonnée de Notre-Dame-de-Paris. Guidé par son imagination, il va revivre avec le public la bouleversante histoire du difforme Quasimodo et de la magnifique bohémienne Esméralda.

Rappel : Esméralda a, pour son malheur, éveillé l’amour de l’archidiacre de Notre-Dame, l’inquisiteur Claude Frollo. Ce dernier charge le « monstre » Quasimodo de l’enlever. En vain, puisque Phœbus, le chef des archers dont la jeune fille est éprise, l’arrache de ses mains. Frollo le poignarde et laisse Esméralda être accusée du meurtre. Qu’elle lui cède et il la sauvera. Son refus lui vaut une condamnation à mort. Le sonneur de Notre-Dame soustrait alors la fière Esméralda à ses bourreaux et l’entraîne dans l’église, asile inviolable…

L’intrigue vaut aussi pour l’évocation puissante et lyrique de Paris au Moyen Âge et, bien sûr, pour celle de cette cathédrale – le titre du roman d’Hugo n’est-il pas Notre-Dame de Paris ? – aujourd’hui en si piteux état.

Alexis Consolato

Note d’intention de Sarah Gabrielle (m. en sc. du spectacle) et Alexis Consolato, les auteurs

Myriam Pruche

Nous avons souhaité axer notre spectacle autour d’Esméralda qui cristallise tous les désirs et révèle le cœur et l’âme de ceux qui l’approchent : Frollo, homme d’église, droit, attaché à la règle morale, lié par serment à Dieu, se révèlera dangereusement manipulateur, et prêt au meurtre. Phoebus, ce militaire courageux, irréprochable, lié par serment aux hommes et à une femme, sa promise Fleur de lys, se révèlera lâche et menteur. Et enfin, Quasimodo, ce demi-humain, monstrueux et difforme, se révèlera plus humain que tous les autres. C’est à travers ce quatuor que nous avons souhaité faire entendre, le plus possible, la langue de Victor Hugo.

Yan Richard

Mais nous avons aussi souhaité un témoin de ce temps, qui pourrait dire aux protagonistes, et par là-même au public, l’origine de leur histoire. Une gargouille va s’animer et divulguer les secrets de la naissance d’Esméralda et de Quasimodo. Elle sera le témoin du passé et une actrice active du présent, se donnant à entendre comme une partie de conscience de Quasimodo. Comme si les souvenirs enfouis de son enfance lui revenaient par la voix de la gardienne de Notre-Dame.

Ce spectacle sera résolument pluridisciplinaire : des musiques originales inspirées des quatre coins du monde, un combat, épée contre bâton (entre Phœbus et Quasimodo), une scène en langue des signes (quand Frollo s’adresse à son fils adoptif sourd), et aussi des moments dansés. Esméralda est une saltimbanque : elle dansera, chantera et fera de la magie. Au lointain, un grand échafaudage surplombera la scène. Sur cette tour à plusieurs plateformes, Quasimodo, tel un acrobate, évoluera – quelquefois à l’extérieur en se hissant, quelquefois à l’intérieur, par des échelles, soulevant des trappes – entre ciel et terre. Pendront des cintres, les énormes guindes qui donneront vie – quand Quasimodo les actionnera – aux cloches de Notre-Dame. Le reste de la scène, par un système de poulies et de tentures, deviendra, tour à tour le parvis de la cathédrale, la place d’un marché, ou encore, la cour des miracles : ballots de paille, cagettes, roulottes, etc.

* Théâtre Lucernaire 53, rue Notre-Dame-des-Champs Paris 6è – M° N-D-des Champs ou Vavin

Réservations : 01 45 44 57 34 – Tarifs : 11 € (enfants), 14 € (adultes) Me. Sam 14h30 – Dim. 14h