DERNIÈRE MINUTE : BDBD/ARTS + SE RÉJOUIT D’APPRENDRE QUE « POLLY » a REMPORTé LA PÉPITE DE LA FICTION pour adolescent-e-s AU SALON DU LIVRE DE LA JEUNESSE DE MONTREUIL / COUP D’ŒIL DANS LE RÉTRO

Depuis le 19 août 2021. Copyright F.abrice Melquiot, Isabelle Pralong / Ed. La Joie de lire – 152 p., 21,90 €

« Polly, il ? Polly, elle ? Le genre de Polly a semé le trouble dès sa naissance… »

On a beaucoup écrit sur le terrible mal-être de celles et ceux qui, à un moment donné de leur existence, se sont perçu-e-s du sexe opposé à celui de leur naissance, et ont décidé d’y remédier.

Ici, la problématique est différente. Dès la lecture des premières planches du très beau roman graphique de Fabrice Melquiot – un brûlot contre l’assujettissement aveugle aux règles sociales – nous avons l’intuition d’une œuvre essentielle.

Polly est donc né avec l’ébauche de quelque chose qui n’est ni un zizi, ni une zézette, mais la rencontre des deux. Une « ziziette », en somme. Poly est intersexe, ni fille, ni garçon. Ses parents sont perplexes : « On a fait un enfant pas conforme. Tu peux m’expliquer ? » Pas conforme, le mot est lâché.

Il faut pourtant trancher. Le médecin a fini par opter pour un zizi (tiens donc !). Lorsque Polly aura sept ans, nous entreprendrons de le « réparer »… Pour son bien, a-t-il ajouté, sans préciser que la réparation en question implique des interventions à répétition, risquées et irréversibles, qui s’étaleront sur plusieurs années, avec les traitements hormonaux qui vont avec.

La veille de son hospitalisation, les parents de Polly l’ont mis devant le fait accompli de la façon la plus sournoise qui soit. On croyait pourtant te l’avoir dit !

Cet enfant, dont l’étrange beauté semble s’être altérée, a maintenant dix-sept ans. On l’a doté d’un petit zizi – Il ne sera pas bien grand avait prévenu le chirurgien – et affligé d’une énorme cicatrice…

Se sent-il garçon pour autant ? Se sent-il fille ? Farçon ou guille ?

Mais l’histoire est loin d’être terminée…

Anne Calmat

Fabrice Melquiot est dramaturge et metteur en scène. Il est l’auteur d’une quarantaine de pièces de théâtre, publiées à L’Arche et L’école des Loisirs. Il a reçu de nombreux prix : le Grand Prix Paul Gilson de la Communauté des radios publiques de langue française, le Prix SACD de la meilleure pièce radiophonique (avec France Culture), le Prix Jean-Jacques Gauthier du Figaro, le Prix Jeune Théâtre de l’Académie Française pour l’ensemble de son œuvre, deux Prix du Syndicat national de la critique : révélation théâtrale, et, pour Le diable en partage, meilleure création d’une pièce en langue française. Fabrice Melquiot est lauréat des Grands Prix de Littérature dramatique et de Littérature dramatique Jeunesse 2018.

Née en 1967 en Valais, Isabelle Pralong est une bédéiste suisse. Après des études à l’Istituto Europeo de Design à Milan, elle s’installe à Genève. Ses premiers albums paraissent début 2000 dont Ficus (2003) chez Atrabile et Fourmi ? à La Joie de Lire (2004). Elle enseigne également l’illustration et la bande dessinée à l’École supérieure de bande dessinée et d’illustration à Genève. Son œuvre a été récompensée par le Prix Töpffer (2007 et 2011) ainsi que le Prix Essentiel révélation au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (2007).

La jeune femme et la mer – Catherine Meurisse – Ed. Dargaud

Copyright C. Meurisse (scénario. dessin, couleurs – avec I. Merlet) / Ed. Dargaud – 116 p., 22,50 € – Depuis le 29 octobre 2021.

Carnet de voyage d’une auteure. En 2018, Catherine Meurisse séjourne une première fois à la villa Kujoyama de Kyoto (l’équivalent de la villa Médicis à Rome) afin d’observer les coutumes autochtones , peindre la nature, et ce qu’elle appelle, « renouveler sa banque d’images ». *

La nature est ici magnifiquement retranscrite par l’auteure de cette œuvre forte et belle, dont l’apparente simplicité cache une réflexion profonde sur la place de l’Homme dans la nature et sur son recours à l’art pour lutter contre l’évanescence des êtres et des choses.

Celui qui vient vers elle réside également à la villa Kujoyama. il est à la fois peintre et poète. Il recherche cet état d’impassibilité qui permet de s’attacher à l’essentiel, comme le fait celui qui compose un haïku. En effet, pour bien des artistes japonais, la création, en tant que processus, prime sur la création en tant qu’œuvre achevée.

(détail planche)

Qui est Nami, la jeune inconnue dont le peintre-poète souhaite faire le portrait ? Une Sentinelle ? Un de ces personnages qui appartiennent à la littérature universelle ? Ou tout simplement, le fruit de ses propres chimères dans lesquels il a entraîné la dessinatrice de la villa Kujoyama (à moins que ce ne soit l’inverse).

La Vague géante de Kanagawa

Nami n’est en tout cas pas un modèle facile à saisir ; elle semble être en communication avec les éléments naturels et capable de détecter les signes précurseurs d’un typhon dans les plis d’une vague. Elle envoie ensuite l’un de ses nombreux époux au secours de ce qui a été ou va être dévasté. Nous pensons bien sûr à La Vague géante d’Hokusai (1830) qui engloutit barques et pêcheurs. Nous sommes plus proches encore de l’univers de l’écrivain Natsume Sôseki (Oreiller d’herbe ou le Voyage poétique), qui a inspiré à Catherine Meurisse l’écriture de ce livre, ou encore, de celui du grand Hayao Miyazaki ou d’Isao Takahata, qui dans Pompoko (1994) remet à l’honneur les divinités que sont les Tanuki, dont l’auteure va croiser l’un des représentants peu après son arrivée.

Superbe !

Anne Calmat

En 2019, Catherine Meurisse séjournait pour la seconde fois au Japon, au moment où le typhon Hagibis a dévasté la région de Kantō, près de Tokyo.

Meurisse (Catherine)

Catherine Meurisse est née en 1980.
Après un cursus de lettres modernes, elle poursuit ses études à Paris, à l’École nationale supérieure des arts graphiques (école Estienne), puis à l’École nationale supérieure des arts décoratifs.
En 2005, elle rejoint l’équipe de Charlie Hebdo‘. Elle dessine également pour des magazines et des quotidiens, comme Libération, Marianne, Les Échos, Causette, Télérama, L’Obs… et illustre des livres jeunesse chez divers éditeurs (Bayard, Gallimard, Nathan, Sarbacane…).
Elle signe plusieurs bandes dessinées, parmi lesquelles « Mes hommes de lettres » (Ed. Sarbacane, préfacé par Cavanna) : ou comment faire entrer avec humour toute la littérature française dans un seul album, « Savoir-vivre ou mourir » (Ed. Les Échappées, préfacé par Claire Bretécher) : guide hilarant des bonnes manières enseignées par la baronne Nadine de Rothschild, « Le Pont des arts » (Sarbacane) : récit d’amitiés tumultueuses entre peintres et écrivains, ou « Moderne Olympia » (Ed. Futuropolis), une relecture jubilatoire du mythe de Roméo et Juliette, au musée d’Orsay, sur fond de comédie musicale.
Aux Ed. Dargaud, elle publie « Drôles de femmes« , en collaboration avec Julie Birmant, un recueil de portraits de femmes du spectacle, telles que Yolande Moreau ou Anémone, ainsi que « La Légèreté« , récit de son retour à la vie, au dessin et à la mémoire, après l’attentat contre ‘Charlie Hebdo‘.
En 2016, elle sort également, toujours chez le même éditeur, « Scènes de la vie hormonale« , et en 2018 « Les Grands Espaces« . En 2019, avec « Delacroix« , Catherine Meurisse s’invite dans les souvenirs d’Alexandre Dumas et de l’amitié qu’il a tissé avec Eugène Delacroix et en offre une adaptation toute personnelle.
En janvier 2020, elle devient la première dessinatrice élue à l’Académie des Beaux-Arts, section Peinture.

L’Île du bonheur – Marit Törnqvist – Ed. La Joie de lire

À partir du 25 novembre 2021 – Copyright M. Törnqvist (autrice, illustatrice) / Traduit du néerlandais par M. Lomré / La Joie de lire. 80 p., 11€

Une jeune fille navigue en haute mer sur une embarcation de fortune, elle veut atteindre l’horizon, mais il se dérobe sans cesse. Après s’être battue contre les éléments déchaînés, elle remarque un écriteau sur lequel est inscrit « l’île du bonheur ». Serait-elle arrivée au terme de son voyage ? Non, puisque chacune des nombreuses autres îles qui l’entourent revendique une spécificité propre à l’attirer : « l’île des pensées profondes », « de la fête permanente », « de la joie et de la liberté », « de la solidarité »… Le bonheur régnerait-il partout ? Le mieux est de s’en assurer. Elle fait plusieurs expériences, qui ne lui semblent pas concluantes, même si elle a trouvé l’amour – ou l’une de ses répliques – sur l’une d’entres-elles.

Aussi, loin de se décourager, décide-t-elle de poursuivre sa route.

p 7

Un très beau conte philosophique à hauteur d’enfant, superbement illustré, dans lequel, on l’imagine, livrée à elle-même, l’héroïne va devoir faire des choix, réfléchir sur sa propre situation, transformer son environnement, se transformer, prendre conscience de son identité et de sa liberté, avant de repartir « du bon pied » vers sa destinée. À moins qu’elle ne décide de demeurer sur cette île irréprochable au-delà de son horizon, et d’y « cultiver son jardin ». Mais tout ceci n’est qu’une extrapolation…

p. 60 & 61

Anne Calmat

(photographie © Rogier Veldman)

Née en 1964 à Uppsala en Suède, Marit Törnqvist est une autrice et illustratrice néerlando-suédoise. Après des études la Gerrit Rietveld Académie à Amsterdam, elle illustre de nombreux albums pour la jeunesse dont certains d’Astrid Lindgren. Reconnue à l’international, son œuvre a été récompensée par des prix tels que le IBBY I-Read Oustanding Reading Promotor Award en 2020.

Walk me to the corner – Anneli Furmark – Ed. çà et là


Depuis le 22 octobre 2021 – © Anneli Furmark (scénario et dessin) / çà et là Ed. – 332 p., 20 €

Dans son précédent album intitulé Au plus près, la dessinatrice Anneli Furmark,  l’une des voix les plus importantes de la bande dessinée suédoise, avait adapté le roman de la norvégienne Monica Steinholm, qui traite de l’homosexualité masculine. Elle aborde ici le thème de l’homosexualité féminine.

Le personnage principal du récit est Élise, la cinquantaine, mariée depuis plus de 20 ans et mère de deux enfants devenus adultes. Un soir, elle se rend à une fête où elle croise la route de Dagmar, également en couple, mais avec une femme. Le courant passe instantanément. Pendant tout le reste de la soirée, Élise cherche son regard : elle ne tardera pas à réaliser que, bien qu’elle aime Henrik, toutes ses pensées sont désormais tournées vers Dagmar. Tout le processus amoureux est décrit avec finesse. Dagmar va-t-elle la rappeler ? Élise se sent comme une ado peu sûre d’elle, ses imperfections physiques, ses rondeurs lui semblent des obstacles insurmontables à un bonheur possible.

Bien que leur passion, déguisée en complicité amicale, soit réciproque, et qu’Élise s’en soit ouverte à son mari, aucune des deux femmes n’est prête à quitter sa famille. Mais cette révélation a mis à jour des failles dans le couple que forment Élise et Henrik, et les complications surviennent lorsqu’il tombe à son tour amoureux d’une jeune étudiante et qu’il divorce. Cependant que Dagmar refuse de rompre avec sa compagne…

À travers l’histoire douce-amère de ces deux femmes et de leurs questionnements, Walk me to the corner illustre avec subtilité le panel d’émotions qui les traversent et ce qu’implique de quitter la sécurité d’une vie toute tracée pour se jeter dans l’inconnu pour aimer coûte que coûte.

Anna K.

Anneli Furmark est née en 1962 à Vallentuna et a grandi à Lulea (Suède). Elle a fait ses études à l’Académie des Beaux Arts d’Umea, où elle est ensuite devenue enseignante. Peintre et autrice de bandes dessinées, elle a publié son premier livre en 2002. Elle a participé à de nombreuses anthologies et réalisé sept romans graphiques à ce jour. Son travail a été primé à deux reprises au festival de Kemi, en Finlande. Son premier livre publié en France, Peindre sur le rivage (Les Éditions de l’An 2, 2010) a été suivi de Centre de la Terre (çà et là, 2013), puis de Hiver Rouge (çà et là, 2015, Sélection Officielle Angoulême 2016), Un soleil entre des planètes mortes (çà et là, 2017 – v. Archives) et Au plus près (çà et là, 2018). Anneli Furmark vit à Umea.

Victor Legris – Mystère rue des Saint-Pères – Ed. Philéas

D’après le roman de Liliane Korb et Laurence Lefèvre, alias Claude Izer
L. Korb & L. Lefèvre

Depuis le 04 novembre 2021 – © Jean-David Morvan (scénario), Bruno Bazile (dessin), Sauvêtre (couleurs), Philéas éd. 88 p, 15,90 €

En ce 22 juin 1889, Paris est en fête. Le centre d’attraction n’est pas seulement la deuxième Exposition universelle, qui commémore avec éclat le centième anniversaire de la Révolution française, mais aussi l’ouverture aux visiteurs du premier étage de la tour Eiffel. Certains prétendent y avoir aperçu les tours de la cathédrale de Chartres, cependant que d’autres, plus mesurés, préfèrent repérer les monuments chers à leurs cœurs.

On se plaît à flâner dans le Paris des années 1890-1900, celui des voitures à chevaux, des marchandes des 4 saisons, on y croise des écrivains, des peintres impressionnistes, on imagine l’effervescence autour du Champ-de-Mars en cette fin du 19è siècle, les conversations, les enfants courant d’un pavillon à l’autre, l’enthousiasme dont ont bénéficié les exposants venus du monde entier…

Mais revenons à nos moutons. Parmi les anonymes qui se pressent contre la rambarde du premier étage de la tour Eiffel, une certaine Eugénie Patinot est prise d’un malaise, elle s’effondre et passe rapidement de vie à trépas après avoir affirmé qu’une abeille venait de la piquer. Un décès qui sera bientôt suivi de plusieurs autres, selon le même scénario. Si bien que l’hypothèse de la piqure d’insecte ne fait pas fait long feu, d’autant que le lecteur attentif se souvient qu’une mésaventure semblable est arrivée d’entrée de jeu à un quidam venu admirer le show du colonel Cody, dit Buffalo Bill (v. planche.7).

Planche 12

Du pain béni pour le nouveau quotidien, Le Passe-partout, dirigé de main de maître par son rédacteur en chef, Marius Bonnet, dont les collaborateurs se trouvent justement à quelques pas du drame. Parmi eux, le tout récent critique littéraire du Passe-Partout, Victor Legris, libraire rue des Saints-Pères. À qui profite le crime ? Ou plutôt à qui vont profiter les crimes, l’hypothèse de coïncidences successives étant exclue.

Féru d’énigmes, Legris mène sa propre enquête. De fausses notes en vraies-fausses pistes, il finira par découvrir l’identité de l’assassin, avant de se lancer dans une nouvelle enquête* en compagnie de la belle Tasha Kherson… qu’il a rencontrée au premier étage de la tour Eiffel.

Anne Calmat

  • Intitulée La Disparue du Père-Lachaise (à paraître).

Saisi par la nuit (Manga) – Yoshiharu Tsuge – Ed. Cornélius

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Depuis le 23 septembre 2021 – Copyright Tsuge Yoshiharu / Cornélius – 272 p., 27,50 €

Les douze nouvelles qui composent ce volume s’inscrivent dans une période sombre de la vie de Yoshiharu Tsuge.

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Alors qu’il approche de la quarantaine, le mangaka apprend que sa femme est atteinte d’un cancer. Il bascule alors dans une intense détresse et se retire de la vie publique, assailli par des ténèbres intimes.

La nécessité pousse cependant Yoshiharu Tsuge à reprendre le travail, mais son inspiration est entravée par son état émotionnel.

Mais même dans ce moment d’extrême abattement, il n’a rien perdu de son exigence, les histoires qu’il écrit alors sont le reflet de ses émotions tortueuses. Il s’inspire dans certains albums de sa vie de couple et de ses voyages pour apporter un ton plus léger à ses récits, cependant que l’emprise du réel se fait de plus en plus suffocante et que les angoisses qui le hantent depuis de nombreuses années se cristallisent à travers ses cauchemars, qui deviennent parfois le sujet de plusieurs histoires. Des histoires empruntes de fantasmes pornographiques violents, comme c’est ici le cas.

Au milieu de tous ses rêves inquiétants, certaines histoires plus apaisées viennent contrebalancer la noirceur de ses récits…

Planche p.84 « Saisi par la nuit »

Mulosaurus – Øyvind Torseter – Ed. La Joie de Lire

Depuis le 14 octobre 2021 – Copyright Ø. Torseter – La Joie de lire – 104 p., 24, 90 €

Où Tête de Mule prend à nouveau le large, mais pour une tout autre raison…

BdBD 01/2021
BdBD 10/2016
BdBD 11/2018

Dans les albums précédents, Tête de Mule, qui est désormais devenu l’un de nos familiers, a successivement été un jeune prince parti à la recherche de ses six frères, changés en pierre par un troll (Tête de Mule) ; un apprenti-coiffeur parti à la recherche du plus grand œil du monde (Mulysse prend le large) ; un factotum en butte à un usurpateur d’identité (Factomule). Il est ici conservateur au Musée d’Histoire naturelle d’une ville qui reste à déterminer. Tout irait bien si le public venait voir les expos qu’il met en place, ce qui n’est pas le cas. Il risque de se retrouver au chômage, aussi lui faut-il trouver une attraction sensationnelle qui le mette à l’abri d’un tel désagrément. Tête de Mule a une idée: exhiber un squelette inédit de dinosaure. Mais où le trouver ?

Dans le même temps, le Président – qui n’est autre que l’homme à la trompe que nous avons déjà croisé à plusieurs reprises – a décidé d’aller regarder son peuple « au fond des yeux », comme il le fait chaque année depuis le début de son mandat. Le périple débute mal: les pompes à essence sont à sec, ses bains de foule risquent de tomber à l’eau. Quelqu’un lui a dit que le pétrole provient de la décomposition d’organismes primitifs dans les couches sédimentaires de la Terre… et qu’il reste un dinosaure dans la jungle. Le Président tient la solution, il ne reste plus qu’à monter une expédition et ramener l’animal, mort ou vif.

p. 18
p. 19

Ces deux-là sont faits pour se rencontrer…

p.46

On peut les voir pagayant en canoë, l’oreille aux aguets, allant peut-être au devant d’une bande de zombies affamés…

Le jeu en vaut-il la chandelle ? Tête de Mule n’en n’est plus tout à fait certain. Quant au Président, il ne doute de rien et soigne sa postérité. « Il sera enterré sur la place, et fournira de l’essence aux générations futures. »

Øyvind Torseter se surpasse une nouvelle fois avec ce concentré de poésie douce-amère, d’humour et de loufoquerie. Jusqu’où ira-t-il ?

Anne Calmat

Øyvind Torseterest l’un des illustrateurs les plus en vue de Norvège. Il a créé de nombreux romans illustrés et albums, dont plusieurs ont été récompensés. il a également participé à des expositions, individuelles et collectives.

EXPO Izabela Ozieblowska – CONCEPT STORE GALLERY

18, rue Dauphine 75006 Paris – M° Odéon – 06 80 91 48 09 – Du 9 au 22 novembre 2021 – Prolongée jusqu’au 17 décembre

https://www.concept-store-gallery.com/galerie/paris-saint-germain-des-pres/


Depuis le mois d’avril 2016, Izabela Ozieblowska élabore ses créations dans un atelier niché au cœur d’un village médiéval des Hautes-Côtes de Beaune, dont l’architecture n’a pu que l’inspirer. Elle nous a ouvert ses portes et livré quelque-uns de ses secrets…

Autoportrait© I.O.

Izabela est maître-verrier, ou si l’on préfère, vitrailliste, bien que ce vocable nous semble passablement dissonant pour désigner un art aussi subtil. Elle a acquis ses compétences et son savoir-faire durant ses treize années d’études d’Histoire de l’Art en Pologne, à l’Université Jagellon à Cracovie, à l’Académie des Beaux-Arts de Katowice et à l’Académie des Beaux-Arts, département peinture, de Wroclaw. C’est également à Wroclaw qu’elle s’est tournée vers l’art du vitrail, avec pour guide le très distingué professeur Ryszard Wieckowski, qui disait d’elle « qu’elle était l’une des trois meilleures de Pologne. »

En 2016, elle s’installe avec son époux à Nolay, où ils créent LEUR atelier. « Nous travaillons ensemble depuis 25 ans. Je m’occupe de l’aspect artistique de chaque projet, et lui de la partie technique.« 

L’exposition

« Je présenterai deux vitraux abstraits et trois figuratifs »

© I.O.

« Les trois vitraux ont la même taille (53×63 cm) et la même source d’inspiration : le Visage. Le même pour chaque œuvre. Je voulais montrer combien chaque visage peut sembler différent en fonction de l’environnement, de l’époque et du contexte. Il exprime en tout cas une personnalité et une conscience. Cette représentation, qui date du 19ème siècle, s’intègre parfaitement dans le présent, la beauté du personnage est universelle et intemporelle. »

Le vitrail central a une histoire particulière.

« En 2020, j’ai participé à un concours régional organisé par l’Atelier d’Art de France dans la catégorie « Patrimoine« . J’ai présenté ce vitrail, il a été sélectionné pour l’exposition au Salon du patrimoine culturel, au Carrousel du Louvre. Malheureusement, en raison de la Covid et du confinement, tout a été annulé.

© I.O.
© I.O.

« Dame Nature m’a ensuite inspiré les deux vitraux abstraits ci-contre. Ils seront également exposés à la Concept Store Gallery. Nous avons d’une part une ébauche de mur avec des efflorescences de sel, et de l’autre, la lave. Pour moi, l’abstraction est un jeu de couleurs. Je m’inspire d’un fragment de nature, je prends des photos, puis ensuite, j’imagine d’autres univers à partir de l’original, modifiant ainsi son image initiale. Je travaille ensuite selon la technique des poudres de verre. »

Comment Izabela procède-t-elle pour chaque création ?

« Créer un vitrail requiert, on l’a compris, un processus très long qui comprend plusieurs interventions et fait appel à différentes techniques. En ce qui me concerne, je prépare un dessin-projet qui doit correspondre à l’espace dans lequel il prendra place. On sait par ailleurs combien le symbolisme de la lumière traversant la matière a eu d’importance dans la pensée médiévale, à l’époque où l’art du vitrail prenait son essor. Chaque vitrail doit être conçu minutieusement, étape après étape : motif, forme, couleurs, dessin… »

Le vitrail n’est pas le seul mode d’expression d’Izabela, elle excelle également dans la gravure, la sérigraphie, la méthode « Tiffany » (procédé de montage à l’aide d’un ruban de cuivre), ou dans des techniques plus modernes comme le « fusing » (assemblage du verre par fusionnement) ou bien la poudre de verre qui, conjuguée au fusing, donne au vitrail des couleurs remarquables, mais aussi, un effet sculptural qui le rend encore plus exceptionnel. « J’adore ce procédé, les poudres produisent des effets visuels étonnants, des couleurs très lumineuses et permettent une totale liberté de création. Les vitraux réalisés selon cette technique sont uniques, contrairement à un vitrail peint traditionnel qui peut être reproduit. J’aime beaucoup faire des expériences, jouer sur la profondeur, mélanger les techniques pour obtenir le résultat final que je recherche. »

© I.O

Qu’ils soient classiques, sacrés ou modernes, les vitraux qui sortent de son atelier sont réalisés « dans le respect des techniques traditionnelles qui remontent au Moyen Âge« , tient-elle à préciser.

De la diversité des sources d’inspiration d’Izabela Ozieblowska (vitraux hors expo)…

© I.O. Restauration dans la chapelle de Wolczyn
© I.O. Pour le monastère des Pères Pauliniens de Jasna Gora a Czestochowa
© I.O.
© I.O.
© I.O.
© I.O.

Rappel : Expo du 9 au 17 décembre 2021 – Concept Store Gallery – Paris 6è

Propos recueillis par Anne Calmat

Le Grand livre des records de l’art – Éva Bensard – Charlotte Molas – DADA

Album grand format 37×26 cm – Copyright E. Bensard, C. Molas / Dada – À partir du 14 octobre 2021 – 52 p. 19€

Détail planche

Depuis la nuit des temps, les humains ont exprimé leur vécu au travers de témoignages graphiques ou de compositions tridimensionnelles.

L’album n’est pas un simple catalogue, chaque représentation fait l’objet d’un questionnement. On note par exemple la présence de la statuette d’une femme aux formes généreuses, sculptée dans l’ivoire d’une défense de mammouth. Elle a été baptisée La Vénus de Hohle Fels (le nom de la grotte où elle fut découverte). S’agit-il d’un culte rendu à une déesse ? D’un hommage personnel à la femme aimée ?

Les toutes premières représentations (- 73 000 ans) ont été découvertes en Afrique du Sud et en Asie (- 40 000 ans).

Quelques millénaires plus tard – un soupir dans l’histoire de l’humanité – nos aïeux homo-sapiens, faisant preuve d’un indéniable sens artistique, se racontent sur les parois de leur refuge. Celles des grottes de Chauvet ou de Lascaux.

Puis nous faisons un bond en avant, à la rencontre des plus remarquables, extravagantes, monumentales, scandaleuses (etc.) réalisations nées de l’imagination et du savoir-faire de l’homme. Une vingtaine de chapitres leur sont consacrées. On y trouve, statues géantes, colosses sculptés dans la montagne, tours et palais gigantesques, peintures démesurées, et bien sûr, chefs-d’œuvre picturaux patrimoniaux et extra-patrimoniaux…

Chaque sujet traité (une vingtaine en tout) apporte son lot d’informations ou de citations sous la forme de petits encarts (où ? quand ? pourquoi ? comment ? etc.)

Saviez-vous, par exemple, que…

Palais idéal

« La fée Électricité » de Raoul Dufy mesure 62, 4 m de longueur. – Le « Salvador Mundi » attribué à Léonard de Vinci est l’œuvre la plus chère de tous les temps. Elle a été achetée 450 millions de dollars par le royaume du Quatar. Toutefois, selon certains experts, il ne s’agirait pas d’un Vinci mais de l’œuvre de l’un de ses élèves.. – Joseph Ferdinand Cheval, facteur de son état, a passé 33 ans de sa vie à édifier, pierre après pierre trouvées sur sa route, un monument achevé en 1912 qu’il a nommé le « Palais idéal ». (v. ci-contre) – Qui a dit « Celui qui n’a pas gravi La Grande Muraille de Chine* n’est pas un homme brave » ?

Un album de nature à composer votre Quizz-Art personnel pour les soirées au coin du feu.

Anne Calmat

Sortie de 14 octobre

Diplômée de l’École du Louvre et de l’Université Panthéon-Sorbonne, Éva Bensard est journaliste, spécialisée dans l’art. Elle collabore depuis plusieurs années avec la revue DADA. Elle est aussi l’auteure d’une dizaines de livres pour la jeunesse, dont deux qui ont reçu le prix Historia.

Avec ses images décalées et enjouées, Charlotte Molas a d’abord séduit la presse (Le Parisien) et les marques (Le Slip français). Depuis quelques années, elle illustre aussi les albums, comme Vaches (Gallimard) ou Sales temps pour les licornes (L’Agrume).

Romain Dutter et les siens…

Septembre 2018/Ed. Steinkis

Il y a d’abord eu Symphonie carcérale, une bande dessinée autobiographique dans laquelle Romain Dutter, coordinateur culturel au sein du Centre Pénitentiaire de Fresnes, décrivait avec humour son combat pour permettre aux personnes incarcérées d’avoir accès à la culture et aux arts. Pendant une dizaine d’années, il va vivre des moments très intenses au contact des prisonniers qui, dès leur adhésion au projet, vont s’ouvrir à une autre forme d’évasion. 

Trois ans plus tard, Romain Dutter part à la découverte de la Roumanie post-communiste, trente ans après l’exécution du couple Ceausescu. Là aussi, de belles rencontres l’attendent…

Depuis le 30 septembre 2021 – Visuels © Bouqé (dessin) – R. Dutter (scénario), P. Bona (couleur) / Steinkis – 192 p., 20 €

Alice Guy – Catel – Bocquet – Ed. Casterman

Depuis le 22 septembre 2021 – Copyright C. Muller (dessin) – J-L Bocquet (scénario) / Casterman – 400 p., 24,95 €
Alice Guy (1873-1968)

Écoute-moi bien, Alice, sache une chose : ma fille actrice ? JAMAIS ! Je préfère te voir morte » avait déclaré Emile Guy.

Mais c’était sans compter avec la détermination de la jeune Alice, ballottée dès son enfance de pensionnat religieux en pensionnat religieux, de pays en pays, mais dotée d’un caractère vif, enjoué et d’une imagination débordante.

Après avoir été embauchée à l’âge de 21 ans au Comptoir de la photographie Gaumont, spécialisé dans la vente d’appareils, celle que sa mère destinait au secrétariat va rapidement gravir les échelons et faire sa première mise en scène. Ce sera « La fée aux choux », qui traite en moins d’une minute de la naissance des bébés, puis un peu plus tard, il y aura le très audacieux « Madame a des envies » (les envies d’un femme enceinte)… Elle va aussi se faire dramaturge et imaginer des scénarios plus « fun » que « l’Arrivée d’un train en gare de la Ciotat » ou « La sortie d’usine», des frères Lumière – ne négligeons cependant pas « L’arroseur arrosé » (1895). Alice Guy va ensuite participer de façon efficiente à l’édification du monument Cinéma, devenant ainsi, avec plusieurs centaines de films-minute ou de courts-métrages à son actif, l’égale de Louis et Auguste Lumière, Georges Méliès et de bien d’autres encore.

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C’est le fantastique parcours d’une femme « qui n’avait pas froid aux yeux » que nous suivons pas à pas sur près de 322 pages, agrémentées d’un supplément de 70 pages.

Un grand merci à Catel Muller et à Jean-Louis de l’avoir remise sous les feux de leurs pojecteurs !

Anne Calmat

 » Alice est ce qu’on appelle alors « une progressiste ». Aux Etats-Unis, elle adapte l’écrivain socialiste Upton Sinclair et en 1912 elle est la première, dans l’histoire du cinéma, à réaliser un film dont le casting est entièrement composé d’Afro-Américains. »

Catel Muller (dessin), Diplômée des Arts plastiques et Arts décoratifs de Strasbourg, Catel œuvre depuis 1990 dans l’illustration –romans, presse, littérature jeunesse. Dès 2000, elle ouvre la voie à une certaine bande dessinée féminine aux préoccupations contemporaines avec le personnage de bande dessinée Lucie chez Les Humanoïdes Associés, puis chez Casterman. Par ailleurs, elle développe ses évocations de destins de femmes avec des albums consacrés à l’historienne d’art Rose Valland, la chanteuse Édith Piaf, les comédiennes Mireille Balin, Mylène Demongeot et madame de Lafayette,. À partir de 2007, elle élabore avec José-Louis Bocquet des biographiques consacrées aux clandestines de l’histoire : Kiki de Montparnasse, Olympe de Gouges et Joséphine Baker. En solo, elle a aussi publié Ainsi soit Benoîte Groult et Le roman des Goscinny chez Grasset.
Catel Muller s’est imposée comme l’une des auteures les plus importantes de la bande dessinée francophone adulte, féminine et volontiers féministe. Son œuvre est couronnée par de nombreux prix prestigieux.

Jose-Louis Bocquet (scénario) a publié ses premiers romans dans la Série Noire chez Gallimard et a signé Les suivants chez Le Masque, Buchet/Chastel et La Table Ronde. Il est également l’auteur de monographies consacrées à Henri-Georges Clouzot, Georges Lautner, André Franquin et René Goscinny. Scénariste pour l’écran, José-Louis Bocquet a collaboré avec Pierre Jolivet, Hervé di Rosa, René Pétillon, Olivier Mégaton, Doug Headline, Patrick Grandperret et Georges Lautner. Scénariste de bandes dessinées, il a débuté dans les pages de Métal Hurlant et signé une dizaine d’albums avec les dessinateurs Serge Clerc, Arno, Max, Philippe Berthet, Francis Vallès, Steve Cuzor, Stanislas et Catel.

Commando Barbare – Burrato le Vertueux – Johan Sfar – Nicolas Kéramidas – Ed. Glénat

Depuis le 15 septembre 2021 – Copyright J. Sfar – N. Kemamidas / Glénat – 128 p., 19,95 €

Du jamais vu depuis près d’un siècle en Litkavie ! Dans le palais de Justice de la grande principauté de Gerçure d’Orteil, en l’an 83 de l’ère du Bien, on juge le sus-nommé Burrato (ici commentateur de ses propres tribulations), accusé d’avoir volé la recette hebdomadaire de la compagnie des Remonte-pentes. Malgré ses dénégations, les juges n’en démordent pas ; pour eux, le nain ritalien est coupable. Il ne lui reste qu’une solution : s’échapper du tribunal et confondre le vrai coupable, en l’occurrence « cette raclure de Mozzarello » qui est venu le « cuisiner » alors faisait tranquillement son cardio training.

Son évasion va être aussi périlleuse que spectaculaire…

Le ton est donné, c’est celui de l’heroïc fantaisy. Ou si l’on préfère, du récit héroïque, un genre littéraire où les forces en présence s’opposent en affrontements intenses et vigoureux, et où la liberté de décider des actions à mener est étroitement liée aux valeurs qui sont primordiales pour le (ou les) héros. Ce qui est parfaitement le cas de Burrato le Vertueux…

L’aspect médiéval de la fable imaginée par Johan Sfar, avec ses inventions langagières jubilatoires, est contrebalancé par son actualité socio-politique et admirablement servi par l’exubérance et la vitalité des images créées par Nicolas Keramidas.

Mais revenons à notre héros. Une fois hors d’atteinte, Burrato s’aventure au cœur de territoires oubliés, où il rencontre, entre autres « damnés de la terre », ses futurs acolytes, des étudiants déboussolés, qui pour la plupart ont été laissés sur le bord du chemin. Nous réalisons en effet que dans cette société, considérée comme accomplie, puisque débarrassée du Mal, les inégalité et les discriminations sont restées légion, et qu’un retour de bâton est toujours possible…

Anne Calmat


Keramidas

Nicolas Keramidas est né à Paris en 1972. Après un Bac A3 de dessin à Grenoble, il retourne à Paris pour deux ans d’études aux Gobelins (section animation). En 1993, il est embauché au sein de Walt Disney Studios à Montreuil. Parallèlement, il effectue divers travaux publicitaires pour la ville de Grenoble. Début 2000, il présente aux Editions Soleil un projet mettant en scène les aventures d’une petite fille, Luùna, durant l’ère préhistorique. Mais à l’issue d’une rencontre avec Didier Crisse, Luùna devient une jeune Amérindienne, et la première série de Nicolas chez Soleil, qui compte neuf tomes. Il a ensuite signé pour le même éditeur Tykko des Sables avec Arleston. Il a aussi réalisé un épisode de la série Donjon écrite par Joann Sfar et Lewis Trondheim. En 2012, il lance en compagnie de Tebo la trilogie Alice au pays des singes chez Glénat. En 2016 et 2018 il dessine les scénarios de Lewis Trondheim sur Mickey’s Craziest Adventures (2016) et Donald’s Happiest Adventures (2018). En 2021, il sort son premier livre en tant qu’auteur complet À cœur ouvert aux éditions Dupuis. Nicolas Keramidas réside à Grenoble.

Joann Sfar est un scénariste, dessinateur, romancier et réalisateur français. Ses contributions aux mondes de la bande dessinée et du cinéma font de lui un des personnages importants du paysage culturel français. En BD notamment, son œuvre pléthorique débutée à l’aube des années 90 chez L’Association, compte des œuvres essentielles parmi lesquelles on peut citer Petit VampireLe Chat du Rabbin ou Donjon… Joann Sfar est également connu pour ses carnets autobiographiques, caractérisés par leur spontanéité ainsi que leur liberté de ton et de forme. En 2010, son premier film Gainsbourg, une vie héroïque est récompensé d’un César pour le Prix du Premier Film. L’année suivante, son adaptation du Chat du Rabbin obtient également un César, cette fois pour le Prix du meilleur film d’animation. Marqué par l’héritage d’artistes tels que Fred, Hugo Pratt, Romain Gary, Chagall ou Quentin Blake, Joann Sfar développe un style sensible et onirique, traduit en dessin par une ligne tremblante, douce et élégante. Curieux et érudit, ses livres abordent de nombreuses thématiques dont l’amour, la création, la philosophie ou la religion. En outre, Joann Sfar est également un musicien ainsi qu’un rôliste confirmé. Commando Barbare signe son entrée au catalogue Glénat.

Cycle de lectures publiques au Théâtre de la Huchette – Paris (entrée libre)

23, rue de la Huchette – 75005 Paris – Métro Saint-Michel

AVIS AUX AMIS DU THÉÂTRE DE LA HUCHETTE

Organisées par les comédiens du Théâtre de la Huchette, ces lectures sont suivies d’une rencontre avec les auteurs. L’entrée est libre, mais il est impératif de réserver par mail à huchette.ath@gmail.com

Mercredi 6 octobre 2021 à 14h30

CE QUE J’APPELLE OUBLI de Laurent Mauvignier, avec Gérard Bayle

Quand il est entré dans le supermarché, il s’est dirigé vers les bières. Il a ouvert une canette et l’a bue. À quoi a-t-il pensé en étanchant sa soif ? À qui ? Je ne le sais pas. Ce dont je suis certain, en revanche, c’est qu’entre le moment de son arrivée et celui où les vigile l’ont arrêté, personne n’aurait imaginé qu’il n’en ressortirait pas…

Vendredi 8 et samedi 9 octobre 2021 à 15h

CONTE POUR PORTE-COCHÈRE de Marc Eacersail

Mise en scène Pascal Vannson. Avec Jérémie Corallo, Anne-Cécile Crapie, Éléonore Gurrey, Patrick Parroux, Alain Payen, Pascal Vannson

À la recherche d’un père qu’il n’a jamais connu, un jeune homme trouve un clochard qui l’aurait fréquenté. Il va falloir se comprendre…

Mercredi 13 octobre à 14h30

TOMBEAU POUR UN NÈGRE de Marc Villemain

Mise en lecture Hélène Cohen. Avec Claude Aufaure, Grégroire Bourbier, Hélène Cohen, Alain Payen, Bruno Raffaelli (de la Comédie-Française) et Harold Savary

Un auteur en vue, lauréat du plus prestigieux des prix littéraires, convoque quelques comparses à sa table : un brûlot anonyme s’apprêterait à dévoiler certaines de leurs pratiques inavouables. Ambitions, jalousies, hypocrisies, flagorneries, coups bas et coups de sang : le vernis mondain a tôt fait de craqueler.

Tombeau pour un nègre dresse le portrait facétieux mais grinçant d’une honorable petite communauté : celle des écrivains.

Théâtre : En ce moment à La Huchette…

Livret : Stéphane Laporte et Gaétan Borg
Musiques : Didier Bailly
Avec : Marina Pangos, Simon Heulle et Harold Savary

Livret et paroles : Stéphane Laporte, Gaétan Borg
Mise en scène :  Patrick Allui
Du mercredi au samedi à 21h – Durée 1h35 – Réservations 01 43 26 38 99 – 28,99 € / 18,99 €

En pleine campagne du Brexit, le cœur d’une jeune scénariste de jeux vidéo balance entre un Français et un Anglais, tandis que son destin emprunte un chemin similaire à celui de son héroïne, Aliénor d’Aquitaine.

Dans un théâtre aux allures d’Eurostar, une étonnante confrontation des mondes (réels et virtuels), mais aussi des époques, au fil de pérégrinations musicales révélatrices de choix impossibles, à l’issue inattendue…

Pleins feux sur Yoshiharu Tsuge, révélé en France par Cornélius ED.

À partir du 23 septembre 2021 – Copyright Tsuge Yoshiharu / Cornélius – 272 p., 27,50 €

Publiés dans différents magazines entre 1975 et 1981, les douze nouvelles qui composent ce volume, intitulé Saisi par la nuit, s’inscrivent dans une période sombre de la vie de Yoshiharu Tsuge.

Alors qu’il approche de la quarantaine, le mangaka apprend que sa femme est atteinte d’un cancer et il bascule dans une intense détresse. Il se retire alors de la vie publique, assailli par des ténèbres intimes.

La nécessité pousse Yoshiharu Tsuge à reprendre le travail, mais son inspiration est entravée par son état émotionnel. Il se tourne alors vers les recettes qui ont fait son succès : les carnets de voyage, les croquis du quotidien et les récits oniriques. Il parvient toutefois à éviter la répétition, renouvelant, grâce à son immense talent, ses propres procédés de création et poursuivant la recherche d’authenticité qui le guide.

Il ne publie cependant plus qu’au compte-gouttes. Son mariage et la naissance de son fils l’ont recentré sur son foyer et il se contente des droits d’auteur qu’il perçoit depuis son départ du mensuel d’avant-garde de la BD japonaise, Garo. Mais même dans ce moment d’extrême abattement, il n’a rien perdu de son exigence, les histoires qu’il écrit alors sont le reflet de ses émotions tortueuses. Il s’inspire de sa vie de couple et de ses voyages pour apporter un ton plus léger à ses récits, cependant que l’emprise du réel se fait de plus en plus suffocante, et que les angoisses qui le hantent depuis de nombreuses années se cristallisent à travers ses cauchemars, qui deviennent le sujet de plusieurs histoires.

Yoshiharu Tsuge fait alors appel au procédé mis en pratique dans La vis, et utilise la bande dessinée comme un exutoire de son inconscient tourmenté. Au milieu de tous ses rêves inquiétants, certaines histoires plus apaisées viennent contrebalancer la noirceur de ses récits…

À découvrir à partir du 23 septembre 2021.

Yoshiharu Tsuge est l’un des artistes les plus importants dans l’histoire du manga, celui qui a littéralement inventé le récit autobiographique. Et donc apporté une pierre essentielle à la construction d’un art adulte, en y injectant en outre une bonne dose d’ésotérisme. Avec Le marais, Les fleurs rouges, La vis, puis La jeunesse de Yoshio, Yoshiharu Tsuge atteint progressivement la pleine puissance de son art et crée le Watakushi manga (la bande dessinée du Moi).

Roland Léléfan « L’artiste » – Louise Mézel – La Joie de Lire

Depuis le 16 septembre 2021 – Copyright L. Mézel / Joie de Lire – 92 p., 12 € – À partir de 5 ans
« Roland est un charmant petit éléphant, curieux et rêveur. Il n’est pas contorsionniste mais il sait enrouler sa trompe et se coucher dessus, il sait aussi entortiller sa queue ou plier ses oreilles et même faire des nœuds avec pour ne pas entendre le tonnerre. Il en a si peur ! Il aime faire plein de choses comme arroser les plantes, lire des livres, prendre des bains moussants, faire des bulles et manger des céréales. Mais ce qu’il aime par dessus tout c’est raconter des histoires ! »

Roland nous entraîne cette fois à Rome, et plus précisément, dans la prestigieuse Villa Médicis… où il a obtenu une résidence d’artiste !

Il est vrai qu’à l’origine, le propriétaire de l’immense parc sur lequel elle a été fondée en 1666 par le Roi Soleil, se nommait Lucius Lucinius Lelefantus… C’est du moins ce que prétend l’auteure de ce délicieux album aux dessins délicats et aux couleurs vaporeuses.

Feignons de la croire et suivons Roland Léléfan dans les allées du temple de la création, où de nombreux touristes sont venus admirer les œuvres exposées.

Savent-ils tous que derrière les murs qui les entourent, bien à l’abri des regards, d’autres créatrices et créateurs venu-e-s du monde entier, élaborent les chefs-d’œuvres de demain, que d’autres touristes viendront à leur tour admirer ?

En quittant la Villa Médicis, il y a fort à parier, qu’au contact de tant de beauté, il leur semblera qu’eux aussi sont un peu devenus des artistes… Et nous avec.

Anne Calmat

Louise Mézel est une jeune illustratrice diplômée de l’ESA Saint-Luc de Bruxelles. Elle a étudié auparavant l’histoire de l’art et la littérature à Paris et Rome. Elle travaille pour de nombreux magazines et a également réalisé de nombreuses couvertures de livres. Louise Mézel a illustré plusieurs projets jeunesse dont  Demain, sélectionné et exposé au Concours européen d’illustration du Salon du livre et de la presse jeunesse de Seine-Saint-Denis (2013) ainsi qu’à la biennale d’illustration Ilustrarte de Lisbonne (2016) ; et un livre Ici très loin d’Ailleurs de Isabelle Mimouni aux Imaginemos (2013).

L’Or du Temps (Vol. 1/2) – Rodolphe- Oriol – Daniel Maghen éditions

À partir du 16 septembre 2021 – Copyright Rodolphe (scénario), Oriol (dessin) / D. Maghen – 80 p., 16 €

1890. Le Tout-Paris des arts, des lettres et du spectacle se presse dans les salons de l’hôtel particulier de Hugo de Reuhman, historien et égyptologue distingué. Son ami Théo Lemoine joue les maîtres de maison, la soirée promet d’être festive.

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Au premier étage, c’est une tout autre partition qui se joue : deux hommes tentent de forcer le coffre-fort qui se trouve dans le bureau de Reuhman.

Pris sur le fait, ils parviennent à s’enfuir, non sans avoir eu le temps de s’emparer d’une copie des documents dont ils convoitaient les originaux.

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Nous apprenons qu’il s’agit d’un ensemble de lettres écrites par Bernardino Drovetti*, nommé Consul de France au Caire par Talleyrand, antiquaire et aventurier patenté, lequel prétendait avoir trouvé, lors de fouilles dans les ruines d’un temple, un sarcophage phénicien contenant la dépouille du Grand prêtre Moloch, qui avait, dit-on, découvert le secret de l’immortalité (L’Or du Temps).

Dovretti l’aurait ensuite revendu au musée du Louvre dans les années 1850, mais force est de constater que le sarcophage a disparu depuis.

Les deux amis se lancent donc à la recherche de la sépulture du dieu, au nom de qui tant de sacrifices humains ont jadis été perpétrés.

Madame Polonius – voyance, lignes de la main & invocation des esprits.

L’album tient son lectorat en haleine du début à la fin, il fourmille d’épisodes fantastiques dans lesquels personnages historiques et fictifs se côtoient. C’est le Paris des années 1900 qui s’anime ainsi sous nos yeux : cabarets où les bourgeois viennent s’encanailler, cabinets de voyance – très en vogue à l’époque. Mais aussi, présence d’un « fantôme du Louvre », qui n’est pas sans rappeler le personnage de Belphégor, dont la longue silhouette hante les couloirs du musée dans le roman-feuilleton d’Arthur Bernède (1927), puis revint au milieu des années 1960 sur les écrans de télévision. On trouve également le témoignage d’un certain Hippolyte Filoselle, poète de son état devenu complètement gâteux, qui aurait eu en sa possession ledit sarcophage. Et pour finir, la très ambiguë Victoria, dont le comportement semble suspect…

Il y a largement de quoi être séduit par ce premier volume de L’Or du Temps, servi par un beau graphisme aux couleurs tranchantes, qui ponctuent chaque scène… Et attendre avec impatience le second.

Anne Calmat

* Après avoir travaillé à la création du musée de Turin, Jean-François Champollion réussit à convaincre les autorités françaises d’acheter de grandes collections privées, provenant pour la plupart de consuls européens en poste en Égypte (Salt et Drovetti notamment), pour des raisons marchandes ou diplomatiques. Voir www.louvre.fr-antiquités égyptiennes

Oriol

Oriol est un auteur espagnol né à Barcelone en 1983. Il commence sa carrière professionnelle en 2003 dans l’animation. Il a collaboré avec la société de production Filmax où il a travaillé à la production de Donkey Xote et a également développé des concepts et des backgrounds pour le film Nocturna. En 2010, avec Zidrou, il publie dans un album collectif chez Dupuis, sa première bande dessinée courte Maman Noël. En 2012, toujours sur un scénario de Zidrou, il publie La Peau de l’ours (Dargaud) qui nous fait voyager entre l’Italie moderne et les États-Unis des années 30. Le duo revient en 2015 avec un conte cruel, Les 3 Fruits, puis Natures Mortes (2017), un thriller haut en couleur dans la belle ville de Barcelone.

Rodolphe

Professeur de lettres, libraire puis journaliste, Rodolphe a abordé tous les genres d’écritures : une biographie de Stevenson, des livres sur le rock, des contes pour enfants et des romans. Et la BD ? Critique, organisateur de manifestations, commissaire d’expositions, il est surtout l’un des plus grands scénaristes actuels formé à bonne école : de sa rencontre avec Jacques Lob en 1975, sont nées une belle amitié et ses premières histoires. Il a, à ce jour, signé plus de deux-cents albums, mis en images par Ferrandez, Rouge, Juillard, Leo, Florence Magnin, René Follet, Annie Goetzinger, Vink, Michel Faure, Griffo… Ses principales réalisations ont pour titres Kenya, Namibia, Amazonie, Centaurus, Les Ecluses du Ciel, Commissaire Raffini, Trent, Le Baron Fou, La Marque Jacobs, Robert Sax, Brian Bones. Il prépare deux nouvelles séries avec son ami Leo et travaille sur deux autres projets pour les éditions Daniel Maghen.

Mes mauvaises filles – Zelba – Ed. Futuropolis

Depuis le 8 septembre 2021 – Copyright Zelba / Futuropolis – 160 p., 21 €

En 2006, deux sœurs aident leur mère à mourir. À sa demande, elles donnent la mort à celle qui leur a donné la vie.

Futuropolis

Après Dans le même Bateau, Zelba signe un roman graphique bouleversant et lumineux sur cet acte vertigineux. Elle évoque le moment, à la fois intime et universel, de la perte d’un être cher. Il aura fallu 13 ans à Zelba pour raconter cette histoire, croiser ses souvenirs avec ceux de sa sœur, changer certains noms et romancer en partie. Elle aborde de front l’euthanasie, ou la mort assistée, sujet qui suscite des débats contradictoires en Europe. Forte de son expérience, elle milite pour que chaque personne puisse choisir, le moment venu, de mourir comme elle l’entend.

À quel moment les soins palliatifs se transforment en acharnement thérapeutique ? Combien de temps peut-on décemment prolonger l’agonie ? Peut-on décider de mourir ? L’euthanasie, ou la mort assistée, est une question délicate à laquelle les pays d’Europe répondent de manière très différente. C’est en tout cas un sujet sensible qui parle à tout le monde.

© Alain Bujak

Le jour de la mort de Vincent Lambert, le 11 juillet 2019, Zelba décide de raconter les derniers instants de la vie de sa mère et dans quelles circonstances sa sœur et elle ont accepté de l’assister à mourir. Cette histoire, Zelba la porte en elle depuis 13 ans et avait tenté plusieurs fois de la raconter avant de renoncer. Ce jour-là, elle comprend qu’il est temps de témoigner et partager cette expérience douloureuse et universelle.

Wiebke Petersen, alias Zelba, est née en ex-RFA en 1973. Avant de devenir illustratrice, elle est championne de monde junior d’aviron (en deux sans barreur).

En 1999, elle intègre l’agence berlinoise « Hirschpool ».

Depuis 2006, elle publie des bandes dessinées aux éditions Jarjille et Marabulles avant de rejoindre Futuropolis. Avec Dans le même bateau, elle revient sur sa pratique de l’aviron à haut niveau à la fin des années 80 en Allemagne, au moment de la chute du mur de Berlin

Sousbrouillard – Anne-Caroline Pandolfo – Terke Risbjerg – Ed. Dargaud

À partir du 17 septembre 2021 – Copyright A-C Pandolfo (scénario), T. Risbjerg (dessin) / Dargaud – 200 p. 25 €
Sara
Ava de Moore
Sœur Sauveur

À l’origine, un simple bracelet de naissance sur lequel quelqu’un a inscrit « Sousbrouillard ». L’héroïne l’a reçu de sa mère adoptive sur son lit de mort. Sara, c’est le prénom qu’elle lui a donné lorsqu’elle l’a trouvée devant sa porte, décide de se rendre dans ce village perdu au milieu de nulle part, dans l’espoir d’y glaner quelques indices sur ses origines. Cette quête va être l’un des éléments d’une intrigue aux multiples ramifications.

Il y a du suspense, du fantastique aussi. Certains personnages ont beaucoup aimé et beaucoup souffert, ou bien, ont souffert de n’avoir pas su aimer le cadeau que la vie leur avait offert. D’autres ont vécu avec un désir de reconnaissance inassouvi, ou bien une soif de revanche. Sara, elle, se laisse porter par les événements et se contente d’assembler les pièces du puzzle qui peu à peu se forme devant elle.

Baptiste

Au cœur de tout ce désordre émotionnel, il y a la bien nommée – mais très atypique – Sœur Martine Sauveur, venue déciller les yeux de ses ouailles et les inciter à une plus large ouverture d’esprit. On trouve aussi une étrange « Chapelle aux ronces », et à quelques pas, la statue d’une Vierge triste, que les habitants de Sousbrouillard apprendront à réconforter en venant se confier à elle.

Et pour parachever le tout, il y a un lac mystérieux (personnage à part entière de l’intrigue), qui restera une énigme pour beaucoup.

Lazare
Octave (… et les autres)

On est totalement subjugué par cette histoire à tiroirs, dont l’auteure pousse l’artifice jusqu’à relancer le suspense aux tout derniers instants de la lecture de l’album.

Anne Calmat

Après une licence de lettres et un diplôme de l’école des arts décoratifs de Strasbourg, Anne-Caroline Pandolfo décide de se consacrer à l’illustration et à l’écriture. Elle travaille pendant trois ans pour Arte, puis écrit et réalise deux séries de dessins animés pour la télévision. Son premier album jeunesse, « Les Artistes » (L’Édune), sort en 2012. La même année, avec Terkel Risbjerg, elle signe sa première bande dessinée, « Mine » (Sarbacane). Suivent d’autres albums jeunesse en solo et plusieurs romans graphiques mis en images par Terkel : « L’Astragale« , « Le Roi des scarabées« , « La Lionne« , « Serena » (tous chez Sarbacane), « Perceval » (Le Lombard) et, en 2019, « Enferme-moi si tu peux » (Casterman), un ouvrage sur l’art brut. En 2021, le duo fait son entrée chez Dargaud avec « Sous-Brouillard« .

Terkel Risbjerg est né à Copenhague, au Danemark. Après des études de philosophie et de cinéma, il s’installe à Paris et travaille dans l’animation comme décorateur et story-boarder (« Yakari« , « Le Chat du Rabbin« ). « Mine » (Sarbacane), écrit par Anne-Caroline Pandolfo et publié en 2012, est son premier roman graphique. Les deux auteurs signent ensemble plusieurs albums de bande dessinée : « L’Astragale« , « Le Roi des scarabées« , « La Lionne« , « Serena » (tous chez Sarbacane), « Perceval » (Le Lombard) et, en 2019, « Enferme-moi si tu peux » (Casterman), un ouvrage sur l’art brut. En 2021, le duo fait son entrée chez Dargaud avec « Sous-Brouillard« . Terkel écrit également des livres pour la jeunesse.

Astrid ou l’Acerbe Comédie – Marc Tournebœuf – Comédie Bastille, Paris


Pièce en V actes et en vers de et mise en scène : Marc Tournebœuf – 15 septembre – 29 décembre 2021 – Tous les mercredis à 20h

Marc Tournebœuf

Distribution : Clémentine Aussourd, Ronan Bacikova, Damien Bellard, Pierre Besson, Baptiste Carrion Weiss, Basile Alaïmalaïs, Romain Company, Sébastien Giacomoni, Julia Mevel, Jeanne Pajon, Jean-Philippe Renaud et Alexiane Torres.

L’intrigue : Le roi est mort. Il laisse derrière lui une campagne militaire inachevée et un royaume parcouru par diverses tensions. Le peuple a faim, les nobles sont tout-puissants, les états voisins se préparent à continuer la guerre pour stopper définitivement les désirs d’invasion de la famille royale. Le jeune Erell, fils du feu roi, doit assurer la succession du trône de son père. Ayant grandi loin de la cour et de la politique, Erell éprouve une aversion obstinée pour son titre et son rôle. Il brise les codes, fait ministre un marquis libertin, tient tête aux nobles de la cour, change les lois ancestrales… Et rêve de voyages et d’ailleurs. Astrid, loin des conflits politiques et militaires de son temps, s’apprête à faire basculer le destin du royaume…

35€ en 1ère cat / 29€ en 2ème cat. – Moins de 26 ans : 10 € au guichet ou 11 €* sur notre site internet. Tarif « Onzième » (habitants du 11è arrond. ) : 11 € – 01 48 07 52 07

Abécédaire républicain -Peggy Kilhoffer – Avant- propos Robert Badinter – Ed Fayard

En librairie le 1er septembre 2021 – 86 p., 12 €

Après l’assassinat de Samuel Paty, en octobre 2020, le ministre de l’Éducation nationale a demandé à Robert Badinter d’enregistrer une brève vidéo rendant hommage à ce professeur pour qu’elle soit diffusée à tous les élèves. L’ancien garde des Sceaux y a donné sa définition de la laïcité et de la République.

Ces paroles ont inspiré une enseignante, Peggy Kilhoffer. En demandant à ses élèves de CM1-CM2, à Schiltigheim, en Alsace, de réfléchir à ces questions, en est sortie l’idée de cet Abécédaire républicain.

Avec leurs dessins et leurs mots d’enfants, de « Accepter » à « Zèle », en passant par « Solidarité » ou « Garantir », ses élèves livrent une vision juste, vibrante, de la République et de ses valeurs. Un document émouvant et nécessaire alors que les sondages et les médias évoquent souvent une jeunesse déconnectée de ce qui forge notre identité commune. Le fac-similé de cet abécédaire est précédé du texte d’hommage de Robert Badinter, d’un avant-propos de sa main ainsi que d’une préface de Peggy Kilhoffer qui nous livre le récit de cette aventure.

Peggy Kilhoffer est professeure à l’école Jean-Mermoz de Schiltigheim et formatrice dans l’académie de Strasbourg. 

Robert Badinter, avocat, fut ministre de la Justice (1981-1986) président du Conseil constitutionnel (1986-1995) et sénateur (1996-2001).

Aux Arts citoyens !