Archives de catégorie : Arts

Les arts du spectacle vivant, le street art, les expositions, l’agenda des manifestations culturelles…

EXPO IZABELA OZIEBLOWSKA – CONCEPT STORE GALLERY – LA BAULE

Rappel : Après une expo en décembre à Paris, on peut désormais retrouver Izabela Ozieblowka à La Baule

Vitraux d’Art Ozieblowcky, 21340 Nolay

Depuis le mois d’avril 2016, Izabela Ozieblowska élabore ses créations dans un atelier niché au cœur d’un village médiéval des Hautes-Côtes de Beaune, dont l’architecture n’a pu que l’inspirer. Elle nous a ouvert ses portes et livré quelque-uns de ses secrets…

Autoportrait© I.O.

Izabela est maître-verrier, ou si l’on préfère, vitrailliste, bien que ce vocable nous semble passablement dissonant pour désigner un art aussi subtil. Elle a acquis ses compétences et son savoir-faire durant ses treize années d’études d’Histoire de l’Art en Pologne, à l’Université Jagellon à Cracovie, à l’Académie des Beaux-Arts de Katowice et à l’Académie des Beaux-Arts, département peinture, de Wroclaw. C’est également à Wroclaw qu’elle s’est tournée vers l’art du vitrail, avec pour guide le très distingué professeur Ryszard Wieckowski, qui disait d’elle « qu’elle était l’une des trois meilleures de Pologne. »

En 2016, elle s’installe avec son époux à Nolay, où ils créent LEUR atelier. « Nous travaillons ensemble depuis 25 ans. Je m’occupe de l’aspect artistique de chaque projet, et lui de la partie technique.« 

L’exposition

« Je présenterai deux vitraux abstraits et trois figuratifs »

© I.O.

« Les trois vitraux ont la même taille (53×63 cm) et la même source d’inspiration : le Visage. Le même pour chaque œuvre. Je voulais montrer combien chaque visage peut sembler différent en fonction de l’environnement, de l’époque et du contexte. Il exprime en tout cas une personnalité et une conscience. Cette représentation, qui date du 19ème siècle, s’intègre parfaitement dans le présent, la beauté du personnage est universelle et intemporelle. »

Le vitrail central a une histoire particulière.

« En 2020, j’ai participé à un concours régional organisé par l’Atelier d’Art de France dans la catégorie « Patrimoine« . J’ai présenté ce vitrail, il a été sélectionné pour l’exposition au Salon du patrimoine culturel, au Carrousel du Louvre. Malheureusement, en raison de la Covid et du confinement, tout a été annulé.

© I.O.
© I.O.

« Dame Nature m’a ensuite inspiré les deux vitraux abstraits ci-contre. Ils seront également exposés à la Concept Store Gallery. Nous avons d’une part une ébauche de mur avec des efflorescences de sel, et de l’autre, la lave. Pour moi, l’abstraction est un jeu de couleurs. Je m’inspire d’un fragment de nature, je prends des photos, puis ensuite, j’imagine d’autres univers à partir de l’original, modifiant ainsi son image initiale. Je travaille ensuite selon la technique des poudres de verre. »

Comment Izabela procède-t-elle pour chaque création ?

« Créer un vitrail requiert, on l’a compris, un processus très long qui comprend plusieurs interventions et fait appel à différentes techniques. En ce qui me concerne, je prépare un dessin-projet qui doit correspondre à l’espace dans lequel il prendra placeOn sait par ailleurs combien le symbolisme de la lumière traversant la matière a eu d’importance dans la pensée médiévale, à l’époque où l’art du vitrail prenait son essor. Chaque vitrail doit être conçu minutieusement, étape après étape : motif, forme, couleurs, dessin… »

Le vitrail n’est pas le seul mode d’expression d’Izabela, elle excelle également dans la gravure, la sérigraphie, la méthode « Tiffany » (procédé de montage à l’aide d’un ruban de cuivre), ou dans des techniques plus modernes comme le « fusing » (assemblage du verre par fusionnement) ou bien la poudre de verre qui, conjuguée au fusing, donne au vitrail des couleurs remarquables, mais aussi, un effet sculptural qui le rend encore plus exceptionnel. « J’adore ce procédé, les poudres produisent des effets visuels étonnants, des couleurs très lumineuses et permettent une totale liberté de création. Les vitraux réalisés selon cette technique sont uniques, contrairement à un vitrail peint traditionnel qui peut être reproduit. J’aime beaucoup faire des expériences, jouer sur la profondeur, mélanger les techniques pour obtenir le résultat final que je recherche. »

© I.O

Qu’ils soient classiques, sacrés ou modernes, les vitraux qui sortent de son atelier sont réalisés « dans le respect des techniques traditionnelles qui remontent au Moyen Âge« , tient-elle à préciser.

De la diversité des sources d’inspiration d’Izabela Ozieblowska (vitraux hors expo)…

© I.O. Restauration dans la chapelle de Wolczyn
© I.O. Pour le monastère des Pères Pauliniens de Jasna Gora a Czestochowa
© I.O.
© I.O.
© I.O.

Propos recueillis par Anne Calmat

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Maxiplotte – Julie Doucet – Ed. L’Association (Anthologie)

Où l’on (re)découvre les comix hors normes de la québécoise Julie Doucet, publiés pour la plupart dans la série Dirty Plotte (1991-1998), souvent autobiographiques, et dont l’insolence à tous crins continue de séduire… ou plus rarement, de choquer.

Depuis le 20 novembre 2021 – Copyright J. Doucet / L’Association – 400 p., 35 € (Adultes et adolescents)
Dirty Plotte 1/14

Il n’est pas rare qu’un auteur ou une autrice de bandes dessinées, ayant officiellement cessé d’en faire vingt ans auparavant, continue d’exercer une réelle fascination sur les bédéistes. Cela devient plus rare lorsqu’il s’agit d’une autrice underground. C’est le cas de l’irrévérencieuse et reine de la provocation, Julie Doucet. Active entre 1987 et 1999, à une époque où les dessinatrices n’étaient pas légion, surtout à se situer sur le terrain de l’esthétique trash. Avec elle tout y passe : cycle menstruel, masturbation, changement de sexe, serpent à pipe, etc.

La conception éditoriale et graphique de Maxiplotte a été réalisée par Jean-Christophe Menu, premier éditeur de Julie Doucet en France et co-fondateur de L’Association, en étroite collaboration avec l’autrice québécoise. Véritable panorama de l’évolution de son travail, Maxiplotte rassemble des travaux réalisés au cours de ses douze années d’activité d’autrice de bande dessinée. S’y déploie une œuvre à la fois subversive, féministe et fantaisiste. Julie Doucet évoque crûment et avec humour la vie du corps – des règles au désir sexuel en passant par les crottes de nez, les stéréotypes de genre, ses expériences de jeune femme, sans oublier sa vie onirique qu’elle relate abondamment. En noir et blanc, les récits s’épanouissent au fil de cases aux décors minutieusement élaborés, peuplées de personnages aussi insolites qu’attachants.

Julie Doucet

Julie Doucet est certainement l’auteure québécoise de BD la plus connue du monde. Ses bandes sont publiées en anglais, en français, en allemand, en finlandais et en espagnol. De plus, ses planches originales ont été exposées dans plusieurs villes tant au Canada qu’aux États-Unis, en France et au Portugal. Née à Saint-Lambert le 31 décembre 1965, Julie Doucet étudie en arts plastiques au cégep du Vieux-Montréal au début des années 1980. C’est dans cet établissement, à la faveur d’un cours sur la bande dessinée, qu’elle commence à s’intéresser à cette forme d’art. Doucet obtient son diplôme d’études collégiales, puis s’inscrit à l’Université du Québec à Montréal où elle étudie les arts d’impression et les arts plastiques. À cette époque, Yves Millet publie la revue Tchiize! (bis) (sept numéros de 1985 à 1988), une des seules revues à ne pas être exclusivement consacrée à la bande dessinée d’humour. Julie Doucet fait paraître une première histoire courte dans le deuxième numéro et récidive dans les numéros suivants. Entre 1988 et 1990, elle collabore aux deux numéros de L’Organe (qui devient Mac Tin Tac en 1990) ainsi qu’à Rectangle, revue de rock francophone et de BD. Ces deux revues marquent l’émergence d’une nouvelle génération d’artistes montréalais underground dont font partie Doucet, Henriette Valium, Al+Flag, Marc Tessier, Alexandre Lafleur, Simon Bossé, Luc Giard, Siris, Jean-Pierrre Chansigaud, R. Suicide, etc. En septembre 1988, Julie Doucet fait le grand saut et crée son propre fanzine, Dirty Plotte, de format variable (et au titre tout aussi variable : Dirty Plotte Diet, Mini Plotte, Dead Plotte) qui paraît jusqu’en juin 1990 (quatorze numéros). C’est dans ces pages que Doucet met au point son style personnel de narration. Elle y entretient les lecteurs de ses fantasmes (réels ou inventés) et de ses angoisses, mais aussi de ses rêves, qu’elle note dans un journal personnel.

Théâtre : « L’image » (suivi de) « Un soir, « Au loin, un oiseau » et « Plafond »* – Samuel Beckett – Denis Lavant – Jacques Osinski – Le Lucernaire

  • Extraits de Pour en finir et autres foirades.

du 4 au 23 janvier 2022 – Réservations 01 45 44 57 34 ou sur lucernaire.fr – Tarifs : de 10 € à 28 € – Le Lucernaire 53 rue Notre-Dame-des-Champs, 75006 Paris M° Notre-Dame-des-Champs

Denis Lavant
Jacques Osinski

Notes de mise en scène de Jacques Osinski

« J’ai (eu) envie* d’une promenade, d’inviter le spectateur à entrer par des chemins détournés dans le crâne du narrateur beckettien. Que se passe-t-il sous ce crâne ? L’image et Pour finir encore et autres foirades« , deux recueils publiés aux Editions de Minuit, des textes cachés, « non-abandonnés », « unabandoned works », pour reprendre la terminologie de S.E Gontarski, éditeur américain de ces courts textes, si courts qu’ils auraient pu disparaître ou ne connaître une vie qu’une fois transformés en romans ou pièces de théâtre. Mais Beckett a tenu à ce qu’ils voient le jour au travers d’une publication. Le grand public les connaît moins que Godot, Fin de partie ou La Dernière Bande mais peut-être sont-ils plus chers que d’autres aux aficionados de Beckett. J’ai (eu) envie d’aller à leur rencontre, de manière légère, presque ludique. Comme le séjour de Beckett (dans sa maison) à Ussy, leur rédaction s’étale sur plusieurs années.

  • Le spectacle a été créé à l’Athénée-Louis Jouvet en mai 2021

L’image est une longue phrase de dix pages, sans aucune virgule, comme un souffle. Elle raconte la quête d’un souvenir. Elle fut publiée en 1988 mais écrite bien avant puisqu’on en retrouve les termes au début de Comment c’est, un roman qui date de 1961. Un soir et Au loin un oiseau datent des années 1960. Quatre textes. Dates éparses. Souvenirs épars. Un style qui évolue mais des thèmes qui reviennent, toujours la même recherche. Toujours un personnage en regarde un autre, une “tête” traversée de pensées observe un corps immobile. Toujours la naissance et la mort, traversées de touches de couleurs (le jaune d’Un soir, le blanc de Plafond), toujours la création et peut-être cette interrogation : Qu’est-ce qui fait que, nous les humains, éprouvons le besoin de dire et non de vivre seulement ? « J’allume, j’éteins, honteux, je reste debout devant la fenêtre, je vais d’une fenêtre à l’autre, en m’appuyant sur les meubles. Un instant je vois le ciel, les différents ciels, puis ils se font visages, agonies, les différentes amours, bonheurs aussi, il y en a eu aussi, malheureusement. Moments d’une vie, de la mienne entre autres, mais oui, à la fin. » raconte le narrateur de l’une des « foirades » publiées dans le même recueil. Je crois que j’ai envie, avec Denis, de saisir ces « moments d’une vie », de regarder ces textes en allant « d’une fenêtre à l’autre », avec cette espèce d’intimité que nous confère le long compagnonnage que nous avons entamé avec Beckett depuis Cap au pire (2017). J’ai envie que le spectateur soit comme dans une maison, spectateur de ce qui se passe à l’intérieur du crâne beckettien. Ce qui est à l’œuvre dans ces textes, c’est, pour reprendre le titre de l’ouvrage de Malebranche, philosophe du XVIIe siècle cité par Beckett dans L’Image, « la recherche de la vérité ». Malebranche se méfiait de l’imagination, cette « folle du logis » qui empêche de voir le vrai. Beckett aussi. Mais il ne peut s’empêcher de la laisser agir. Alors sans cesse il revient sur deux thèmes obsédants : tout d’abord, celui du « crâne », de la tête, tout à la fois espace mental, intérieur conscient de sa propre finitude, et lieu du théâtre même, crâne des vanités en peinture et cercueil qui scellera la fin. Puis, hors-champ, au-delà du lieu du théâtre, le thème de « l’image », celle qui s’échappe sans cesse et qu’on tente sans cesse de fixer, le souvenir d’un instant d’amour heureux, la quête du moment parfait, amoureux, tel ce couple se tenant par la main sur un champ de course dans L’image. Il s’agit de reconstituer l’instant fugace. Le faire revivre tout en sachant qu’il va s’échapper, tout en sachant l’inutilité des mots pour dire le vrai. C’est peut-être paradoxal, s’agissant de textes qui souvent parlent de la mort, mais j’ai envie de les aborder un peu comme des enfants qui jouent, qui jouent à mourir pour mieux revivre ensuite. On n’est pas encore mort tant qu’on peut parler de la mort et c’est bien vers la vie que j’ai envie d’aller.

Servante

Un plateau nu. Une Servante. Un comédien pour dire le texte. Pas besoin de plus. Denis Lavant me parlant de ses premières impressions de lecture songe aux haïkus japonais. Pour moi, ce spectacle sera comme un impromptu, un moment musical où il s’agit de saisir une beauté fugace, impromptu traversé par deux obsessions qui sont aussi, pour moi, celles du théâtre : la quête du moment parfait et le besoin d’arrêter le temps. »



Interprète de génie au cinéma comme à la scène, le comédien Denis Lavant nous parle de son rapport au corps et de la construction de son interprétation de personnages particulièrement désincarnés, comme chez Beckett.

Saisi par la nuit (Manga) – Yoshiharu Tsuge – Ed. Cornélius

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Depuis le 23 septembre 2021 – Copyright Tsuge Yoshiharu / Cornélius – 272 p., 27,50 €

Les douze nouvelles qui composent ce volume s’inscrivent dans une période sombre de la vie de Yoshiharu Tsuge.

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Alors qu’il approche de la quarantaine, le mangaka apprend que sa femme est atteinte d’un cancer. Il bascule alors dans une intense détresse et se retire de la vie publique, assailli par des ténèbres intimes.

La nécessité pousse cependant Yoshiharu Tsuge à reprendre le travail, mais son inspiration est entravée par son état émotionnel.

Mais même dans ce moment d’extrême abattement, il n’a rien perdu de son exigence, les histoires qu’il écrit alors sont le reflet de ses émotions tortueuses. Il s’inspire dans certains albums de sa vie de couple et de ses voyages pour apporter un ton plus léger à ses récits, cependant que l’emprise du réel se fait de plus en plus suffocante et que les angoisses qui le hantent depuis de nombreuses années se cristallisent à travers ses cauchemars, qui deviennent parfois le sujet de plusieurs histoires. Des histoires empruntes de fantasmes pornographiques violents, comme c’est ici le cas.

Au milieu de tous ses rêves inquiétants, certaines histoires plus apaisées viennent contrebalancer la noirceur de ses récits…

Planche p.84 « Saisi par la nuit »

EXPO Izabela Ozieblowska (2) – Concept Store Gallery – La Baule

Rappel : Après une expo à la Concept Store Gallery de Saint-Germain-des-Prés, en décembre 2021, on peut désormais retrouver Izabela Ozieblowka à La Baule…


Depuis le mois d’avril 2016, Izabela Ozieblowska élabore ses créations dans un atelier niché au cœur d’un village médiéval des Hautes-Côtes de Beaune, dont l’architecture n’a pu que l’inspirer. Elle nous a ouvert ses portes et livré quelque-uns de ses secrets…

Autoportrait© I.O.

Izabela est maître-verrier, ou si l’on préfère, vitrailliste, bien que ce vocable nous semble passablement dissonant pour désigner un art aussi subtil. Elle a acquis ses compétences et son savoir-faire durant ses treize années d’études d’Histoire de l’Art en Pologne, à l’Université Jagellon à Cracovie, à l’Académie des Beaux-Arts de Katowice et à l’Académie des Beaux-Arts, département peinture, de Wroclaw. C’est également à Wroclaw qu’elle s’est tournée vers l’art du vitrail, avec pour guide le très distingué professeur Ryszard Wieckowski, qui disait d’elle « qu’elle était l’une des trois meilleures de Pologne. »

En 2016, elle s’installe avec son époux à Nolay, où ils créent LEUR atelier. « Nous travaillons ensemble depuis 25 ans. Je m’occupe de l’aspect artistique de chaque projet, et lui de la partie technique.« 

L’exposition

« Je présenterai deux vitraux abstraits et trois figuratifs »

© I.O.

« Les trois vitraux ont la même taille (53×63 cm) et la même source d’inspiration : le Visage. Le même pour chaque œuvre. Je voulais montrer combien chaque visage peut sembler différent en fonction de l’environnement, de l’époque et du contexte. Il exprime en tout cas une personnalité et une conscience. Cette représentation, qui date du 19ème siècle, s’intègre parfaitement dans le présent, la beauté du personnage est universelle et intemporelle. »

Le vitrail central a une histoire particulière.

« En 2020, j’ai participé à un concours régional organisé par l’Atelier d’Art de France dans la catégorie « Patrimoine« . J’ai présenté ce vitrail, il a été sélectionné pour l’exposition au Salon du patrimoine culturel, au Carrousel du Louvre. Malheureusement, en raison de la Covid et du confinement, tout a été annulé.

© I.O.
© I.O.

« Dame Nature m’a ensuite inspiré les deux vitraux abstraits ci-contre. Ils seront également exposés à la Concept Store Gallery. Nous avons d’une part une ébauche de mur avec des efflorescences de sel, et de l’autre, la lave. Pour moi, l’abstraction est un jeu de couleurs. Je m’inspire d’un fragment de nature, je prends des photos, puis ensuite, j’imagine d’autres univers à partir de l’original, modifiant ainsi son image initiale. Je travaille ensuite selon la technique des poudres de verre. »

Comment Izabela procède-t-elle pour chaque création ?

« Créer un vitrail requiert, on l’a compris, un processus très long qui comprend plusieurs interventions et fait appel à différentes techniques. En ce qui me concerne, je prépare un dessin-projet qui doit correspondre à l’espace dans lequel il prendra place. On sait par ailleurs combien le symbolisme de la lumière traversant la matière a eu d’importance dans la pensée médiévale, à l’époque où l’art du vitrail prenait son essor. Chaque vitrail doit être conçu minutieusement, étape après étape : motif, forme, couleurs, dessin… »

Le vitrail n’est pas le seul mode d’expression d’Izabela, elle excelle également dans la gravure, la sérigraphie, la méthode « Tiffany » (procédé de montage à l’aide d’un ruban de cuivre), ou dans des techniques plus modernes comme le « fusing » (assemblage du verre par fusionnement) ou bien la poudre de verre qui, conjuguée au fusing, donne au vitrail des couleurs remarquables, mais aussi, un effet sculptural qui le rend encore plus exceptionnel. « J’adore ce procédé, les poudres produisent des effets visuels étonnants, des couleurs très lumineuses et permettent une totale liberté de création. Les vitraux réalisés selon cette technique sont uniques, contrairement à un vitrail peint traditionnel qui peut être reproduit. J’aime beaucoup faire des expériences, jouer sur la profondeur, mélanger les techniques pour obtenir le résultat final que je recherche. »

© I.O

Qu’ils soient classiques, sacrés ou modernes, les vitraux qui sortent de son atelier sont réalisés « dans le respect des techniques traditionnelles qui remontent au Moyen Âge« , tient-elle à préciser.

De la diversité des sources d’inspiration d’Izabela Ozieblowska (vitraux hors expo)…

© I.O. Restauration dans la chapelle de Wolczyn
© I.O. Pour le monastère des Pères Pauliniens de Jasna Gora a Czestochowa
© I.O.
© I.O.
© I.O.
© I.O.

Propos recueillis par Anne Calmat

Le Grand livre des records de l’art – Éva Bensard – Charlotte Molas – DADA

Album grand format 37×26 cm – Copyright E. Bensard, C. Molas / Dada – À partir du 14 octobre 2021 – 52 p. 19€

Détail planche

Depuis la nuit des temps, les humains ont exprimé leur vécu au travers de témoignages graphiques ou de compositions tridimensionnelles.

L’album n’est pas un simple catalogue, chaque représentation fait l’objet d’un questionnement. On note par exemple la présence de la statuette d’une femme aux formes généreuses, sculptée dans l’ivoire d’une défense de mammouth. Elle a été baptisée La Vénus de Hohle Fels (le nom de la grotte où elle fut découverte). S’agit-il d’un culte rendu à une déesse ? D’un hommage personnel à la femme aimée ?

Les toutes premières représentations (- 73 000 ans) ont été découvertes en Afrique du Sud et en Asie (- 40 000 ans).

Quelques millénaires plus tard – un soupir dans l’histoire de l’humanité – nos aïeux homo-sapiens, faisant preuve d’un indéniable sens artistique, se racontent sur les parois de leur refuge. Celles des grottes de Chauvet ou de Lascaux.

Puis nous faisons un bond en avant, à la rencontre des plus remarquables, extravagantes, monumentales, scandaleuses (etc.) réalisations nées de l’imagination et du savoir-faire de l’homme. Une vingtaine de chapitres leur sont consacrées. On y trouve, statues géantes, colosses sculptés dans la montagne, tours et palais gigantesques, peintures démesurées, et bien sûr, chefs-d’œuvre picturaux patrimoniaux et extra-patrimoniaux…

Chaque sujet traité (une vingtaine en tout) apporte son lot d’informations ou de citations sous la forme de petits encarts (où ? quand ? pourquoi ? comment ? etc.)

Saviez-vous, par exemple, que…

Palais idéal

« La fée Électricité » de Raoul Dufy mesure 62, 4 m de longueur. – Le « Salvador Mundi » attribué à Léonard de Vinci est l’œuvre la plus chère de tous les temps. Elle a été achetée 450 millions de dollars par le royaume du Quatar. Toutefois, selon certains experts, il ne s’agirait pas d’un Vinci mais de l’œuvre de l’un de ses élèves.. – Joseph Ferdinand Cheval, facteur de son état, a passé 33 ans de sa vie à édifier, pierre après pierre trouvées sur sa route, un monument achevé en 1912 qu’il a nommé le « Palais idéal ». (v. ci-contre) – Qui a dit « Celui qui n’a pas gravi La Grande Muraille de Chine* n’est pas un homme brave » ?

Un album de nature à composer votre Quizz-Art personnel pour les soirées au coin du feu.

Anne Calmat

Sortie de 14 octobre

Diplômée de l’École du Louvre et de l’Université Panthéon-Sorbonne, Éva Bensard est journaliste, spécialisée dans l’art. Elle collabore depuis plusieurs années avec la revue DADA. Elle est aussi l’auteure d’une dizaines de livres pour la jeunesse, dont deux qui ont reçu le prix Historia.

Avec ses images décalées et enjouées, Charlotte Molas a d’abord séduit la presse (Le Parisien) et les marques (Le Slip français). Depuis quelques années, elle illustre aussi les albums, comme Vaches (Gallimard) ou Sales temps pour les licornes (L’Agrume).

Romain Dutter et les siens…

Septembre 2018/Ed. Steinkis

Il y a d’abord eu Symphonie carcérale, une bande dessinée autobiographique dans laquelle Romain Dutter, coordinateur culturel au sein du Centre Pénitentiaire de Fresnes, décrivait avec humour son combat pour permettre aux personnes incarcérées d’avoir accès à la culture et aux arts. Pendant une dizaine d’années, il va vivre des moments très intenses au contact des prisonniers qui, dès leur adhésion au projet, vont s’ouvrir à une autre forme d’évasion. 

Trois ans plus tard, Romain Dutter part à la découverte de la Roumanie post-communiste, trente ans après l’exécution du couple Ceausescu. Là aussi, de belles rencontres l’attendent…

Depuis le 30 septembre 2021 – Visuels © Bouqé (dessin) – R. Dutter (scénario), P. Bona (couleur) / Steinkis – 192 p., 20 €

Cycle de lectures publiques au Théâtre de la Huchette – Paris (entrée libre)

23, rue de la Huchette – 75005 Paris – Métro Saint-Michel

AVIS AUX AMIS DU THÉÂTRE DE LA HUCHETTE

Organisées par les comédiens du Théâtre de la Huchette, ces lectures sont suivies d’une rencontre avec les auteurs. L’entrée est libre, mais il est impératif de réserver par mail à huchette.ath@gmail.com

Mercredi 6 octobre 2021 à 14h30

CE QUE J’APPELLE OUBLI de Laurent Mauvignier, avec Gérard Bayle

Quand il est entré dans le supermarché, il s’est dirigé vers les bières. Il a ouvert une canette et l’a bue. À quoi a-t-il pensé en étanchant sa soif ? À qui ? Je ne le sais pas. Ce dont je suis certain, en revanche, c’est qu’entre le moment de son arrivée et celui où les vigile l’ont arrêté, personne n’aurait imaginé qu’il n’en ressortirait pas…

Vendredi 8 et samedi 9 octobre 2021 à 15h

CONTE POUR PORTE-COCHÈRE de Marc Eacersail

Mise en scène Pascal Vannson. Avec Jérémie Corallo, Anne-Cécile Crapie, Éléonore Gurrey, Patrick Parroux, Alain Payen, Pascal Vannson

À la recherche d’un père qu’il n’a jamais connu, un jeune homme trouve un clochard qui l’aurait fréquenté. Il va falloir se comprendre…

Mercredi 13 octobre à 14h30

TOMBEAU POUR UN NÈGRE de Marc Villemain

Mise en lecture Hélène Cohen. Avec Claude Aufaure, Grégroire Bourbier, Hélène Cohen, Alain Payen, Bruno Raffaelli (de la Comédie-Française) et Harold Savary

Un auteur en vue, lauréat du plus prestigieux des prix littéraires, convoque quelques comparses à sa table : un brûlot anonyme s’apprêterait à dévoiler certaines de leurs pratiques inavouables. Ambitions, jalousies, hypocrisies, flagorneries, coups bas et coups de sang : le vernis mondain a tôt fait de craqueler.

Tombeau pour un nègre dresse le portrait facétieux mais grinçant d’une honorable petite communauté : celle des écrivains.

Théâtre : En ce moment à La Huchette…

Livret : Stéphane Laporte et Gaétan Borg
Musiques : Didier Bailly
Avec : Marina Pangos, Simon Heulle et Harold Savary

Livret et paroles : Stéphane Laporte, Gaétan Borg
Mise en scène :  Patrick Allui
Du mercredi au samedi à 21h – Durée 1h35 – Réservations 01 43 26 38 99 – 28,99 € / 18,99 €

En pleine campagne du Brexit, le cœur d’une jeune scénariste de jeux vidéo balance entre un Français et un Anglais, tandis que son destin emprunte un chemin similaire à celui de son héroïne, Aliénor d’Aquitaine.

Dans un théâtre aux allures d’Eurostar, une étonnante confrontation des mondes (réels et virtuels), mais aussi des époques, au fil de pérégrinations musicales révélatrices de choix impossibles, à l’issue inattendue…

Pleins feux sur Yoshiharu Tsuge, révélé en France par Cornélius ED.

À partir du 23 septembre 2021 – Copyright Tsuge Yoshiharu / Cornélius – 272 p., 27,50 €

Publiés dans différents magazines entre 1975 et 1981, les douze nouvelles qui composent ce volume, intitulé Saisi par la nuit, s’inscrivent dans une période sombre de la vie de Yoshiharu Tsuge.

Alors qu’il approche de la quarantaine, le mangaka apprend que sa femme est atteinte d’un cancer et il bascule dans une intense détresse. Il se retire alors de la vie publique, assailli par des ténèbres intimes.

La nécessité pousse Yoshiharu Tsuge à reprendre le travail, mais son inspiration est entravée par son état émotionnel. Il se tourne alors vers les recettes qui ont fait son succès : les carnets de voyage, les croquis du quotidien et les récits oniriques. Il parvient toutefois à éviter la répétition, renouvelant, grâce à son immense talent, ses propres procédés de création et poursuivant la recherche d’authenticité qui le guide.

Il ne publie cependant plus qu’au compte-gouttes. Son mariage et la naissance de son fils l’ont recentré sur son foyer et il se contente des droits d’auteur qu’il perçoit depuis son départ du mensuel d’avant-garde de la BD japonaise, Garo. Mais même dans ce moment d’extrême abattement, il n’a rien perdu de son exigence, les histoires qu’il écrit alors sont le reflet de ses émotions tortueuses. Il s’inspire de sa vie de couple et de ses voyages pour apporter un ton plus léger à ses récits, cependant que l’emprise du réel se fait de plus en plus suffocante, et que les angoisses qui le hantent depuis de nombreuses années se cristallisent à travers ses cauchemars, qui deviennent le sujet de plusieurs histoires.

Yoshiharu Tsuge fait alors appel au procédé mis en pratique dans La vis, et utilise la bande dessinée comme un exutoire de son inconscient tourmenté. Au milieu de tous ses rêves inquiétants, certaines histoires plus apaisées viennent contrebalancer la noirceur de ses récits…

À découvrir à partir du 23 septembre 2021.

Yoshiharu Tsuge est l’un des artistes les plus importants dans l’histoire du manga, celui qui a littéralement inventé le récit autobiographique. Et donc apporté une pierre essentielle à la construction d’un art adulte, en y injectant en outre une bonne dose d’ésotérisme. Avec Le marais, Les fleurs rouges, La vis, puis La jeunesse de Yoshio, Yoshiharu Tsuge atteint progressivement la pleine puissance de son art et crée le Watakushi manga (la bande dessinée du Moi).

Mes mauvaises filles – Zelba – Ed. Futuropolis

Depuis le 8 septembre 2021 – Copyright Zelba / Futuropolis – 160 p., 21 €

En 2006, deux sœurs aident leur mère à mourir. À sa demande, elles donnent la mort à celle qui leur a donné la vie.

Futuropolis

Après Dans le même Bateau, Zelba signe un roman graphique bouleversant et lumineux sur cet acte vertigineux. Elle évoque le moment, à la fois intime et universel, de la perte d’un être cher. Il aura fallu 13 ans à Zelba pour raconter cette histoire, croiser ses souvenirs avec ceux de sa sœur, changer certains noms et romancer en partie. Elle aborde de front l’euthanasie, ou la mort assistée, sujet qui suscite des débats contradictoires en Europe. Forte de son expérience, elle milite pour que chaque personne puisse choisir, le moment venu, de mourir comme elle l’entend.

À quel moment les soins palliatifs se transforment en acharnement thérapeutique ? Combien de temps peut-on décemment prolonger l’agonie ? Peut-on décider de mourir ? L’euthanasie, ou la mort assistée, est une question délicate à laquelle les pays d’Europe répondent de manière très différente. C’est en tout cas un sujet sensible qui parle à tout le monde.

© Alain Bujak

Le jour de la mort de Vincent Lambert, le 11 juillet 2019, Zelba décide de raconter les derniers instants de la vie de sa mère et dans quelles circonstances sa sœur et elle ont accepté de l’assister à mourir. Cette histoire, Zelba la porte en elle depuis 13 ans et avait tenté plusieurs fois de la raconter avant de renoncer. Ce jour-là, elle comprend qu’il est temps de témoigner et partager cette expérience douloureuse et universelle.

Wiebke Petersen, alias Zelba, est née en ex-RFA en 1973. Avant de devenir illustratrice, elle est championne de monde junior d’aviron (en deux sans barreur).

En 1999, elle intègre l’agence berlinoise « Hirschpool ».

Depuis 2006, elle publie des bandes dessinées aux éditions Jarjille et Marabulles avant de rejoindre Futuropolis. Avec Dans le même bateau, elle revient sur sa pratique de l’aviron à haut niveau à la fin des années 80 en Allemagne, au moment de la chute du mur de Berlin

Astrid ou l’Acerbe Comédie – Marc Tournebœuf – Comédie Bastille, Paris


Pièce en V actes et en vers de et mise en scène : Marc Tournebœuf – 15 septembre – 29 décembre 2021 – Tous les mercredis à 20h

Marc Tournebœuf

Distribution : Clémentine Aussourd, Ronan Bacikova, Damien Bellard, Pierre Besson, Baptiste Carrion Weiss, Basile Alaïmalaïs, Romain Company, Sébastien Giacomoni, Julia Mevel, Jeanne Pajon, Jean-Philippe Renaud et Alexiane Torres.

L’intrigue : Le roi est mort. Il laisse derrière lui une campagne militaire inachevée et un royaume parcouru par diverses tensions. Le peuple a faim, les nobles sont tout-puissants, les états voisins se préparent à continuer la guerre pour stopper définitivement les désirs d’invasion de la famille royale. Le jeune Erell, fils du feu roi, doit assurer la succession du trône de son père. Ayant grandi loin de la cour et de la politique, Erell éprouve une aversion obstinée pour son titre et son rôle. Il brise les codes, fait ministre un marquis libertin, tient tête aux nobles de la cour, change les lois ancestrales… Et rêve de voyages et d’ailleurs. Astrid, loin des conflits politiques et militaires de son temps, s’apprête à faire basculer le destin du royaume…

35€ en 1ère cat / 29€ en 2ème cat. – Moins de 26 ans : 10 € au guichet ou 11 €* sur notre site internet. Tarif « Onzième » (habitants du 11è arrond. ) : 11 € – 01 48 07 52 07

Abécédaire républicain -Peggy Kilhoffer – Avant- propos Robert Badinter – Ed Fayard

En librairie le 1er septembre 2021 – 86 p., 12 €

Après l’assassinat de Samuel Paty, en octobre 2020, le ministre de l’Éducation nationale a demandé à Robert Badinter d’enregistrer une brève vidéo rendant hommage à ce professeur pour qu’elle soit diffusée à tous les élèves. L’ancien garde des Sceaux y a donné sa définition de la laïcité et de la République.

Ces paroles ont inspiré une enseignante, Peggy Kilhoffer. En demandant à ses élèves de CM1-CM2, à Schiltigheim, en Alsace, de réfléchir à ces questions, en est sortie l’idée de cet Abécédaire républicain.

Avec leurs dessins et leurs mots d’enfants, de « Accepter » à « Zèle », en passant par « Solidarité » ou « Garantir », ses élèves livrent une vision juste, vibrante, de la République et de ses valeurs. Un document émouvant et nécessaire alors que les sondages et les médias évoquent souvent une jeunesse déconnectée de ce qui forge notre identité commune. Le fac-similé de cet abécédaire est précédé du texte d’hommage de Robert Badinter, d’un avant-propos de sa main ainsi que d’une préface de Peggy Kilhoffer qui nous livre le récit de cette aventure.

Peggy Kilhoffer est professeure à l’école Jean-Mermoz de Schiltigheim et formatrice dans l’académie de Strasbourg. 

Robert Badinter, avocat, fut ministre de la Justice (1981-1986) président du Conseil constitutionnel (1986-1995) et sénateur (1996-2001).

Pleins feux sur Georgia O’Keeffe (Expo & BD)

C O M M U N I Q U É
Centre Pompidou – Paris / 01 44 78 12 33

8 sept. – 6 déc. 2021
11h – 21h, tous les lundis, mercredis, vendredis, samedis, dimanches
11h – 23h, tous les jeudis
Copyright

Le Centre Pompidou présente une grande rétrospective de l’œuvre de Georgia O’Keeffe (1887-1986), la plus reconnue et la plus célébrée des peintres américaines. Elle retrace le parcours artistique d’une artiste dont la longévité lui valut d’être, successivement, la protagoniste de la première peinture moderniste américaine, de la recherche identitaire qui marque les années 1930, et de la peinture abstraite «hard edge» des années 1950.

Copyright (extrait du catalogue)
Alfres Stieglitz

Indissociable de son compagnon de vie, Alfred Stieglitz, photographe américain, galeriste, éditeur et promoteur de l’art moderne, O’Keeffe, s’est libérée de toutes les contraintes et les constructions liées au genre féminin au début du 20e siècle. Dans les années 1920, lorsqu’elle se fait remarquer pour la première fois dans le monde de l’art, O’Keeffe rejette largement l’étiquette de «femme artiste» qui lui a été attribuée par la critique.

Farouchement indépendante, elle suit son projet de vie et d’artiste avec une discipline de fer. Elle rejette les restrictions de genre dans tous les éléments imaginables, jusque dans la garde-robe austère qu’elle se dessine elle-même. Elle façonne ainsi une persona artistique au féminin, devenue aujourd’hui un modèle.

Copyright (extrait du catalogue)

Originaire des Grandes Plaines du Wisconsin, elle a très tôt la conviction qu’elle est appelée à devenir peintre. Elle rencontre Alfred Stieglitz en franchissant les portes de la galerie 291, fondée à New York, où il présente les artistes majeurs du modernisme. C’est lui qui exposera ses premières œuvres abstraites, teintées d’érotisme, et d’une spiritualité influencée par les écrits de Kandinsky. Cette exposition marque le début de la carrière de O’Keeffe, et la naissance de l’une des romances les plus médiatiques de l’histoire de l’art moderne.

Copyright (extrait du catalogue)

Bientôt reconnue par les plus prestigieuses institutions américaines vouées à l’art moderne, O’Keeffe expose ses œuvres au MOMA en 1928. Après un temps à New York, O’Keeffe multiplie les séjours au Nouveau Mexique, où elle découvre une lumière et des motifs à même de combler son goût des formes claires et synthétiques. Elle s’y installe définitivement en 1949, peignant des paysages qu’elle anthropomorphise à dessein, et traquant les formes qui témoignent des métamorphoses du vivant et des cycles de la Nature.

C O M M U N I Q U É
À partir du 2 septembre 2021 – Copyright Luca de Santis, Sara Colaone /Ed. Steinkis – 192p., 24 €

1949. Depuis la mort d’Alfred Stieglitz, trois ans auparavant, Georgia O’Keeffe s’est réfugiée dans son Ghost Ranch au Nouveau-Mexique, avec ses amies Maria Chabot, Anita Pollitzer et sa secrétaire Doris Bry, pour faire l’inventaire du patrimoine de photos et de dessins de Stieglitz.

À travers ce travail complexe, l’artiste retrace son propre parcours, dans la vie et dans l’art : de l’Arts Students League (New York, 1907) jusqu’à la consécration comme plus grande artiste femme américaine et à sa carrière des dernières années.

Sara Colaone et Luca de Santis

Les auteurs
Le scénariste Luca de Santis a signé en 2010 En Italie, il n’y a que des vrais hommes, puis Leda Rafanelli, la gitane anarchiste avec Sara Colaone (Steinkis, 2018) et Ariston Hotel (Ici-Même, 2019). Luca est également journaliste à Milan.

Sara Colaone est une dessinatrice italienne. Après une maîtrise en conservation des biens culturels et une thèse sur l’Histoire du cinéma, elle se consacre à la bande dessinée , Sara donne des cours de dessin à l’Académie des beaux-arts de Bologne. Chez Steinkis, elle a signé Leda Raffanelli, Les Evadées du harem et aujourd’hui Georgia O’Keeffe. Elle vit à Bologne.

La Capacité de survie

Copyright Kim Sung-hee (scénario et dessin) / Ed çà et là _ Sortie le 20 août 2021 – 200 p. 20 €

Une femme coréenne en proie à des doutes existentiels dans une société ultra-libérale qui laisse de nombreuses personnes dans la précarité.

Yeong-jin, jeune quarantenaire, enseigne dans un lycée privé protestant de Séoul. Elle est confrontée à des violences sociales de toutes parts. Non titulaire, elle se sent obligée, pour conserver son poste, d’accepter tout ce que lui demande son employeur. Submergée de travail – elle s’occupe aussi des enfants de sa sœur pendant ses vacances – elle souffre de n’avoir aucune reconnaissance de sa hiérarchie. Son petit ami travaille dans une association d’aide aux travailleurs migrants qui se font exploiter par les agriculteurs coréens dans des conditions qui frôlent l’esclavagisme. Sa mère continue à faire les ménages bien qu’ayant l’âge de la retraite. Et Yeong-jin vient de subir un hystérectomie… La violence de la société libérale l’affecte de plus en plus et l’amène à se poser des questions sur son rapport au travail, sur sa relation avec ses parents et sur l’avenir de son couple.

Superbe portrait d’une femme en révolte, La Capacité de survie est une réflexion très personnelle, politique et sociale, sur l’état d’un pays et la condition d’une femme, symbole de beaucoup d’autres.

Kim Sung-hee est née en 1975 en Corée. Elle a commencé sa carrière dans le manhwa en publiant des dessins de presse dans le journal de son université. Elle est l’autrice de plusieurs bandes dessinées inédites en France, qui traitent toutes de thèmes de société : « Le Yongsan où j’habitais » (récit de l’expropriation violente des habitants d’un immeuble de Séoul), « La Chambre immaculée » (enquête sur une épidémie de leucémies dans une usine de semi-conducteurs Samsung) ou encore « Nasty Bitch » (sur les femmes coréennes célibataires). Son dernier livre publié à ce jour, le roman graphique « You Are Black » (la vie d’un jeune mineur dans les années 1980), est paru en 2018.
Kim Sung-hee réside actuellement à Gangneung, en province, et continue de dessiner.

Théodore en a trop marre… – Marion MacGuinness – Guilia Priori – Deb Azra – Ed. Steinkis (Coll. SPALSH !)

Nom : POULET

Prénom : Théodore

Âge : 7 ans

Signes particuliers : Partisan du moindre effort, râleur de compétition, allergique aux contraintes du quotidien, rapidement saoulé de tout ce que les adultes peuvent lui demander de faire, avide de liberté, d’indépendance et d’autonomie. Mais aussi, malin, vif et capable de changer d’avis et de comprendre ce qui est le mieux pour lui…

Théodore va découvrir au fil des albums que ce n’est pas pour l’embêter qu’on attend certaines choses de lui, mais pour son bien. Les deux premiers paraîtront le 26 août 2021. (40p., 8€50)

©
© 2021 Steinkis groupe

Marion McGuinness est autrice et traductrice littéraire. Si elle a déjà signé deux romans (Égarer la tristesse et Une bonne et une mauvaise nouvelle chez Eyrolles) et de nombreux guides pratiques, Théodore Poulet est sa première collaboration pour des albums illustrés jeunesse. Mère de deux garçons de 6 et 11 ans, elle s’inspire de son quotidien pour scénariser cette nouvelle collection mettant en scène un petit garçon qui en a vraiment trop marre…
Vous pouvez retrouver Marion sur Instagram : @marion_mcguinness_

Deb Azra vit à Paris c’est la nouvelle illustratrice de Théodore Poulet, son dessin inspiré du monde de l’animation va mettre en image les aventures de votre nouveau héros ! C’est la première série de livres pour enfants pour cette jeune illustratrice qui exerce dans l’animation. 
Vous pouvez retrouver Deborah sur Instagram : @azrette

Giulia Priori vit en Italie avec ses deux chats et son compagnon. Elle travaille comme coloriste depuis près de dix ans pour la France, l’Italie et les États-Unis. Elle signe avec Théodore Poulet sa première collection en tant que dessinatrice. Giulia en a trop marre des oignons qui la font pleurer quand elle cuisine, de ses jolies chaussettes à motifs chatons qui disparaissent comme par magie dans la machine à laver. Vraiment : où vont ces fichues chaussettes ?
Vous pouvez retrouver Giulia sur Instagram : @giulia_priori_art

Ailefroide – Scénario Olivier Bocquet et Jean-Marc Rochette, illustrations Jean-Marc Rochette – Ed. Casterman

Coup d’œil dans le rétro, juillet 2018

POSTFACE BERNARD AMY / Ed. Casterman – 290 p., 28 €

Il n’y a pas deux vies d’alpiniste semblables, parce qu’il n’y a pas deux listes de sommets, de réussites et d’échecs semblables. En revanche, toutes les histoires d’alpiniste ont un point commun : leur commencement. Les débuts en alpinisme de Jean-Marc et Sempé, tels que racontés par Jean-Marc, pourraient sembler anecdotiques. Il n’en est rien. Ils sont remarquablement exemplaires. Ce que vivent aujourd’hui les jeunes gens qui découvrent l’univers de la haute montagne diffère peu de ce que nous montre le récit de Jean-Marc. Et il suffit de lire les nombreuses biographies publiées par les alpinistes depuis que l’ascension des montagnes est devenue un fait social, pour réaliser que tous ont vécu de la même façon leur « entrée en alpinisme ». Bernard Amy

Le peintre-sculpteur Jean-Marc Rochette, co-auteur de la série post-apocalyptique desTransperceneige (Intégrale parue chez Casterman en 2013), signe ici un roman autobiographie d’une incroyable richesse, tant sur le plan graphique qu’émotionnel.

Enfant, à Grenoble, sa double passion pour les arts et les hauteurs lui a été transmise par sa mère, qui l’entraînait dans les musées, mais aussi dans de multiples randonnées pédestres en direction des sommets environnants du Massif des Écrins.

© JM Rochette

On le découvre tout d’abord en arrêt devant une toile de Chaïm Soutine intitulée Le bœuf écorché, émerveillé par la force de l’œuvre. Quelques planches plus loin, le jeune Rochette a accompagné sa mère dans l’une de ces randonnées en moyenne montagne qu’elle affectionne tant. « C’est ce jour-là que je suis tombé amoureux de la montagne. C’était d’une beauté absolue et je n’avais qu’une idée en tête : monter, monter tout en haut. »

© JMR

À l’école, il s’ennuie ferme. Son inclinaison pour le dessin, balayée d’un revers de main par son professeur, est pour lui une source de réconfort. Son second échappatoire va être la varappe le long des parois rocheuses que l’on trouve à l’extérieur de la ville, en compagnie de l’un de ses futurs compagnons de cordée, Philippe Sempé.

Rapidement, leur objectif sera l’escalade de la face nord d’Ailefroide. Mais auparavant, il leur faut faire leurs classes.

Dès lors, chaque expérience va être plus exigeante que la précédente… 

© JMR

Le jeune Rochette a maintenant pris de l’assurance, il tente même l’ascension d’un glacier en solo, pour les beaux yeux de deux filles. Alors qu’il s’attend à être félicité par les alpinistes qu’il a dépassés au pas de charge, il se fait remonter les bretelles pour avoir pris des risques inconsidérés. Il retiendra la leçon et se souviendra de ceux que la montagne a dévorés, sans jamais rendre leurs corps.

Nous partageons avec lui les nuits à la belle étoile, les bivouacs, les avalanches, les chutes de pierres qui exposent au pire (et dont Rochette fera les frais), les crevasses qui happent les corps, les escalades à corde tendueles rappels à l’épaule… 

Que la montagne est belle et vibrante sous les pinceaux de Jean-Marc Rochette !

© JM Rochette

Le récit s’articule autour des différentes ascensions effectuées. Il permet aussi de mettre en lumière les grands noms de l’alpinisme : Edward Whymper, Gaston Rébuffat, Lionel Terray… Et plus près de nous, Bruno Chardin ou Jean-Claude Zartarian. Mais aussi, d’appréhender une époque révolue et une façon, plus romanesque et peut-être moins pragmatique, d’aborder chaque expédition.

Bien qu’ayant dû renoncer à être guide de haute montagne, suite à un grave accident survenu lors d’une course en solo, Jean-Marie Rochette considère qu’être alpiniste, c’est pour la vie. Au retour d’une escalade difficile dans le Massif des Écrins en 2016, il a déclaré à Bernard Amy : Tu te rends compte, je n’avais pas grimpé depuis quarante ans ! Et ce qui est formidable, c’est que tout m’est revenu, comme si ça datait d’hier.

Anne Calmat


Des souris et des hommes – Rébecca Dautremer – Ed. Tishina (texte intégral, trad. Maurice-Edgar Coindreau)

Copyright R. Dautremer / Tishina – Depuis novembre 2020 – 420 p., 37€

https://www.arte.tv/fr/videos/100369-000-A/roman-graphique-des-souris-et-des-hommes/

« J’ai vu des centaines d’hommes passer sur les routes et dans les ranchs, avec leur balluchon sur le dos et les mêmes mensonges dans la tête. J’en ai vu des centaines. Ils viennent, et, le travail fini, ils s’en vont ; et chacun d’eux a son petit lopin de terre dans la tête. Mais y’en a pas un qu’est foutu de le trouver. C’est comme le paradis. »

Il n’est pas rare qu’un roman mis en images – ici, mis en scène – par un(e) artiste, soit magnifié par la beauté et la puissance de ses illustrations. On le découvre alors sous un nouveau jour, il peut même y gagner une seconde vie en touchant un lectorat pour qui, hormis quelques grandes signatures, les road-trips américains des années 1930-40 sont passés de mode. Le nom de John Steinbeck reste quant à lui plutôt attaché au titre qui a succédé à cet ouvrage, Les Raisins de la colère (1939, Prix Pulitzer), dans lequel il décrit l’odyssée tragique de petits fermiers dépossédés, partis vers la Californie louer leurs bras comme travailleurs agricoles.

Dans Des souris et des hommes, John Steinbeck met en scène deux hommes, deux amis qui vont de ferme en ferme pour louer leur force de travail dans l’espoir de pouvoir, un jour, acquérir une petite ferme « bien à eux ». Il y a George, la tête pensante du duo, et Lennie, son ami d’enfance. Lennie est un colosse à la force surhumaine, mais pourvu de l’âge mental d’un enfant. Sa seule passion est de caresser des matières soyeuses et douces, comme par exemple les souris, que ses grosses paluches finissent inéluctablement par étouffer par excès de tendresse. Une jeune femme, passablement aguicheuse, va en faire les frais et sceller le destin du pauvre innocent.

C’est alors que nous revenons à notre propos initial : ce court roman, un rien tire-larmes, en même temps qu’expression de la misère et de la solitude humaine, qui des décennies plus tard perdurent chez toutes celles et ceux dont les vies ont été fracassées, trouve sous les pinceaux de Rébecca Dautremer une dimension souveraine rarement égalée. Un grand moment d’émotion, à offrir sans modération. Tout lectorat.

A. C.

Rébecca Dautremer est née en 1971 dans les Hautes-Alpes. Diplômée en graphisme de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs et passionnée de photographie, elle se tourne vers l’illustration jeunesse en 1996. Suivront plusieurs succès dont L’Amoureux et l’adulé Princesses oubliées ou inconnues. Elle a été récompensée par de nombreux prix, parmi lesquels la Pépite du Livre illustré et le Grand Prix de l’Illustration, en 2019. Ses deux derniers ouvrages, Les riches heures de Jacominus Gainsborough et Midi Pile, ont eux aussi rencontré un immense succès public et critique. Son adaptation graphique du classique de John Steinbeck Des souris et des hommes révèle toutes les finesses de son style, ponctué de clins d’œil aux illustrations des années 1930.

A. C.

Voir aussi (Archives BdBD) :

La Charge mentale des femmes et celle des hommes – Aurélia Schneider – Muzo – Ed. Larousse

Copyright A. Schneider, Muzo / Larousse – Depuis le 28 avril 2021 – 208 p., 17.95 €

Vie domestique, familiale, professionnelle ou sociale, vous êtes au front en permanence ? Tout se télescope, vos activités occupent votre cerveau et dévorent les espaces de pause dont votre corps et votre tête ont tant besoin ? Ne cherchez plus, vous êtes en pleine  surcharge mentale.

Avec cet ouvrage, vous apprendrez à :

• reconnaître vos vulnérabilités ;

• identifier des fonctionnements profonds qui opèrent à votre insu ;

• appliquer la règle des 8R : R comme prendre du Recul, Rectifier le tir ou Retomber sur ses pieds ;

• améliorer la qualité de vie de votre couple au quotidien.

Aurélia Schneider
Muzo

Après le succès de son premier livre, La charge mentale des femmes… et celle des hommes, le Dr Aurélia Schneider, ancienne interne des hôpitaux de Paris, spécialiste des thérapies comportementales et cognitives s’est associée au dessinateur Muzo pour proposer un guide enrichi de nouveaux cas cliniques, illustrant ses méthodes thérapeutiques aussi concrètes que simples, grâce à des dessins pleins d’humour et de justesse.

Autant d’outils pour vous aider à alléger votre charge mentale et prévenir le burn-out !

« D’accord, vous avez déjà trop de choses à faire. Alors, lire un livre, en plus, non merci, pas le temps ! Mais si, justement, la lecture de ce livre-ci va avoir un effet magique : juste un chapitre, chaque soir, et vous serez sauvé(e) !

Vous allez comprendre comment la charge mentale vous emprisonne ; rire de vous et de l’époque ; réfléchir aux choses à faire (ou à ne plus faire) ; puis agir, moins mais mieux. Et voilà le boulot : merci Aurélia et Muzo ! » *

  • Christophe André, médecin psychiatre

Esma (Double meurtre à la villa Matsuo) – Iwan Lépingle – Ed. Sarbacane

En librairie le 5 mai 2021
Copyright I. Lépingle / Sarbacane

La première fois qu’Audrey croise le regard d’Esma, par une chaude journée d’été, dans le domaine de milliardaires près de Genève dans lequel elles travaillent, une émotion forte et nouvelle lui enflamme le ventre. Alors quand la jeune Turque sans-papiers déboule chez elle au beau milieu de la nuit, dégoulinante des eaux noires du Léman, en lui disant que sa vedette de boss vient d’être noyée dans sa piscine par un mystérieux assassin, Audrey décide de la croire.

Tandis que l’enquête policière rame, que les médias se délectent de cette affaire sordide, Audrey cache sa protégée dans les villas vides du domaine. Mais le meurtrier court toujours. Et si Audrey avait manqué de discernement ? Et si le meurtrier était… une meurtrière ?

Né en 1974 à Orléans, Iwan Lépingle a fait de nombreux voyages en Asie puis a enseigné au Maroc.
Il publie en tant qu’auteur et dessinateur Kizilkum puis Rio Negro chez les Humanoïdes Associés, marqués par son goût du voyage et des grands espaces.
Une île sur la Volga est son deuxième album chez Sarbacane, après le très remarqué Akkinen zone toxique accueilli unanimement dans les médias.

L’accident de chasse – David L. Carlson – Landis Blair – ED. Sonatine

Copyright D. L. Carlson (scénario), Landis Blair (dessin) / Ed. Sonatine –
400 p., 29 €
Fauve d’Or Angoulême 2021

1959. Charlie Rizzo vient de perdre sa mère et doit emménager à Chicago avec son père, Matt, aveugle à la suite suite d’un accident de chasse, passionné de littérature et de poésie. C’est du moins la version officielle de la cause de sa cécité.

Mais un jour tout va basculer pour le père et le fils : Charlie a fait plusieurs pas de côté, Matt n’a pas d’autre choix, pour sauver le sauver de la prison, que de revenir sur un mensonge vieux de plusieurs dizaines d’années, au risque de casser le lien de complicité qui s’était instauré entre eux. Matt lui raconte alors ses années de prison… Un chemin initiatique éclairé par les poètes.

Touché par les faits à haute densité émotionnelle que lui a rapportés Charlie Rizzo, David L. Carlson va d’abord vouloir en faire un projet transmédia en l’adaptant au théâtre, en musique et au cinéma, mais après plusieurs déconvenues, et suite à sa rencontre avec Landis Blair, il décide d’en faire une bande dessinée.

L’élaboration graphique de L’Accident de chasse va prendre près de 4 ans au dessinateur (l’encrage d’une planche nécessite une journée entière), le résultat est à la hauteur.

Un chef-d’œuvre absolu ! Le style littéraire est fluide et de haute tenue, l’adaptation graphique en noir et blanc hachuré à la plume crée une incroyable symbiose entre les mots et les images.