Archives de catégorie : Arts

Les arts du spectacle vivant, le street art, les expositions, l’agenda des manifestations culturelles…

Communiqué : L’Atelier du Plateau fait son cirque – 13è édition


Lieu pluridisciplinaire du 19è arrondissement de Paris, ce Centre National de quartier est dédié aux Résidences, à la Création et à la Diffusion.

La treizième édition de notre festival de rencontres improvisées entre cirque et musique a sonné ! Chaque soir, huit artistes de cirque et un trio de musiciens se lancent à l’assaut d’un spectacle non recyclable au canevas imaginé dans l’après-midi. Leur seul mot d’ordre : la liberté absolue, l’écoute, la sincérité et une pointe d’humour iconoclaste. Pour cette nouvelle édition, le festival se ponctue par trois temps forts au cœur d’une scénographie imaginée par la plasticienne Camille Sauvage, transformant l’Atelier du Plateau en une maison de couleurs, avec bestioles d’intérieur et signes rupestres…

Quelque chose d’animal nous accompagnera la première semaine. On pourra y voir évoqué, incarné, tout un bestiaire d’animaux domestiques, sauvages, fantastiques et même y croiser quelques vraies bêtes.
La seconde semaine sera consacrée au mât chinois, orientant notre regard vers Le monde des cimes là où l’air dit-on se raréfie et les visions s’agrandissent. Au programme, ballets d’acrobaties, et autres courses poursuites verticales.
Enfin, nous tirerons le fil dans tous les sens. Nous clamerons
Les précaires équilibres de notre espèce, et laisserons aux fil-de-féristes le mot de la fin.


L’Atelier du Plateau – 5, rue du Plateau – 75019 Paris – M° Botzaris / Jourdain

01 42 41 28 22

cdnq@atelierduplateau.org

reservation@atelierduplateau.org

contacts

tarifs/réservations

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Communiqué : Festival de L’Imaginaire – du 8 au 15 octobre 2022

101 Bd Raspail, 75006 Paris Tel : 01 42 84 90 00

Le Festival de l’Imaginaire, scène ouverte aux peuples et civilisations du monde contemporain depuis 1997

Programme complet :

https://www.maisondesculturesdumonde.org/

Quarante ans ans donc déjà que ce qui n’était qu’une utopie perdure, et qu’année après année la Maison des Cultures du Monde propose à son public des témoignages du génie des peuples. Des spectacles certes mais aussi des enregistrements, des articles, des études, des ouvrages, auxquels collaborent des artistes, des universitaires, des chercheurs, des passionnés de culture.
Dix-neuf puis trente parutions de « L’internationale de l’Imaginaire », près de deux-cents éditions de vinyles et CD dans la collection INEDIT, quelques dizaines de catalogues, beaux livres et autres publications pour compléter ces approches des expressions culturelles dans la richesse de leurs diversités. Mais aussi des initiatives pour que la recherche progresse, avec la création du concept de l’ethno-scénologie, cette discipline que nous avons portée sur les fonts baptismaux en 1995 pour que le concept de patrimoine culturel immatériel, à la création duquel nous avons participé, trouve en France le soutien d’une institution culturelle pour surmonter des réticences administratives caduques.
Quarante ans d’efforts d’une équipe réduite de passionnés courageux, travailleurs, convaincus de ce qui devenait pour eux une véritable
mission. Tout cela se célèbre certes, mais dans la sobriété, la continuité, avec cependant quelques clins d’œil de rappel dans ce programme du Festival de l’Imaginaire qui boucle, lui, son quart de siècle. » Chérif Khaznadar Président de la Maison des Cultures du Monde-CFPC

Que la fête continue !

La couleur des choses – Martin Panchaud – Ed. Cà et Là

En librairie le 9 septembre 2022 – Copyright M. Panchaud / Cà et Là – 236 p., 24 €

BD : l’expérience visuelle de Martin Panchaud – Regarder le …Arte.tv8 août 2020

C O M M U N I Q U É

Simon, un jeune Anglais de 14 ans un peu rondouillard, est constamment l’objet de moqueries de la part des jeunes de son quartier, qui le recrutent pour toutes sortes de corvées. Un jour qu’il fait les courses pour une diseuse de bonne aventure, celle-ci lui révèle quels vont être les gagnants de la prestigieuse course de chevaux du Royal Ascot. Simon mise alors secrètement toutes les économies de son père sur un seul cheval, et gagne plus de 16 millions de livres. Mais quand il revient chez lui, Simon trouve sa mère dans le coma et la police lui annonce que son père a disparu… Étant mineur, Simon ne peut pas encaisser son ticket de pari. Pour ce faire, et pour découvrir ce qui est arrivé à sa mère, il doit absolument retrouver son père. Au terme d’une aventure riche en péripéties et en surprises, Simon, l’éternel perdant, deviendra un gamin très débrouillard.

La Couleur des choses bouscule les habitudes des lecteurs et lectrices de BD ; le livre est intégralement dessiné en vue plongeante sans perspective et tous les personnages sont représentés sous forme de cercles de couleur.

Le récit oscille entre comédie et polar, avec une technique graphique surprenante qui mêle architecture, infographies et pictogrammes à foison. Cela donne un roman très graphique étonnant et captivant.

M. Panchaud

Martin Panchaud est né en 1982 à Genève, en Suisse, et vit depuis quelques années à Zurich. Auteur et illustrateur, il a réalisé plusieurs bandes dessinées, des récits graphiques grand format et de nombreuses infographies, dans un style visuel unique. Sa très forte dyslexie a été un frein à sa scolarité et l’a empêché de suivre des études supérieures. Il a néanmoins suivi une formation de bande dessinée à l’EPAC, à Saxon, puis a obtenu un Certificat Fédéral de Capacité de graphiste à Genève. Sa dyslexie lui a fait placer la lecture, ainsi que l’interprétation des formes et de leurs significations, au centre de ses recherches, et l’a incité à choisir un style très particulier pour exprimer sa créativité et raconter des histoires. Grâce à son travail, il a reçu plusieurs récompenses et a effectué de nombreuses résidences artistiques afin de développer ses projets de création. Exposé dans divers établissements culturels en Europe, comme le Barbican Centre de Londres et le Centre
culturel Onassis Stegi d’Athènes, il s’est notamment distingué par son impressionnante œuvre intitulée SWANH.NET, une adaptation dessinée de 123 mètres de long de l’épisode IV de Star Wars, mise en ligne en 2016 (v. ci-après).
La Couleur des choses, son premier roman graphique, a été initialement publié en allemand par Edition Moderne en 2020 et a remporté de nombreux prix en Suisse et en Allemagne.

1942-2022 – Éluard, encore et toujours – Une autre réalité…

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Copyright Sebastian Abbo, 2022

Liberté.

Paul Eluard, 1942

Molière sa majesté l’acteur – Pierre Senges – Stéphane Bloch – La Joie de Lire (livre-CD)

Depuis. le 17 mars 2022 – Copyright P. Senges (scénario) & Serge Bloch (illustrations) / La Joie de Lire – Dès 6 ans, 80 p., 24,90 €

Un Livre CD qui donne à voir l’enfance du petit Jean-Baptiste Poquelin, avant qu’il ne devienne Molière, lu par Arnaud Mazorati et interprété par Les Lunaisiens et Les Pages du Centre de musique baroque de Versailles.

Frédéric Ladone

Les plus anciens n’auront pas oublié la part belle que la metteuse en scène-cinéaste, Ariane Mnouchkine fit au jeune Jean-Baptiste dans son film, Molière (1978). On assiste aux déambulations du presque adolescent dans le Paris de Louis XIV, où il va se nourrir de théâtre populaire, de l’art des bateleurs, des forains… Ce que voit alors le jeune Molière en herbe déterminera le destin du grand homme de théâtre français qu’il deviendra par la suite.

Parcourons maintenant l’album de Pierre Senges.

Jean-Baptiste, suivi de son grand-père, fou de théâtre (il aura tôt fait de détourner son petit-fils du destin universitaire que Jean Poquelin, tapissier du Roi, envisageait pour lui) a hâte d’atteindre le Pont-Neuf où le théâtre de la vie s’étale « en majesté » sous les yeux de tous les Parisiens.

Le Pont Neuf : « Un théâtre à ciel ouvert. On est sûr d’y voir des marchands d’onguents, des mimes, des acrobates, des jongleurs… » p. 16
Jean-Baptiste et Louis Poquelin partis à la découverte de  » toutes les merveilles qui se trouvent au centre de la ville ». p. 10
Marchand de remèdes miracles p. 18

C’est tout un éventail de sensations et une galerie de portraits que l’enfant, curieux de tout, va engranger, et qu’il restituera plus tard dans ses comédies.

Une autre scène nous attend quelques pages plus loin, au Jeu de Paume du Marais, où, dans le calme d’un vrai théâtre, avec une scène, des coulisses, un acteur en costume, tout maquillé de blanc est en train de répéter son texte. Il s’agit de Montdory, prince des acteurs, directeur de ce que sera notre actuel théâtre du Marais… Il prédit à ce gamin terrorisé, incapable d’articuler une réplique de la Médée de Pierre Corneille… un avenir dans la comédie.

Nous n’en dirons pas plus, si ce n’est que la simplicité du récit, des images et des sons est un un bain de jouvence pour celles ou ceux qui auront entre les mains ce merveilleux petit bouquin. Plongez-vous donc sans tarder dans ce récit, hommage au célèbre dramaturge dont on fête le 400è anniversaire de sa naissance, et entraînez dans votre sillage toutes celles et ceux, qui ensuite vous en remercieront. Un grand bravo également à Arnaud Marzorati et aux musiciens du Centre de Musique Baroque de Versailles, sans qui ce livre n’aurait peut-être pas eu tout à fait la même aura. https://youtu.be/9-7RhkVBfhQ

Anne Calmat

Grand prix 2022 de la BD d’Angoulême : Julie Doucet l’irrévérencieuse coupe l’herbe sous le pied à Catherine Meurisse et Pénélope Bagieu

Il n’est pas rare qu’un auteur ou une autrice de bandes dessinées, ayant officiellement cessé d’en faire vingt ans auparavant, continue d’exercer une réelle fascination sur les bédéistes. Cela devient plus rare lorsqu’il s’agit d’une autrice underground. C’est le cas de la reine de la provocation, Julie Doucet. Active entre 1987 et 1999, à une époque où les dessinatrices n’étaient pas légion, surtout à se situer sur le terrain de l’esthétique trash, avec elle tout y passe : cycle menstruel, masturbation, changement de sexe, serpent à pipe, etc.

La conception éditoriale et graphique de Maxiplotte a été réalisée par Jean-Christophe Menu, premier éditeur de Julie Doucet en France et co-fondateur de L’Association, en étroite collaboration avec l’autrice québécoise. Véritable panorama de l’évolution de son travail, Maxiplotte rassemble des travaux réalisés au cours de ses douze années d’activité d’autrice de bande dessinée. S’y déploie une œuvre à la fois subversive, féministe et fantaisiste. Julie Doucet évoque crûment et avec humour la vie du corps – des règles au désir sexuel en passant par les crottes de nez, les stéréotypes de genre, ses expériences de jeune femme, sans oublier sa vie onirique qu’elle relate abondamment. En noir et blanc, les récits s’épanouissent au fil de cases aux décors minutieusement élaborés, peuplées de personnages aussi insolites qu’attachants.

Julie Doucet

Julie Doucet est certainement l’auteure québécoise de BD la plus connue du monde. Ses bandes sont publiées en anglais, en français, en allemand, en finlandais et en espagnol. De plus, ses planches originales ont été exposées dans plusieurs villes tant au Canada qu’aux États-Unis, en France et au Portugal. Née à Saint-Lambert le 31 décembre 1965, Julie Doucet étudie en arts plastiques au cégep du Vieux-Montréal au début des années 1980. C’est dans cet établissement, à la faveur d’un cours sur la bande dessinée, qu’elle commence à s’intéresser à cette forme d’art. Doucet obtient son diplôme d’études collégiales, puis s’inscrit à l’Université du Québec à Montréal où elle étudie les arts d’impression et les arts plastiques. À cette époque, Yves Millet publie la revue Tchiize! (bis) (sept numéros de 1985 à 1988), une des seules revues à ne pas être exclusivement consacrée à la bande dessinée d’humour. Julie Doucet fait paraître une première histoire courte dans le deuxième numéro et récidive dans les numéros suivants. Entre 1988 et 1990, elle collabore aux deux numéros de L’Organe (qui devient Mac Tin Tac en 1990) ainsi qu’à Rectangle, revue de rock francophone et de BD. Ces deux revues marquent l’émergence d’une nouvelle génération d’artistes montréalais underground dont font partie Doucet, Henriette Valium, Al+Flag, Marc Tessier, Alexandre Lafleur, Simon Bossé, Luc Giard, Siris, Jean-Pierrre Chansigaud, R. Suicide, etc. En septembre 1988, Julie Doucet fait le grand saut et crée son propre fanzine, Dirty Plotte, de format variable (et au titre tout aussi variable : Dirty Plotte Diet, Mini Plotte, Dead Plotte) qui paraît jusqu’en juin 1990 (quatorze numéros). C’est dans ces pages que Doucet met au point son style personnel de narration. Elle y entretient les lecteurs de ses fantasmes (réels ou inventés) et de ses angoisses, mais aussi de ses rêves, qu’elle note dans un journal personnel.

À la rencontre du petit prince – Musée des Arts décoratifs (Paris) –

Le Musée des Arts Décoratifs présente la première grande exposition en France consacrée au Petit Prince, chef-d’œuvre intemporel de la littérature. Plus de 600 pièces célèbrent les multiples facettes d’Antoine de Saint-Exupéry : écrivain, poète, aviateur, explorateur, journaliste, inventeur, philosophe, porté toute sa vie par un idéal humaniste, véritable moteur de son œuvre. 

À l’occasion de cet hommage exceptionnel, le manuscrit original, conservé à la Morgan Library & Museum à New York et jusqu’alors jamais présenté au public français *, est mis en regard d’aquarelles, esquisses et dessins – pour la plupart inédits – mais également des photographies, poèmes, coupures de journaux, carnets de route, aquarelles, photos de famille, correspondances épistolaires,… correspondances. Le Petit Prince, dernier ouvrage édité du vivant de Saint-Exupéry, écrit et publié aux États-Unis en 1943 mais paru en France en 1946, est depuis lors un succès qui traverse les frontières et les époques, porteur d’un message universel.

Si le manuscrit du « Petit Prince » s’est retrouvé aux États-Unis, c’est parce que Saint-Exupéry y est parti en 1940. « Ses éditeurs américains lui ont proposé d’écrire un conte pour Noël 1942. Il est finalement publié, avec du retard, en avril 1943 », explique Alban Cerisier, historien de l’édition, commissaire de l’exposition. « Ce livre a été écrit aux États-Unis, entre New York et Long Island. Quand il est reparti en Afrique du Nord, pour rejoindre ses camarades militaires, il a confié le manuscrit à une ‘tendre amie’, qui l’a gardé pendant plusieurs années, et elle a finit par le vendre à la Morgan Library, une grande institution de conservation. »

Le Petit Prince est écrit durant son exil aux États-Unis et y est publié, en français et en anglais, en 1943. Ce n’est qu’en 1946 qu’il paraît, à titre posthume, dans la patrie de Saint-Exupéry. Une plongée dans l’enfance d’Antoine de Saint-Exupéry ouvre le parcours, retraçant la vie de l’auteur depuis sa naissance, le 29 juin 1900 à Lyon, jusqu’à son adolescence. Son éducation au sein d’une famille aristocrate, ses talents de poète et sa fascination pour les avions sont autant d’expériences qui irriguent son œuvre. Cette introduction aborde également l’idée même de l’enfance, au cœur du récit.

L’histoire intemporelle et l’écriture parsemée d’illustrations poétiques ont fait la renommée de ce livre, incontournable de la littérature jeunesse dont la portée philosophique est considérable. À travers certains indices disséminés dans les textes, les dessins et la vie de l’auteur, l’exposition vise à dévoiler les aspects parfois méconnus d’Antoine de Saint-Exupéry ainsi qu’à donner des clés de compréhension pour ce conte aussi universel qu’énigmatique. Héraut des pionniers de l’aviation, Antoine de Saint-Exupéry devient rapidement un écrivain de renom, de son premier roman Courrier Sud en 1929 à Vol de Nuit, couronné du prix Femina en 1931. Il s’engage ensuite dans des raids aériens et des tournées de promotion avec Air France et réalise des reportages engagés, en Espagne ou en URSS. L’exposition revient sur l’accident, en décembre 1935, d’Antoine de Saint-Exupéry et de son mécanicien André Prévot, à l’occasion d’un raid aérien entre Paris et Saigon. Cet épisode constitue le chapitre central de Terre des Hommes, mais marque surtout le point de départ du Petit Prince. La quatrième partie explore la place fondamentale qu’occupe le dessin dans la vie de l’auteur, pour qui dessiner représente une manière d’être en lien avec son enfance. C’est autour du dessin que l’aviateur et le petit prince se rencontrent : « S’il vous plaît… dessine-moi un mouton ! ». L’ensemble de dessins d’Antoine de Saint-Exupéry, ici rassemblés, constitue un important témoignage du talent protéiforme de l’auteur et montre qu’il a toujours dessiné, souvent sur ses lettres ou ses brouillons, parfois dans des carnets ou en pleine page, au milieu de ses manuscrits. À la rencontre du petit prince explore le couple formé par l’aviation et l’écriture qui anime pleinement l’œuvre de Saint-Exupéry. À l’occasion de son service militaire, Antoine de Saint-Exupéry entre dans l’aviation en 1921, avant de rejoindre l’Aéropostale. Ses aventures sur la ligne Casablanca-Dakar en 1926, comme chef d’escale à Cap Juby dans le Sahara entre 1927 et 1928, ou directeur de l’Aeroposta Argentina en 1929 sont à l’origine de ses récits inédits et palpitants. Ces vols inspirent ses deux premiers romans, Courrier sud (1929) et Vol de nuit (1931)

Pages manuscrites du Petit prince. Copyright Artcurial
Photographie de Consuelo de Saint-Exupéry dédicacée à Antoine : « 
Pour mon Tonnio. Son poussin qui l’aime à l’infini. Consuelo. », 1935

Tirage argentique d’époque
© Succession Consuelo de Saint Exupéry

L’exposition met en avant deux des figures capitales de la vie de Saint-Exupéry pendant la Seconde Guerre mondiale, qu’il passe aux États-Unis (il y arrive à la fin de 1940, afin de convaincre le gouvernement d’entrer en guerre) : son épouse Consuelo, qui aurait inspiré le personnage de la rose, et Léon Werth. Ami proche, ce dernier est un véritable maître à penser et soutien spirituel, également antimilitariste et anticolonialiste. C’est à lui que Le Petit Prince est dédié. Une salle entière est consacrée au point d’orgue de l’exposition : le manuscrit original du Petit Prince, conservé à New York, à la Morgan Library & Museum, présenté à Paris pour la première fois. Ce prêt exceptionnel est complété par des originaux inédits provenant d’une collection n’ayant encore jamais été rendue accessible au public.

Enfin, c’est la vie posthume du petit prince qui est explorée, comme le double littéraire qui survit à Saint-Exupéry, bien après sa mort. La disparition de l’auteur, héros mort pour la France en 1944, contribue en effet à sacraliser l’ouvrage. Pour conclure le parcours, 120 éditions étrangères parmi les presque 500 langues et dialectes dans lesquels le livre a été traduit sont réunies sous la forme d’une « bibliothèque universelle ». Avec l’exposition À la rencontre du petit prince, le Musée des Arts Décoratifs poursuit son cycle d’expositions sur la littérature jeunesse initié avec « Une histoire, encore ! 50 ans de création à l’école des loisirs » en 2016, et « Les Drôles de Petites Bêtes d’Antoon Krings » en 2019. Enfants, adultes, mais surtout enfants cachés au cœur des grandes personnes, tous sont invités à partager le message d’espoir humaniste d’Antoine de Saint-Exupéry, et de son ami, l’enfant venu d’ailleurs.

Exposition conçue en partenariat avec la Fondation Antoine de Saint Exupéry, le soutien du Comité international, des Friends of the Musée des Arts Décoratifs, des Éditions Gallimard, d’Eden Livres et de la Fondation Jan Michalski.
Et le soutien exceptionnel, par ses prêts, de la Morgan Library & Museum.

Musée des Arts Décoratifs
107, rue de Rivoli
75001 Paris

Tél. : +33 (0)1 44 55 57 50
Métro : Palais-Royal, Pyramides ou Tuileries
Autobus : 21, 27, 39, 48, 68, 69, 72, 81, 95

EXPO IZABELA OZIEBLOWSKA – CONCEPT STORE GALLERY – LA BAULE

Rappel : Après une expo en décembre à Paris, on peut désormais retrouver Izabela Ozieblowska à La Baule

Vitraux d’Art Ozieblowscy, 21340 Nolay

Depuis le mois d’avril 2016, Izabela Ozieblowska élabore ses créations dans un atelier niché au cœur d’un village médiéval des Hautes-Côtes de Beaune, dont l’architecture n’a pu que l’inspirer. Elle nous a ouvert ses portes et livré quelque-uns de ses secrets…

Autoportrait© I.O.

Izabela est maître-verrier, ou si l’on préfère, vitrailliste, bien que ce vocable nous semble passablement dissonant pour désigner un art aussi subtil. Elle a acquis ses compétences et son savoir-faire durant ses treize années d’études d’Histoire de l’Art en Pologne, à l’Université Jagellon à Cracovie, à l’Académie des Beaux-Arts de Katowice et à l’Académie des Beaux-Arts, département peinture, de Wroclaw. C’est également à Wroclaw qu’elle s’est tournée vers l’art du vitrail, avec pour guide le très distingué professeur Ryszard Wieckowski, qui disait d’elle « qu’elle était l’une des trois meilleures de Pologne. »

En 2016, elle s’installe avec son époux à Nolay, où ils créent LEUR atelier. « Nous travaillons ensemble depuis 25 ans. Je m’occupe de l’aspect artistique de chaque projet, et lui de la partie technique.« 

L’exposition

« Je présenterai deux vitraux abstraits et trois figuratifs »

© I.O.

« Les trois vitraux ont la même taille (53×63 cm) et la même source d’inspiration : le Visage. Le même pour chaque œuvre. Je voulais montrer combien chaque visage peut sembler différent en fonction de l’environnement, de l’époque et du contexte. Il exprime en tout cas une personnalité et une conscience. Cette représentation, qui date du 19ème siècle, s’intègre parfaitement dans le présent, la beauté du personnage est universelle et intemporelle. »

Le vitrail central a une histoire particulière.

« En 2020, j’ai participé à un concours régional organisé par l’Atelier d’Art de France dans la catégorie « Patrimoine« . J’ai présenté ce vitrail, il a été sélectionné pour l’exposition au Salon du patrimoine culturel, au Carrousel du Louvre. Malheureusement, en raison de la Covid et du confinement, tout a été annulé.

© I.O.
© I.O.

« Dame Nature m’a ensuite inspiré les deux vitraux abstraits ci-contre. Ils seront également exposés à la Concept Store Gallery. Nous avons d’une part une ébauche de mur avec des efflorescences de sel, et de l’autre, la lave. Pour moi, l’abstraction est un jeu de couleurs. Je m’inspire d’un fragment de nature, je prends des photos, puis ensuite, j’imagine d’autres univers à partir de l’original, modifiant ainsi son image initiale. Je travaille ensuite selon la technique des poudres de verre. »

Comment Izabela procède-t-elle pour chaque création ?

« Créer un vitrail requiert, on l’a compris, un processus très long qui comprend plusieurs interventions et fait appel à différentes techniques. En ce qui me concerne, je prépare un dessin-projet qui doit correspondre à l’espace dans lequel il prendra placeOn sait par ailleurs combien le symbolisme de la lumière traversant la matière a eu d’importance dans la pensée médiévale, à l’époque où l’art du vitrail prenait son essor. Chaque vitrail doit être conçu minutieusement, étape après étape : motif, forme, couleurs, dessin… »

Le vitrail n’est pas le seul mode d’expression d’Izabela, elle excelle également dans la gravure, la sérigraphie, la méthode « Tiffany » (procédé de montage à l’aide d’un ruban de cuivre), ou dans des techniques plus modernes comme le « fusing » (assemblage du verre par fusionnement) ou bien la poudre de verre qui, conjuguée au fusing, donne au vitrail des couleurs remarquables, mais aussi, un effet sculptural qui le rend encore plus exceptionnel. « J’adore ce procédé, les poudres produisent des effets visuels étonnants, des couleurs très lumineuses et permettent une totale liberté de création. Les vitraux réalisés selon cette technique sont uniques, contrairement à un vitrail peint traditionnel qui peut être reproduit. J’aime beaucoup faire des expériences, jouer sur la profondeur, mélanger les techniques pour obtenir le résultat final que je recherche. »

© I.O

Qu’ils soient classiques, sacrés ou modernes, les vitraux qui sortent de son atelier sont réalisés « dans le respect des techniques traditionnelles qui remontent au Moyen Âge« , tient-elle à préciser.

De la diversité des sources d’inspiration d’Izabela Ozieblowska (vitraux hors expo)…

© I.O. Restauration dans la chapelle de Wolczyn
© I.O. Pour le monastère des Pères Pauliniens de Jasna Gora a Czestochowa
© I.O.
© I.O.
Pour les budgets modestes (- de 15 €) )© I.O.

Propos recueillis par Anne Calmat

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Maxiplotte – Julie Doucet – Ed. L’Association (Anthologie)

Où l’on (re)découvre les comix hors normes de la québécoise Julie Doucet, publiés pour la plupart dans la série Dirty Plotte (1991-1998), souvent autobiographiques, et dont l’insolence à tous crins continue de séduire… ou plus rarement, de choquer.

Depuis le 20 novembre 2021 – Copyright J. Doucet / L’Association – 400 p., 35 € (Adultes et adolescents)
Dirty Plotte 1/14

Il n’est pas rare qu’un auteur ou une autrice de bandes dessinées, ayant officiellement cessé d’en faire vingt ans auparavant, continue d’exercer une réelle fascination sur les bédéistes. Cela devient plus rare lorsqu’il s’agit d’une autrice underground. C’est le cas de l’irrévérencieuse et reine de la provocation, Julie Doucet. Active entre 1987 et 1999, à une époque où les dessinatrices n’étaient pas légion, surtout à se situer sur le terrain de l’esthétique trash. Avec elle tout y passe : cycle menstruel, masturbation, changement de sexe, serpent à pipe, etc.

La conception éditoriale et graphique de Maxiplotte a été réalisée par Jean-Christophe Menu, premier éditeur de Julie Doucet en France et co-fondateur de L’Association, en étroite collaboration avec l’autrice québécoise. Véritable panorama de l’évolution de son travail, Maxiplotte rassemble des travaux réalisés au cours de ses douze années d’activité d’autrice de bande dessinée. S’y déploie une œuvre à la fois subversive, féministe et fantaisiste. Julie Doucet évoque crûment et avec humour la vie du corps – des règles au désir sexuel en passant par les crottes de nez, les stéréotypes de genre, ses expériences de jeune femme, sans oublier sa vie onirique qu’elle relate abondamment. En noir et blanc, les récits s’épanouissent au fil de cases aux décors minutieusement élaborés, peuplées de personnages aussi insolites qu’attachants.

Julie Doucet

Julie Doucet est certainement l’auteure québécoise de BD la plus connue du monde. Ses bandes sont publiées en anglais, en français, en allemand, en finlandais et en espagnol. De plus, ses planches originales ont été exposées dans plusieurs villes tant au Canada qu’aux États-Unis, en France et au Portugal. Née à Saint-Lambert le 31 décembre 1965, Julie Doucet étudie en arts plastiques au cégep du Vieux-Montréal au début des années 1980. C’est dans cet établissement, à la faveur d’un cours sur la bande dessinée, qu’elle commence à s’intéresser à cette forme d’art. Doucet obtient son diplôme d’études collégiales, puis s’inscrit à l’Université du Québec à Montréal où elle étudie les arts d’impression et les arts plastiques. À cette époque, Yves Millet publie la revue Tchiize! (bis) (sept numéros de 1985 à 1988), une des seules revues à ne pas être exclusivement consacrée à la bande dessinée d’humour. Julie Doucet fait paraître une première histoire courte dans le deuxième numéro et récidive dans les numéros suivants. Entre 1988 et 1990, elle collabore aux deux numéros de L’Organe (qui devient Mac Tin Tac en 1990) ainsi qu’à Rectangle, revue de rock francophone et de BD. Ces deux revues marquent l’émergence d’une nouvelle génération d’artistes montréalais underground dont font partie Doucet, Henriette Valium, Al+Flag, Marc Tessier, Alexandre Lafleur, Simon Bossé, Luc Giard, Siris, Jean-Pierrre Chansigaud, R. Suicide, etc. En septembre 1988, Julie Doucet fait le grand saut et crée son propre fanzine, Dirty Plotte, de format variable (et au titre tout aussi variable : Dirty Plotte Diet, Mini Plotte, Dead Plotte) qui paraît jusqu’en juin 1990 (quatorze numéros). C’est dans ces pages que Doucet met au point son style personnel de narration. Elle y entretient les lecteurs de ses fantasmes (réels ou inventés) et de ses angoisses, mais aussi de ses rêves, qu’elle note dans un journal personnel.

Théâtre : « L’image » (suivi de) « Un soir, « Au loin, un oiseau » et « Plafond »* – Samuel Beckett – Denis Lavant – Jacques Osinski – Le Lucernaire

  • Extraits de Pour en finir et autres foirades.

du 4 au 23 janvier 2022 – Réservations 01 45 44 57 34 ou sur lucernaire.fr – Tarifs : de 10 € à 28 € – Le Lucernaire 53 rue Notre-Dame-des-Champs, 75006 Paris M° Notre-Dame-des-Champs

Denis Lavant
Jacques Osinski

Notes de mise en scène de Jacques Osinski

« J’ai (eu) envie* d’une promenade, d’inviter le spectateur à entrer par des chemins détournés dans le crâne du narrateur beckettien. Que se passe-t-il sous ce crâne ? L’image et Pour finir encore et autres foirades« , deux recueils publiés aux Editions de Minuit, des textes cachés, « non-abandonnés », « unabandoned works », pour reprendre la terminologie de S.E Gontarski, éditeur américain de ces courts textes, si courts qu’ils auraient pu disparaître ou ne connaître une vie qu’une fois transformés en romans ou pièces de théâtre. Mais Beckett a tenu à ce qu’ils voient le jour au travers d’une publication. Le grand public les connaît moins que Godot, Fin de partie ou La Dernière Bande mais peut-être sont-ils plus chers que d’autres aux aficionados de Beckett. J’ai (eu) envie d’aller à leur rencontre, de manière légère, presque ludique. Comme le séjour de Beckett (dans sa maison) à Ussy, leur rédaction s’étale sur plusieurs années.

  • Le spectacle a été créé à l’Athénée-Louis Jouvet en mai 2021

L’image est une longue phrase de dix pages, sans aucune virgule, comme un souffle. Elle raconte la quête d’un souvenir. Elle fut publiée en 1988 mais écrite bien avant puisqu’on en retrouve les termes au début de Comment c’est, un roman qui date de 1961. Un soir et Au loin un oiseau datent des années 1960. Quatre textes. Dates éparses. Souvenirs épars. Un style qui évolue mais des thèmes qui reviennent, toujours la même recherche. Toujours un personnage en regarde un autre, une “tête” traversée de pensées observe un corps immobile. Toujours la naissance et la mort, traversées de touches de couleurs (le jaune d’Un soir, le blanc de Plafond), toujours la création et peut-être cette interrogation : Qu’est-ce qui fait que, nous les humains, éprouvons le besoin de dire et non de vivre seulement ? « J’allume, j’éteins, honteux, je reste debout devant la fenêtre, je vais d’une fenêtre à l’autre, en m’appuyant sur les meubles. Un instant je vois le ciel, les différents ciels, puis ils se font visages, agonies, les différentes amours, bonheurs aussi, il y en a eu aussi, malheureusement. Moments d’une vie, de la mienne entre autres, mais oui, à la fin. » raconte le narrateur de l’une des « foirades » publiées dans le même recueil. Je crois que j’ai envie, avec Denis, de saisir ces « moments d’une vie », de regarder ces textes en allant « d’une fenêtre à l’autre », avec cette espèce d’intimité que nous confère le long compagnonnage que nous avons entamé avec Beckett depuis Cap au pire (2017). J’ai envie que le spectateur soit comme dans une maison, spectateur de ce qui se passe à l’intérieur du crâne beckettien. Ce qui est à l’œuvre dans ces textes, c’est, pour reprendre le titre de l’ouvrage de Malebranche, philosophe du XVIIe siècle cité par Beckett dans L’Image, « la recherche de la vérité ». Malebranche se méfiait de l’imagination, cette « folle du logis » qui empêche de voir le vrai. Beckett aussi. Mais il ne peut s’empêcher de la laisser agir. Alors sans cesse il revient sur deux thèmes obsédants : tout d’abord, celui du « crâne », de la tête, tout à la fois espace mental, intérieur conscient de sa propre finitude, et lieu du théâtre même, crâne des vanités en peinture et cercueil qui scellera la fin. Puis, hors-champ, au-delà du lieu du théâtre, le thème de « l’image », celle qui s’échappe sans cesse et qu’on tente sans cesse de fixer, le souvenir d’un instant d’amour heureux, la quête du moment parfait, amoureux, tel ce couple se tenant par la main sur un champ de course dans L’image. Il s’agit de reconstituer l’instant fugace. Le faire revivre tout en sachant qu’il va s’échapper, tout en sachant l’inutilité des mots pour dire le vrai. C’est peut-être paradoxal, s’agissant de textes qui souvent parlent de la mort, mais j’ai envie de les aborder un peu comme des enfants qui jouent, qui jouent à mourir pour mieux revivre ensuite. On n’est pas encore mort tant qu’on peut parler de la mort et c’est bien vers la vie que j’ai envie d’aller.

Servante

Un plateau nu. Une Servante. Un comédien pour dire le texte. Pas besoin de plus. Denis Lavant me parlant de ses premières impressions de lecture songe aux haïkus japonais. Pour moi, ce spectacle sera comme un impromptu, un moment musical où il s’agit de saisir une beauté fugace, impromptu traversé par deux obsessions qui sont aussi, pour moi, celles du théâtre : la quête du moment parfait et le besoin d’arrêter le temps. »



Interprète de génie au cinéma comme à la scène, le comédien Denis Lavant nous parle de son rapport au corps et de la construction de son interprétation de personnages particulièrement désincarnés, comme chez Beckett.

Pupille 0877PE – Anna Nathalie D. – Bénédicte Bonnet / Ed. Libre 2 Lire

Depuis le 12 novembre 2012 – 108 p., 12 €

L’enfant que l’on découvre sur la couverture de Pupille 0877PE se prénomme en réalité Anna Nathalie. C’est son parcours que nous suivons ici. Un parcours chaotique, s’il en est, qui l’a menée de la plus profonde déréliction à la renaissance, grâce à son aptitude à puiser une force salvatrice dans sa révolte, et aussi, grâce à quelques bons génies que la Providence avait pris soin de placer sur son chemin parsemé de ronces et d’orties.

La vie de la petite fille bascule en 1968, à l’âge de 4 ans, lorsqu’elle n’est plus qu’un numéro sur les registres de l’Aide Sociale à l’Enfance, après une séparation sans ménagement d’avec sa mère et ses sœurs.

Extrait – « Un jeudi matin où mon agitation est au plus haut et que je fais semblant de jouer alors que je suis aux aguets, des signes me disent que ce sera pour aujourd’hui, le départ de la pupille. Mes pas, mes mains, mes mouvements, tout en moi est devenu mécanique. Silence au comble. Nulle chanson. Aucune parole de part et d’autre. Tata erre. Tonton-pipe fume et refume. Ma tête tape fort. Au fond de moi, l’enclume du cœur« .

Elle connaît ensuite une courte accalmie au sein de sa première famille d’accueil, qui a su panser ses plaies et rassurer cette « pauvre petite chose » habitée par le funeste sentiment de n’être pas digne d’amour, puisqu’elle a été rejetée. Mais très rapidement, Anna devra faire front.

Anna « la débile », comme on appelle celle qui, à force de vouloir être transparente, a fermé ses écoutilles et s’est murée dans le silence…

Anna la colère aussi. Colère contre ces institutions peu soucieuses de leur mission, qui, l’apprendra-t-elle beaucoup plus tard, ont préféré fermer les yeux sur tous les signalements de violences à son encontre, et pire encore, sur une demande d’adoption qui aurait changé le cours de sa vie.

Mais également, Anna la tendresse, la protectrice, capable, si jeune encore, de materner les plus vulnérables et de donner son cœur à celles et ceux qui lui ont offert le leur. Tous et toutes essentiels à son maintien en vie et en lutte, avec l’espoir fou de retrouver cette mère, qui un jour sinistre l’a abandonnée entre les mains d’une fonctionnaire de l’ASF.

Anna confrontée à la cruauté et au sadisme d’assistantes maternelles vipérines – véritables incarnations de la Folcoche d’Hervé Bazin – qui, pour certaines, se vengeaient de leurs frustrations sur ces enfants à qui on avait déjà tout pris. Anna enfin, livrée à quatorze ans aux « bas instincts » de celui qu’elle était censée appeler papa.

Bien d’autres épisodes, et non des moindres, émaillent ce récit aux allures de brûlot, mais nous n’en dirons pas plus, la suite appartenant à celles et ceux qui liront Pupille 0877PE. L’écriture est souvent lapidaire : phrases courtes, aucune affectation, les auteures vont à l’essentiel, quitte à se jouer des règles syntaxiques. Avec, de temps à autre, de belles envolées lyriques qui font battre le cœur un peu plus vite… et retenir son souffle.

Anne Calmat

EXPO Izabela Ozieblowska (2) – Concept Store Gallery – La Baule

Rappel : Après une expo à la Concept Store Gallery de Saint-Germain-des-Prés, en décembre 2021, on peut désormais retrouver Izabela Ozieblowka à La Baule…


Depuis le mois d’avril 2016, Izabela Ozieblowska élabore ses créations dans un atelier niché au cœur d’un village médiéval des Hautes-Côtes de Beaune, dont l’architecture n’a pu que l’inspirer. Elle nous a ouvert ses portes et livré quelque-uns de ses secrets…

Autoportrait© I.O.

Izabela est maître-verrier, ou si l’on préfère, vitrailliste, bien que ce vocable nous semble passablement dissonant pour désigner un art aussi subtil. Elle a acquis ses compétences et son savoir-faire durant ses treize années d’études d’Histoire de l’Art en Pologne, à l’Université Jagellon à Cracovie, à l’Académie des Beaux-Arts de Katowice et à l’Académie des Beaux-Arts, département peinture, de Wroclaw. C’est également à Wroclaw qu’elle s’est tournée vers l’art du vitrail, avec pour guide le très distingué professeur Ryszard Wieckowski, qui disait d’elle « qu’elle était l’une des trois meilleures de Pologne. »

En 2016, elle s’installe avec son époux à Nolay, où ils créent LEUR atelier. « Nous travaillons ensemble depuis 25 ans. Je m’occupe de l’aspect artistique de chaque projet, et lui de la partie technique.« 

L’exposition

« Je présenterai deux vitraux abstraits et trois figuratifs »

© I.O.

« Les trois vitraux ont la même taille (53×63 cm) et la même source d’inspiration : le Visage. Le même pour chaque œuvre. Je voulais montrer combien chaque visage peut sembler différent en fonction de l’environnement, de l’époque et du contexte. Il exprime en tout cas une personnalité et une conscience. Cette représentation, qui date du 19ème siècle, s’intègre parfaitement dans le présent, la beauté du personnage est universelle et intemporelle. »

Le vitrail central a une histoire particulière.

« En 2020, j’ai participé à un concours régional organisé par l’Atelier d’Art de France dans la catégorie « Patrimoine« . J’ai présenté ce vitrail, il a été sélectionné pour l’exposition au Salon du patrimoine culturel, au Carrousel du Louvre. Malheureusement, en raison de la Covid et du confinement, tout a été annulé.

© I.O.
© I.O.

« Dame Nature m’a ensuite inspiré les deux vitraux abstraits ci-contre. Ils seront également exposés à la Concept Store Gallery. Nous avons d’une part une ébauche de mur avec des efflorescences de sel, et de l’autre, la lave. Pour moi, l’abstraction est un jeu de couleurs. Je m’inspire d’un fragment de nature, je prends des photos, puis ensuite, j’imagine d’autres univers à partir de l’original, modifiant ainsi son image initiale. Je travaille ensuite selon la technique des poudres de verre. »

Comment Izabela procède-t-elle pour chaque création ?

« Créer un vitrail requiert, on l’a compris, un processus très long qui comprend plusieurs interventions et fait appel à différentes techniques. En ce qui me concerne, je prépare un dessin-projet qui doit correspondre à l’espace dans lequel il prendra place. On sait par ailleurs combien le symbolisme de la lumière traversant la matière a eu d’importance dans la pensée médiévale, à l’époque où l’art du vitrail prenait son essor. Chaque vitrail doit être conçu minutieusement, étape après étape : motif, forme, couleurs, dessin… »

Le vitrail n’est pas le seul mode d’expression d’Izabela, elle excelle également dans la gravure, la sérigraphie, la méthode « Tiffany » (procédé de montage à l’aide d’un ruban de cuivre), ou dans des techniques plus modernes comme le « fusing » (assemblage du verre par fusionnement) ou bien la poudre de verre qui, conjuguée au fusing, donne au vitrail des couleurs remarquables, mais aussi, un effet sculptural qui le rend encore plus exceptionnel. « J’adore ce procédé, les poudres produisent des effets visuels étonnants, des couleurs très lumineuses et permettent une totale liberté de création. Les vitraux réalisés selon cette technique sont uniques, contrairement à un vitrail peint traditionnel qui peut être reproduit. J’aime beaucoup faire des expériences, jouer sur la profondeur, mélanger les techniques pour obtenir le résultat final que je recherche. »

© I.O

Qu’ils soient classiques, sacrés ou modernes, les vitraux qui sortent de son atelier sont réalisés « dans le respect des techniques traditionnelles qui remontent au Moyen Âge« , tient-elle à préciser.

De la diversité des sources d’inspiration d’Izabela Ozieblowska (vitraux hors expo)…

© I.O. Restauration dans la chapelle de Wolczyn
© I.O. Pour le monastère des Pères Pauliniens de Jasna Gora a Czestochowa
© I.O.
© I.O.
© I.O.
© I.O.

Propos recueillis par Anne Calmat

Le Grand livre des records de l’art – Éva Bensard – Charlotte Molas – DADA

Album grand format 37×26 cm – Copyright E. Bensard, C. Molas / Dada – À partir du 14 octobre 2021 – 52 p. 19€

Détail planche

Depuis la nuit des temps, les humains ont exprimé leur vécu au travers de témoignages graphiques ou de compositions tridimensionnelles.

L’album n’est pas un simple catalogue, chaque représentation fait l’objet d’un questionnement. On note par exemple la présence de la statuette d’une femme aux formes généreuses, sculptée dans l’ivoire d’une défense de mammouth. Elle a été baptisée La Vénus de Hohle Fels (le nom de la grotte où elle fut découverte). S’agit-il d’un culte rendu à une déesse ? D’un hommage personnel à la femme aimée ?

Les toutes premières représentations (- 73 000 ans) ont été découvertes en Afrique du Sud et en Asie (- 40 000 ans).

Quelques millénaires plus tard – un soupir dans l’histoire de l’humanité – nos aïeux homo-sapiens, faisant preuve d’un indéniable sens artistique, se racontent sur les parois de leur refuge. Celles des grottes de Chauvet ou de Lascaux.

Puis nous faisons un bond en avant, à la rencontre des plus remarquables, extravagantes, monumentales, scandaleuses (etc.) réalisations nées de l’imagination et du savoir-faire de l’homme. Une vingtaine de chapitres leur sont consacrées. On y trouve, statues géantes, colosses sculptés dans la montagne, tours et palais gigantesques, peintures démesurées, et bien sûr, chefs-d’œuvre picturaux patrimoniaux et extra-patrimoniaux…

Chaque sujet traité (une vingtaine en tout) apporte son lot d’informations ou de citations sous la forme de petits encarts (où ? quand ? pourquoi ? comment ? etc.)

Saviez-vous, par exemple, que…

Palais idéal

« La fée Électricité » de Raoul Dufy mesure 62, 4 m de longueur. – Le « Salvador Mundi » attribué à Léonard de Vinci est l’œuvre la plus chère de tous les temps. Elle a été achetée 450 millions de dollars par le royaume du Quatar. Toutefois, selon certains experts, il ne s’agirait pas d’un Vinci mais de l’œuvre de l’un de ses élèves.. – Joseph Ferdinand Cheval, facteur de son état, a passé 33 ans de sa vie à édifier, pierre après pierre trouvées sur sa route, un monument achevé en 1912 qu’il a nommé le « Palais idéal ». (v. ci-contre) – Qui a dit « Celui qui n’a pas gravi La Grande Muraille de Chine* n’est pas un homme brave » ?

Un album de nature à composer votre Quizz-Art personnel pour les soirées au coin du feu.

Anne Calmat

Sortie de 14 octobre

Diplômée de l’École du Louvre et de l’Université Panthéon-Sorbonne, Éva Bensard est journaliste, spécialisée dans l’art. Elle collabore depuis plusieurs années avec la revue DADA. Elle est aussi l’auteure d’une dizaines de livres pour la jeunesse, dont deux qui ont reçu le prix Historia.

Avec ses images décalées et enjouées, Charlotte Molas a d’abord séduit la presse (Le Parisien) et les marques (Le Slip français). Depuis quelques années, elle illustre aussi les albums, comme Vaches (Gallimard) ou Sales temps pour les licornes (L’Agrume).

Romain Dutter et les siens…

Septembre 2018/Ed. Steinkis

Il y a d’abord eu Symphonie carcérale, une bande dessinée autobiographique dans laquelle Romain Dutter, coordinateur culturel au sein du Centre Pénitentiaire de Fresnes, décrivait avec humour son combat pour permettre aux personnes incarcérées d’avoir accès à la culture et aux arts. Pendant une dizaine d’années, il va vivre des moments très intenses au contact des prisonniers qui, dès leur adhésion au projet, vont s’ouvrir à une autre forme d’évasion. 

Trois ans plus tard, Romain Dutter part à la découverte de la Roumanie post-communiste, trente ans après l’exécution du couple Ceausescu. Là aussi, de belles rencontres l’attendent…

Depuis le 30 septembre 2021 – Visuels © Bouqé (dessin) – R. Dutter (scénario), P. Bona (couleur) / Steinkis – 192 p., 20 €

Cycle de lectures publiques au Théâtre de la Huchette – Paris (entrée libre)

23, rue de la Huchette – 75005 Paris – Métro Saint-Michel

AVIS AUX AMIS DU THÉÂTRE DE LA HUCHETTE

Organisées par les comédiens du Théâtre de la Huchette, ces lectures sont suivies d’une rencontre avec les auteurs. L’entrée est libre, mais il est impératif de réserver par mail à huchette.ath@gmail.com

Mercredi 6 octobre 2021 à 14h30

CE QUE J’APPELLE OUBLI de Laurent Mauvignier, avec Gérard Bayle

Quand il est entré dans le supermarché, il s’est dirigé vers les bières. Il a ouvert une canette et l’a bue. À quoi a-t-il pensé en étanchant sa soif ? À qui ? Je ne le sais pas. Ce dont je suis certain, en revanche, c’est qu’entre le moment de son arrivée et celui où les vigile l’ont arrêté, personne n’aurait imaginé qu’il n’en ressortirait pas…

Vendredi 8 et samedi 9 octobre 2021 à 15h

CONTE POUR PORTE-COCHÈRE de Marc Eacersail

Mise en scène Pascal Vannson. Avec Jérémie Corallo, Anne-Cécile Crapie, Éléonore Gurrey, Patrick Parroux, Alain Payen, Pascal Vannson

À la recherche d’un père qu’il n’a jamais connu, un jeune homme trouve un clochard qui l’aurait fréquenté. Il va falloir se comprendre…

Mercredi 13 octobre à 14h30

TOMBEAU POUR UN NÈGRE de Marc Villemain

Mise en lecture Hélène Cohen. Avec Claude Aufaure, Grégroire Bourbier, Hélène Cohen, Alain Payen, Bruno Raffaelli (de la Comédie-Française) et Harold Savary

Un auteur en vue, lauréat du plus prestigieux des prix littéraires, convoque quelques comparses à sa table : un brûlot anonyme s’apprêterait à dévoiler certaines de leurs pratiques inavouables. Ambitions, jalousies, hypocrisies, flagorneries, coups bas et coups de sang : le vernis mondain a tôt fait de craqueler.

Tombeau pour un nègre dresse le portrait facétieux mais grinçant d’une honorable petite communauté : celle des écrivains.

Théâtre : En ce moment à La Huchette…

Livret : Stéphane Laporte et Gaétan Borg
Musiques : Didier Bailly
Avec : Marina Pangos, Simon Heulle et Harold Savary

Livret et paroles : Stéphane Laporte, Gaétan Borg
Mise en scène :  Patrick Allui
Du mercredi au samedi à 21h – Durée 1h35 – Réservations 01 43 26 38 99 – 28,99 € / 18,99 €

En pleine campagne du Brexit, le cœur d’une jeune scénariste de jeux vidéo balance entre un Français et un Anglais, tandis que son destin emprunte un chemin similaire à celui de son héroïne, Aliénor d’Aquitaine.

Dans un théâtre aux allures d’Eurostar, une étonnante confrontation des mondes (réels et virtuels), mais aussi des époques, au fil de pérégrinations musicales révélatrices de choix impossibles, à l’issue inattendue…

Mes mauvaises filles – Zelba – Ed. Futuropolis

Depuis le 8 septembre 2021 – Copyright Zelba / Futuropolis – 160 p., 21 €

En 2006, deux sœurs aident leur mère à mourir. À sa demande, elles donnent la mort à celle qui leur a donné la vie.

Futuropolis

Après Dans le même Bateau, Zelba signe un roman graphique bouleversant et lumineux sur cet acte vertigineux. Elle évoque le moment, à la fois intime et universel, de la perte d’un être cher. Il aura fallu 13 ans à Zelba pour raconter cette histoire, croiser ses souvenirs avec ceux de sa sœur, changer certains noms et romancer en partie. Elle aborde de front l’euthanasie, ou la mort assistée, sujet qui suscite des débats contradictoires en Europe. Forte de son expérience, elle milite pour que chaque personne puisse choisir, le moment venu, de mourir comme elle l’entend.

À quel moment les soins palliatifs se transforment en acharnement thérapeutique ? Combien de temps peut-on décemment prolonger l’agonie ? Peut-on décider de mourir ? L’euthanasie, ou la mort assistée, est une question délicate à laquelle les pays d’Europe répondent de manière très différente. C’est en tout cas un sujet sensible qui parle à tout le monde.

© Alain Bujak

Le jour de la mort de Vincent Lambert, le 11 juillet 2019, Zelba décide de raconter les derniers instants de la vie de sa mère et dans quelles circonstances sa sœur et elle ont accepté de l’assister à mourir. Cette histoire, Zelba la porte en elle depuis 13 ans et avait tenté plusieurs fois de la raconter avant de renoncer. Ce jour-là, elle comprend qu’il est temps de témoigner et partager cette expérience douloureuse et universelle.

Wiebke Petersen, alias Zelba, est née en ex-RFA en 1973. Avant de devenir illustratrice, elle est championne de monde junior d’aviron (en deux sans barreur).

En 1999, elle intègre l’agence berlinoise « Hirschpool ».

Depuis 2006, elle publie des bandes dessinées aux éditions Jarjille et Marabulles avant de rejoindre Futuropolis. Avec Dans le même bateau, elle revient sur sa pratique de l’aviron à haut niveau à la fin des années 80 en Allemagne, au moment de la chute du mur de Berlin

Astrid ou l’Acerbe Comédie – Marc Tournebœuf – Comédie Bastille, Paris


Pièce en V actes et en vers de et mise en scène : Marc Tournebœuf – 15 septembre – 29 décembre 2021 – Tous les mercredis à 20h

Marc Tournebœuf

Distribution : Clémentine Aussourd, Ronan Bacikova, Damien Bellard, Pierre Besson, Baptiste Carrion Weiss, Basile Alaïmalaïs, Romain Company, Sébastien Giacomoni, Julia Mevel, Jeanne Pajon, Jean-Philippe Renaud et Alexiane Torres.

L’intrigue : Le roi est mort. Il laisse derrière lui une campagne militaire inachevée et un royaume parcouru par diverses tensions. Le peuple a faim, les nobles sont tout-puissants, les états voisins se préparent à continuer la guerre pour stopper définitivement les désirs d’invasion de la famille royale. Le jeune Erell, fils du feu roi, doit assurer la succession du trône de son père. Ayant grandi loin de la cour et de la politique, Erell éprouve une aversion obstinée pour son titre et son rôle. Il brise les codes, fait ministre un marquis libertin, tient tête aux nobles de la cour, change les lois ancestrales… Et rêve de voyages et d’ailleurs. Astrid, loin des conflits politiques et militaires de son temps, s’apprête à faire basculer le destin du royaume…

35€ en 1ère cat / 29€ en 2ème cat. – Moins de 26 ans : 10 € au guichet ou 11 €* sur notre site internet. Tarif « Onzième » (habitants du 11è arrond. ) : 11 € – 01 48 07 52 07

Abécédaire républicain -Peggy Kilhoffer – Avant- propos Robert Badinter – Ed Fayard

En librairie le 1er septembre 2021 – 86 p., 12 €

Après l’assassinat de Samuel Paty, en octobre 2020, le ministre de l’Éducation nationale a demandé à Robert Badinter d’enregistrer une brève vidéo rendant hommage à ce professeur pour qu’elle soit diffusée à tous les élèves. L’ancien garde des Sceaux y a donné sa définition de la laïcité et de la République.

Ces paroles ont inspiré une enseignante, Peggy Kilhoffer. En demandant à ses élèves de CM1-CM2, à Schiltigheim, en Alsace, de réfléchir à ces questions, en est sortie l’idée de cet Abécédaire républicain.

Avec leurs dessins et leurs mots d’enfants, de « Accepter » à « Zèle », en passant par « Solidarité » ou « Garantir », ses élèves livrent une vision juste, vibrante, de la République et de ses valeurs. Un document émouvant et nécessaire alors que les sondages et les médias évoquent souvent une jeunesse déconnectée de ce qui forge notre identité commune. Le fac-similé de cet abécédaire est précédé du texte d’hommage de Robert Badinter, d’un avant-propos de sa main ainsi que d’une préface de Peggy Kilhoffer qui nous livre le récit de cette aventure.

Peggy Kilhoffer est professeure à l’école Jean-Mermoz de Schiltigheim et formatrice dans l’académie de Strasbourg. 

Robert Badinter, avocat, fut ministre de la Justice (1981-1986) président du Conseil constitutionnel (1986-1995) et sénateur (1996-2001).

Pleins feux sur Georgia O’Keeffe (Expo & BD)

C O M M U N I Q U É
Centre Pompidou – Paris / 01 44 78 12 33

8 sept. – 6 déc. 2021
11h – 21h, tous les lundis, mercredis, vendredis, samedis, dimanches
11h – 23h, tous les jeudis
Copyright

Le Centre Pompidou présente une grande rétrospective de l’œuvre de Georgia O’Keeffe (1887-1986), la plus reconnue et la plus célébrée des peintres américaines. Elle retrace le parcours artistique d’une artiste dont la longévité lui valut d’être, successivement, la protagoniste de la première peinture moderniste américaine, de la recherche identitaire qui marque les années 1930, et de la peinture abstraite «hard edge» des années 1950.

Copyright (extrait du catalogue)
Alfres Stieglitz

Indissociable de son compagnon de vie, Alfred Stieglitz, photographe américain, galeriste, éditeur et promoteur de l’art moderne, O’Keeffe, s’est libérée de toutes les contraintes et les constructions liées au genre féminin au début du 20e siècle. Dans les années 1920, lorsqu’elle se fait remarquer pour la première fois dans le monde de l’art, O’Keeffe rejette largement l’étiquette de «femme artiste» qui lui a été attribuée par la critique.

Farouchement indépendante, elle suit son projet de vie et d’artiste avec une discipline de fer. Elle rejette les restrictions de genre dans tous les éléments imaginables, jusque dans la garde-robe austère qu’elle se dessine elle-même. Elle façonne ainsi une persona artistique au féminin, devenue aujourd’hui un modèle.

Copyright (extrait du catalogue)

Originaire des Grandes Plaines du Wisconsin, elle a très tôt la conviction qu’elle est appelée à devenir peintre. Elle rencontre Alfred Stieglitz en franchissant les portes de la galerie 291, fondée à New York, où il présente les artistes majeurs du modernisme. C’est lui qui exposera ses premières œuvres abstraites, teintées d’érotisme, et d’une spiritualité influencée par les écrits de Kandinsky. Cette exposition marque le début de la carrière de O’Keeffe, et la naissance de l’une des romances les plus médiatiques de l’histoire de l’art moderne.

Copyright (extrait du catalogue)

Bientôt reconnue par les plus prestigieuses institutions américaines vouées à l’art moderne, O’Keeffe expose ses œuvres au MOMA en 1928. Après un temps à New York, O’Keeffe multiplie les séjours au Nouveau Mexique, où elle découvre une lumière et des motifs à même de combler son goût des formes claires et synthétiques. Elle s’y installe définitivement en 1949, peignant des paysages qu’elle anthropomorphise à dessein, et traquant les formes qui témoignent des métamorphoses du vivant et des cycles de la Nature.

C O M M U N I Q U É
À partir du 2 septembre 2021 – Copyright Luca de Santis, Sara Colaone /Ed. Steinkis – 192p., 24 €

1949. Depuis la mort d’Alfred Stieglitz, trois ans auparavant, Georgia O’Keeffe s’est réfugiée dans son Ghost Ranch au Nouveau-Mexique, avec ses amies Maria Chabot, Anita Pollitzer et sa secrétaire Doris Bry, pour faire l’inventaire du patrimoine de photos et de dessins de Stieglitz.

À travers ce travail complexe, l’artiste retrace son propre parcours, dans la vie et dans l’art : de l’Arts Students League (New York, 1907) jusqu’à la consécration comme plus grande artiste femme américaine et à sa carrière des dernières années.

Sara Colaone et Luca de Santis

Les auteurs
Le scénariste Luca de Santis a signé en 2010 En Italie, il n’y a que des vrais hommes, puis Leda Rafanelli, la gitane anarchiste avec Sara Colaone (Steinkis, 2018) et Ariston Hotel (Ici-Même, 2019). Luca est également journaliste à Milan.

Sara Colaone est une dessinatrice italienne. Après une maîtrise en conservation des biens culturels et une thèse sur l’Histoire du cinéma, elle se consacre à la bande dessinée , Sara donne des cours de dessin à l’Académie des beaux-arts de Bologne. Chez Steinkis, elle a signé Leda Raffanelli, Les Evadées du harem et aujourd’hui Georgia O’Keeffe. Elle vit à Bologne.

La Capacité de survie

Copyright Kim Sung-hee (scénario et dessin) / Ed çà et là _ Sortie le 20 août 2021 – 200 p. 20 €

Une femme coréenne en proie à des doutes existentiels dans une société ultra-libérale qui laisse de nombreuses personnes dans la précarité.

Yeong-jin, jeune quarantenaire, enseigne dans un lycée privé protestant de Séoul. Elle est confrontée à des violences sociales de toutes parts. Non titulaire, elle se sent obligée, pour conserver son poste, d’accepter tout ce que lui demande son employeur. Submergée de travail – elle s’occupe aussi des enfants de sa sœur pendant ses vacances – elle souffre de n’avoir aucune reconnaissance de sa hiérarchie. Son petit ami travaille dans une association d’aide aux travailleurs migrants qui se font exploiter par les agriculteurs coréens dans des conditions qui frôlent l’esclavagisme. Sa mère continue à faire les ménages bien qu’ayant l’âge de la retraite. Et Yeong-jin vient de subir un hystérectomie… La violence de la société libérale l’affecte de plus en plus et l’amène à se poser des questions sur son rapport au travail, sur sa relation avec ses parents et sur l’avenir de son couple.

Superbe portrait d’une femme en révolte, La Capacité de survie est une réflexion très personnelle, politique et sociale, sur l’état d’un pays et la condition d’une femme, symbole de beaucoup d’autres.

Kim Sung-hee est née en 1975 en Corée. Elle a commencé sa carrière dans le manhwa en publiant des dessins de presse dans le journal de son université. Elle est l’autrice de plusieurs bandes dessinées inédites en France, qui traitent toutes de thèmes de société : « Le Yongsan où j’habitais » (récit de l’expropriation violente des habitants d’un immeuble de Séoul), « La Chambre immaculée » (enquête sur une épidémie de leucémies dans une usine de semi-conducteurs Samsung) ou encore « Nasty Bitch » (sur les femmes coréennes célibataires). Son dernier livre publié à ce jour, le roman graphique « You Are Black » (la vie d’un jeune mineur dans les années 1980), est paru en 2018.
Kim Sung-hee réside actuellement à Gangneung, en province, et continue de dessiner.