Archives de catégorie : Arts

Les arts du spectacle vivant, le street art, les expositions, l’agenda des manifestations culturelles…

Communiqué – Serge Gainsbourg, « Le mot exact » au Centre Pompidou à partir du 25 janvier

Renouvelant son intérêt pour la création littéraire et les différentes formes d’écritures, la Bibliothèque publique d’information expose pour la première fois des manuscrits de Serge Gainsbourg provenant de son domicile, rue de Verneuil à Paris, ainsi que de nombreux ouvrages de sa bibliothèque.
Parolier, compositeur, interprète, réalisateur, photographe et romancier, Serge Gainsbourg fut profondément influencé par la littérature et la poésie, sources d’inspiration de nombreuses
chansons. Il était aussi collectionneur de petits papiers, autographes et paperolles, qui témoignent de son rapport quotidien, méticuleux et compulsif à l’écrit.

Rue de Verneuil

Maître dans l’usage de la langue française, Serge Gainsbourg laisse derrière lui un impressionnant corpus de plus de 500 titres, écrits pour lui-même et pour ses interprètes, qui explique son influence dans la chanson française contemporaine.


Cette exposition entend plonger les visiteurs dans le paysage littéraire de Serge Gainsbourg en les accueillant par une vaste sélection des ouvrages tirés de son hétéroclite bibliothèque.

Autoportrait

Elle viendra aussi mettre en lumière la création de son « double » médiatique – Gainsbarre – personnage sorti tout droit de ses chansons, dans la lignée des doubles littéraires du XIXe siècle, du Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde au Horla de Guy de Maupassant.
Enfin, elle donnera à voir la formidable productivité de l’auteur et sa capacité à faire mouche, en proposant un riche ensemble de manuscrits et tapuscrits annotés. Ces précieux documents, associés au film inédit d’Yves Lefebvre, permettront au public de comprendre le processus d’écriture et de composition de l’artiste.

Toutes ces facettes, qui font de Serge Gainsbourg une figure littéraire et musicale unique aujourd’hui encore, seront à découvrir du 25 janvier au 8 mai 2023 à la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou. Toutes ces facettes, qui font de Serge Gainsbourg une figure littéraire et musicale unique aujourd’hui encore, sont à découvrir du 25 janvier au 8 mai 2023 à la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou.

ENTRÉE LIBRE – Entrée Bibliothèque par la place Georges- Pompidou – Métro Rambuteau

Lundi, mercredi, jeudi, vendredi 12h – 22h
Samedi, dimanche, jours fériés 10h – 22h

ESSAI – Rose (deux ou trois choses que je connais d’elle)

Propos recueillis par © Kaléidoscope & Co, décembre 2022

Rose est la spectatrice privilégiée de la comédie humaine qui se joue depuis une trentaine d’années au Saint-Valentin, un café-restaurant situé à moins d’une encablure du parc des Buttes-Chaumont. À l’extrémité du bar, côté vitrine, une autre spectatrice – appelons-la « Anima » – ne perd pas une miette de ce qui se dit. Anima ne se contente pas d’écouter, elle met un point d’honneur à signaler à celui ou celle qui a la bonne idée de prendre sa présence en considération, qu’elle n’est pas une simple plante décorative. Comment ? En vibrant de toutes ses feuilles lorsque l’on s’adresse à elle. On se dit que si elle pouvait parler, elle en aurait probablement beaucoup à raconter.

Et pourquoi ne le pourrait-elle pas ? Rose a son idée.  « J’ai lu dans Cosmos Magazine un article qui disait qu’une étude menée dans les années 2000 par des chercheurs universitaires australiens, britanniques et italiens* a mis en évidence le fait que les plantes « répondent » aux sons par des bruits de cliquetis « forts et fréquents ». À bon entendeur…

* Université de Bristol, 2012

Rose est un personnage aux multiples facettes. Elle peut tout aussi bien évoquer l’héroïne au grand cœur de La vie devant soi, madame Rosa (tiens !), qu’une combattante, prête à voler dans les plumes de celle ou celui qui tiendrait des propos à connotation misogyne ou raciste. En dehors de cela, les opinions politiques qui s’expriment – et au Saint-Val, l’éventail est très large ! – sont à ses yeux l’affaire de chacun. Il en est de même pour les questions religieuses, d’autant que dans ce domaine, son parcours spirituel ne se limite pas à la religion musulmane.

Rose est entière, passionnée. Lorsqu’elle relate un épisode qui l’a particulièrement marquée, il peut arriver que, dans « le feu de l’action », son côté romanesque l’entraîne dans des contrées imaginaires. C’est ce qui fait le charme de ses récits.

Elle est hypersensible aussi. Il n’est pas rare que le cadeau inattendu d’un client lui tire les larmes des yeux, ou bien que le regard perdu d’un enfant la fasse fondre en larmes. « Je ne supporte pas de voir des enfants malheureux, les images en provenance de la guerre en Ukraine, par exemple, me bouleversent. »

Plus prosaïque, son coéquipier (à moins que, statutairement, il ne soit son boss) est aussi taiseux qu’elle est loquace, aussi réservé qu’elle semble extravertie. C‘est que Morhad est un Sage, doublé d’un fin psychologue. Rien ne lui échappe, iI écoute, observe, mais se garde bien d’exprimer son ressenti auprès de qui que ce soit. C’est probablement sa façon à lui de signifier à son entourage qu’il entend que l’on respecte son jardin secret.

Comme chaque jour, Rose attend ses marcheurs, comme elle les appelle. Ils sont souvent ses premiers clients. Ils se retrouvent dans les Buttes pour une marche sportive : trois grands tours et puis s’en viennent boire leur café. Il y a là un photographe, connu de tous dans le quartier, un monsieur âgé « bon pied bon œil » dont on vient de fêter les 89 ans, et une dame qui est toujours prête à aider les autres.

« On s’entend bien, on parle de tout, sauf de religion et de politique. »

Pour ce qui est de la religion, Rose est très claire. « Je suis profondément croyante. J’aime et je respecte les trois religions monothéistes ; je prends tout ce qu’il y a de bon dans chacune et je laisse de côté ce qu’il y a de mauvais. Je fais le Ramadan laïque, je fête Pâques et Noël – comme en témoigne la crèche que j’installe chaque année. Il faut savoir que les trois religions sont présentes au sein même de ma famille : mon père est musulman, il y a des racines chrétiennes du côté de ma mère et mon oncle a épousé une jeune femme de religion juive. En Algérie, nous vivions tous dans la même maison. »

« Un été, j’ai fait le chemin de Compostelle à pied pendant trois semaines, du Puy-en-Velay jusqu’à Figeac. C’était merveilleux. J’ai rencontré des bonnes personnes avec qui je me suis parfaitement entendue. Pas un nuage à l’horizon.

Cependant, il m’est arrivé une chose que je n’oublierai jamais. Un soir, nous avons dormi dans un hameau. La nuit, j’ai entendu une espèce de grattement, j’ai tout d’abord craint que ce ne soit une souris… Au lieu de ça, j’ai entendu la voix d’un homme qui disait « Il ne t’arrivera rien ». Le lendemain, alors que nous marchions en moyenne montagne dans un sentier étroit et sinueux, je me suis précipitée vers un buisson gorgé de mûres, sans me rendre compte qu’il était comme accroché au vide. Ce qui devait arriver est arrivé, mon pied a dérapé et je me suis retrouvée à deux doigts d’atterrir trois mètres plus bas. Une de mes compagnes de randonnée m’a tendu la main et tirée de ce mauvais pas. Eh bien, croyez-le ou non, au retour, alors que nous nous reposions dans nos chambres respectives, j’ai entendu la même voix qui répétait « Il ne t’arrivera rien. » « Je m’en suis tirée avec des écorchures de ronces plein les jambes. »

La Ferme du Barry, Aumont-Aubrac

Elle reprend « Le lendemain, nous sommes allées à la Ferme du Barry, une étape incontournable en raison de son fameux aligot. J’étais encore perturbée par ce qui était arrivé, le patron l’a senti, il s’est approché de moi et a trouvé les mots pour m’apaiser. Deux anges gardiens ont veillé sur moi.

Ce matin, la radio diffuse « Quelque chose de Tennessee », écrit pour Johnny Hallyday par Michel Berger. Rose évoque avec enthousiasme l’immense talent du compositeur, et par extension celui du trio Berger-Gall-Balavoine, puis elle en vient rapidement à Johnny. D’autant plus rapidement que la veille son ami Jacques Morlain lui a offert le bel hommage qu’il a rendu, sous la forme d’un livre*, à son épouse, Josette Morlain.

« Josette était une amie. Elle avait 14 ans lorsqu’elle a commencé à suivre tous les faits et gestes de son idole. Elle savait tout sur lui, ses passages à la télé, ses concerts… Puis de fan inconditionnelle, elle est devenue directrice de son fan-club. Elle est ensuite restée dans son sillage pendant plus de cinquante ans, traversant avec lui les grandes étapes de sa vie et de sa carrière : ses tournées, son mariage avec Sylvie Vartan…  On ne m’a pas crue quand j’ai dit que je l’avais rencontré, c’est Josette qui m’a présentée à lui ! » Elle feuillette ensuite le livre et montre les photographies, forcément inédites, du clan Hallyday. « Regardez, il y a même des extraits du journal intime de Johnny ! »

Josette et Johnny : 50 ans d’ amitié et de partage. Ed. Guy Trédaniel

Elle est ravie, la journée a bien débuté.

Une odeur de thym citronné flotte dans la salle, Rose est dans son domaine réservé : la cuisine. Nul doute qu’elle prépare l’un des plats qui seront au menu du jour.

Rose adore cuisiner. « J’aurais aimé faire un stage chez Christian Etchebest ou Cyril Lignac, dont je suis les émissions culinaires sur M6. C’est comme ça que j’ai appris à faire un tiramisu ou un bourguignon. »

« Le vendredi, c’est jour de couscous. Je le démarre le matin pour qu’il soit prêt à midi, c’est en général un franc succès. Les dimanches d’été, j’ai institué un rituel avec mes clients. Ils se concertent dans le courant de la semaine qui précède, se mettent d’accord sur un plat et me disent combien ils seront. Ça peut être une tchoutchouka, des bricks au thon ou à la viande, des sardines grillées, des moules frites… Après le repas, chacun dépose son assiette sur le comptoir, je mets la musique à fond et tout le monde danse. Ça peut durer jusqu’à 20h. Tout se fait à la bonne franquette. »

Elle s’attarde un instant sur un couple d’homos qui fait partie de la bande des gourmets du week-end et confie qu’elle aurait beaucoup aimé tenir un bar pour homos. « Je me sens bien avec eux, ils me respectent, je les respecte. Et que je n’entende surtout pas une réflexion désobligeante à leur égard ! » 

Elle reprend « Ici, l’ambiance est d’une manière générale chaleureuse. Les occasions de se réunir et de festoyer ne manquent pas. Le 11 novembre, par exemple, les anciens combattants viennent déjeuner après la cérémonie qui a eu lieu à la Mairie. Ils arrivent, drapeau à la main et médailles accrochées au revers de leurs vestons, boivent un apéritif et blaguent en attendant le couscous que je ne manque jamais de leur préparer. Parmi eux, il y a une dame de 95 ans, une ancienne Résistante. Le jour de ses 90 ans, je lui ai donné rendez-vous dans dix ans, je l’attends de pied ferme. »

Ce qui caractérise le Saint-Valentin, c’est l’hétérogénéité de sa clientèle.

« Il y a des retraités, des chômeurs, des ouvriers du bâtiment, des commerçants… Beaucoup passent en fin de matinée, certains restent déjeuner. Il y a aussi les brocanteurs qui installent leur marchandise tout au long de l’avenue deux fois par an, quelques-uns passent rapidement se restaurer chez nous.» « J’ai également un professeur de latin, un étudiant en droit, un architecte, une photographe, une journaliste et une écrivaine, dont l’autobiographie a paru en novembre 2021.*

Pour le fun, elle cite les noms de quelques têtes d’affiche du show-bizz et du petit écran qui sont passées par là, tout en s’empressant de préciser que ce qui compte vraiment pour elle, c’est l’authenticité et la simplicité des êtres, quel que soit leur statut social. « L’authenticité de ceux qui n’ont pas besoin d’épater la galerie et qui apparaissent tels qu’ils sont.» À titre d’exemple, elle cite le nom d’un comédien qui vient tous les jours, et qui peut s’enorgueillir de plusieurs succès, tant à la télé qu’au théâtre. « On peut du reste le voir en ce moment à l’Artistic Théâtre dans une pièce de Shakespeare**… Il s’est également illustré dans pas mal de séries télé. Jean-Marc est un fou de théâtre, il vit théâtre, pense théâtre, dort théâtre, respire théâtre. C’est un beau garçon au regard pénétrant qui a su rester simple, même si, comme de nombreux acteurs, il aime qu’on lui parle de lui, ça le rassure. »

* Pupille 0877PE. Editions Libre 2 lire

**La mégère apprivoisée. Artistc Théâtre Paris 11è

Rose poursuit  « Beaucoup se retrouvent ici chaque jour, chacun exprime ses idées sur la vie en général, sur les grands événements qui font la Une de la presse, sur l’actu people, etc. Quand la conversation s’oriente vers politique, les opinions sont plus tranchées, on se croirait presque à l’Assemblée nationale… sans les engueulades. J’écoute mais je ne prends pas partie, ce n’est pas mon rôle. Mais il y a des fois... » Rose laisse sa phrase en suspens, puis elle reprend  « Les conversations peuvent durer un bon moment, et même se prolonger assez tard. D’une manière générale, ces clients-là (en réalité, une majorité de clientes) ne sont pas pressés de partir, ils peuvent rester une partie de l’après-midi, voire de la soirée. Ce n’est peut-être pas bon pour le chiffre d’affaires, mais ça en dit long la convivialité du lieu. »

Côté « bonnes manières », Rose ne tolère pas que l’on importune la clientèle. Il lui est même arrivé de pousser fermement deux ou trois emmerdeurs (ou emmerdeuses) vers la sortie, avec pour consigne de ne pas revenir. Mais rien n’est jamais définitif… «  Malgré tout, je n’oublie pas, quand quelque chose est cassé, ça ne se recolle pas. » Quant aux séducteurs impénitents qui ont un comportement inapproprié avec les femmes, elle finit toujours par leur dire sa façon de penser.

Un monde d’habitués, donc, qui absorbe plutôt bien les contraires, mais qui n’est pas exempt de turbulences. Quelques-uns quittent pour un temps le navire, puis ils reviennent, conscients sans doute du côté dérisoire des querelles de bistro face à un monde qui est en train de perdre le nord.

Des histoires d’amour et d’amitiés fortes sont nées au Saint-Valentin. « Je me souviens d’un couple charmant, Corentin et Jenny. Ils vivent maintenant à la campagne avec leur petit garçon, une beauté d’enfant. À chaque fois qu’ils viennent à Paris, ils passent me voir. Il y a aussi ceux qui sont partis au Brésil, là encore, ils ne viennent pas dans la capitale sans faire un crochet par chez nous. C’est la même chose avec Florence et Marco… » La voix de Rose prend une inflexion particulière, une larme roule sur sa joue, elle est sur le point de parler de leur petite fille, Joséphine. « Je l’ai pratiquement vue naître, j’ai entendu ses premiers gazouillis et assisté à ses premiers pas. Si je ne la voyais pas pendant une journée, j’en étais malade. Quand elle passait devant le café, elle me faisait toujours un signe de la main. Maintenant il y a Margot, je suis devenue sa copine : un coucou chaque matin avant d’aller à la crèche, un verre d’eau « qui pique « au retour…»

« Je n’oublie pas non plus ma chère Alexandra, qui n’est plus une enfant depuis belle lurette, mais avec qui j’entretiens une relation de pure complicité. De nouveau, la voix de Rose a légèrement tremblé.

Mais voilà que 2023 vient de faire son apparition au Saint-Valentin, il est temps d’achever ce bref exposé. Quand on demande à Rose quel est son vœu le plus cher pour l’année qui vient de débuter, pour toute réponse, elle entonne les premières paroles de « Quand les hommes vivront d’amour «  du génial Félix Leclerc.

Félix Leclerc, Gilles Vigneault et Robert Charlebois

Etienne Daho « A Secret Book » – Sylvie Coma – Ed. La Martinière

Depuis le 24 novembre 2022 – Copyright S. Coma / La Martinière. 984 p., 49, 90 €

Il y a du Dorian Gray chez Etienne Daho. Les années qui passent semblent n’avoir aucune prise sur lui. Le dandy élégant au déhanché à la fois sage et sexy de Mythomane (1981) et de La Notte, la notte (1984) poursuit son chemin depuis une quarantaine d’années, l’œil rivé sur sa propre ligne d’horizon intérieure.

Il a su, au fil de temps, prouver son épaisseur artistique et intellectuelle. Est-il pour autant un chanteur engagé ? La réponse se trouve bien souvent dans ses choix artistiques. Daho avance masqué, il dit mais n’assène pas.

ETienne Daho par Pierre et Gilles, 1989 copyright

En 2001, il interprète, par exemple, Sur mon cou et Le condamné à mort de Jean Genet ; en 2017, son nouvel opus appelle à la fois à la résistance et à cette forme de légèreté indispensable à la survie. Son onzième album, Blitz (2017), parle tout autant de djihad et que femmes qui tuent au nom de Dieu. Et dans L’hôtel des Infidèles (2017), il rend hommage à ceux qui accueillaient des Insurgés dans le Paris des années 40.

À l’occasion de ses quarante ans de carrière, Étienne Daho ouvre pour la première fois ses archives pour un livre riche de documents intimes et inédits..

A secret book retrace le parcours hors norme et la prodigieuse carrière d’un gamin né à Oran. Confiant en ses intuitions et en sa bonne étoile, il est devenu un auteur, compositeur, interprète, producteur exigeant, et un artiste iconique aimé et respecté. Sans compromis, Daho a depuis quatre décennies publié une quinzaine d’albums marquants et une flopée de tubes inoxydables. Il a survécu à la Dahomania et a imposé sa singularité artistique au point de devenir le parrain de la pop française. Casseur de codes, précurseur et passeur, il a réussi l’exploit de faire sauter les lignes de démarcation entre l’underground et la pop. Plus de quarante ans après la sortie de son premier album Mythomane, ce récit tout en anecdotes et confidences revient sur le tourbillon d’une vie artistique prolifique consacrée à sa passion pour la musique. À l’occasion de cette rétrospective inédite préfacée par Elli Medeiros, le secret Daho a pour la première fois accepté de partager ses archives et de confier courriers personnels, photographies intimes, télégrammes, affiches, coupures de journaux, manuscrits… et même ses carnets de notes de collégien. En bonus, ce livre nous offre une Paper Doll avec ses tenues les plus emblématiques. EditoLa Martinière

Extrait  » Nous nous sommes connus à Rennes, dans les années 1970. Je le vois encore débouler dans la cour du bahut au moment de la récré. Il devait avoir seize ans. De loin, sa silhouette semble un peu flottante. Encombrée, disons. On a l’impression que sa tête est piquée au-dessus d’une veste dix fois trop large, avec tout un tas de fringues empilées dessous. Juste deux guiboles en jean qui dépassent et au bout, des boots en daim. Autour du cou, une écharpe violet et rose tricotée par sa mère souligne une pomme d’Adam qui fait le yoyo dès qu’il a un fou rire. Sur la pommette droite, un grain de beauté. Il n’est pas du tout dans le look, la sape, l’image. Il s’habille n’importe comment. (…) Toutes les filles adorent : il a une gueule, il est à part. Sous sa carapace de vêtements, il y a ce type cordial, doux, joyeux, et très marrant. Un champion de l’autodérision, avec son petit sourire en coin. Et puis derrière, et derrière encore, un petit quelque chose d’insaisissable, une ombre qui vous aimante autant qu’elle vous échappe. Une part manquante, intrigante. Rien ne filtre de sa vie antérieure, comme s’il n’en avait gardé aucun souvenir. C’est un personnage à éclipses au passé évanoui. Il vit le présent, et puis voilà. Personne ne pige d’où il vient, ni où il va, mais on sent qu’il est relié à une histoire forte qui s’inscrit dans le temps long. Un truc qui vient de très loin et qui vous file entre les doigts comme de l’eau vive dès qu’on tente de l’emprisonner avec des questions. » (p. 7)

Avec Françoise Hardy – Expo DahO l’aime POp – Grande Halle de Villette (décembre 2017 – avril 2018). Copyright A. Giacomini, 1985

Rien que pour le plaisir… et pour info

Gilles Vigneault, Félix Leclerc, Robert Charlebois

Communiqué : Robert Charlebois est de retour à Paris avec un concert rock de grande envergure qui se déploiera en musique comme en images : Robert en CharleboisScope.
En forme comme jamais, celui qui célèbre ses 75 ans cette année s’est allié à une équipe de créateurs visuels de haut vol pour la réalisation de ce spectacle-événement.
Robert en CharleboisScope verra ainsi l’immense auteur, compositeur et chanteur revisiter ses plus grandes chansons en compagnie de ses huit musiciens.
Une performance qui sera soutenue par diverses projections vidéo spectaculaires, sur un écran géant de la taille de deux maisons.

Robert en CharleboisScope, une grandiose célébration d’un gars pas du tout « ordinaire » que l’on applaudit sans relâche depuis maintenant 50 ans dans toute la francophonie.

Réservation PMR : 01 42 64 49 40

http://www.robertcharlebois.com/

EXPO BnF – Du côté de chez Proust, « La fabrique de l’œuvre »

La Fabrique de l’œuvre du 11 octobre au 22 janvier 2023 – BnF Galerie 2
Copyright BnF

Communiqué – À l’occasion du 100e anniversaire de la mort de Marcel Proust (1871-1922), la BnF présente une exposition qui réunit pour la première fois des pièces capitales et inédites récemment entrées dans l’exceptionnel fonds Proust de la Bibliothèque, ou issues d’autres institutions ainsi que de collections privées. S’adressant à un large public, l’exposition propose une traversée de l’œuvre À la recherche du temps perduorganisée selon la progression de ses tomes et donne à voir la fabrique du texte tout en s’arrêtant sur une sélection de personnages, lieux ou épisodes. Elle s’appuie sur la recherche proustienne depuis vingt ans et intègre les avancées permises par la numérisation des manuscrits dans l’étude de la genèse du roman.

Cette exposition sera gratuite le vendredi 18 novembre 2022, de 10 h à 19 h.
Entrée libre et gratuite, sans réservation préalable, dans la limite des places disponibles.

En savoir plus (lien ci-dessous)

https://www.bnf.fr/sites/default/files/2022-09/dp_Proust_la_fabrique_de_l_oeuvre.pdf

Copyright BnF

Mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi :
10 h – 19 h

Dimanche :
13 h – 19 h

Fermé le lundi et les jours fériés. Fermeture des caisses une heure avant la fermeture de l’exposition.

Tarif plein : 10 € // Tarif réduit : 8 €
Billet couplé 2 expositions : 13 € // 10 € valable pour les expositions des sites François-Mitterrand et Richelieu ou pour le musée de la BnF
Gratuit avec les Pass BnF Lecture/Culture ou Recherche.

Le Pass BnF Lecture/ Culture – Plein tarif : 24 euros/ tarif réduit : 15 euros

Visites guidées :
Tarif plein : 15 € // Tarif réduit : 13 €

Communiqué – Rosa Bonheur au Musée d’Orsay (18 ocT – 15 janv. 2023)

Le Roi de la forêt, 1878

Peintre animalier du XIXe siècle, Rosa Bonheur est certainement l’artiste peintre la plus célèbre et la plus vendue de son siècle, tant en France qu’en Angleterre et aux États-Unis. Sa carrière internationale est éblouissante : vivant de son art dès l’âge de 14 ans, elle est la première femme artiste à recevoir la Légion d’honneur de la main de l’impératrice Eugénie en 1865. Ne devant sa réussite qu’à elle-même et à son talent, elle force le respect de ses contemporains : Georges Bizet, Buffalo Bill, la Reine Victoria, Napoléon III, Victor Hugo… Première femme à s’acheter un bien immobilier grâce au fruit de son travail, Rosa acquiert le château de By en 1859. Elle y passera les 40 dernières années de sa vie. L’artiste touche aujourd’hui par son étonnante modernité. Cette petite femme d’ 1m50, s’est battue tout au long de sa vie pour « élever la femme » et montrer que « le génie n’avait pas de sexe ». Armée de ses pinceaux et de son pantalon (pour lequel elle avait dû demander une autorisation de port), elle arpentait les forêts et les foires aux bestiaux afin de croquer ses modèles. Amoureuse de la nature et des animaux, elle s’est battue aux côtés de Claude-François Denecourt afin de préserver la forêt de Fontainebleau et clamait haut et fort que les animaux avaient « une âme », pensée rarissime au XIXe siècle.

Du Musée des Beaux-Arts de Bordeaux au Musée d’Orsay à Paris

Musée d’Orsay

1, rue de la Légion d’Honneur 75007 Paris – 01 40 49 48 14.

9h30 – 18h30. Fermé le lundi

Plein tarif 16 € / Tarif réduit 13 € /


Communiqué – UNESCO : Accès gratuit à la Bibliothèque Numérique Mondiale sur Internet

Un beau cadeau à toute l’humanité !

Voici le lien : https://www.wdl.org/fr pour la France. 

Il rassemble des cartes, des textes, des photos, des enregistrements et des films de tous les temps et explique les joyaux et les reliques culturelles de toutes les bibliothèques de la planète, disponible en sept langues.

Profitez-en et faites-en profiter votre entourage.

– La Fnac a mis une sélection de 500 livres gratuits à télécharger, voir lien ci-dessous

https://livre.fnac.com/n309183/Tous-les-Ebooks-gratuits

Quelques lieux ou spectacles culturels que vous pouvez visiter depuis chez vous :

  • Le Metropolitan Opera de New York va diffuser gratuitement ses spectacles

https://bit.ly/2w2QXbP

  • La Cinémathèque Française propose ses 800 masterclass, essais & conférences en vidéo, 500 articles sur ses collections & ses programmations

https://lnkd.in/ghCcNKn

  • Le Forum des Images propose de visionner ses rencontres

https://lnkd.in/gFbzp5q

  • Centre Pompidou : Vous pouvez écouter les podcasts dédiés aux œuvres grâce au Centre Pompidou

https://lnkd.in/gGifD3r

  • Musées : 10 musées en ligne à visiter depuis son canapé

https://lnkd.in/gV_S_Gq

Communiqué : L’Atelier du Plateau fait son cirque – 13è édition


Lieu pluridisciplinaire du 19è arrondissement de Paris, ce Centre National de quartier est dédié aux Résidences, à la Création et à la Diffusion.

La treizième édition de notre festival de rencontres improvisées entre cirque et musique a sonné ! Chaque soir, huit artistes de cirque et un trio de musiciens se lancent à l’assaut d’un spectacle non recyclable au canevas imaginé dans l’après-midi. Leur seul mot d’ordre : la liberté absolue, l’écoute, la sincérité et une pointe d’humour iconoclaste. Pour cette nouvelle édition, le festival se ponctue par trois temps forts au cœur d’une scénographie imaginée par la plasticienne Camille Sauvage, transformant l’Atelier du Plateau en une maison de couleurs, avec bestioles d’intérieur et signes rupestres…

Quelque chose d’animal nous accompagnera la première semaine. On pourra y voir évoqué, incarné, tout un bestiaire d’animaux domestiques, sauvages, fantastiques et même y croiser quelques vraies bêtes.
La seconde semaine sera consacrée au mât chinois, orientant notre regard vers Le monde des cimes là où l’air dit-on se raréfie et les visions s’agrandissent. Au programme, ballets d’acrobaties, et autres courses poursuites verticales.
Enfin, nous tirerons le fil dans tous les sens. Nous clamerons
Les précaires équilibres de notre espèce, et laisserons aux fil-de-féristes le mot de la fin.


L’Atelier du Plateau – 5, rue du Plateau – 75019 Paris – M° Botzaris / Jourdain

01 42 41 28 22

cdnq@atelierduplateau.org

reservation@atelierduplateau.org

contacts

tarifs/réservations

accès

Communiqué : Festival de L’Imaginaire – du 8 au 15 octobre 2022

101 Bd Raspail, 75006 Paris Tel : 01 42 84 90 00

Le Festival de l’Imaginaire, scène ouverte aux peuples et civilisations du monde contemporain depuis 1997

Programme complet :

https://www.maisondesculturesdumonde.org/

Quarante ans ans donc déjà que ce qui n’était qu’une utopie perdure, et qu’année après année la Maison des Cultures du Monde propose à son public des témoignages du génie des peuples. Des spectacles certes mais aussi des enregistrements, des articles, des études, des ouvrages, auxquels collaborent des artistes, des universitaires, des chercheurs, des passionnés de culture.
Dix-neuf puis trente parutions de « L’internationale de l’Imaginaire », près de deux-cents éditions de vinyles et CD dans la collection INEDIT, quelques dizaines de catalogues, beaux livres et autres publications pour compléter ces approches des expressions culturelles dans la richesse de leurs diversités. Mais aussi des initiatives pour que la recherche progresse, avec la création du concept de l’ethno-scénologie, cette discipline que nous avons portée sur les fonts baptismaux en 1995 pour que le concept de patrimoine culturel immatériel, à la création duquel nous avons participé, trouve en France le soutien d’une institution culturelle pour surmonter des réticences administratives caduques.
Quarante ans d’efforts d’une équipe réduite de passionnés courageux, travailleurs, convaincus de ce qui devenait pour eux une véritable
mission. Tout cela se célèbre certes, mais dans la sobriété, la continuité, avec cependant quelques clins d’œil de rappel dans ce programme du Festival de l’Imaginaire qui boucle, lui, son quart de siècle. » Chérif Khaznadar Président de la Maison des Cultures du Monde-CFPC

Que la fête continue !

La couleur des choses – Martin Panchaud – Ed. Cà et Là

En librairie le 9 septembre 2022 – Copyright M. Panchaud / Cà et Là – 236 p., 24 €

BD : l’expérience visuelle de Martin Panchaud – Regarder le …Arte.tv8 août 2020

C O M M U N I Q U É

Simon, un jeune Anglais de 14 ans un peu rondouillard, est constamment l’objet de moqueries de la part des jeunes de son quartier, qui le recrutent pour toutes sortes de corvées. Un jour qu’il fait les courses pour une diseuse de bonne aventure, celle-ci lui révèle quels vont être les gagnants de la prestigieuse course de chevaux du Royal Ascot. Simon mise alors secrètement toutes les économies de son père sur un seul cheval, et gagne plus de 16 millions de livres. Mais quand il revient chez lui, Simon trouve sa mère dans le coma et la police lui annonce que son père a disparu… Étant mineur, Simon ne peut pas encaisser son ticket de pari. Pour ce faire, et pour découvrir ce qui est arrivé à sa mère, il doit absolument retrouver son père. Au terme d’une aventure riche en péripéties et en surprises, Simon, l’éternel perdant, deviendra un gamin très débrouillard.

La Couleur des choses bouscule les habitudes des lecteurs et lectrices de BD ; le livre est intégralement dessiné en vue plongeante sans perspective et tous les personnages sont représentés sous forme de cercles de couleur.

Le récit oscille entre comédie et polar, avec une technique graphique surprenante qui mêle architecture, infographies et pictogrammes à foison. Cela donne un roman très graphique étonnant et captivant.

M. Panchaud

Martin Panchaud est né en 1982 à Genève, en Suisse, et vit depuis quelques années à Zurich. Auteur et illustrateur, il a réalisé plusieurs bandes dessinées, des récits graphiques grand format et de nombreuses infographies, dans un style visuel unique. Sa très forte dyslexie a été un frein à sa scolarité et l’a empêché de suivre des études supérieures. Il a néanmoins suivi une formation de bande dessinée à l’EPAC, à Saxon, puis a obtenu un Certificat Fédéral de Capacité de graphiste à Genève. Sa dyslexie lui a fait placer la lecture, ainsi que l’interprétation des formes et de leurs significations, au centre de ses recherches, et l’a incité à choisir un style très particulier pour exprimer sa créativité et raconter des histoires. Grâce à son travail, il a reçu plusieurs récompenses et a effectué de nombreuses résidences artistiques afin de développer ses projets de création. Exposé dans divers établissements culturels en Europe, comme le Barbican Centre de Londres et le Centre
culturel Onassis Stegi d’Athènes, il s’est notamment distingué par son impressionnante œuvre intitulée SWANH.NET, une adaptation dessinée de 123 mètres de long de l’épisode IV de Star Wars, mise en ligne en 2016 (v. ci-après).
La Couleur des choses, son premier roman graphique, a été initialement publié en allemand par Edition Moderne en 2020 et a remporté de nombreux prix en Suisse et en Allemagne.

1942-2022 – Éluard, encore et toujours – Une autre réalité…

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Copyright Sebastian Abbo, 2022

Liberté.

Paul Eluard, 1942

Molière sa majesté l’acteur – Pierre Senges – Stéphane Bloch – La Joie de Lire (livre-CD)

Depuis. le 17 mars 2022 – Copyright P. Senges (scénario) & Serge Bloch (illustrations) / La Joie de Lire – Dès 6 ans, 80 p., 24,90 €

Un Livre CD qui donne à voir l’enfance du petit Jean-Baptiste Poquelin, avant qu’il ne devienne Molière, lu par Arnaud Mazorati et interprété par Les Lunaisiens et Les Pages du Centre de musique baroque de Versailles.

Frédéric Ladone

Les plus anciens n’auront pas oublié la part belle que la metteuse en scène-cinéaste, Ariane Mnouchkine fit au jeune Jean-Baptiste dans son film, Molière (1978). On assiste aux déambulations du presque adolescent dans le Paris de Louis XIV, où il va se nourrir de théâtre populaire, de l’art des bateleurs, des forains… Ce que voit alors le jeune Molière en herbe déterminera le destin du grand homme de théâtre français qu’il deviendra par la suite.

Parcourons maintenant l’album de Pierre Senges.

Jean-Baptiste, suivi de son grand-père, fou de théâtre (il aura tôt fait de détourner son petit-fils du destin universitaire que Jean Poquelin, tapissier du Roi, envisageait pour lui) a hâte d’atteindre le Pont-Neuf où le théâtre de la vie s’étale « en majesté » sous les yeux de tous les Parisiens.

Le Pont Neuf : « Un théâtre à ciel ouvert. On est sûr d’y voir des marchands d’onguents, des mimes, des acrobates, des jongleurs… » p. 16
Jean-Baptiste et Louis Poquelin partis à la découverte de  » toutes les merveilles qui se trouvent au centre de la ville ». p. 10
Marchand de remèdes miracles p. 18

C’est tout un éventail de sensations et une galerie de portraits que l’enfant, curieux de tout, va engranger, et qu’il restituera plus tard dans ses comédies.

Une autre scène nous attend quelques pages plus loin, au Jeu de Paume du Marais, où, dans le calme d’un vrai théâtre, avec une scène, des coulisses, un acteur en costume, tout maquillé de blanc est en train de répéter son texte. Il s’agit de Montdory, prince des acteurs, directeur de ce que sera notre actuel théâtre du Marais… Il prédit à ce gamin terrorisé, incapable d’articuler une réplique de la Médée de Pierre Corneille… un avenir dans la comédie.

Nous n’en dirons pas plus, si ce n’est que la simplicité du récit, des images et des sons est un un bain de jouvence pour celles ou ceux qui auront entre les mains ce merveilleux petit bouquin. Plongez-vous donc sans tarder dans ce récit, hommage au célèbre dramaturge dont on fête le 400è anniversaire de sa naissance, et entraînez dans votre sillage toutes celles et ceux, qui ensuite vous en remercieront. Un grand bravo également à Arnaud Marzorati et aux musiciens du Centre de Musique Baroque de Versailles, sans qui ce livre n’aurait peut-être pas eu tout à fait la même aura. https://youtu.be/9-7RhkVBfhQ

Anne Calmat

Grand prix 2022 de la BD d’Angoulême : Julie Doucet l’irrévérencieuse coupe l’herbe sous le pied à Catherine Meurisse et Pénélope Bagieu

Il n’est pas rare qu’un auteur ou une autrice de bandes dessinées, ayant officiellement cessé d’en faire vingt ans auparavant, continue d’exercer une réelle fascination sur les bédéistes. Cela devient plus rare lorsqu’il s’agit d’une autrice underground. C’est le cas de la reine de la provocation, Julie Doucet. Active entre 1987 et 1999, à une époque où les dessinatrices n’étaient pas légion, surtout à se situer sur le terrain de l’esthétique trash, avec elle tout y passe : cycle menstruel, masturbation, changement de sexe, serpent à pipe, etc.

La conception éditoriale et graphique de Maxiplotte a été réalisée par Jean-Christophe Menu, premier éditeur de Julie Doucet en France et co-fondateur de L’Association, en étroite collaboration avec l’autrice québécoise. Véritable panorama de l’évolution de son travail, Maxiplotte rassemble des travaux réalisés au cours de ses douze années d’activité d’autrice de bande dessinée. S’y déploie une œuvre à la fois subversive, féministe et fantaisiste. Julie Doucet évoque crûment et avec humour la vie du corps – des règles au désir sexuel en passant par les crottes de nez, les stéréotypes de genre, ses expériences de jeune femme, sans oublier sa vie onirique qu’elle relate abondamment. En noir et blanc, les récits s’épanouissent au fil de cases aux décors minutieusement élaborés, peuplées de personnages aussi insolites qu’attachants.

Julie Doucet

Julie Doucet est certainement l’auteure québécoise de BD la plus connue du monde. Ses bandes sont publiées en anglais, en français, en allemand, en finlandais et en espagnol. De plus, ses planches originales ont été exposées dans plusieurs villes tant au Canada qu’aux États-Unis, en France et au Portugal. Née à Saint-Lambert le 31 décembre 1965, Julie Doucet étudie en arts plastiques au cégep du Vieux-Montréal au début des années 1980. C’est dans cet établissement, à la faveur d’un cours sur la bande dessinée, qu’elle commence à s’intéresser à cette forme d’art. Doucet obtient son diplôme d’études collégiales, puis s’inscrit à l’Université du Québec à Montréal où elle étudie les arts d’impression et les arts plastiques. À cette époque, Yves Millet publie la revue Tchiize! (bis) (sept numéros de 1985 à 1988), une des seules revues à ne pas être exclusivement consacrée à la bande dessinée d’humour. Julie Doucet fait paraître une première histoire courte dans le deuxième numéro et récidive dans les numéros suivants. Entre 1988 et 1990, elle collabore aux deux numéros de L’Organe (qui devient Mac Tin Tac en 1990) ainsi qu’à Rectangle, revue de rock francophone et de BD. Ces deux revues marquent l’émergence d’une nouvelle génération d’artistes montréalais underground dont font partie Doucet, Henriette Valium, Al+Flag, Marc Tessier, Alexandre Lafleur, Simon Bossé, Luc Giard, Siris, Jean-Pierrre Chansigaud, R. Suicide, etc. En septembre 1988, Julie Doucet fait le grand saut et crée son propre fanzine, Dirty Plotte, de format variable (et au titre tout aussi variable : Dirty Plotte Diet, Mini Plotte, Dead Plotte) qui paraît jusqu’en juin 1990 (quatorze numéros). C’est dans ces pages que Doucet met au point son style personnel de narration. Elle y entretient les lecteurs de ses fantasmes (réels ou inventés) et de ses angoisses, mais aussi de ses rêves, qu’elle note dans un journal personnel.

À la rencontre du petit prince – Musée des Arts décoratifs (Paris) –

Le Musée des Arts Décoratifs présente la première grande exposition en France consacrée au Petit Prince, chef-d’œuvre intemporel de la littérature. Plus de 600 pièces célèbrent les multiples facettes d’Antoine de Saint-Exupéry : écrivain, poète, aviateur, explorateur, journaliste, inventeur, philosophe, porté toute sa vie par un idéal humaniste, véritable moteur de son œuvre. 

À l’occasion de cet hommage exceptionnel, le manuscrit original, conservé à la Morgan Library & Museum à New York et jusqu’alors jamais présenté au public français *, est mis en regard d’aquarelles, esquisses et dessins – pour la plupart inédits – mais également des photographies, poèmes, coupures de journaux, carnets de route, aquarelles, photos de famille, correspondances épistolaires,… correspondances. Le Petit Prince, dernier ouvrage édité du vivant de Saint-Exupéry, écrit et publié aux États-Unis en 1943 mais paru en France en 1946, est depuis lors un succès qui traverse les frontières et les époques, porteur d’un message universel.

Si le manuscrit du « Petit Prince » s’est retrouvé aux États-Unis, c’est parce que Saint-Exupéry y est parti en 1940. « Ses éditeurs américains lui ont proposé d’écrire un conte pour Noël 1942. Il est finalement publié, avec du retard, en avril 1943 », explique Alban Cerisier, historien de l’édition, commissaire de l’exposition. « Ce livre a été écrit aux États-Unis, entre New York et Long Island. Quand il est reparti en Afrique du Nord, pour rejoindre ses camarades militaires, il a confié le manuscrit à une ‘tendre amie’, qui l’a gardé pendant plusieurs années, et elle a finit par le vendre à la Morgan Library, une grande institution de conservation. »

Le Petit Prince est écrit durant son exil aux États-Unis et y est publié, en français et en anglais, en 1943. Ce n’est qu’en 1946 qu’il paraît, à titre posthume, dans la patrie de Saint-Exupéry. Une plongée dans l’enfance d’Antoine de Saint-Exupéry ouvre le parcours, retraçant la vie de l’auteur depuis sa naissance, le 29 juin 1900 à Lyon, jusqu’à son adolescence. Son éducation au sein d’une famille aristocrate, ses talents de poète et sa fascination pour les avions sont autant d’expériences qui irriguent son œuvre. Cette introduction aborde également l’idée même de l’enfance, au cœur du récit.

L’histoire intemporelle et l’écriture parsemée d’illustrations poétiques ont fait la renommée de ce livre, incontournable de la littérature jeunesse dont la portée philosophique est considérable. À travers certains indices disséminés dans les textes, les dessins et la vie de l’auteur, l’exposition vise à dévoiler les aspects parfois méconnus d’Antoine de Saint-Exupéry ainsi qu’à donner des clés de compréhension pour ce conte aussi universel qu’énigmatique. Héraut des pionniers de l’aviation, Antoine de Saint-Exupéry devient rapidement un écrivain de renom, de son premier roman Courrier Sud en 1929 à Vol de Nuit, couronné du prix Femina en 1931. Il s’engage ensuite dans des raids aériens et des tournées de promotion avec Air France et réalise des reportages engagés, en Espagne ou en URSS. L’exposition revient sur l’accident, en décembre 1935, d’Antoine de Saint-Exupéry et de son mécanicien André Prévot, à l’occasion d’un raid aérien entre Paris et Saigon. Cet épisode constitue le chapitre central de Terre des Hommes, mais marque surtout le point de départ du Petit Prince. La quatrième partie explore la place fondamentale qu’occupe le dessin dans la vie de l’auteur, pour qui dessiner représente une manière d’être en lien avec son enfance. C’est autour du dessin que l’aviateur et le petit prince se rencontrent : « S’il vous plaît… dessine-moi un mouton ! ». L’ensemble de dessins d’Antoine de Saint-Exupéry, ici rassemblés, constitue un important témoignage du talent protéiforme de l’auteur et montre qu’il a toujours dessiné, souvent sur ses lettres ou ses brouillons, parfois dans des carnets ou en pleine page, au milieu de ses manuscrits. À la rencontre du petit prince explore le couple formé par l’aviation et l’écriture qui anime pleinement l’œuvre de Saint-Exupéry. À l’occasion de son service militaire, Antoine de Saint-Exupéry entre dans l’aviation en 1921, avant de rejoindre l’Aéropostale. Ses aventures sur la ligne Casablanca-Dakar en 1926, comme chef d’escale à Cap Juby dans le Sahara entre 1927 et 1928, ou directeur de l’Aeroposta Argentina en 1929 sont à l’origine de ses récits inédits et palpitants. Ces vols inspirent ses deux premiers romans, Courrier sud (1929) et Vol de nuit (1931)

Pages manuscrites du Petit prince. Copyright Artcurial
Photographie de Consuelo de Saint-Exupéry dédicacée à Antoine : « 
Pour mon Tonnio. Son poussin qui l’aime à l’infini. Consuelo. », 1935

Tirage argentique d’époque
© Succession Consuelo de Saint Exupéry

L’exposition met en avant deux des figures capitales de la vie de Saint-Exupéry pendant la Seconde Guerre mondiale, qu’il passe aux États-Unis (il y arrive à la fin de 1940, afin de convaincre le gouvernement d’entrer en guerre) : son épouse Consuelo, qui aurait inspiré le personnage de la rose, et Léon Werth. Ami proche, ce dernier est un véritable maître à penser et soutien spirituel, également antimilitariste et anticolonialiste. C’est à lui que Le Petit Prince est dédié. Une salle entière est consacrée au point d’orgue de l’exposition : le manuscrit original du Petit Prince, conservé à New York, à la Morgan Library & Museum, présenté à Paris pour la première fois. Ce prêt exceptionnel est complété par des originaux inédits provenant d’une collection n’ayant encore jamais été rendue accessible au public.

Enfin, c’est la vie posthume du petit prince qui est explorée, comme le double littéraire qui survit à Saint-Exupéry, bien après sa mort. La disparition de l’auteur, héros mort pour la France en 1944, contribue en effet à sacraliser l’ouvrage. Pour conclure le parcours, 120 éditions étrangères parmi les presque 500 langues et dialectes dans lesquels le livre a été traduit sont réunies sous la forme d’une « bibliothèque universelle ». Avec l’exposition À la rencontre du petit prince, le Musée des Arts Décoratifs poursuit son cycle d’expositions sur la littérature jeunesse initié avec « Une histoire, encore ! 50 ans de création à l’école des loisirs » en 2016, et « Les Drôles de Petites Bêtes d’Antoon Krings » en 2019. Enfants, adultes, mais surtout enfants cachés au cœur des grandes personnes, tous sont invités à partager le message d’espoir humaniste d’Antoine de Saint-Exupéry, et de son ami, l’enfant venu d’ailleurs.

Exposition conçue en partenariat avec la Fondation Antoine de Saint Exupéry, le soutien du Comité international, des Friends of the Musée des Arts Décoratifs, des Éditions Gallimard, d’Eden Livres et de la Fondation Jan Michalski.
Et le soutien exceptionnel, par ses prêts, de la Morgan Library & Museum.

Musée des Arts Décoratifs
107, rue de Rivoli
75001 Paris

Tél. : +33 (0)1 44 55 57 50
Métro : Palais-Royal, Pyramides ou Tuileries
Autobus : 21, 27, 39, 48, 68, 69, 72, 81, 95

EXPO IZABELA OZIEBLOWSKA – CONCEPT STORE GALLERY – LA BAULE

Rappel : Après une expo en décembre à Paris, on peut désormais retrouver Izabela Ozieblowska à La Baule

Vitraux d’Art Ozieblowscy, 21340 Nolay

Depuis le mois d’avril 2016, Izabela Ozieblowska élabore ses créations dans un atelier niché au cœur d’un village médiéval des Hautes-Côtes de Beaune, dont l’architecture n’a pu que l’inspirer. Elle nous a ouvert ses portes et livré quelque-uns de ses secrets…

Autoportrait© I.O.

Izabela est maître-verrier, ou si l’on préfère, vitrailliste, bien que ce vocable nous semble passablement dissonant pour désigner un art aussi subtil. Elle a acquis ses compétences et son savoir-faire durant ses treize années d’études d’Histoire de l’Art en Pologne, à l’Université Jagellon à Cracovie, à l’Académie des Beaux-Arts de Katowice et à l’Académie des Beaux-Arts, département peinture, de Wroclaw. C’est également à Wroclaw qu’elle s’est tournée vers l’art du vitrail, avec pour guide le très distingué professeur Ryszard Wieckowski, qui disait d’elle « qu’elle était l’une des trois meilleures de Pologne. »

En 2016, elle s’installe avec son époux à Nolay, où ils créent LEUR atelier. « Nous travaillons ensemble depuis 25 ans. Je m’occupe de l’aspect artistique de chaque projet, et lui de la partie technique.« 

L’exposition

« Je présenterai deux vitraux abstraits et trois figuratifs »

© I.O.

« Les trois vitraux ont la même taille (53×63 cm) et la même source d’inspiration : le Visage. Le même pour chaque œuvre. Je voulais montrer combien chaque visage peut sembler différent en fonction de l’environnement, de l’époque et du contexte. Il exprime en tout cas une personnalité et une conscience. Cette représentation, qui date du 19ème siècle, s’intègre parfaitement dans le présent, la beauté du personnage est universelle et intemporelle. »

Le vitrail central a une histoire particulière.

« En 2020, j’ai participé à un concours régional organisé par l’Atelier d’Art de France dans la catégorie « Patrimoine« . J’ai présenté ce vitrail, il a été sélectionné pour l’exposition au Salon du patrimoine culturel, au Carrousel du Louvre. Malheureusement, en raison de la Covid et du confinement, tout a été annulé.

© I.O.
© I.O.

« Dame Nature m’a ensuite inspiré les deux vitraux abstraits ci-contre. Ils seront également exposés à la Concept Store Gallery. Nous avons d’une part une ébauche de mur avec des efflorescences de sel, et de l’autre, la lave. Pour moi, l’abstraction est un jeu de couleurs. Je m’inspire d’un fragment de nature, je prends des photos, puis ensuite, j’imagine d’autres univers à partir de l’original, modifiant ainsi son image initiale. Je travaille ensuite selon la technique des poudres de verre. »

Comment Izabela procède-t-elle pour chaque création ?

« Créer un vitrail requiert, on l’a compris, un processus très long qui comprend plusieurs interventions et fait appel à différentes techniques. En ce qui me concerne, je prépare un dessin-projet qui doit correspondre à l’espace dans lequel il prendra placeOn sait par ailleurs combien le symbolisme de la lumière traversant la matière a eu d’importance dans la pensée médiévale, à l’époque où l’art du vitrail prenait son essor. Chaque vitrail doit être conçu minutieusement, étape après étape : motif, forme, couleurs, dessin… »

Le vitrail n’est pas le seul mode d’expression d’Izabela, elle excelle également dans la gravure, la sérigraphie, la méthode « Tiffany » (procédé de montage à l’aide d’un ruban de cuivre), ou dans des techniques plus modernes comme le « fusing » (assemblage du verre par fusionnement) ou bien la poudre de verre qui, conjuguée au fusing, donne au vitrail des couleurs remarquables, mais aussi, un effet sculptural qui le rend encore plus exceptionnel. « J’adore ce procédé, les poudres produisent des effets visuels étonnants, des couleurs très lumineuses et permettent une totale liberté de création. Les vitraux réalisés selon cette technique sont uniques, contrairement à un vitrail peint traditionnel qui peut être reproduit. J’aime beaucoup faire des expériences, jouer sur la profondeur, mélanger les techniques pour obtenir le résultat final que je recherche. »

© I.O

Qu’ils soient classiques, sacrés ou modernes, les vitraux qui sortent de son atelier sont réalisés « dans le respect des techniques traditionnelles qui remontent au Moyen Âge« , tient-elle à préciser.

De la diversité des sources d’inspiration d’Izabela Ozieblowska (vitraux hors expo)…

© I.O. Restauration dans la chapelle de Wolczyn
© I.O. Pour le monastère des Pères Pauliniens de Jasna Gora a Czestochowa
© I.O.
© I.O.
Pour les budgets modestes (- de 15 €) )© I.O.

Propos recueillis par Anne Calmat

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Maxiplotte – Julie Doucet – Ed. L’Association (Anthologie)

Où l’on (re)découvre les comix hors normes de la québécoise Julie Doucet, publiés pour la plupart dans la série Dirty Plotte (1991-1998), souvent autobiographiques, et dont l’insolence à tous crins continue de séduire… ou plus rarement, de choquer.

Depuis le 20 novembre 2021 – Copyright J. Doucet / L’Association – 400 p., 35 € (Adultes et adolescents)
Dirty Plotte 1/14

Il n’est pas rare qu’un auteur ou une autrice de bandes dessinées, ayant officiellement cessé d’en faire vingt ans auparavant, continue d’exercer une réelle fascination sur les bédéistes. Cela devient plus rare lorsqu’il s’agit d’une autrice underground. C’est le cas de l’irrévérencieuse et reine de la provocation, Julie Doucet. Active entre 1987 et 1999, à une époque où les dessinatrices n’étaient pas légion, surtout à se situer sur le terrain de l’esthétique trash. Avec elle tout y passe : cycle menstruel, masturbation, changement de sexe, serpent à pipe, etc.

La conception éditoriale et graphique de Maxiplotte a été réalisée par Jean-Christophe Menu, premier éditeur de Julie Doucet en France et co-fondateur de L’Association, en étroite collaboration avec l’autrice québécoise. Véritable panorama de l’évolution de son travail, Maxiplotte rassemble des travaux réalisés au cours de ses douze années d’activité d’autrice de bande dessinée. S’y déploie une œuvre à la fois subversive, féministe et fantaisiste. Julie Doucet évoque crûment et avec humour la vie du corps – des règles au désir sexuel en passant par les crottes de nez, les stéréotypes de genre, ses expériences de jeune femme, sans oublier sa vie onirique qu’elle relate abondamment. En noir et blanc, les récits s’épanouissent au fil de cases aux décors minutieusement élaborés, peuplées de personnages aussi insolites qu’attachants.

Julie Doucet

Julie Doucet est certainement l’auteure québécoise de BD la plus connue du monde. Ses bandes sont publiées en anglais, en français, en allemand, en finlandais et en espagnol. De plus, ses planches originales ont été exposées dans plusieurs villes tant au Canada qu’aux États-Unis, en France et au Portugal. Née à Saint-Lambert le 31 décembre 1965, Julie Doucet étudie en arts plastiques au cégep du Vieux-Montréal au début des années 1980. C’est dans cet établissement, à la faveur d’un cours sur la bande dessinée, qu’elle commence à s’intéresser à cette forme d’art. Doucet obtient son diplôme d’études collégiales, puis s’inscrit à l’Université du Québec à Montréal où elle étudie les arts d’impression et les arts plastiques. À cette époque, Yves Millet publie la revue Tchiize! (bis) (sept numéros de 1985 à 1988), une des seules revues à ne pas être exclusivement consacrée à la bande dessinée d’humour. Julie Doucet fait paraître une première histoire courte dans le deuxième numéro et récidive dans les numéros suivants. Entre 1988 et 1990, elle collabore aux deux numéros de L’Organe (qui devient Mac Tin Tac en 1990) ainsi qu’à Rectangle, revue de rock francophone et de BD. Ces deux revues marquent l’émergence d’une nouvelle génération d’artistes montréalais underground dont font partie Doucet, Henriette Valium, Al+Flag, Marc Tessier, Alexandre Lafleur, Simon Bossé, Luc Giard, Siris, Jean-Pierrre Chansigaud, R. Suicide, etc. En septembre 1988, Julie Doucet fait le grand saut et crée son propre fanzine, Dirty Plotte, de format variable (et au titre tout aussi variable : Dirty Plotte Diet, Mini Plotte, Dead Plotte) qui paraît jusqu’en juin 1990 (quatorze numéros). C’est dans ces pages que Doucet met au point son style personnel de narration. Elle y entretient les lecteurs de ses fantasmes (réels ou inventés) et de ses angoisses, mais aussi de ses rêves, qu’elle note dans un journal personnel.

Théâtre : « L’image » (suivi de) « Un soir, « Au loin, un oiseau » et « Plafond »* – Samuel Beckett – Denis Lavant – Jacques Osinski – Le Lucernaire

  • Extraits de Pour en finir et autres foirades.

du 4 au 23 janvier 2022 – Réservations 01 45 44 57 34 ou sur lucernaire.fr – Tarifs : de 10 € à 28 € – Le Lucernaire 53 rue Notre-Dame-des-Champs, 75006 Paris M° Notre-Dame-des-Champs

Denis Lavant
Jacques Osinski

Notes de mise en scène de Jacques Osinski

« J’ai (eu) envie* d’une promenade, d’inviter le spectateur à entrer par des chemins détournés dans le crâne du narrateur beckettien. Que se passe-t-il sous ce crâne ? L’image et Pour finir encore et autres foirades« , deux recueils publiés aux Editions de Minuit, des textes cachés, « non-abandonnés », « unabandoned works », pour reprendre la terminologie de S.E Gontarski, éditeur américain de ces courts textes, si courts qu’ils auraient pu disparaître ou ne connaître une vie qu’une fois transformés en romans ou pièces de théâtre. Mais Beckett a tenu à ce qu’ils voient le jour au travers d’une publication. Le grand public les connaît moins que Godot, Fin de partie ou La Dernière Bande mais peut-être sont-ils plus chers que d’autres aux aficionados de Beckett. J’ai (eu) envie d’aller à leur rencontre, de manière légère, presque ludique. Comme le séjour de Beckett (dans sa maison) à Ussy, leur rédaction s’étale sur plusieurs années.

  • Le spectacle a été créé à l’Athénée-Louis Jouvet en mai 2021

L’image est une longue phrase de dix pages, sans aucune virgule, comme un souffle. Elle raconte la quête d’un souvenir. Elle fut publiée en 1988 mais écrite bien avant puisqu’on en retrouve les termes au début de Comment c’est, un roman qui date de 1961. Un soir et Au loin un oiseau datent des années 1960. Quatre textes. Dates éparses. Souvenirs épars. Un style qui évolue mais des thèmes qui reviennent, toujours la même recherche. Toujours un personnage en regarde un autre, une “tête” traversée de pensées observe un corps immobile. Toujours la naissance et la mort, traversées de touches de couleurs (le jaune d’Un soir, le blanc de Plafond), toujours la création et peut-être cette interrogation : Qu’est-ce qui fait que, nous les humains, éprouvons le besoin de dire et non de vivre seulement ? « J’allume, j’éteins, honteux, je reste debout devant la fenêtre, je vais d’une fenêtre à l’autre, en m’appuyant sur les meubles. Un instant je vois le ciel, les différents ciels, puis ils se font visages, agonies, les différentes amours, bonheurs aussi, il y en a eu aussi, malheureusement. Moments d’une vie, de la mienne entre autres, mais oui, à la fin. » raconte le narrateur de l’une des « foirades » publiées dans le même recueil. Je crois que j’ai envie, avec Denis, de saisir ces « moments d’une vie », de regarder ces textes en allant « d’une fenêtre à l’autre », avec cette espèce d’intimité que nous confère le long compagnonnage que nous avons entamé avec Beckett depuis Cap au pire (2017). J’ai envie que le spectateur soit comme dans une maison, spectateur de ce qui se passe à l’intérieur du crâne beckettien. Ce qui est à l’œuvre dans ces textes, c’est, pour reprendre le titre de l’ouvrage de Malebranche, philosophe du XVIIe siècle cité par Beckett dans L’Image, « la recherche de la vérité ». Malebranche se méfiait de l’imagination, cette « folle du logis » qui empêche de voir le vrai. Beckett aussi. Mais il ne peut s’empêcher de la laisser agir. Alors sans cesse il revient sur deux thèmes obsédants : tout d’abord, celui du « crâne », de la tête, tout à la fois espace mental, intérieur conscient de sa propre finitude, et lieu du théâtre même, crâne des vanités en peinture et cercueil qui scellera la fin. Puis, hors-champ, au-delà du lieu du théâtre, le thème de « l’image », celle qui s’échappe sans cesse et qu’on tente sans cesse de fixer, le souvenir d’un instant d’amour heureux, la quête du moment parfait, amoureux, tel ce couple se tenant par la main sur un champ de course dans L’image. Il s’agit de reconstituer l’instant fugace. Le faire revivre tout en sachant qu’il va s’échapper, tout en sachant l’inutilité des mots pour dire le vrai. C’est peut-être paradoxal, s’agissant de textes qui souvent parlent de la mort, mais j’ai envie de les aborder un peu comme des enfants qui jouent, qui jouent à mourir pour mieux revivre ensuite. On n’est pas encore mort tant qu’on peut parler de la mort et c’est bien vers la vie que j’ai envie d’aller.

Servante

Un plateau nu. Une Servante. Un comédien pour dire le texte. Pas besoin de plus. Denis Lavant me parlant de ses premières impressions de lecture songe aux haïkus japonais. Pour moi, ce spectacle sera comme un impromptu, un moment musical où il s’agit de saisir une beauté fugace, impromptu traversé par deux obsessions qui sont aussi, pour moi, celles du théâtre : la quête du moment parfait et le besoin d’arrêter le temps. »



Interprète de génie au cinéma comme à la scène, le comédien Denis Lavant nous parle de son rapport au corps et de la construction de son interprétation de personnages particulièrement désincarnés, comme chez Beckett.

Pupille 0877PE – Anna Nathalie D. – Bénédicte Bonnet / Ed. Libre 2 Lire

Depuis le 12 novembre 2021 – 108 p., 12 €

L’enfant que l’on découvre sur la couverture de Pupille 0877PE se prénomme en réalité Anna Nathalie. C’est son parcours que nous suivons ici. Un parcours chaotique, s’il en est, qui l’a menée de la plus profonde déréliction à la renaissance, grâce à son aptitude à puiser une force salvatrice dans sa révolte, et aussi, grâce à quelques bons génies que la Providence avait pris soin de placer sur son chemin parsemé de ronces et d’orties.

La vie de la petite fille bascule en 1968, à l’âge de 4 ans, lorsqu’elle n’est plus qu’un numéro sur les registres de l’Aide Sociale à l’Enfance, après une séparation sans ménagement d’avec sa mère et ses sœurs.

Extrait – « Un jeudi matin où mon agitation est au plus haut et que je fais semblant de jouer alors que je suis aux aguets, des signes me disent que ce sera pour aujourd’hui, le départ de la pupille. Mes pas, mes mains, mes mouvements, tout en moi est devenu mécanique. Silence au comble. Nulle chanson. Aucune parole de part et d’autre. Tata erre. Tonton-pipe fume et refume. Ma tête tape fort. Au fond de moi, l’enclume du cœur« .

Elle connaît ensuite une courte accalmie au sein de sa première famille d’accueil, qui a su panser ses plaies et rassurer cette « pauvre petite chose » habitée par le funeste sentiment de n’être pas digne d’amour, puisqu’elle a été rejetée. Mais très rapidement, Anna devra faire front.

Anna « la débile », comme on appelle celle qui, à force de vouloir être transparente, a fermé ses écoutilles et s’est murée dans le silence…

Anna la colère aussi. Colère contre ces institutions peu soucieuses de leur mission, qui, l’apprendra-t-elle beaucoup plus tard, ont préféré fermer les yeux sur tous les signalements de violences à son encontre, et pire encore, sur une demande d’adoption qui aurait changé le cours de sa vie.

Mais également, Anna la tendresse, la protectrice, capable, si jeune encore, de materner les plus vulnérables et de donner son cœur à celles et ceux qui lui ont offert le leur. Tous et toutes essentiels à son maintien en vie et en lutte, avec l’espoir fou de retrouver cette mère, qui un jour sinistre l’a abandonnée entre les mains d’une fonctionnaire de l’ASF.

Anna confrontée à la cruauté et au sadisme d’assistantes maternelles vipérines – véritables incarnations de la Folcoche d’Hervé Bazin – qui, pour certaines, se vengeaient de leurs frustrations sur ces enfants à qui on avait déjà tout pris. Anna enfin, livrée à quatorze ans aux « bas instincts » de celui qu’elle était censée appeler papa.

Bien d’autres épisodes, et non des moindres, émaillent ce récit aux allures de brûlot, mais nous n’en dirons pas plus, la suite appartenant à celles et ceux qui liront Pupille 0877PE. L’écriture est souvent lapidaire : phrases courtes, aucune affectation, les auteures vont à l’essentiel, quitte à se jouer des règles syntaxiques. Avec, de temps à autre, de belles envolées lyriques qui font battre le cœur un peu plus vite… et retenir son souffle.

Anne Calmat

EXPO Izabela Ozieblowska (2) – Concept Store Gallery – La Baule

Rappel : Après une expo à la Concept Store Gallery de Saint-Germain-des-Prés, en décembre 2021, on peut désormais retrouver Izabela Ozieblowka à La Baule…


Depuis le mois d’avril 2016, Izabela Ozieblowska élabore ses créations dans un atelier niché au cœur d’un village médiéval des Hautes-Côtes de Beaune, dont l’architecture n’a pu que l’inspirer. Elle nous a ouvert ses portes et livré quelque-uns de ses secrets…

Autoportrait© I.O.

Izabela est maître-verrier, ou si l’on préfère, vitrailliste, bien que ce vocable nous semble passablement dissonant pour désigner un art aussi subtil. Elle a acquis ses compétences et son savoir-faire durant ses treize années d’études d’Histoire de l’Art en Pologne, à l’Université Jagellon à Cracovie, à l’Académie des Beaux-Arts de Katowice et à l’Académie des Beaux-Arts, département peinture, de Wroclaw. C’est également à Wroclaw qu’elle s’est tournée vers l’art du vitrail, avec pour guide le très distingué professeur Ryszard Wieckowski, qui disait d’elle « qu’elle était l’une des trois meilleures de Pologne. »

En 2016, elle s’installe avec son époux à Nolay, où ils créent LEUR atelier. « Nous travaillons ensemble depuis 25 ans. Je m’occupe de l’aspect artistique de chaque projet, et lui de la partie technique.« 

L’exposition

« Je présenterai deux vitraux abstraits et trois figuratifs »

© I.O.

« Les trois vitraux ont la même taille (53×63 cm) et la même source d’inspiration : le Visage. Le même pour chaque œuvre. Je voulais montrer combien chaque visage peut sembler différent en fonction de l’environnement, de l’époque et du contexte. Il exprime en tout cas une personnalité et une conscience. Cette représentation, qui date du 19ème siècle, s’intègre parfaitement dans le présent, la beauté du personnage est universelle et intemporelle. »

Le vitrail central a une histoire particulière.

« En 2020, j’ai participé à un concours régional organisé par l’Atelier d’Art de France dans la catégorie « Patrimoine« . J’ai présenté ce vitrail, il a été sélectionné pour l’exposition au Salon du patrimoine culturel, au Carrousel du Louvre. Malheureusement, en raison de la Covid et du confinement, tout a été annulé.

© I.O.
© I.O.

« Dame Nature m’a ensuite inspiré les deux vitraux abstraits ci-contre. Ils seront également exposés à la Concept Store Gallery. Nous avons d’une part une ébauche de mur avec des efflorescences de sel, et de l’autre, la lave. Pour moi, l’abstraction est un jeu de couleurs. Je m’inspire d’un fragment de nature, je prends des photos, puis ensuite, j’imagine d’autres univers à partir de l’original, modifiant ainsi son image initiale. Je travaille ensuite selon la technique des poudres de verre. »

Comment Izabela procède-t-elle pour chaque création ?

« Créer un vitrail requiert, on l’a compris, un processus très long qui comprend plusieurs interventions et fait appel à différentes techniques. En ce qui me concerne, je prépare un dessin-projet qui doit correspondre à l’espace dans lequel il prendra place. On sait par ailleurs combien le symbolisme de la lumière traversant la matière a eu d’importance dans la pensée médiévale, à l’époque où l’art du vitrail prenait son essor. Chaque vitrail doit être conçu minutieusement, étape après étape : motif, forme, couleurs, dessin… »

Le vitrail n’est pas le seul mode d’expression d’Izabela, elle excelle également dans la gravure, la sérigraphie, la méthode « Tiffany » (procédé de montage à l’aide d’un ruban de cuivre), ou dans des techniques plus modernes comme le « fusing » (assemblage du verre par fusionnement) ou bien la poudre de verre qui, conjuguée au fusing, donne au vitrail des couleurs remarquables, mais aussi, un effet sculptural qui le rend encore plus exceptionnel. « J’adore ce procédé, les poudres produisent des effets visuels étonnants, des couleurs très lumineuses et permettent une totale liberté de création. Les vitraux réalisés selon cette technique sont uniques, contrairement à un vitrail peint traditionnel qui peut être reproduit. J’aime beaucoup faire des expériences, jouer sur la profondeur, mélanger les techniques pour obtenir le résultat final que je recherche. »

© I.O

Qu’ils soient classiques, sacrés ou modernes, les vitraux qui sortent de son atelier sont réalisés « dans le respect des techniques traditionnelles qui remontent au Moyen Âge« , tient-elle à préciser.

De la diversité des sources d’inspiration d’Izabela Ozieblowska (vitraux hors expo)…

© I.O. Restauration dans la chapelle de Wolczyn
© I.O. Pour le monastère des Pères Pauliniens de Jasna Gora a Czestochowa
© I.O.
© I.O.
© I.O.
© I.O.

Propos recueillis par Anne Calmat

Le Grand livre des records de l’art – Éva Bensard – Charlotte Molas – DADA

Album grand format 37×26 cm – Copyright E. Bensard, C. Molas / Dada – À partir du 14 octobre 2021 – 52 p. 19€

Détail planche

Depuis la nuit des temps, les humains ont exprimé leur vécu au travers de témoignages graphiques ou de compositions tridimensionnelles.

L’album n’est pas un simple catalogue, chaque représentation fait l’objet d’un questionnement. On note par exemple la présence de la statuette d’une femme aux formes généreuses, sculptée dans l’ivoire d’une défense de mammouth. Elle a été baptisée La Vénus de Hohle Fels (le nom de la grotte où elle fut découverte). S’agit-il d’un culte rendu à une déesse ? D’un hommage personnel à la femme aimée ?

Les toutes premières représentations (- 73 000 ans) ont été découvertes en Afrique du Sud et en Asie (- 40 000 ans).

Quelques millénaires plus tard – un soupir dans l’histoire de l’humanité – nos aïeux homo-sapiens, faisant preuve d’un indéniable sens artistique, se racontent sur les parois de leur refuge. Celles des grottes de Chauvet ou de Lascaux.

Puis nous faisons un bond en avant, à la rencontre des plus remarquables, extravagantes, monumentales, scandaleuses (etc.) réalisations nées de l’imagination et du savoir-faire de l’homme. Une vingtaine de chapitres leur sont consacrées. On y trouve, statues géantes, colosses sculptés dans la montagne, tours et palais gigantesques, peintures démesurées, et bien sûr, chefs-d’œuvre picturaux patrimoniaux et extra-patrimoniaux…

Chaque sujet traité (une vingtaine en tout) apporte son lot d’informations ou de citations sous la forme de petits encarts (où ? quand ? pourquoi ? comment ? etc.)

Saviez-vous, par exemple, que…

Palais idéal

« La fée Électricité » de Raoul Dufy mesure 62, 4 m de longueur. – Le « Salvador Mundi » attribué à Léonard de Vinci est l’œuvre la plus chère de tous les temps. Elle a été achetée 450 millions de dollars par le royaume du Quatar. Toutefois, selon certains experts, il ne s’agirait pas d’un Vinci mais de l’œuvre de l’un de ses élèves.. – Joseph Ferdinand Cheval, facteur de son état, a passé 33 ans de sa vie à édifier, pierre après pierre trouvées sur sa route, un monument achevé en 1912 qu’il a nommé le « Palais idéal ». (v. ci-contre) – Qui a dit « Celui qui n’a pas gravi La Grande Muraille de Chine* n’est pas un homme brave » ?

Un album de nature à composer votre Quizz-Art personnel pour les soirées au coin du feu.

Anne Calmat

Sortie de 14 octobre

Diplômée de l’École du Louvre et de l’Université Panthéon-Sorbonne, Éva Bensard est journaliste, spécialisée dans l’art. Elle collabore depuis plusieurs années avec la revue DADA. Elle est aussi l’auteure d’une dizaines de livres pour la jeunesse, dont deux qui ont reçu le prix Historia.

Avec ses images décalées et enjouées, Charlotte Molas a d’abord séduit la presse (Le Parisien) et les marques (Le Slip français). Depuis quelques années, elle illustre aussi les albums, comme Vaches (Gallimard) ou Sales temps pour les licornes (L’Agrume).