Gone with the wind – T. 1/2 – Pierre Alary – Ed. Rue de Sèvres

Visuels Copyright P. Alary (scénario et dessin) / Ed. Rue de Sèvres – 150 p., 25 € – Depuis le 5 avril 2023

Les cinéphiles éclairés se souviennent du personnage de Scarlett O’Hara (Vivien Leigh) dans la superproduction aux 10 Oscars mise en scène en 1939 par Victor Fleming, Autant en emporte le ventGone with the Wind. Ils n’ont pas oublié non plus le très ambigu Rhett Butler (Clark Gable) et la nounou noire au caractère bien trempé, que Scarlett appelait Mammy (Hattie McDaniel) (ci-dessous).

Dans le roman de Margaret Mitchell, Scarlett O’Hara est une jeune et riche héritière sudiste de 16 ans, aux yeux de qui rien ni personne ne doit résister.

Lorsque la Guerre de Sécession éclate en 1861, ses repères s’écroulent et de lourdes responsabilités s’imposent à elle. L’arrivée de Rhett Butler, un homme sans foi ni loi, aussi immoral que séduisant, rebattra de nouveau les cartes dont la jeune fille dispose pour atteindre le bonheur. Mais elle va passer à côté, en aimant à contre-temps, d’abord son cousin, Ashley Wilkes, pourtant promis à sa sœur, puis Rhett.

Celles et ceux qui ont côtoyé l’œuvre n’auront sans doute pas oublié non plus l’état de déréliction qui est celui de Scarlett lorsqu’elle se jure de reconquérir son époux, qui vient de claquer la porte de la majestueuse propriété des Douze chênes que le couple occupait.

« Scarlett releva le menton. Elle ramènerait Rhett à elle. Nul homme ne lui avait jamais résisté lorsqu’elle s’était mise en tête de faire sa conquête. Je penserai à cela demain, à Tara. Pour le moment, je n’ai pas le courage. Demain, je chercherai le moyen de ramener Rhett. »

Une fin ouverte, et qui le restera.

Mais ceci est une autre histoire…

Le premier opus du diptyque conçu par Pierre Alary s’organise précisément autour de Tara, point de départ et d’arrivée de l’intrigue. Il permet de faciliter une immersion dans cette œuvre-fleuve*, tout en induisant chez ses lectrices et lecteurs le désir d’en savoir plus sur le destin de ses protagonistes.

  • 735 pages pour sa 1ère édition en 1938 chez Gallimard – 3h 58’ pour le film.

Avec cette adaptation BD « dépoussiérée » du roman paru aux USA en 1936, et la très belle mise en images de ses personnages cultes, dont Pierre Alary s’approprie aisément les figures principales, l’auteur signe une œuvre captivante qui passe outre la polémique qui s’est instaurée autour du roman de Margaret Mitchell, jugé raciste par une Amérique toujours marquée par une guerre, celle de Sécession, qui dans les années 1860 opposa le Nord abolitionniste et le Sud ségrégationniste, et sensible aujourd’hui au mouvement Black lives matter.

AnnaK